Définir le capitalisme : richesse et pouvoir. Avec Stéphane Haber à l'Ecole Normale Supérieure.


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27.01.2014

On a souvent reproché à la catégorie de "capitalisme", telle qu'elle s'est cristallisée au début du XXe siècle sur des bases en partie marxiennes, d'alimenter, du simple fait de sa massivité, un certain réalisme réifiant dans le champ des sciences économiques, sociales et historiques. Si l'on y prend garde, le "capitalisme" peut en effet apparaître comme une force autonome, inhumaine, faisant plier la société sous le poids des contraintes fonctionnelles liées à son dynamisme aveugle : un sujet de l'Histoire qui aurait fait le vide autour de lui et serait en passe de tout absorber. Aux yeux des critiques de la catégorie de capitalisme, il y avait là un risque considérable de simplisme et de dogmatisme.
Pourtant, à une époque où les préoccupations liées au caractère incontrôlé de certaines tendances propres au monde économique, une partie des sources existentielles et historiques de ce scepticisme est en train de se tarir. Car notre univers paraît bel et bien, plus que jamais, peuplé de puissances aliénées, détachées du monde de la vie, mues par un principe d'auto-affirmation insatiable, qui réclament d’accroître encore leur emprise sur les sociétés et la nature. La saine méfiance à l'égard de notions qui ont l'air de vouloir assujettir d'emblée l'enquête à la vision d'une société unidimensionnelle et ultra-déterminée doit donc se réinventer.
Stéphane Haber nous montre qu'il faut, pour ce faire, chercher du côté d'une prise en compte de la phase paradoxale du capitalisme qui est la nôtre : un capitalisme plus protéiforme que par la passé, à la fois moins centré et moins figé, qui ressemble plus à un assemblage de dispositifs aussi souples que variés qu'à un système organique ou à l'émanation transparente d'un principe sous-jacent.

Une intervention dans le cadre des "Lundis de la philosophie".