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Agrégé de lettres, ancien élève de l'École normale supérieure et spécialiste du XVIIe siècle, René Pommier s'est imposé comme un critique redoutable, animé par une exigence rationaliste et un goût certain pour la polémique. Ses travaux, nourris par une érudition rigoureuse, consistent à déconstruire ce qu'il considère comme des impostures intellectuelles, souvent érigées en dogmes. Son parcours universitaire classique contraste ainsi avec l'audace de ses prises de position, toujours argumentées, mais rarement consensuelles.
S'attaquant aussi bien aux penseurs religieux qu'aux figures majeures des sciences humaines, Pommier démonte avec une précision implacable les discours qu'il juge irrationnels, infondés ou mystificateurs. Il réfute ainsi l'interprétation barthésienne de Racine, qu'il juge absurde et prétentieuse, avant de s'en prendre à Pascal, dont il démonte les raisonnements apologétiques au nom d'un rationalisme rigoureux. Sa critique de Freud, qu'il accuse d'avoir bâti une œuvre relevant plus du mythe que de la science, s'inscrit dans la même logique démystificatrice. Girard, autre figure intellectuelle célébrée, est à son tour passé au crible : Pommier démonte son concept de désir mimétique et dénonce ses lectures littéraires comme profondément erronées. Enfin, son analyse des écrits de Sainte Thérèse d'Avila se veut une mise à nu d'un discours mystique qu'il lit comme une pure manifestation de folie, imperméable à toute forme de doute ou de réflexion critique.
Cette série de conférences, placée sous le signe de la rigueur et de l'irrévérence, invite à une réflexion stimulante sur les limites de la foi, de la théorie et de l'autorité intellectuelle. À travers ses lectures incisives, René Pommier nous pousse à exercer sans relâche notre esprit critique, même – et surtout – face aux figures les plus respectées du panthéon intellectuel.


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A des degrés divers, tous les livres de Freud prouvent qu'il est fou.
Mais la Psychopathologie de la vie quotidienne prouve qu'il ne l'est pas seulement dans son cabinet de consultation et lorsqu'il prétend soigner des névroses quitte à les inventer de toutes pièces comme pour le petit Hans. Elle prouve qu'il l'est du matin au soir et dans toutes les circonstances les plus ordinaires de la vie de tous les jours.
Elle prouve également que celui que l'on considère volontiers comme un esprit moderne et éclairé, celui que beaucoup célèbrent comme un digne continuateur de l'esprit des Lumières, est, en réalité, profondément superstitieux.
Comme tous les esprits crédules, il se refuse à admettre le rôle pourtant considérable que joue le hasard dans tous les événements de la vie.
Bref, selon René Pommier, la lecture de la Psychopathologie de la vie quotidienne conduit à se demander si Freud n'était pas seulement un maboul accompli, mais aussi, mais d'abord un sombre crétin.
Émission "Psychologie et littérature", animée par le Pr. Quentin Debray.


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