L'économie : notes de lecture, par Michel Drac.


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2018

Michel Drac, analyste politique et prospectiviste bien connu, s'emploie ici à comprendre les grands enjeux économiques contemporains.
Pour se faire, il étudie en profondeur les institutions, les structures et les différentes théories qui prétendent rendre compte de cette réalité dynamique avec plusieurs notes de lecture sur des ouvrages consacrés à ces questions.

Violence et religion. Avec Claude Hagège à Marseille.


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23.10.2017

Habité depuis l’enfance par une folle passion des langues, Claude Hagège est logiquement devenu un linguiste professionnel. Mais un autre questionnement l'habite depuis longtemps : d’où vient donc le besoin qu'ont les humains de croire en un dieu ?
Pourquoi l’histoire des religions est-elle hérissée de tant de violences, alors que, suscitées par les interrogations et les angoisses humaines face à un monde encore largement inexpliqué, elles auraient dû avoir pour vocation de réunir toute l’humanité ? En effet, elles proposent quelques explications, certes différentes, mais qui ont pour point commun de rassurer.
Telles sont les considérations qui le conduisent à proposer ses réflexions sur les problèmes universels que soulève l'étude des religions.

Une conférence qui s'inscrit dans la saison IX de la "Semaine de la Pop Philosophie" organisée au théâtre national La Criée.

Allons-nous continuer la recherche scientifique ? Avec Alexandre Grothendieck au CERN.


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27.01.1972

C'est en plein coeur du Centre Européen de Recherches Nucléaires, citadelle d'une recherche de pointe, que le célèbre mathématicien Alexandre Grothendieck vient exposer ses prises de position vigoureusement antimilitaristes et antinucléaires. Celui qui, un an et demi auparavant, a démissionné de son institut de recherche pour cause de financements militaires, est devenu un professionnel de la subversion au sein des institutions scientifiques. Il développe ici son thème de prédilection, sur lequel on le sollicite de toutes parts, des écoles d'ingénieurs de province aux plus prestigieux laboratoires nationaux.
S'interogeant sur la responsabilité professionnelle des "travailleurs scientifiques", cette autocritique de l'un des plus grands savants du XXe siècle se révèle alors édifiante.
Après une enfance et une adolescence hors normes – de l’Allemagne hitlérienne aux camps français de réfugiés espagnols –, le jeune Grothendieck s'est jeté à corps perdu dans la recherche mathématique. Rejoignant le groupe Bourbaki, qui ambitionne d'unifier et de refonder "la" mathématique sur des bases axiomatiques extrêmement formalisées, il embrasse la conception d'une "recherche pure", dégagée de toute application matérielle. À l'Institut des Hautes Études Scientifiques (IHES), fondé pour lui en 1958 et dont il fait la renommée mondiale, il répugne à toute collaboration avec des physiciens. Bâtisseur de nouveaux espaces mathématiques, il préfère, à la résolution de problèmes connus, l'édification de nouveaux . Grand parmi les grands, il vit confortablement dans un petit "ghetto scientifique" (dira-t-il ensuite), partageant avec Jean Dieudonné, son plus proche collaborateur, une idéologie extrêmement élitiste  que Mai 68 n'ébranlera que très partiellement.
Le basculement pour Grothendieck provient de la guerre du Viêt Nam. La science y tue par centaines de milliers. Face à la compromission de la quasi-totalité des disciplines scientifiques (physique, chimie, microélectronique, anthropologie, etc.), qui trouvent au Viêt Nam un champ d’expérimentation grandeur nature, il entreprend de moraliser les chercheurs. Puis, l'été 1970, il découvre les mouvements de scientifiques nord-américains en lutte contre le complexe scientifico-militaro-industriel. Sur un modèle proche, il fonde le mouvement Survivre qui se donne comme objectifs de dégager la recherche de ses liens avec l'armée et de lutter pour la survie de l'espèce humaine, menacée par la puissance de destruction des technosciences.
À Survivre, où il est rejoint par d’autres mathématiciens aux sensibilités plus libertaires, il prend conscience du rôle oppressif qu'il a tenu jusque-là en tant que grand savant. Intégrant la critique soixante-huitarde, il analyse la recherche comme une activité répressive, tant pour les techniciens et les "scientifiques moyens" que pour les profanes. Pour Survivre, la prétention de la science à l'universalité, son monopole sur la vérité, dépossèdent en effet tout un chacun de formes de connaissances autres, détruisant les cultures non technico-industrielles et nous soumettant à l'autorité hétéronome d’experts de tous poils. Le mouvement s'attache alors à désacraliser la science, et tout particulièrement à déconstruire le mythe de la science pure, qui masque son rôle crucial dans la poursuite d'un développement industriel désastreux. Survivre, devenu Survivre et Vivre, participe de l'émergence en France d'une critique radicale de la science, menée par les scientifiques eux-mêmes, au sein de laquelle il se signale par ses accents écologistes, libertaires et technocritiques .
Sa critique du scientisme s'ancre en effet dans celle de la société industrielle et l'amène à se lier aux mouvements écologistes naissants. Au petit groupe de scientifiques parisiens s'adjoignent alors des groupes de province engagés dans des luttes et alternatives locales, tandis que les numéros de sa revue, Survivre… et Vivre, tirés à plus de 10'000 exemplaires, s'épuisent rapidement. Aux côtés de son ami Pierre Fournier, Grothendieck s'investit tout particulièrement dans la lutte antinucléaire.
Cette invitation au CERN témoigne alors de l'écho rencontré durant les années 1970 par ses critiques radicales de la recherche dans les milieux scientifiques, traversés par le doute et un profond malaise quant à leur rôle social.

Psychologie et société : notes de lecture, par Michel Drac.


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2018

Michel Drac, analyste politique et prospectiviste bien connu, se penche ici sur différentes questions de société.
Ce travail est mené par la lecture de plusieurs livres dont les contenus sont ici exposés clairement.

Des "bullshit jobs" au néo-artisanat : une génération en quête de sens. Avec Jean-Laurent Cassely, Béatrice Hibou et Raphaël Liogier sur France Culture.


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06.09.2017

John Maynard Keynes, en 1930, annonçait l'avènement d'une société délivrée du travail par le progrès technique : il semble pourtant que nous assistions à tout autre chose. En plus du burn-out, nous faisons maintenant face aussi au "bore-out", l'ennui au travail, ou encore le "brown-out", la perte de sens. Car, en effet, nombre de travailleurs souffrent d'emplois vides de sens, superflus, sans intérêt - ce que l’anthropologue américain David Graeber appelle les "bullshit jobs".
Une dépression générationnelle qui explique sans doute l'apparition d'un nouveau phénomène : la reconversion des jeunes diplômés, qui sont de plus en plus nombreux à se tourner vers des métiers artisanaux ou à ouvrir des commerces de proximité.
Alors, à l’heure où des "feel good manager" apparaissent dans les entreprises et où le chômage de masse s'est installé dans la durée, peut-on encore être heureux au travail ? Comment comprendre cet attrait – notamment des jeunes diplômés - pour des métiers manuels, autrefois dévalorisés ? Et qu’est-ce que ces reconversions révèlent du monde du travail actuel et de ses dérives ?

Émission "Cultures Monde", animée par Florian Delorme.

Le sens chrétien de l'Histoire. Avec Jean Madiran à Lausanne.


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04.1968

Jean Madiran, écrivain et journaliste catholique, directeur de la revue Itinéraires, nous parle avec humour, finesse et intelligence du prétendu sens de l’Histoire invoqué par ceux qui veulent nous faire admettre toutes les folies avancées au nom d’un soi-disant progrès irréversible.
Une mise au point salutaire.

L'histoire, une science humaine ? Avec Johann Chapoutot à l'Université de Toulouse.


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18.05.2018

On parle indifféremment des "sciences humaines et sociales", mais la question se pose pour l'histoire : science humaine ou science sociale ? Peut-on opposer, ou plutôt différencier les deux ?
La question est d'ordre épistémologique (elle porte sur l'inscription dans l'ordre des savoirs), elle est aussi métaphysique ou ontologique : en étudiant l'homme et la femme dans le temps, la femme et l'homme aux prises avec le temps, l'histoire constitue un travail de l'humain sur lui-même qui n'a sans doute pas d’équivalent.

Expliquez-moi Derrida. Avec Benoit Peteers, François Cusset, Jérôme Lèbre et Charles Ramond sur France Culture.


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11.2017

C'est en compagnie de Benoit Peteers, François Cusset, Jérôme Lèbre et Charles Ramond que nous partons sur les traces de Jacques Derrida, ce philosophe socratique qui creuse toujours plus la question, ce dandy de l'écriture qui a le goût de l'incertitude.
D'El Biar, faubourg d'Alger où Jackie est né et où il vécut jusqu'à ses dix-neuf ans jusqu'à l'aventure américaine en passant par l'École normale supérieure, nous suivons la trajectoire d'un philosophe appelé à devenir l'une des figures majeures de la "théorie française" aux Etats-Unis à partir des années 1970, notamment avec son concept de la déconstruction, appelé à devenir un paradigme applicable à tous les objets possibles.
Mais Derrida se distingue aussi par son engagement, loin d'un certain "angélisme" qu'on a voulu lui reprocher : arrêté lors de son voyage en Tchécoslovaquie à cause de son soutien aux intellectuels de l'Est, engagé pour les "sans-papiers" et une hospitalité inconditionnelle, ses positions passent à la fois par la rue et par les textes.
Enfin, c'est notre rapport à l'écriture que Derrida questionne. Car l'écriture est la mal aimée des philosophes -Platon lui attribuant le pouvoir de faire oublier aux hommes ce qu'il savent et Rousseau l'accusant de faire disparaître l'intonation de la voix dans son Essai sur l'origine des langues- : qu'ont-ils tous à accuser l'écriture ? De la Grammatologie (1967) à La Dissémination (1972), en passant par le Monolinguisme de l'autre (1996), Derrida s'attaque à cette préférence de la philosophie pour la voix, à la difficulté de s'approprier sa propre langue maternelle, et d'y laisser une trace.
Retour, donc, sur l'une des très grandes figures de la pensée du XXe siècle qui suscite encore bien des appropriations et des polémiques...