La réforme grégorienne. Avec Thierry Pécout sur la Radio Chrétienne Francophone.


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07.2013

Au XIe siècle, sur fond de lutte de pouvoir entre le Pape et l'Empereur, l'Occident connaît une révolution qui bouleversera à jamais son visage : c'est la réforme grégorienne, inspirée du nom du pape Grégoire VII, avec des effets qui durent encore aujourd'hui.
Les réformateurs du XIe siècle veulent corriger les moeurs, restaurer la discipline monastique et, de manière générale, séparer nettement dans la société les clercs et les laïcs, au profit des premiers. Ils conduisent à la querelle des investitures, marquée par des affrontements violents.
En voulant trancher la question de l'équilibre des pouvoirs entre deux puissances à vocation universelle -l'Empire et la Papauté-, la réforme grégorienne désacralise le pouvoir politique et conduit à un profond renouvellement des élites d'Eglise. Paradoxalement, en séparant le temporel du spirituel, elle participe à son corps défendant à l'émergence d'un pouvoir laïc à la tête des sociétés médiévales.
Marquant à jamais la chrétienté latine, l'oeuvre des papes Léon IX, Grégoire VII et Urbain II constitue l'une des matrices du développement politique, religieux et culturel européen.

Guerres de Vendée : crimes de guerre oui, génocide non ! Avec Jean-Clément Martin sur la Radio Chrétienne Francophone.


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14.03.2018

L'utilisation du terme "génocide" pour qualifier les exactions commises par les bleus sur les vendéens entre 1793 et 1794 fait débat depuis presque 30 ans.
L'historien Jean-Clément Martin, spécialiste de la Révolution française et de son historiographie, nous explique en quoi il est opposé à l'usage de ce terme pour décrire et définir les massacres qui se sont déroulés à cette époque en Vendée - 200'000 morts, soit 20 à 30% du total des morts de la Révolution française.
Réfractaire à tout catéchisme idéologique, il veut cherche surtout à (faire) comprendre le "phénomène vendéen" dans toute sa complexité, en affranchissant la période des interprétations consacrées qui l'inscrivent toujours dans une lutte entre le bien et le mal.

La Renaissance, une construction politique du XIXe siècle. Avec Didier Le Fur sur la Radio Chrétienne Francophone.


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10.03.2018

La Renaissance est souvent présentée comme une période de bouillonnement scientifique, intellectuel et artistique, née en Italie. Dans Une autre histoire de la Renaissance (éd. Perrin), Didier Le Fur la présente comme une construction du XIXe siècle.
Une construction lente mais construction tout de même. Au XVe siècle en Italie, des intellectuels ont redécouvert le latin des Romains et décidé de le remettre à l'honneur. Comme dit Didier Le Fur, "ils se sont pris de mégalomanie de réinventer une langue et de la réimposer à la culture italienne pour le prestige de la cité de Florence".
Au siècle suivant (milieu du XVIe siècle), la notion de Renaissance réapparaît en France. Cette fois sous l'impulsion des auteurs de la Pléiade. Ces jeunes intellectuels de 20 à 27 ans, désireux de trouver leur place au milieu des clercs de l'époque, réinventent une poésie en modernisant le français : il vont "refaire la langue magnifique" - tout comme les intellectuels florentins l'avaient fait pour le latin.
Enfin, c'est finalement au XIXe siècle, sous la plume de Michelet, que la Renaissance va devenir une période historique à part entière.

Émission "La suite de l'Histoire", présentée par Véronique Alzieu.

Une histoire des droites en France. Avec Gilles Richard sur la Radio Chrétienne Francophone.


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01.03.2017

Depuis le classique de René Rémond, les droites n'avaient pas trouvé leur historien. C'est désormais chose faite grâce à la récente synthèse de Gilles Richard qu'il présente ici.
Couvrant plus de deux siècles d'histoire politique et n'hésitant pas à aborder les enjeux contemporains, l'ouvrage évoque bien entendu les partis et leurs métamorphoses, tout en scrutant les cultures politiques et en pointant les grandes mutations.
Depuis 1815, en effet, les temps ont bien changé ! Ce qui faisait clivage au XIXe siècle entre droites et gauches (la République démocratique et laïque) a ainsi laissé place au XXe siècle à un autre clivage : la République qui avait triomphé dans les années 1870-1880 devait-elle être "libérale" comme le souhaitait Jules Ferry, ou bien "sociale" comme le proclama Jean Jaurès ?
En ce début de XXIe siècle, tout semble à nouveau remis en cause : tandis que les gauches sont menacées de disparition, les droites sont aujourd'hui hégémoniques. Mais le pluriel s'impose plus que jamais. De fait, les oppositions ne manquent pas, entre tenants du libéralisme et droite nationaliste, ou entre "les mondialistes" et "les patriotes", comme Marine Le Pen aime à le répéter.
Cette mutation fondamentale surprend ; mais Gilles Richard offre des clés pour comprendre ce qui constitue un enjeu déterminant pour la France d'aujourd'hui et de demain.

Le gallicanisme ou l'indépendance du roi de France vis-a-vis du pape. Avec Bernard Hours sur la Radio Chrétienne Francophone.


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24.09.2014

Le terme "gallicanisme" apparaît au XIXème siècle. Il décrit un courant de contestation du pouvoir du pape qui naît dès le Moyen Age.
Invité de Véronique Alzieu, Bernard Hours décrit les enjeux de l'opposition entre pouvoir temporel et spirituel.

Les dominicains précurseurs des Droits de l'Homme. Avec Ignace Berten sur la Radio Chrétienne Francophone.


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04.2012

- 1_3 : En 1511, le dominicain Antonio Montesinos condamne violemment le traitement que les Espagnols infligent aux Indiens.
Nous sommes à Hispaniola, future Saint-Domingue, découverte en 1492 par Christophe Colomb. Une population de colons s'installe dans l'île dans le but d'exploiter les mines d'or de la région, et pour ce faire, la Couronne d'Espagne répartit entre eux les territoires et les nomme propriétaires de ces terres ainsi que des indigènes qui y vivent. Les indiens se voient donc réduits à l'état de machines humaines, qui s'usent au travail épuisant des mines et que l'on se contente de remplacer lorsqu'ils viennent à mourir.
Témoin d'une telle situation, une communauté de dominicains débarquée sur l'île en 1510 décide d'élever la voix dans ce désert d'inhumanité : l'un des frères prononce à l'église un sermon resté célèbre et dont la mémoire nous a été transmise par Bartolomé de Las Casas. Une parole courageuse dans un contexte où les indigènes sont considérés comme des créatures sans âme et une main d'oeuvre gratuite et inépuisable. Un premier jalon posé dans l'élaboration et la reconnaissance des Droits de l'homme.

 - 2_3 : En entendant le sermon d'Antonio de Montesinos, Bartolomé de Las Casas, colon espagnol, est tout de suite bouleversé, comme touché au coeur. Il entre par la suite chez les dominicains pour défendre la population indienne.
En 1516, Bartolomé de Las Casas est nommé officiellement par le roi d'Espagne Procureur et protecteur universel de tous les Indiens des Indes occidentales. Devenu évêque au Mexique, il tente de mettre en place une répubique indienne autonome. Il oeuvre pour que l'évangélisation ne détruise pas la culture locale. A la cour d'Espagne, il agit ensuite pour la défense des Indiens sur le plan politique. Il y souligne notamment les contradictions d'une évangélisation qui ne laisse pas toute sa place à la liberté.
Si chez Montesinos, la dimension anthropologique est soulevée, avec Bartolomé de Las Casas s'élabore véritablement une théorie des Droits de l'homme. Les populations indiennes doivent pouvoir se soumettre librement à la Couronne d'Espagne. Sa réflexion théologique fondamentale est également très moderne. Las Casas affirme que les Indiens, sincères dans leur culte, rendent un hommage au véritable Dieu. A l'inverse, les colons catholiques sont dénoncés comme idolâtres puisqu'ils servent l'argent et la richesse.
Mais c'est pendant la Controverse de Valladolid que Juan Ginés de Sepúlveda, théologien moraliste, affirme que l'humanité est diverse dans sa dignité. Dans une controverse restée célèbre, il s'oppose à Bartolomé de Las Casas.

 - 3_3 : Franciso de Vitoria a poussé très loin la réflexion théologique et philosophique sur le droits des peuples et des individus. Il est peu connu du grand public mais la salle principale du Siège des Nations Unies à Genève porte aujourd'hui le nom de ce dominicain du XVIème siècle.
Il n'a jamais marché sur le sol américain occupé par les Espagnols. Et pourtant, Francisco de Vitoria, directeur de l'Université de Salamanque, a fait de l'approche éthique et théologique de la colonisation le point central de la réflexion de cette université.
Il développe ses principes sur le droit des personnes et le droit des peuples à partir de la théologie de saint Thomas et de la philosophie d'Aristote, principalement. Francisco de Vitoria insiste sur la liberté et la douceur, mais si le commerce et la liberté d'évangéliser sont empêchés, la guerre est alors pour lui justifiée...

Une série d'émissions animées par Véronique Alzieu.

Histoire des conciles oecuméniques. Avec Bernard Meunier, Michel Rubellin, Philippe Martin et Etienne Fouilloux sur la Radio Chrétienne Francophone.


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2011

Véronique Alzieu nous invite, tout au long de ces huit émissions et avec l'aide de nombreux invités, à reprendre l'histoire des grands conciles oecuméniques qui ont rythmé la vie de l'Eglise catholique, et plus généralement façonné le monde chrétien.

 - 1_8 : Les conciles de Nicée et de Constantinople ont eu lieu en 325 et en 381. Comment ont-ils posé les bases de notre religion ?
 - 2_8 : Au Vème siècle, eurent lieu deux conciles majeurs dans la définition de la foi chrétienne : Ephèse et de Chalcédoine.
 - 3_8 : Les quatre conciles du Latran se sont déroulés à Rome entre 1123 et 1215. C'est la grande période de la réforme grégorienne qui tend à affirmer le pouvoir pontifical face au pouvoir temporel des empereurs germaniques. Mais ces conciles sont moins le fruit de préoccupation théologiques ou spirituelles que des circonstances politiques, même s'ils soulèvent aussi la question des croisades et de certaines hérésies...
 - 4_8 : En 1245 se tient le concile Lyon 1, puis en 1311-1312 a lieu le concile de Vienne. A cette époque, l'ambition territoriale et politique des empereurs germaniques se heurte au pape désireux d'affirmer son rôle : représenter le pouvoir de Dieu sur Terre.
 - 5_8 : Le concile de Trente marque un tournant capital dans l'histoire de l'Eglise. Sur fond de montée du protestantisme, il se tient entre 1545 et 1563. La France de François 1er est alors en guerre avec l'Empire de Charles Quint. Un conflit qui complique et retarde notablement la tenue du concile.
 - 6_8 : Second épisode consacré au concile de Trente : cet événement capital dans l'histoire de l'Eglise mérite qu'on s'y attarde en détails. Très compliqué à convoquer, particulièrement long, il aurait pu être un concile très novateur. Mais la plupart des décisions qui y sont prises le sont en réaction au protestantisme et pour s'opposer à lui.
 - 7_8 : Au XIXème siècle, se déroule le premier concile du Vatican. Il ne dure qu'un an et est intérrompu par la guerre de 1870. Il promulgue tout de même le dogme de la primauté et de l'infaillibilité pontificale. Il faudra attendre 1959 pour que, contre toute attente, soit convoqué un nouveau concile qui prendra le nom de concile Vatican II car il ne sera en aucun cas la suite du précédent.
 - 8_8 : Vatican II : un concile surprenant ! Un concile qui a commencé par écarter à peu près tous les textes préparatoires censés servir de base au travail des pères conciliaires...

Jésus et la violence. Avec Maurice Bellet sur la Radio Chrétienne Francophone.


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2010

Nous sommes encore dans l'après-coup du XXe siècle, où les systèmes nazi et soviétique ont dévoilé le virus d'inhumanité qui dort au fond de l'humain. 
Or, cette violence absolue n'est pas la violence ordinaire. C'est celle qui s'exerce au nom du Bien, de l'Ordre, de la Vérité, et qui n'est pourtant que destruction pure. C'est un virus mutant : la révolution libératrice peut devenir totalitarisme, la raison triomphante tourner en délire, la religion de l'amour obéir à un Dieu pervers. 
Si l'on s'interroge sur ce mal, il est difficile de ne pas rencontrer la figure du Crucifié. Car il est dans le lieu de cette violence-là et ce ne peut être un hasard s'il occupe une si grande place dans l'histoire humaine. Il y apparaît en victime de la violence absolue. 
Pourtant, malgré l'image pieuse d'un Jésus gentil et facile, il est violent à sa manière : sa parole est un glaive qui déchire implacablement. Nous aurions intérêt à déchiffrer cette énigme. Elle est encore en nous.