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À partir des données ethnologiques et anthropologiques, Christophe Darmangeat déconstruit l'une idée profondément ancrée dans l'imaginaire contemporain qui veut que la guerre serait, au choix, une fatalité inscrite dans la nature humaine ou un produit tardif de la sédentarisation avec l'apparition des États et des surplus matériels. Ces deux récits dominants — celui des "colombes" (un passé pacifié) et celui des "faucons" (une violence naturelle) — ne tiennent pas face aux faits historiques : la guerre existe bien avant l'État, mais elle n'obéit ni aux mêmes logiques, ni aux mêmes finalités que les guerres modernes.
Dans les sociétés sans État, la violence collective ne vise ni la conquête ni l'accumulation. : elle repose avant tout sur la vengeance, l'équilibrage des torts, la réputation et la nécessité de se faire justice soi-même en l'absence d'institutions.
En distinguant rigoureusement guerre, vendetta et autres formes de confrontation armée, Christophe Darmangeat remet en cause les récits simplistes sur l'origine des conflits et interroge, en creux, notre propre rapport contemporain à la guerre, à la violence et à l'État.
Un entretien mené par Thomas Arrighi.

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Que pensaient les premiers Homo sapiens de la mort ? Quelles croyances avaient-ils à propos de l'au-delà ? Des questions existentielles qui agitaient nos ancêtres de la préhistoire.
Julien d'Huy utilise une approche scientifique novatrice, la phylomythologie, pour remonter le temps afin de reconstruire la mythologie des temps passés.
Où l'on apprend que certains mythes étaient largement partagés à la surface du globe et ont laissé une trace, une influence, dans des récits bien postérieurs, y compris dans les grands textes religieux.


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On sait peu de choses sur la façon dont nos ancêtres préhistoriques concevaient la mort. Si l'archéologie nous offre quelques pistes de réflexion, comment dépasser ses limites pour appréhender les croyances de nos prédécesseurs ?
Julien d'Huy, après avoir conçu la méthode phylomythologique visant à reconstituer les mythes du passé en retraçant la généalogie de ceux qui nous sont connus, s'attelle désormais à répondre à des questions fondamentales : à quoi les premiers Homo sapiens attribuaient-ils leur finitude ? Dans leur esprit, les humains étaient-ils mortels de toute éternité et, sinon, comment l'étaient-ils devenus ? Sous quelles formes se figuraient-ils leur dernière demeure et le chemin qui y menait ? Croyaient-ils en une vie après la mort et à la possibilité de revenir de l'autre monde ? Comment envisageaient-ils les relations entre les morts et les vivants ?
À la lumière de l'archéologie de la psyché qu'il développe, on découvre combien certains mythes hérités de nos lointains devanciers continuent de nous influencer dans l'art, la philosophie, la religion, voire la science, sécrétant toujours un puissant imaginaire autour de notre questionnement ultime.
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Aujourd'hui, souvent, quand on parle de guerre, on pense à une lutte armée entre deux États, ou en tout cas entre deux groupes, suivant certains codes. Mais à quand remonte ce type de conflits ? En retrouve-t-on par exemple dans les sociétés de chasseurs-cueilleurs de la Préhistoire ? Et d'ailleurs, est-ce que des actes de violence dans ces sociétés reviennent toujours à faire la guerre ?
Pour avoir des éléments de réponse, l'anthropologie peut aider, notamment grâce aux multiples études ayant été menées sur des sociétés de chasseurs-cueilleurs plus actuelles. Mais alors, comment ça marche ?
- 0'00'00 : Introduction
- 0'01'29 : Le parcours de Christophe Darmangeat
- 0'03'48 : La guerre, définition
- 0'08'20 : Définition de "civilisation" et son rapport avec la guerre
- 0'15'19 : Chasseurs-cueilleurs, définition
- 0'20'40 : Les catégories et sous-catégories de chasseurs-cueilleurs
- 0'25'12 : La guerre chez les chasseurs-cueilleurs
- 0'52'31 : Des rituels dans la guerre ?
- 0'55'48 : De la consanguinité chez les chasseurs-cueilleurs ?
- 0'58'37 : Des exemples de populations de chasseurs-cueilleurs
- 1'07'15 : Le travail de Christophe Darmangeat avec les archéologues
- 1'33'43 : Les raisonnements douteux sur la "nature humaine"
- 1'43'35 : Ethnologie et anthropologie
- 1'48'51 : Références
- 1'54'21 : Conclusion


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Notre espèce, Homo sapiens, présente un paradoxe remarquable : nous sommes la seule espèce capable à la fois de conflits létaux et de coopération pacifique étendue entre groupes.
Alors que certaines espèces se livrent à des conflits intergroupes (comme, par exemple, les chimpanzés, les loups et les fourmis), d'autres font preuve d'une coopération intergroupe limitée (comme les bonobos et les dauphins), mais aucune autre espèce ne combine ces deux comportements à une telle échelle et avec une telle complexité.
En intégrant des données issues d'un large éventail de disciplines (biologie, primatologie, anthropologie, archéologie, génétique, neurosciences, criminologie, psychologie sociale, linguistique, démographie et climatologie), Hugo Meijer analyse les facteurs biologiques, culturels et environnementaux qui permettent de saisir quand et pourquoi cette dualité au fondement des logiques de la guerre et de la paix, qui nous distingue au sein du règne animal, a émergé au cours de la lignée humaine.


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Auteur de Cataclysme, pour un voyage à travers l'histoire de l'humanité, Laurent Testot explore les étapes clés qui ont façonné notre évolution biologique, culturelle et sociétale.
De la bipédie, qui a révolutionné notre adaptation aux environnements, à l'importance de l'alimentation carnée et du feu dans le développement de notre cerveau, nous découvrons comment nos ancêtres ont conquis le monde. Il explique aussi comment les premières sociétés humaines, grâce à l'agriculture et la sédentarité, ont ouvert la voie aux grandes civilisations, à l'écriture, et aux échanges commerciaux.
Les bouleversements majeurs, comme la découverte des Amériques et les révolutions industrielles, sont également au cœur de cette discussion, ainsi que son analyse des défis contemporains : changement climatique, transition énergétique, et impact de l'intelligence artificielle sur notre avenir.
- 0'00'00 : Introduction à l'Histoire de l'Homme
- 0'01'10 : L'Impact du Climat sur l'Évolution Humaine
- 0'06'15 : Les Origines de l'Homme et l'Évolution
- 0'11'30 : La Bipédie et ses Conséquences
- 0'18'20 : L'Impact de l'Alimentation Carnée sur l'Évolution
- 0'23'05 La Domestication du Feu et son Rôle dans l'Évolution
- 0'25'25 : L'évolution du cerveau humain et la collaboration
- 0'29'32 : La bipédie et ses implications sur l'évolution
- 0'33'15 : L'émergence du langage et de la communication
- 0'34'41 : La maîtrise du feu et son impact sur l'humanité
- 0'41'28 : Les grands animaux disparus et l'impact humain
- 0'46'42 : L'évolution des rapports homme-femme dans l'histoire
- 0'58'45 : L'Évolution de l'Agriculture et de la Sédentarité
- 1'04'52 : L'Autodomestication et l'Émergence des Sociétés Complexes
- 1'07'50 : La Démographie et l'Impact de l'Agriculture
- 1'10'34 : Mythes et Réalités des Catastrophes Anciens
- 1'13'42 : Les Civilisations Perdues et les Théories Alternatives
- 1'19'13 : L'évolution des énergies et des outils
- 1'23'20 : Les échanges culturels et l'émergence de l'écriture
- 1'26'55 : L'âge du bronze et ses implications sur les civilisations
- 1'30'57 : L'âge du fer et l'émergence de nouvelles technologies
- 1'33'40 : Les religions universelles et leur impact sur les sociétés
- 1'39'16 : L'émergence de la monnaie et des échanges commerciaux
- 1'42'34 : La découverte des Amériques et ses conséquences
- 1'44'20 : Les Épidémies et leur Impact Historique
- 2'03'11 : La Montée de l'Occident et la Déclin de l'Orient
- 2'11'20 : Les enjeux géopolitiques des ressources alimentaires
- 2'13'46 : L'avenir incertain de l'hégémonie mondiale
- 2'17'49 : Les choix de société face à la crise environnementale
- 2'25'27 : Les défis de la transition démographique et climatique
- 2'28'54 : L'impact de l'intelligence artificielle sur l'avenir de l'humanité
- 2'37'36 : Liberté et Écologie : Un Débat Équilibré


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La guerre provient-elle du fond des âges, voire de notre héritage biologique, ou est-elle apparue à un stade déterminé de l’évolution des sociétés ?
De cette question, l'anthropologue Christophe Darmangeat et le préhistorien spécialiste de l'art rupestre et des mythologies Jean-Loïc Le Quellec en discutent en marge d'un colloque précisément consacré à ce sujet, organisé par la Société historique française à l'Université Toulouse Jean-Jaurès.


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Professeur de science politique et d'anthropologie à l'université Yale aux États-Unis, James C. Scott a vu plusieurs de ses ouvrages traduits en français, comme Zomia ou l'art de ne pas être gouverné et Petit éloge de l'anarchisme. Ses travaux se situent dans la continuité de Pierre Clastres et de David Graeber en ce qu'il contribue à mettre à mal les récits civilisationnels faisant de l'émergence de l'État, l'outil que les humains auraient construit pour sortir de la "barbarie".
Dans son dernier livre, Homo Domesticus – Une histoire profonde des premiers États, s'appuyant sur de récentes découvertes en archéologie, il montre que "l'État est à l'origine un racket de protection mis en œuvre par une bande de voleurs qui l'a emporté sur les autres". Il met à mal le "Grand Récit" dominant attribuant à l'État le "bien-être" apporté par l'irrigation, la domestication et l'ordre social. En réalité, la sédentarité a déjà existé plusieurs milliers d'années avant l'agriculture sédentaire et il a fallu attendre ensuite plus de 4'000 ans pour voir apparaître les premières cités-États, dans lesquelles l'État incarne le contrôle des populations, la servitude et la guerre - monarque, prêtres et collecteurs d'impôts formant l'élite qui vit du travail forcé de ses habitants.
Comprendre l'origine de l'État, c’est découvrir qu'une autre voie est possible et qu'elle l’est encore aujourd'hui.
Émission "Trous Noirs".