Louis-Ferdinand Céline, le voyage sans retour, sur France Inter.


(0)
306 Vues
0 commentaire
26.03.2024

Céline devient célèbre à 38 ans avec son premier livre paru en 1932, Le Voyage au bout de la nuit, qui raconte le voyage en Amérique d'un personnage indigné contre la civilisation matérielle du XXᵉ siècle. En 1936 paraît Mort à crédit qui rencontre le même succès, le livre raconte l'enfance du personnage de son premier ouvrage, se rappelant ses jeunes années. Mais, est-ce qu'on peut aimer un écrivain en oubliant quel homme il a été un moment, et en oubliant certains de ses livres ?
Les obsessions antisémites de Céline furent inouïes, au point que, quinze ans après la Seconde Guerre mondiale, sa mort était devenue un sujet sensible. Cela dit, enterrer Louis-Ferdinand Céline fut aussi un soulagement. Un précurseur sans aucun doute, et un immense écrivain. Mais Céline fut aussi une fausse victime, une âme pathétique au service des passions tristes, un homme plus que gênant, un esprit venimeux.
En août 2021, 60 ans après sa mort, le spectre de Louis-Ferdinand Céline a resurgi des décombres. 6000 inédits, dont trois romans ont refait surface plus de 75 ans après leur mystérieuse disparition à Paris en août 1944. C'est sûrement l'une des découvertes les plus extraordinaires de l'histoire de la littérature en Europe. Si quelques zones d'ombre subsistent quant aux chemins empruntés par ces manuscrits inédits pour arriver jusqu'à nous, le véritable sujet est ailleurs.
Depuis le retour de Louis-Ferdinand Céline en librairie en mai 2022, le succès des ventes est immense et nous confronte à une interrogation : quelle place occupe le sulfureux écrivain dans notre mémoire collective ? Styliste de génie et esprit fracassé par les atrocités de la Première Guerre mondiale, Louis Destouches, alias Céline, n'en demeure pas moins un antisémite virulent et radical, raciste et pronazi patenté, qui a œuvré à la faillite morale et politique du régime de Vichy français. Céline, à lui tout seul, questionne la responsabilité de l'écrivain dans la société. Existe-t-il deux Céline, l'homme de lettres et l'homme de la cité ? Les deux sont-ils dissociables ?
Et si l'on aborde régulièrement Louis-Ferdinand Céline sous l'angle de la littérature, il convient ici de procéder un peu différemment en soumettant son destin au regard des historiens et en replaçant Louis Destouches dans le contexte de son époque afin d'essayer de comprendre ce qu'il incarne dans la société française d'hier et d'aujourd'hui.

Une série d'émissions proposée par Philippe Collin.

Qu'est-ce que l'histoire culturelle ? Avec Pascal Ory à l'Université de tous les savoirs.


(0)
480 Vues
0 commentaire
20.04.2000

L'histoire culturelle est à la mode. Ce n'est pas sans raison. Ce n'est pas sans danger non plus, d'autant qu'on pourrait la confondre avec une autre formule à succès, en terre anglo-saxonne cette fois, celle des Cultural studies. La culture étant entendue ici comme ensemble des représentations collectives propres à une société, l'histoire culturelle peut se définir comme histoire sociale des représentations. Elle se distingue ainsi des histoires qualitatives (histoire des arts, des sciences, des "idées"...), articulées sur le jugement de valeur et attachées à la recherche prioritaire de la singularité.
S'en déduit un attachement à la dimension collective des phénomènes et à la démarche environnementaliste, qui fait de l'histoire culturelle une discipline préoccupée du mesurable (sinon du quantifiable) et du médiatique (au sens d'une histoire de la mise en relation). Une telle définition permet de répondre aux objections tenant à la nature de l'enquête jugée par certains trop limitative, aussi bien, a contrario, qu'au soupçon d'un impérialisme du culturel.

Ce côté obscur du peuple. Avec Pascal Ory à la Librairie Mollat.


(0)
725 Vues
0 commentaire
20.06.2022

Les systèmes politiques modernes sont à peu près tous fondés sur la souveraineté populaire. Ce souverain intimide, enthousiasme ou effraie. Sauf qu'il n'est peut-être pas celui qu'on croit.
Plusieurs textes de Pascal Ory -dont quatre livres- viennent d'être rassemblés dans un volume, textes qui présentent tous un caractère d'étude historique où les thèmes du populisme, de l'anarchisme de droite, et certaines conjonctures radicales, comme le fascisme ou la Collaboration, sont analysées en détail.
Retour, en sa compagnie, sur les séquences modernes dans lesquelles le Peuple et la souveraineté qu'il exerce basculent du côté autoritaire, jusqu'à l'amour de la dictature, du côté identitaire, jusqu'à la xénophobie.

Comment les livres changent le monde. Avec Régis Debray et Didier Leschi sur France Culture.


(0)
2206 Vues
0 commentaire
07.2021

Les livres changent le monde. En douteriez-vous ? C'est en compagnie de l'écrivain philospohe Régis Debray et du haut fonctionnaire Didier Leschi qu'au travers de cette série d'émissions nous allons comprendre pourquoi, mais surtout comment.
Cette série sur l'histoire des idées, l'histoire du monde, l'Histoire donc tout simplement dessine le paysage (subjectif) de la trentaine de livres qui ont bouleversé, depuis 1900, la marche des choses et transformé les représentations à l'échelle internationale.
Introduite par une émission sur l'histoire de la diffusion des textes, l'étude se termine sur une tentative de dessiner l'avenir. Il y a des livres qui font tomber des murs.

Qu'est-ce qu'une nation ? : une histoire mondiale. Avec Pascal Ory à la Librairie Mollat.


(0)
626 Vues
0 commentaire
28.01.2021

Reprenant la question posée par Ernest Renan au XIXe siècle, l'historien Pascal Ory se place dans une perspective planétaire afin d'examiner les raisons pour lesquelles le cadre national, espace d'une rencontre entre l'identité et la souveraineté, loin de disparaître de l'horizon mondial, constitue toujours cette fiction utile, à travers laquelle les individus et les sociétés vivent et meurent.

René Goscinny (1926-1977), auteur majeur pour art mineur. Avec Anne Goscinny, Muller Catel, Patrice Leconte et Pascal Ory sur France Culture.


(0)
971 Vues
0 commentaire
01.02.2020

Septembre 1959, dans un HLM de Bobigny. L'été est caniculaire et il faut quelques verres de pastis à Albert Uderzo et René Goscinny pour trouver une idée : pour son premier numéro, le journal Pilote a besoin de nouveaux personnages. Goscinny avait déjà fait parler Lucky Luke et le Petit Nicolas, voilà qu'il crée Astérix. Le plus français de tous les Gaulois a pour co-créateur un homme de 33 ans... qui en a passé 23 à l'étranger.  
Car si René Goscinny est né en France, il passe sa jeunesse en Amérique. Depuis l’Argentine d'abord et à New York ensuite, la France est exotique, fantasmée. Loin de l'Europe, ce petit Français juif expatrié échappe à la guerre. Ce n'est pas le cas de sa famille restée à Paris, pour partie assassinée dans les camps nazis. Pour surmonter ce malheur, peut-être, René Goscinny choisit de faire un "métier rigolo". Le dessin d'abord. Mais ses rencontres avec Morris, Uderzo et Sempé le font devenir scénariste, l'un des plus grands de la bande-dessinée.
Et pourtant… Scénariste de bande-dessinée est un métier qui n'existe pas. La bande-dessinée elle-même est méprisée, "une sous-littérature pour diminués mentaux", dit-il.
Le voilà, le fait d'arme de René Goscinny : avec Lucky Luke, Le Petit Nicolas, Iznogoud mais surtout avec Astérix et Pilote, lui, l'amuseur professionnel, le besogneux de la futilité, a mis les bandes-dessinées dans les mains des adultes. Non pas qu'ils n'en lisaient pas avant… Mais maintenant, ils l'avouent !
C’est Goscinny qui a mis sur les rails la bande-dessinée française. C'est lui qui a découvert et a laissé s'exprimer les Moebius, Druillet, Gotlib, Brétécher, Fred, Alexis, Reiser, Cabu, Mandryka, Patrice Leconte, Mézières, Christin et autres : il serait plus facile de dresser la courte liste des auteurs de BD qui ne sont pas passés par Pilote. Il fallait bien René Goscinny et son sourire en coin pour faire passer la bande-dessinée d'art mineur à neuvième art.

Émission "Toute une vie", produite par Romain Weber.

Jarry, le Père d'Ubu. Avec Pascal Ory sur France Culture.


(0)
1130 Vues
0 commentaire
24.10.2020

"Ubuesque" : voilà bien un adjectif qui s'est imposé tranquillement - où plutôt de façon tonitruante - dans notre parler quotidien. Le précieux dictionnaire du CRTNL, le Centre national de ressources textuelles et lexicales, donne cette définition : "ubuesque : qui évoque le grotesque du père Ubu par un despotisme, une cruauté, un cynisme, une forfanterie d'un caractère outrancier ou par des petitesses dérisoires".
On trouve peu de personnages de la littérature qui aient mérité sa postérité de la sorte en imposant un vocable qualificatif. Plus d'un siècle après la première représentation, retentissante d'Ubu Roi, la pièce majeure d’Alfred Jarry, le 9 décembre de l'an de grâce 1896, au théâtre de l'Œuvre, à Paris, son personnage impose encore, de la sorte, une présence dont une multitude de pièces à succès de l'époque sont absolument dépourvues : celles-ci ont été englouties dans le gouffre impitoyable de l'oubli d'où personne ne songe à les repêcher.
Donc, on est intrigué. Donc on est porté à s'interroger sur les ressorts de cette permanence enviable et en somme de cette durable actualité du roi Ubu. Ces ressorts, faut-il les chercher du côté d'une extravagance qui surmonte toutes les fantaisies de son temps ? D'une profondeur humaine qui fait fi des conventions superficielles du provisoire ? D'une philosophie désinvolte de l'absurde qui frôle une éternité ?

Émission "Concordance des temps", animée par Jean-Noël Jeanneney.

Blake et Mortimer, immortels. Avec Pascal Ory sur France Culture.


(0)
1018 Vues
0 commentaire
23.11.2019

Dans le monde merveilleux de la bande dessinée, celle que l'on peut désormais qualifier de classique, les duos s'épanouissent, les paires abondent, les couples font florès : il est ici question de la fameuse série Blake et Mortimer, d'Edgar P. Jacobs, sur laquelle nous nous penchons en compagnie de Pascal Ory.
Il va s'agir de comprendre ce que peut expliquer que cette oeuvre, qui remonte déjà loin en arrière (le troisième quart du XXe siècle) trouve, aujourd'hui encore, des échos tels que les albums que d'autres créateurs ont osé perpétuer depuis la disparition du créateur, connaissent actuellement des tirages énormes : plusieurs centaines de milliers, selon leurs éditeurs.
Est-ce donc un art spécifique de rejoindre des mythes éternels, entre les pharaons et l'Atlantide, de restituer les fascinations durables de l'archéologie, de nourrir une science-fiction d'anticipations lucides quant aux technologies et aux armements échappant à leurs créateurs, de donner vie à des stéréotypes indéracinables sur les peuples et sur les nations qui s'affrontent, et de porter, à la fin des fins, un optimisme tourmenté mais rassurant sur le triomphe du bien sur mal, des bons sur les méchants ?
Tout cela, oui, probablement, et davantage...

Émission "Concordance des temps", animée par Jean-Noël Jeanneney.