Métamorphoses de la différence sexuelle. Avec Sylviane Agacinski aux Semaines Sociales de France.


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24.11.2012

On naît fille ou garçon, on devient femme ou homme.
La différence sexuelle est une donnée naturelle que les sociétés interprètent diversement. Partout, on cultive la différence des sexes. Mais partout aussi on établit entre eux une hiérarchie : le masculin domine le féminin et même l'efface pour figurer à lui seul le genre humain.
Critiquant Simone de Beauvoir, Sylviane Agacinski soutient qu'il n'y a pas de contradiction entre la liberté des femmes et leur "destin biologique". La maternité devient au contraire, plus que jamais, une expérience privilégiée de la responsabilité et un modèle universel d'ouverture à l'autre.
La relation entre les hommes et les femmes ne dépend d'aucune vérité éternelle : elle résulte d'une longue histoire dont les débats toujours actuels révèlent la permanence de la question.

Une conférence "Hommes et femmes, la nouvelle donne".

Repenser la différence des sexes. Avec Sylviane Agacinski pour la Règle du jeu.


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03.06.2012

Nous croyons savoir de qui il s'agit quand on parle des femmes. Erreur : le doute s'est installé depuis que Monique Wittig déclara que "les lesbiennes ne sont pas des femmes". Avec Judith Butler, la Queer theory regarde la distinction entre homme et femme comme l'expression d'une "binarité artificielle", construite par une "culture hétérosexuelle dominante". Il n'y a plus de sexes, rien qu'une prolifération de genres (gays, lesbiennes, transsexuels…), flottant au dessus de sexes disparus – à moins qu'ils ne deviennent les produits de techniques biomédicales.
Sylviane Agacinski montre les impasses d'un tel discours en interrogeant la condition féminine d'un point de vue philosophique.
Exemple d'une intellectuelle qui sait embrayer ses idées sur le débat publique et l'action politique, puisque la loi sur la parité lui doit beaucoup, elle rappelle la dissymétrie des corps sexués, c'est à dire vivants, mais enrôlés dans des institutions, une culture et une histoire. Elle décrit les formes spécifiques de la servitude des femmes, qu'elles soient anciennes (la famille), modernes (le marché biologique des cellules et des organes), ou les deux à la fois (la prostitution).
Pour Sylviane Agacinski, "femme" et "homme" en tant que genres sont des catégories impersonnelles. En tant que personne, "je" ne suis ni un sexe ni un genre. Le sexe est moins un facteur d'identité que d'altérité.

Une rencontre animée par Alexis Lacroix.

L'inestimable. Avec Sylviane Agacinski pour l'Agora des savoirs à Montpellier.


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03.11.2010

Notre époque est mal à l'aise avec les valeurs, parce que sa passion de l'égalité lui fait craindre les hiérarchies. Mais si tout se vaut, rien ne vaut. On se souvient d'Alceste, dans Le Misanthrope, s'emportant contre le lâche refus de juger de la valeur d'un poète : "car c'est n'estimer rien, qu'estimer tout le monde."
Mais qu’est-ce donc qu’estimer ? Estimer quelqu'un, c'est lui reconnaître une dignité propre, un mérite - courage, honnêteté, voire intelligence, talent ou génie. L'estime s'accompagne de respect, et d'admiration. On peut admirer et respecter la nature : l'océan, la forêt, la faune et la flore, leur beauté, leur diversité. L'estime s'adresse ainsi à la valeur des choses ou des êtres, c’est à dire à leurs qualités, à leur nature propre.
Tout autre est l'estimation qui juge ou évalue une quantité. Elle est quantitative et comptable : on estime une distance, une durée, une population, l'âge de quelqu'un, le prix d'une marchandise ou d'un patrimoine (en euros, en dollars, ou en une autre monnaie). Qu'elle soit approximative ou exacte, l'évaluation des quantités règne aussi bien sur le marché que dans les sciences. Les valeurs quantitatives répondent à la question : combien ? "Le pape, combien de divisions ?" aurait demandé Staline en 1945.
Mais tout est-il mesurable et échangeable ? Tout a-t-il un prix ? On se souvient de Kant : les choses ont un prix, la personne a une dignité. En tant qu'elle a droit à une estime absolue, elle est sans prix, inéchangeable, inestimable.
La philosophe Sylviane Agacinski nous pose la question des rapports entre nos différentes façons d'évaluer et suggère qu'une civilisation repose sur des valeurs inestimables.

Le tiers-corps : réflexions sur le don d'organes. Avec Sylviane Agacinski sur France Culture.


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09.03.2018

A l'heure des Etats-Généraux de la bioéthique, Sylviane Agacinski défend une philosophie solidaire du don d'organes dans son essai Le tiers-corps (Seuil, 2018), dans lequel elle interroge cette pratique médicale dans la perspective d'une réciprocité indirecte entre le donneur et le receveur.
Après Corps en miettes (éditions Flammarion, 2009), une réflexion sur la marchandisation du corps, la philosophe poursuit sa réflexion sur le vivant, la transmission et les nouvelles formes de solidarité.

Émission "La Grande table", animée par Olivia Gesbert.

Les enjeux de la PMA. Avec Sylviane Agacinski sur Public Sénat.


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22.10.2019

Dans son dernier essai L'Homme désincarné (Gallimard, 2019), la philosophe Sylviane Agacinski s'attaque à la procréation médicalement assistée et à ses conséquences, tandis que le projet de loi de bioéthique est débattu par les instances législatives françaises. Le texte présenté en conseil des ministres prévoit notamment l'ouverture de la PMA aux couples de femmes et aux femmes seules. Et si Agnès Buzyn, la ministre de la Santé, a déclaré à maintes reprises que l'extension de la PMA "ne mettait pas en tension nos valeurs éthiques", Sylviane Agacinski, elle, voit les choses d'un autre œil.
La philosophe regrette notamment que tout soit désormais justifié au nom "des intérêts individuels et des demandes sociétales" que le droit est sommé de ne pas entraver. Elle déplore également l'argument massue qui consiste à invoquer le principe d'égalité pour clore toute forme de débat. "La procréation, assistée ou non, n'a que faire des orientations sexuelles. Elle a en revanche tout à voir avec l'asymétrie des deux sexes, qui ne sont, en la matière ni équivalents ni égaux", nous rappelle-t-elle.
Pour la philosophe de l'incarnation, l'homme moderne veut aujourd'hui dominer la nature, changer sa nature et s'affranchir de la chair, de la mort et de la génération sexuée.

Philosophie des sexes. Avec Sylviane Agacinski sur France Culture.


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11.10.2019

La philosophie est-elle une vocation ? Comment naissent les idées ou se fabrique un concept ? À quoi ressemble l'atelier du philosophe ? Et quel rôle le philosophe doit-il jouer dans la cité ?
Sylviane Agacinski, après avoir travaillé sur l'architecture et notre rapport au temps, a élaboré une réflexion sur les sexes : la politiques des sexes, la métaphysique des sexes et le drame des sexes.
Retour sur le parcours et l'oeuvre d'une femme qui a fait de la philosophie son métier.

Émission "Les Chemins de la philosophie", animée par Adèle Van Reeth.