Du héros à la victime, la métamorphose contemporaine du sacré. Avec François Azouvi à l'École de Psychanalyse des Forums du Champ Lacanien.


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12.12.2024

Philosophe et historien, François Azouvi présente son ouvrage Du héros à la victime, la métamorphose contemporaine du sacré (2024, Gallimard), dans lequel il retrace l'histoire de ce grand bouleversement anthropologique du XXe siècle où le modèle du héros cède progressivement la place au modèle victimaire.

Une conférence animée par Colette Soler.

Qui fut Pie XII ? Avec Frédéric le Moal sur Radio Courtoisie.


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27.11.2024

Le 19 décembre 2009, une violente tempête médiatique se déchaîne contre la mémoire de Pie XII lorsque Benoît XVI signe un décret reconnaissant ses vertus héroïques, prélude à sa béatification dont le procès avait été ouvert dès octobre 1967. Que s'est-il donc passé pour que l'image de ce souverain pontife, qui régna sur l'Église catholique de 1939 à 1958, se fût dégradée à ce point en cinq décennies ? Comment un homme peut-il passer du statut de héros, remercié par les survivants de l'Holocauste, à celui de complice passif de l'Antéchrist, reclus dans un coupable et lâche silence face à l'extermination de millions d'innocents ?
Frédéric Le Moal rouvre le "dossier Pie XII". Grâce à la toute récente ouverture des archives vaticanes (2020), il a eu accès à tous ces documents qui nous font pénétrer au cœur de la Curie, jusqu'au bureau même du pape. Il brosse ainsi à nouveaux frais le portrait de ce Romain de culture, de cœur et d'esprit vite repéré et formé pour devenir l'un des plus brillants diplomates du Saint-Siège. Eugenio Pacelli embrassa la carrière diplomatique sans jamais cesser d'être pasteur, gravissant les échelons jusqu'à devenir le secrétaire d'État de l'intransigeant Pie XI auquel il succéda en 1939 après l'un des conclaves les plus brefs de l'histoire. Devenu Pie XII, il affronta le cataclysme d'une guerre déchaînée par une Allemagne qu'il aimait mais que défigurait le paganisme nazi ; un conflit au cœur duquel étaient en jeu la survie de l'Église catholique tout autant que la civilisation chrétienne. Mais il fut aussi le pape d'une autre guerre, plus froide celle-ci, quoique meurtrière pour l'Église, celle opposant les États-Unis à l'URSS. À force de se concentrer sur la période 1939-1945, on en oublie que son pontificat vit éclater le conflit Est-Ouest et plusieurs de ses crises violentes (le blocus de Berlin, la victoire de Mao en Chine, les guerres de Corée et d'Indochine) avant de devoir s'adapter à l'ambigu dégel amorcé par Khrouchtchev après la mort de Staline.
Si les pièces récemment exhumées des cartons rompent en visière avec l'accusation de nazisme et d'antisémitisme d'une part, et expliquent les raisons de la stratégie de silence – réelle – du pape d'autre part, elles révèlent ce qui se cachait derrière cette attitude déroutante.La personnalité de Pie XII, très complexe, ne favorise pas, il est vrai, l'apaisement de la disputatio. Il ressort que le maître-mot de l'action d'Eugenio Pacelli fut la prudence. Or, notre époque chérit toujours la figure du sauveur et du grand homme, du type Churchill et de Gaulle. La prudence et la modération, vertus chrétiennes chantées par la Bible, sont en fait retournées contre lui. C'est à ce titre que lui est désormais refusée une place au panthéon des grandes figures de la Seconde Guerre mondiale.

Émission du "Libre journal des débats", animée par Charles de Meyer.

Comment comprendre la montée de la figure de la victime. Avec François Azouvi sur France Culture.


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27.03.2024

Qu'il s'agisse de catastrophes naturelles, de drames historiques ou de violences familiales, c'est désormais à travers les yeux de la victime que nous les abordons. Le phénomène est notable dans tous les secteurs de la société : dans le droit, où la victime se voit accorder une place chaque jour plus importante dans le procès ; dans la littérature contemporaine, qui se concentre sur les malheurs intimes ; dans la politique, enfin, où se montrer à côté des victimes est un impératif absolu.
Si le nom de victime est très ancien, il a pris dans la modernité tardive un sens nouveau qui a fait d'elle une véritable "autorité interprétative" de notre monde pour reprendre l'expression du sociologue allemand Jan Philipp Reemtsma. Au risque de transformer la victimité en une qualité ontologique, une nature, ce qui la plonge dans une impasse car, n'étant plus référée à un événement, elle se voit privée aussi de toute issue à sa condition. La grande question n'est pas tant de s'apitoyer sur le triste sort de la victime, mais de savoir comment l'aider à sortir de cette condition.
Expliquer cette profonde mutation de notre rapport à la violence, à l'histoire et peut-être au sacré dont témoigne la montée en puissance de la victime est le des travaux récents du philosophe François Azouvi, auteur de Du héros à la victime : la métamorphose contemporaine du sacré (Gallimard, mars 2024).

Émission "Esprit de justice", animée par Antoine Garapon.

Victor Klemperer, curriculum vitae. Avec Christian Noyer, Ghislain Riccardi, Andrea Petruschke, Walter Nowojksi, Peter Jacobs, Christian Loser, Rita Schöber et Sonia Combe sur France Culture.


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22.11.2005

Auteur de la LTI, la langue du troisième Reich, Victor Klemperer est l'un des rares juifs de Dresde à avoir échappé à la déportation. Dans son journal Mes soldats de papier (de 1933 à 1945, paru en 2000 aux Editions du seuil), il témoigne au jour le jour de la montée du nazisme, des humiliations et des restrictions subies par les juifs, de la crainte permanente de la Gestapo jusqu'aux bombardements de Dresde durant lesquels il s'enfuira en compagnie de sa femme Eva, afin d'échapper aux dernières vagues de déportation.
À la fin de la guerre, il choisit de rester en RDA et d'entrer au parti communiste, seul parti à pratiquer une véritable politique de dénazification.
Son journal, qu'il tiendra jusqu'à sa mort en 1961, est un témoignage de première main sur la vie quotidienne d'un juif à l'époque nazie mais c'est aussi une réflexion inédite sur le passage d'un régime dictatorial à un autre et sur la réalité du totalitarisme.

Un documentaire réalisé par Anne Fleury.

Réinformation sur la question juive. Avec Henry de Lesquen au Carrefour de l'Horloge.


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28.02.2020

Pour Henry de Lesquen, un nationaliste français ne saurait être ni judéophile ni sioniste. En voici les raisons.

 - 0'00'00 : Introduction
 - 0'02'22 : Le judaïsme n'est pas le judaïsme
 - 0'11'04 : Le judéo-christianisme est un mythe
 - 0'27'17 : Le judaïsme est une religion raciste
 - 0'42'56 : Les Juifs ne sont pas d'une essence supérieure
 - 0'57'10 : Les Juifs ne sont pas juifs
 - 0'59'55 : L'hébreu n'est pas de l'hébreu
 - 1'02'33 : L'antisémitisme n'est pas de l'antisémitisme
 - 1'05'33 : Les Juifs sont des immigrés comme les autres
 - 1'07'30 : Dreyfus était coupable et l'affaire Dreyfus était un complot juif
 - 1'11'20 : Il y a une religion de la Choah
 - 1'21'06 : Questions du public

Vichy et la Shoah, histoire d'une falsification. Avec Jean-Marc Berlière pour le Cercle Aristote.


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2024

La commémoration du 80e anniversaire de la "rafle du vel d'hiv" le 17 juillet 2022, a donné lieu à un exemple édifiant d'instrumentalisation politique de l'Histoire.
Devant le flot d'approximations hasardeuses, d'affirmations erronées jusqu'au plus haut niveau de l'État, cet usage de l'Histoire à des fins idéologiques, cet oubli des règles élémentaires de la recherche historique, Jean-Marc Berlière a souhaité redonner sa complexité à une question qu'on ne saurait réduire à une initiative purement vichyste, au point d'effacer les circonstances -la défaite, l'armistice, l'occupation- et le rôle essentiel de l'occupant nazi quasiment absent des discours officiels.
L'Histoire a suffisamment démontré les lourdes responsabilités qui pèsent sur le gouvernement de l'Etat français et ses dirigeants dans les persécutions antisémites sans qu'il soit besoin d'y ajouter celles qui ne sont pas de son fait.

George Steiner à voix nue, sur France Culture.


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02.2009

L'âge venant, la liberté de George Steiner grandit et il dit sans hésiter parfois avec sarcasme ce qu'il pense de l'évolution de notre société. C'est à une vision pessimiste qu'il nous convie en analysant la perte de l'écrit, l'absence de désir de se réalimenter aux sources de la haute culture et l'avènement du règne de l'immatériel. Toutefois Steiner tempère ce pessimisme par une croyance au développement des sciences exactes et au progrès médical mondial !
Steiner revient sur ses deux passions essentielles qui lui permettent d'envisager le lendemain : la musique qu'il écoute chaque jour - il en fait et c'est une vocation manquée à cause d'une disgrâce de naissance - et les mathématiques.
Il évoque sa passion d'enseignant et comment sa vie chaotique de juif européen l'a conduit depuis des décennies à enseigner dans toutes les universités du monde pour se fixer enfin à Cambridge.
Enfin, lui qui est profondément antisioniste constate l'impossibilité de l'existence d'un état palestinien et dit son inquiétude d'une montée de l'antisémitisme...
George Steiner : un penseur libre.

Une série d'émission animée par Laure Adler.


Comment les livres changent le monde. Avec Régis Debray et Didier Leschi sur France Culture.


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07.2021

Les livres changent le monde. En douteriez-vous ? C'est en compagnie de l'écrivain philospohe Régis Debray et du haut fonctionnaire Didier Leschi qu'au travers de cette série d'émissions nous allons comprendre pourquoi, mais surtout comment.
Cette série sur l'histoire des idées, l'histoire du monde, l'Histoire donc tout simplement dessine le paysage (subjectif) de la trentaine de livres qui ont bouleversé, depuis 1900, la marche des choses et transformé les représentations à l'échelle internationale.
Introduite par une émission sur l'histoire de la diffusion des textes, l'étude se termine sur une tentative de dessiner l'avenir. Il y a des livres qui font tomber des murs.