Exploiter les masses, exploiter la race : une histoire du capitalisme. Avec Sylvie Laurent sur France Culture.


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05.02.2024

Capital et race. Voici une histoire qui s'écrit accompagnée d'un monstre venu de la mythologie antique : une hydre. Ce serpent gigantesque à plusieurs têtes (souvent sept) bénéficie d'un atout capital : quand l'une de ses têtes est tranchée, il en repousse deux nouvelles. Son souffle est un poison qui vous terrasse en un rien de temps. 
Quels sont les liens entre l'histoire du concept de race et celle du capitalisme  ? Quelle influence le capitalisme racial a-t-il eu sur l'histoire des Africains-Américains ? Le capitalisme pur, sans sa figure raciale, existe-t-il ? 

Émission "Le Cours de l'histoire", animée par Xavier Mauduit.

Malcolm X. Avec Sylvie Laurent au Musée du quai Branly.


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25.01.2017

Face à la pauvreté, aux discriminations et aux violences policières qui ravageaient les grandes villes américaines alors que le pays savourait sa prospérité économique, Malcolm X offrit à la fin des années 1950 et au début des années 1960 une insubordination qui rendit espoir de justice et dignité à des milliers de Noirs américains. Son intransigeance et son nationalisme, identifiant les Noirs américains aux peuples colonisés d'Afrique et d'Asie, tranchaient avec l'image parfois trop réformiste du mouvement officiel des droits civiques dirigé par Martin Luther King, par ailleurs principalement concentré dans le sud du pays.
La force de son radicalisme, trop souvent caricaturé en appel à la violence, sa défense d'une masculinité noire revendiquée et sa dévotion à la Nation of Islam font de Malcolm X un des plus grands révoltés de l'histoire américaine.

Venezuela : Trump, le prédateur sans limite. Avec Sylvie Laurent, Christophe Ventura et Gallagher Fenwick sur Blast.


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01.2026

Sous le vernis d'un discours sécuritaire soigneusement calibré, les États-Unis justifient l'enlèvement de Nicolas Maduro par la lutte contre le trafic drogue. Pourtant, derrière cette rhétorique officielle se cache une réalité bien plus inquiétante.
Cette attitude s'inscrit dans une logique impériale, où la force prime sur le droit et où les institutions internationales ne sont respectées que lorsqu'elles servent les intérêts américains. Les sanctions unilatérales, les menaces militaires, les tentatives de reconnaissance de gouvernements parallèles ou encore les opérations de déstabilisation économique et politique illustrent une volonté claire : soumettre un État récalcitrant à l'ordre géopolitique voulu par les États-Unis.
Car l'enjeu réel dépasse largement la personne de Maduro ou la situation intérieure du Venezuela. Il s'agit du contrôle de ressources considérables, au premier rang desquelles le pétrole, mais aussi de la capacité à empêcher l'émergence de modèles politiques et économiques indépendants de l'influence américaine. Tout dirigeant qui ose affirmer une voie souveraine, remettre en cause l'ordre établi ou refuser de se plier aux exigences de Washington devient une cible potentielle. La destitution, l'asphyxie économique ou le soutien à des forces d'opposition servent alors d'outils pour briser toute résistance.
L'action des États-Unis révèle une continuité historique : celle d'une puissance qui se considère au-dessus des lois internationales, persuadée que rien ne peut ne l'arrêter.

Un échange mené par Yanis Mhamdi.

Trump, Capital, Race. Avec Sylvie Laurent sur Au Poste.


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10.12.2024

Alors que Donald Trump s'apprête à reprendre ses fonctions de président des États-Unis d'Amérique, l'américaniste et historienne Sylvie Laurent, dont le livre Capital et race. Histoire d'une hydre moderne vient de paraître, nous aide à lire les événements de ces dernières semaines, les nominations qui annoncent la couleur pour les quatre années à venir, autant que le temps long et les mythes qui structurent cette extrême-droite contemporaine, dont le succès n'est en rien dû au hasard.
À nos yeux d'Européens, la rhétorique trumpiste peut sembler seulement relever de la folie et de la réaction ; mais le travail de l'historienne, qui démontre qu'en réalité elle puise dans les inconscients les plus structurants de la société états-uniennes, nous invite à prendre au sérieux cette nouvelle frange du capitalisme arrivée au pouvoir.

Une émission menée par David Dufresne.

L'Amérique de Mad Men : equal opportunities ? Avec Sylvie Laurent au Jeu de Paume.


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24.02.2017

Diffusé entre 2007 et 2015, Mad Men est vite devenu un phénonème culturel mondial sans équivalent. Les raisons sont nombreuses : elles tiennent au charisme de Jon Hamm dans le rôle de Don Draper, publicitaire énigmatique et séducteur, au soin apporté à la reconstitution – le récit va de 1959 à 1972 –, ainsi qu'à une description particulièrement fine d'une société à la fois éloignée et proche de la nôtre. Mad Men invite en effet à poser des questions d'histoire culturelle et politique, et à les poser au passé comme au présent.
L'américaniste Sylvie Laurent se pose plus particulièrement la question de la place de la minorité noire dans Mad Men en analysant la façon dont la série traite de la lutte pour les droits civiques et, particulièrement, de l'assassinat de Martin Luther King, et en confrontant ces représentations à celles que proposent d'autres séries, films ou livres, ainsi qu'à des faits divers ayant récemment secoué l'actualité américaine.

Capital et race : histoire d'une hydre moderne. Avec Sylvie Laurent à la Librairie Mollat.


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01.2024

1492 a subjugué le monde. On retient de l'aventure de Christophe Colomb sa "découverte" d'un continent providentiel, révélant à la fois les merveilles sans fin de la terre et la capacité inédite des hommes à s'affranchir des frontières et des entraves. Mais l'invention de l'Amérique fut plus qu'un récit : elle consacra un nouveau rapport à la nature et aux hommes qui vit alors capital et race s'unir irrémédiablement.
Sylvie Laurent raconte ainsi la longue histoire de ce qu'on nomme aujourd'hui le "capitalisme racial", créature à deux têtes qui fut décrite et combattue de longue date par des marxistes hétérodoxes anticolonialistes, de Rosa Luxemburg à W. E. B. Du Bois, des Antilles aux terres amérindiennes. À l'aune de leur pensée et des humanités environnementales et alors qu'il est convenu d'opposer luttes de classe et revendications raciales, elle exhume la tradition intellectuelle riche et méconnue du dépassement de ce clivage.
On redécouvre alors que, tant le personnage de Robinson Crusoé que Voltaire, Adam Smith et Tocqueville, ont forgé ce capitalisme historique arrimé à la domination raciale. Les États-Unis, leur horizon, sont également dévoilés : bien loin de la terre disponible à l'infini et des libertés du marché, ils sont en réalité l'empire du capitalisme racial.
Il était temps que Karl Marx et Martin Luther King se retrouvent enfin.

Les Black Panthers. Avec Sylvie Laurent pour le Musée du quai Branly.


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26.09.2018

Les Black Panthers sont un mythe, une image : le poing levé, béret et veste en cuir sombre. La révolution et la fierté noire prennent dans les années 1970 le visage de ces militants insurgés qui réclament le droit à l'autodéfense des Afro-Américains face à l'Amérique raciste. Le port ostentatoire des armes à feu n'est qu'un aspect de leur quête de souveraineté, de respect et de reconnaissance.
Crée en 1966 en Californie, le Black Panther Party for Self-Defense est un enfant terrible du mouvement des droits civiques qui, fidèle à la philosophie non violente, a obtenu des avancées significatives sur le front de l'égalité raciale mais ces dernières sont insuffisantes face à l'ampleur des discriminations à l'égard des Noirs. La colère des damnés de la terre américaine a toujours eu un ferment insurrectionnel, une aspiration socialiste à la redistribution des richesses et une vision internationaliste. Les Panthers les portent à leur point d'incandescence et mettent l'accent sur les politiques sociales et éducatives dont l'Etat les prive. Marxistes, le BPP lutte pour l'émancipation du prolétariat mondial, en premier lieu les colonisés et les ségrégués.
Activistes radicaux caricaturés par les autorités, ils ont pendant quelques années porté la voix dune jeunesse enfermée dans les ghettos et la pauvreté, maltraitée par la police et humiliée par une société américaine qui les violente et leur refuse le droit à la révolte. Incarnation du corps politique qui affirme la dignité noire dans le rapport de force, le mouvement fondé par Bobby Seale and Huey Newton fut un mouvement de libération nourri de Mao et de Fanon qui mit la question du pouvoir au cœur de son action.
Méconnue, la réalité de leur approche intellectuelle et militante mérite d’être explorée.

"Salauds de pauvres !" : l'univers du White Trash américain de Caldwell à Rob Zombie. Avec Sylvie Laurent sur France Culture.


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14.01.2012

Affreux, sales et texans (mais pas seulement) tel pourrait être le sous-titre de cet entretien en compagnie de l'historienne Sylvie Laurent, avec qui nous allons gaillardement à la rencontre de cet archétype du "mauvais genres" social nord-américain qu'est le "Poor WhiteTrash".
Il faut entendre le mauvais pauvre, le dégénéré de naissance, le marginale pathologique, feignant, avide et vicieux, portant d'incruster sur sa face, de répandu sur tout son corps de sous-homme, les stigmates des pires abjections morales. Pour l'américain digne et laborieux, le "White trash", ou "raclure blanche", c"est le rebut de la société, l'ordure vivante, entre la bête et l'esclave, mais sans leurs avantages respectifs, car improductif. Cette catégorie hante la conscience américaine depuis la fondation des USA.
Nous en suivons l'évocation littéraire, de Caldwell à Russell Banks ou Eminem et nous nous consacrons à son incarnation cinématographique au travers d'une production qui va d'Anthony Mann à Rob Zombie.

Émission "Mauvais Genres", animée sur François Angelier.