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C'est un entreprise proprement pédagogique qu'Antoine Dresse entreprend en proposant une cartographie méthodique des notions, des figures et des controverses qui structurent la pensée politique de droite. Chaque entrée fonctionne comme une fiche claire et synthétique, où l'on croise Joseph de Maistre, Alexis de Tocqueville ou encore Carl Schmitt.
Objectif : définir, contextualiser, puis relier les concepts à des querelles contemporaines. Mais aussi montrer les continuités et les ruptures au sein de cette vaste galaxie intellectuelle, et mettre en scène les tension internes, entre conservatisme, libéralisme, souverainisme et identitarisme.
En rendant visibles les arguments, leurs limites et, plus que tout, leurs implications pratiques, Antoine Dresse encourage à la réflexion... avant de retourner à l'action.


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Sous la République de Weimar, des centaines d'auteurs, de théoriciens et de personnalités politiques ont fait partie de ce qu'on a appelé après 1945 la Révolution conservatrice, ce vaste mouvement de pensée et d'action, divisé en multiples courants et tendances, qui rassemblait ceux des adversaires du traité de Versailles qui se refusaient à rejoindre le nazisme naissant. Après 1933, sous le IIIe Reich, ils furent pour la plupart marginalisés, voués à l' "exil intérieur", parfois persécutés ou contraints à l'exil.
Alain de Benoist revient ici sur quatre figures emblématiques de cette mouvance : l'économiste Werner Sombart, grand spécialiste de l'histoire du mouvement social, Arthur Moeller van den Bruck, chef de file des jeunes-conservateurs berlinois, qui fut un critique implacable de l'idéologie libérale, Ernst Niekisch, théoricien du national-bolchevisme, à l'itinéraire stupéfiant (il fut à la fois emprisonné sous la République de Weimar et sous le national-socialisme), et enfin Oswald Spengler, le célèbre auteur du Déclin de l'Occident, dont les dures prophéties ont marqué le siècle. Restés longtemps méconnus, ils méritent d’être redécouverts aujourd’hui.
Émission du "Libre journal des historiens", animée par Philippe Conrad.


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Julius Evola est l'une des grandes figures de la Droite italienne et même européenne du XXe siècle. Souvent associé à René Guénon et à l'école traditionnaliste, Evola appartient également au monde de la "Révolution conservatrice".
Philippe Baillet, l'un de ses principaux traducteurs français, revient en détail sur la vie et l'œuvre de cette figure étrange et fascinante par bien des aspects, ainsi que sa postérité.
- 0'00'00 : Introduction
- 0'07'08 : Présentation du parcours de Philippe Baillet
- 0'14'15 : Division de l'entretien
- 0'17'23 : Origines et milieu social d'Evola
- 0'23'20 : Attitude anti-bourgeoise : débuts artistiques et philosophiques
- 0'30'45 : Evola et Arturo Reghini
- 0'37'02 : Impérialisme païen – nationalisme italien et critique du christianisme
- 0'53'29 : Relations d'Evola avec le régime fasciste
- 0'58'53 : Découverte de René Guénon
- 1'10'37 : Bachofen et "le droit maternel"
- 1'14'43 : Révolte contre le monde moderne
- 1'30'27 : Julius Evola et l’Allemagne
- 1'45'34 : Julius Evola et la droite italienne d’après-guerre
- 1'57'45 : Le fascisme vu de droite
- 2'00'13 : Chevaucher le tigre
- 2'12'40 : La postérité d'Evola en Italie
- 2'19'15 : La postérité d'Evola en France
- 2'30'47 : Regard critique sur Evola
- 2'46'48 : Recommandations de lecture
- 2'48'39 : Evola et Klages, une mise en parallèle


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Il fut un esprit brillant et un penseur énigmatique. Professeur de mathématiques et sciences naturelles au lycée de Hambourg, auteur à l'âge de 24 ans, d'une thèse sur le philosophe grec Héraclite, Oswald Spengler (1880-1936) fut une figure importante de la "Révolution conservatrice" allemande sous la République de Weimar.
Mais le nom d'Oswald Spengler reste surtout associé au titre de son important essai Le Déclin de l'Occident, publié en deux tomes en Allemagne, après la Première Guerre mondiale (1918-1922). Ce livre, qualifié de "roman intellectuel" par l'écrivain allemand Thomas Mann et traduit pour la première fois en français en 1933 aux éditions Gallimard, eut un grand retentissement et valut à son auteur un succès mondial. Il se présente comme une vue d'ensemble de l'histoire mondiale ou plutôt une "morphologie" de l'histoire mondiale, divisée en huit grandes cultures humaines dotées chacune d'une âme spécifique.
Ces cultures, selon Oswald Spengler, s'appuyant sur une analogie organique, cyclique et biologique, "croissent et vieillissent" inéluctablement, s'essoufflent et se dévitalisent, avant de se transformer en civilisations, derniers stades de leur évolution. Penseur d'une philosophie globale de l'histoire, Oswald Spengler diagnostique le déclin inéluctable de la civilisation occidentale d'inspiration "faustienne", guidée par son idéologie du progrès issue des Lumières.
Si l'œuvre d'Oswald Spengler n'est pas sans paradoxes ni ambiguïtés, elle aura, par ses analyses, influencé souterrainement nombre d'auteurs du XXe siècle, tels que les philosophes Martin Heidegger et Ludwig Wittgenstein ou encore l'écrivain américain Howard Phillips Lovecraft. Une œuvre qui reste d'une indéniable actualité.
Émission "Une vie, une oeuvre", produite par Catherine Paoletti.


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A travers ses livres et ses articles, le grand historien de l'État Ernst Kantorowicz a renouvelé l'étude de la "théologie politique" et a bouleversé notre compréhension de la genèse de l'État moderne depuis le Moyen-Âge. Admiré des médiévistes et des historiens, pour sa magistrale biographie de L'Empereur Frédéric II et pour Les deux corps du roi, Kantorowicz demeure toutefois peu connu du grand public. Une lacune que Guillaume Travers se fait fort de combler en retraçant la vie et la pensée d'une figure majeure de la "Révolution conservatrice allemande" et d'un des historiens les plus importants du XXe siècle.
- 0'00'00 : Introduction
- 0'09'39 : Les premières années de Kantorowicz
- 0'22'04 : Le cercle de Stefan George
- 0'41'59 : Frédéric II
- 0'58'32 : L'exil
- 1'05'55 : Une nouvelle conception du temps au Moyen-Âge
- 1'17'45 : Théologie politique - parallèle avec Carl Schmitt
- 1'23'17 : Les Laudes Regiae
- 1'29'40 : Kantorowicz et le maccarthysme
- 1'34'41 : Les deux corps du roi
- 1'50'07 : Les dernières années et la postérité
- 1'56'04 : Conclusion et conseils de lecture


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Pilier de la grande sociologie allemande avec Max Weber, Ferdinand Tönnies et Georg Simmel, Werner Sombart mértie d'être (re)découvert. Et s'il est relativement oublié aujourd'hui, ses contributions à l'histoire de la sociologie, de l'économie et de la pensée politique n'en sont pas moins considérables.
Contrairement à ce que l'on croit habituellement, c'est Werner Sombart lui-même qui donna au terme "capitalisme" la popularité qu'on lui connaît de nos jours, l'analysant pourtant différemment que Karl Marx. Par sa recherche d'une troisième voie, entre le capitalisme et le marxisme, permettant de sortir de "l'ère économique", Werner Sombart compte également parmi les grandes figures de la Révolution conservatrice allemande.
- 0'00'00 : Introduction
- 0'05'16 : La vie de Werner Sombart et la genèse de sa pensée
- 0'11'00 : La Methodenstreit
- 0'29'47 : Le capitalisme et l'influence de Karl Marx
- 0'43'50 : Le bourgeois
- 0'56'00 : Les origines religieuses du capitalisme
- 1'12'50 : Dépasser le capitalisme ?
- 1'19'00 : Héros et Marchands
- 1'27'47 : Le socialisme allemand et Vom Menschen
- 1'41'35 : La postérité de Werner Sombart


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Le politologue belge Robert Steuckers nous explique le contexte dans lequel Schmitt a élaboré sa conception de la "décision" en politique et du "Grand Espace" (Großraum). Un entretien qui permet d'aborder la pensée politique de Schmitt non pas de manière abstraite, mais en lien avec son époque et avec ses sources. Car à travers Schmitt, ce sont également les figures de Donoso Cortés, Karl Haushofer, Clausewitz et même Guillaume Faye qui sont abordées. Avec beaucoup de perspicacité et de brio, il nous rappelle l'importance et l'actualité de cette pensée.
- 0'00'00 : Introduction
- 0'12'08 : Première partie - décisionnisme
- 0'29'20 : Qui prend la décision ?
- 0'46'08 : En quoi le décisionnisme est-il une réponse aux problèmes de l'époque ?
- 1'08'06 : "Clausewitz est un penseur politique"
- 1'20'24 : Résumé de la pensée politique allemande depuis la fin du XVIIIe
- 1'30'39 : Seconde partie - le "Grand Espace"
- 1'43'24 : Caractéristiques du Grand Espace
- 2'04'20 : Quel rapport entre le Grand Espace et la géopolitique ?
- 2'25'03 : Actualité de cette notion
- 2'47'09 : Influence de Carl Schmitt sur Guillaume Faye


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C'est à partir des livres Les racines intellectuelles du Troisième Reich. La crise de l'idéologie allemande de George L. Mosse (Seuil, 2006) et Les racines intellectuelles de Mein Kampf (Revue d'Histoire de la Shoah, n°208, mars 2018) que Paul Braun nous livre une analyse des racines idéologiques du nazisme.
Car outre les considérations matérielles qui doivent évidemment être prises en compte (unification nationale tardive, défaite de 1918, crise de 29), le nazisme a ceci de particulier qu'il ne peut être compris qu'à partir de ses déterminations idéologiques, spécialement en ce qui concerne l'entreprise d'extermination des juifs d'Europe.
Émission "Sortir du capitalisme", animée par Armel Campagne.