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C'est un entreprise proprement pédagogique qu'Antoine Dresse entreprend en proposant une cartographie méthodique des notions, des figures et des controverses qui structurent la pensée politique de droite. Chaque entrée fonctionne comme une fiche claire et synthétique, où l'on croise Joseph de Maistre, Alexis de Tocqueville ou encore Carl Schmitt.
Objectif : définir, contextualiser, puis relier les concepts à des querelles contemporaines. Mais aussi montrer les continuités et les ruptures au sein de cette vaste galaxie intellectuelle, et mettre en scène les tension internes, entre conservatisme, libéralisme, souverainisme et identitarisme.
En rendant visibles les arguments, leurs limites et, plus que tout, leurs implications pratiques, Antoine Dresse encourage à la réflexion... avant de retourner à l'action.


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La prolifération des images a pris des proportions si extravagantes que le monde est devenu, pour ainsi dire, un mur d'images qui capte notre regard et l'obnubile. Ce règne des images, qui a pour corollaire le désintérêt à l'égard du monde tel qu'il nous est donné, est aux antipodes de l'enseignement biblique. Le déluge d'images qui s'abat aujourd'hui sur nous n'a plus rien de chrétien.
Pourtant, pareil déluge n'aurait pu advenir sans le statut accordé par le christianisme à l'image. Conjoncture étrange, dont seule une enquête généalogique est à même de révéler les tenants et les aboutissants.
Le propos d'Olivier Rey est, en mettant au jour certains fils enterrés, de comprendre comment a pu s'effectuer le passage entre l'image chrétienne et le raz-de-marée imagier contemporain.
Émission du "Libre Journal de Midi", animé par Aude de Kerros.


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Le politologue et essayiste Rachid Achachi explore l'histoire longue de la pensée politique depuis l'Antiquité jusqu'à l'époque contemporaine, en mettant en tension deux approches majeures : l'idéalisme moral, souvent issu des traditions religieuses ou philosophiques (de Platon à l'universalisme libéral), et le réalisme politique, qui privilégie la logique des rapports de force. À travers des références à Platon, Aristote, Machiavel, Carl Schmitt, Ibn Khaldoun ou encore René Girard, est analysée la manière dont la morale a été successivement intégrée, marginalisée ou instrumentalisée par les pouvoirs politiques au fil de l’histoire.
- 0'00'00 : Annonces et lancement de la page Patreon de Youssef Hindi
- 0'01'40 : La répression envers les écrivains, les intellectuels et les militants
- 0'04'38 : Introduction historique et conceptuelle du réalisme politique
- 0'25'25 : Le retour de la morale en politique et de la guerre juste au XXe siècle
- 0'44'30 : Les similitudes entre les nomades et les puissances maritimes
- 0'49'50 : Géopolitique et religion sécularisée
- 0'51'20 : Les trumpistes versus les globalistes/néoconservateurs
- 0'54'04 : Le retour brutal du réalisme politique
- 0'56'58 : L'influence idéologique russo-chinoise sur la classe dirigeante américaine
- 0'59'25 : Le soft power russe sur son étranger proche
- 1'02'00 : L'attractivité économique, supérieure au soft power conservateur ?
- 1'06'05 : Les USA encore de beaux jours devant lui
- 1'06'55 : La Russie n'exploite pas au maximum ses capacités économiques
- 1'11'45 : Le réalisme politique porte des meilleurs fruits que les idéologies
- 1'17'40 : L'instrumentalisation du religieux par le politique dans le monde musulman
- 1'19'45 : Maroc et Israël, les conséquences de la normalisation
- 1'38'40 : Comment concilier les principes islamiques et le réalisme politique ?
- 1'47'42 : La démission des intellectuels marocains
- 1'49'25 : L'État, un monstre froid et une machine
- 1'51'42 : L'exemple de Al Khidr
- 1'53'23 : Exemples de réalisme politique violant les principes islamiques
- 1'54'10 : L'antisionisme verbale d’Erdogan
- 1'55'55 : S'abonner à ODC TV
Émission "Les Chroniques de Youssef Hindi".


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Gabriele Adinolfi, théoricien politique italien et figure majeure du nationalisme révolutionnaire européen, et Antoine Dresse, militant métapolitique actif dans les cercles identitaires francophones, reviennent sur les limites du militantisme classique et évoquent les perspectives d'une recomposition continentale. Pour ce faire, ils interrogent les conditions nécessaires à l'émergence d'une élite organique capable de conjuguer enracinement culturel et efficacité stratégique, notamment en évoquant le projet Lansquenets.
Un échange qui se veut à la fois un diagnostic lucide et une invitation à repenser l'engagement sous l'angle de la longévité, de la cohérence et de la vision historique.
Émission du "Libre Journal des lycéens", animée par Pascal Lassalle.


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L'Esthétique de Lukács, dernière œuvre achevée du philosophe hongrois, prend la suite de réflexions entamées dès les années 1910 et principalement consacrées à contester le monopole du discours scientifique sur la vie historique et sociale.
Guillaume Fondu nous restitue la manière dont Lukács cherche à ménager, avec l'art, une approche de la réalité humaine objectivante mais non déshumanisante, susceptible de fournir à l'humanité la conscience de soi, de son potentiel et de son histoire.
En ce sens, L'Esthétique constitue en réalité une théorie non pas de la seule sphère esthétique mais d'une modalité de la conscience irréductible à la seule connaissance scientifique, la narration.


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Depuis toujours, l'homme souhaite subordonner ce qui est à ce qui devrait être, et c'est pourquoi les moralistes, les clergés, les idéalistes, les technocrates connaissent la tentation de soumettre cet "art des possibles" qu'est la politique à leurs lois. Pourtant, la politique est un éternel champ de déception pour eux, car elle ne correspond jamais à leurs attentes. Ne respectant que ses propres lois, la politique est rétive à se laisser enfermer dans les filets de l'idéal. Or, c'est de la constatation qu'il existe une hétérogénéité des fins entre morale et politique que naît le réalisme politique. Ce dernier ne constitue en rien une doctrine unifiée ni une école de pensée à proprement parler mais plutôt une sorte d'habitus, c'est-à-dire une disposition d'esprit qui vise à éclairer les règles que suit la politique.
Partant des intuitions majeures de Machiavel, de Thomas Hobbes et de Carl Schmitt, le but d'Antoine Dresse n'est donc pas d'imposer dogmatiquement une doctrine politique quelconque mais d'éclairer les présupposés sans lesquels il est impossible de penser le politique et de présenter une approche permettant de discerner les enjeux qui lui sont propres.
Émission du "Libre Journal des Débats", animée par Charles de Meyer.


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Loin des salons d'intellectuels et des universités d'État, Gustave Thibon (1903-2001) a incarné, dans sa vie et dans son œuvre, la figure du philosophe et poète paysan. Cet autodidacte, formé par la lecture de Nietzsche, a écrit, en 1943, un "essai de physiologie sociale" qui fait suite aux Diagnostics écrits trois plus tôt.
Retour au réel n'est ni une somme de philosophie, ni un traité de morale : c'est un appel à retrouver le réalisme, cette sagesse qui liait les anciens aux réalités physiques et métaphysiques, et qui manque tellement aux modernes abreuvés d'idéaux révolutionnaires. Rien n'est plus mortel, pour les civilisations, que les abstractions désincarnées, car on élève d'autant plus haut l'idéal qu'on ne le réalise pas dans sa vie. Détaché de ses liens vitaux avec ses "communautés de destin", l'homme est condamné à mourir.
Dans une époque plus atomisée que jamais, qui a détruit ce qui restait de communauté organique, les leçons de réalisme de Gustave Thibon doivent être redécouvertes avec le plus grand intérêt.


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Les philosophes modernes prétendent qu'il existe une rupture radicale entre la réalité et la pensée, entre les choses et les concepts, entre ce qui existe et le modèle de ce qui existe. Leur anti-réalisme est secondé par leur anti-réceptivisme : la thèse que le réalité n'est jamais, à proprement parler, le contenu de nos concepts ni la signification de ce que nous disons.
Le rejet de tels présupposés (ou préjugés) de la philosophie moderne (et post-moderne) caractérise la tradition aristotélico-thomiste, telle qu'elle se développe aujourd'hui dans le thomisme analytique. Question : "Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ?" Réponse : parce que Dieu existe.
La métaphysique ainsi comprise est aussi une théologie rationnelle. D'une apologie de la métaphysique, on en vient à une apologétique.