Naissance de l'écologie politique en France. Avec Serge Audier aux Rencontres philosophiques de Monaco.


(0)
92 Vues
0 commentaire
07.06.2022

Si l'écologie a pour objectif d'étudier les rapports entre un organisme et le milieu naturel, et se donne à cette fin les outils d'une science, elle ne peut ignorer les facteurs qui influent sur ces rapports complexes, lesquels ne sont pas "naturels" mais tiennent à des données sociales, culturelles, économiques, politiques. Aussi, de l'intersection de l'écologie et des sciences sociales ou économiques, est née l' "écologie politique", terme forgé en 1935 par le physiologiste américain Frank Thone mais utilisé surtout à partir des années 70.
En France, différentes tendances peuvent être observées, que Serge Audier présente ici par l'intermédiaire de trois de ses principaux représentant : Bertrand de Jouvenel, Bernard Charbonneau et André Gorz.

Que peut la philosophie face à la crise écologique ? Avec Pierre Caye, Serge Audier et Dominique Bourg aux Rencontres philosophiques de Monaco.


(0)
278 Vues
0 commentaire
18.06.2021

Tout porte à croire que la "crise" écologique entraîne l'humanité dans une spirale incontrôlable de désastres menaçants d'emporter le vivant tout entier dans son extinction. Loin d'être une "crise" parmi d’autres, laissant réapparaître une certaine reprise ou réparation, elle révèle aujourd'hui un véritable péril qui requiert l'engagement le plus urgent. Aussi l'écologie doit-elle représenter non seulement une tâche éthique mais aussi, et peut-être surtout, une nécessité existentielle pour l'être humain, et notamment pour les générations à venir.
La philosophie ne peut guère se complaire dans des discours édifiants ou consolateurs, ni se voiler devant les dangers qui nous font face. Elle doit assumer la responsabilité d'abord d'analyser les causes et les effets de ce qui nous arrive, puis de proposer des pistes de réflexion et d'action, capables de sustenter un avenir viable et prospère au nom de l'humanité elle-même. Elle ne peut avoir d'autre dessein que celui de porter un regard critique au cœur même de la "crise" écologique, de mobiliser toutes les forces vives et tous les savoirs afin d'élaborer une politique et une éthique pour le monde et l’humanité à venir.
Quelle politique face à la menace qui nous hante aujourd'hui et qui risque d'emporter notre espace de vie ? Depuis quelle loi est-il possible de redéfinir, à l'aune de la "crise" écologique, une éthique du "vivre-ensemble" collectif, durable, équitable ? Quelles ressources peuvent être aujourd’hui engagées pour sauver l'environnement de sa dégénérescence et par là-même assurer un avenir viable à l'humanité ?

Temps et accélération. Avec Jean-Pierre Dupuy aux Rencontres philosophiques de Monaco.


(0)
651 Vues
0 commentaire
14.11.2019

Si sa définition traditionnelle marque en quoi le temps est une présence indéfinie, homogène et invariable au sein de laquelle se déploient êtres, choses et événements se succédant de façon ininterrompue, l'expérience du temps dévoile aussi cette présence constante comme tantôt alourdie par des lenteurs, tantôt avivée par des accélérations.
Comment penser à la fois ces deux données irréconciliables du temps : son écoulement continu et les singularités de ses expériences vécues, qui en font varier la durée ? Sa constance et sa persévérance irréversibles et les moments, les instants, les scansions de ses expériences, parfois accusant des atermoiements, parfois filant telles des précipitations ?
Il nous faudra aussi chercher à savoir en quoi ce qu'il convient de nommer l'accélération du temps entraîne des changements sociaux considérables, des transmutations politiques, des modifications insoupçonnées de la sphère intersubjective. En effet, l'actualité est traversée par une accélération du temps où de nouvelles possibilités d’existence ne cessent de s'ouvrir à un rythme effréné.
Fort paradoxalement, nous ressentons le sentiment de ne plus posséder le temps nécessaire pour entreprendre quoi que ce soit. Et ainsi, les individus tendent à privilégier des activités de faible satisfaction, de court terme, par rapport à d'autres plus valorisantes, mais toujours différées.
Or la technique n’est pas seule responsable de ce phénomène, la cause est aussi idéologique et correspond au "projet de la modernité" : le désir d'autonomie. Nous ne voulons être liés à rien et être toujours disponibles de sorte à ne jamais manquer quoi que ce soit.
Quelles sont les sources et quelles seront les conséquences de cette situation temporelle affectant l'ensemble de nos expériences, personnelles et sociales ?

Theodor W. Adorno et l'individu. Avec Claire Pagès aux Rencontres philosophiques de Monaco.


(0)
722 Vues
0 commentaire
21.06.2020

Cette leçon de philosophie entend déployer la pensée d'un philosophe majeur du XXe siècle à partir d'un sujet central à son oeuvre. Ce philosophe, il s'agit de Theodor W. Adorno, chef de fil de l'École de Francfort dont la théorie critique sociale s'interesse de près au statut de l'individu contemporain.
Un problème plus que jamais actuel, et pour la compréhension dulequel un détour par Adorno est plus que recommandé !

De la révélation comme phénomène. Avec Jean-Luc Marion aux Rencontres philosophiques de Monaco.


(0)
844 Vues
0 commentaire
21.01.2019

Qu'en est-il de la notion de "révélation" dans la philosophie aujourd'hui ? Comment penser, à notre époque, la relation immémoriale entre philosophie et théologie ?
Jean-Luc Marion poursuit ici sa radicale critique de la métaphysique, à partir de l'idée de révélation, que la métaphysique s'est d'une certaine manière arrogée, mais qui toutefois excède sa logique et son ordre, demeurant ainsi, à bien des égards, son impensé.

La liberté d'expression face au blasphème. Avec Anastasia Colosimo aux rencontres philosophiques de Monaco.


(0)
974 Vues
0 commentaire
15.02.2018

Le blasphème est, depuis ses origines, un concept politique qui n'intéresse le religieux que marginalement. Jérusalem, Athènes, Rome, les morts fondatrices de Socrate et de Jésus-Christ, tous deux condamnés à la peine capitale, le premier pour impiété, le second pour blasphème, ainsi que la Torah, l'Évangile et le Coran témoignent que l'histoire de l'interdiction du blasphème est avant tout celle de sa fonction politique, qui est d'éliminer celui qui nuit à la communauté.
Avec l'apparition de la modernité, l'invention de la tolérance et la proclamation de la liberté d'expression comme droit fondamental, le blasphème aurait dû disparaître. Il s'est en fait transformé.
De Salman Rushdie à Charlie Hebdo, il est même devenu l'enjeu de crises planétaires répétées. Dans le monde musulman, son interdiction est aujourd'hui un outil redoutable de répression des minorités au niveau national et d'accélération de choc des civilisations au niveau international.
À ce défi, l'Europe prétend répondre par la liberté d'expression, bien que la majorité des pays occidentaux continue à condamner le blasphème, compris non plus comme une offense à Dieu, mais aux croyants, signe d'une sécularisation dévoyée.
C'est particulièrement le cas en France où la prolifération des lois venant limiter la liberté d'expression a fini par réinstaurer un délit de blasphème tout en multipliant les délits d'opinion...