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Islamologue et politologue renommé, le professeur Olivier Roy est auditionné par la commission d'enquête sur les liens existants entre les représentants de mouvements politiques et des organisations et réseaux soutenant l'action terroriste ou propageant l'idéologie islamiste.
Il distingue d'abord les salafistes, qui cherchent à imposer la charia sans se soucier du pouvoir politique, des Frères musulmans, dont l'objectif est de transformer radicalement la société. Bien que profondément religieux, ces mouvements sont souvent mal compris, par la société française en générale qui, profondément laïcisée, ne saisit plus le sens de l'expression du phénomène religieux, et par l'extrême gauche en particulier, qui ne les perçoit que comme un simple symptôme de contestation sociale. Il aborde également la complexité de l'organisation de l'islam en France, marquée par des influences consulaires et des divisions internes.
Olivier Roy analyse ensuite les stratégies d'influence des islamistes, notamment leur approche des institutions et leur interaction avec les partis politiques français en soulignant que, malgré des tentatives de collaboration, les malentendus et les divergences idéologiques persistent.


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S'il y a bien une tradition séculaire d'islam européen dans les Balkans, en Europe occidentale par contre l'islam s'est implanté de manière démographiquement significative à partir d'une immigration de travail durant deux décennies (1955-1975). La question "Islam en Europe ou islam européen ?" s'est seulement posée à partir de la seconde génération. Les membres de cette génération élevés dans la culture et les langues européennes se sont coupés de l'islam culturel de leurs parents. Ils ont le choix entre l'intégration par la sécularisation ou bien la reconstruction d'un islam détaché des cultures d'origine.
Mais cet islam "européen" tend à prendre des formes différentes :
1. un réformisme plutôt libéral, où l'on parle de valeurs communes
2. une réislamisation par l'autonomisation de marqueurs religieux (voile, hallal) appliqués à des pratiques occidentales, mais demandant à être reconnus dans un cadre multiculturaliste
3. un fondamentalisme littéraliste, où les normes, détachées de leur contexte culturel, s'appliquent de manière stricte à une communauté qui se tient à l'écart de la société dominante
Ce qui manque c'est la reconnaissance de l'islam comme "religion" au même titre que les autres. La question de ce que veut dire la liberté religieuse reste dès lors ouverte en Europe.


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Selon le politologue Olivier Roy, nous n'avons pas affaire aujourd'hui à une radicalisation de l'islam, mais à l'islamisation de la radicalité. Depuis 1996 le phénomène est stable : le passage à l'acte terroriste concerne essentiellement la deuxième génération d'immigrés et les convertis "de souche" appartenant à la même tranche d'âge (ceux-ci n'ayant jamais souffert du racisme ou de l'exclusion). C'est donc ailleurs que dans la révolte contre des discriminations subies qu'il faut chercher les causes de leur engagement.
Pour Olivier Roy celles-ci résident essentiellement dans un commun conflit de générations où nihilisme et orgueil sont profondément liés. Fascination pour leur propre mort et jouissance de la toute-puissance conférée par la volonté de tuer leur tiennent lieu de religion. Tous ces prétendus djihadistes n'ont jamais pratiqué un islam communautaire et leur servir un "islam modéré" ne sert donc à rien car c'est la radicalité qui les attire.


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Le décryptage qu’apporte Youssef Chiheb est indispensable afin de remettre en cause notre perception naïve et obsolète de l'islam radical idéologisé, d'optimiser notre modèle de sécurité nationale et de nous préparer à une longue guerre contre une idéologie totalitaire, basée sur la doctrine "à défaut de la conquête des territoires des mécréants, il y a de la place pour la conquête des âmes mécréantes".
Si la lutte contre le terrorisme est primordiale, il est tout aussi essentiel de livrer un combat idéologique sans concession contre les courants les plus radicaux de l'islam, financés et soutenus par des Etats officiellement amis de la France ; car, s'ils ne font pas de victimes directes, ils sont le terreau de l'intolérance, de la division et du terrorisme, et la véritable incarnation du totalitarisme islamique.
Émission du "Libre Journal de la souveraineté", animé par Michel Leblay.l