Rousseau, Kant, Marx, Clouscard : clefs de lecture sur ERFM.


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2019

L'apport théorique de Michel Clouscard est immense. Mais aussi important soit-il, il se révèle parfois difficile à comprendre pour le néphyte !
Cette série d'interventions vise à replacer ses travaux dans la tradition des grandes percées conceptuelles qui ont mené à l'élaboration la plus avancée du matérialisme historique et dialectique, soit le mouvement engagé par Rousseau (état de nature/état civil, être suprême, volonté générale et psyché) et se prolongeant par Kant (théorie de la connaissance), Hegel (dialectique) et Marx (valeur d'usage et valeur d'échange, fétichisme de la marchandise, dans son oeuvre maîtresse Le Capital), jusqu'à Clouscard lui-même.
Monisme dialectique, infrastructure et superstructure, néo-kantisme, structuralisme dynamique en inclusion, antéprédicatif : autant de concepts qui sont clairement expliqués et contextualisés par l'étude plus particulière du Traité de l'amour fou et de Critique du libéralisme libertaire de Michel Clouscard.
Les difficultés, la structure du texte et la problématique sont clairement définies afin de nous permettre d'accéder au concept de libéralisme(-libertaire), matrice de toute l'histoire des idées politiques depuis la Révolution française, dont la genèse permet d'expliquer les évolutions du capitalisme depuis deux siècles, en apparence contradictoires.

La mondialisation est-elle intelligible ? Avec Alain Supiot et Stéphane Rozès sur France Culture.


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25.02.2017

Dans De L'Esprit des lois, Montesquieu défendait l'idée que la dépendance par le commerce entraîne l'adoucissement des mœurs, et réciproquement. Or, il semble bien que cette promesse a été trahie. Jamais les nations n'ont été aussi interdépendantes économiquement et financièrement, jamais il n'y a eu une globalisation aussi active, notamment sur le plan marchand, et pourtant, dans le même temps, les peuples aspirent de plus en plus à se séparer humainement, à faire sécession. Des tensions surgissent presque partout entre liens économiques et liens humains, entre marchés et démocraties, et d'aucuns veulent même construire des murs de séparation là où il n'y en a jamais eu.
Mais que se passe-t-il donc ? Comment comprendre ce qui a effectivement lieu ? Qu’est-ce qui tourmente le lien entre les parties et le tout ? Les sciences sociales peuvent-elles nous aider, grâce à une sorte de paradoxe, à déchiffrer ce qui nous est souvent présenté sous la forme de tableaux de chiffres ?

Émission "La Conversation scientifique", animée par Etienne Klein.

Raisonner sur le blé, essais sur les lumières économiques. Avec Steven Kaplan sur France Culture.


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15.09.2017

"Vers l'an 1750 la nation rassasiée de vers se mit enfin à raisonner sur les blés." Cette célèbre formule de Voltaire capte bien ce que Steven Kaplan appelle le tournant économique des Lumières, qui ne se manifeste pas seulement dans les modes de production mais dans les modes de représentation. Les blés sont ici une métaphore puissante des questions de politiques et de théories que l'on appelle de plus en plus "économie politique".
Le problème des blés, comme source de richesse et de subsistance, soulève les questions fondamentales concernant l'origine de la société, la gouvernance, les relations entre État et société, la nature de la royauté, le vivre-ensemble, les droits des uns et des autres, la place de l'individu vis-à-vis des structures corporatives, l'antagonisme et/ou l'articulation de l'économie de marché et de l'économie morale, qui ne sont pas sans faire écho à notre temps.

Émission "La Fabrique de l'Histoire", animée par Emmanuel Laurentin.

Critique de la société de l'indistinction. Avec Francis Cousin pour le Collectif Guerre de Classe.


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10.2019

Le fétichisme de la marchandise est l'universelle domination sociale du quantitatif indistinct qui partout désormais développe l'exclusion spectaculaire du qualitatif dans la luxuriance aliénatoire de la dépossession humaine.
Aujourd'hui, dans ce monde du falsifié triomphant et de l'inversion généralisée, le krach inévitable du système des fictions faramineuses de l'économie spéculative s'annonce de plus en plus proche. Aussi, le gouvernement du spectacle mondial n'a t-il rien d'autre à offrir à la planète pour échapper à la faillite et tenter de sauver un dollar sur-hypothéqué que le chaos de la guerre sans fin par la mise en scène permanente de coup montés terroristes de vaste ampleur, menés de l'intérieur même des services spéciaux de la provocation étatique.
Francis Cousin nous livre une critique de la société de l'indistinction qui provient de l'histoire radicale des radicalités historiques elles-mêmes.

Trans-, Posthumanisme... et l'humain dans tout ça ? Avec Olivier Rey et Mark Hunyadi sur France Culture.


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08.10.2018

Après Une question de taille (Stock, 2014), où est interrogé, dans le sillage d'Ivan Illich, l'ignorance de la juste mesure dans les sociétés contemporaines, et Quand le monde s'est fait nombre en 2016, une critique de la raison statistique, le philosophe et mathématicien Olivier Rey revient aujourd'hui agacé par les promesses exorbitantes dont est investi le progrès dans Leurre et malheur du transhumanisme (Desclée de Brouwer, 2018).
A ses côtés Mark Hunyadi, professeur de philosophie morale et politique et auteur du Temps du posthumanisme (Les Belles Lettres, 2018), s'interroge aussi sur les fascination et illusions que charrient l'idéologie et la pratique du transhumanisme.

Émission "La Grande table idées", animée par Olivia Gesbert.

Le nouveau capitalisme criminel. Avec François Bousquet et Pascal Eysseric sur Radio Courtoisie.


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24.06.2014

Le capitalisme financiarisé est-il criminogène ? La question a de quoi interpeller. Jean-François Gayraud, haut fonctionnaire de la Police nationale, la pose dans son travail en abordant les activités économiques dans leur dimension criminelle.
Son dernier livre, Le nouveau capitalisme criminel, est une enquête troublante, à la croisée de la géopolitique, de la criminologie et de l'économie. Et avec le trading de haute fréquence, ce sont les machines qui ont maintenant le pouvoir...

Émission des "Chroniques de la Vieille Europe", animée par Patrick Péhèle.

L'extraterritorialité du droit US. Avec Hervé Juvin et Christian Dargham au Cercle Droit et Liberté.


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08.03.2016

BNP, Total, Siemens : autant d’entreprises européennes poursuivies et sanctionnées à des milliards de dollars d’amende pour avoir violé, hors des Etats-Unis, le droit américain.
Se fondant sur de lointains éléments de rattachements et considérant que la réglementation américaine en matière d’embargo ou d’anti-corruption est applicable hors des Etats-Unis, les procureurs américains, lancent des poursuites contre les sociétés européennes les obligeant ensuite à transiger avec le Department of Justice et à s’acquitter d’amendes faramineuses, quand bien-même les opérations commerciales incriminées auraient été réalisées hors des USA par des entreprises européennes en conformité avec le droit européen.
La CJUE et la Commission Européenne tentent timidement de rendre les coups, condamnant les Google, Microsoft ou autre Apple sur le fondement du droit de la concurrence ou de la fiscalité.
Alors que le combat apparaît déséquilibré, peut-on voir dans cette extraterritorialité du droit la forme juridique de l’impérialisme américain ? Va-t-on vers une uniformisation mondiale du droit ? Comment les entreprises européennes peuvent-elle réagir et s’adapter ? L’UE doit-elle développer des mécanismes similaires ?
Autant de problématiques auxquelles Christian Dargham et Hervé Juvin tentent de répondre.

Comment la dette a imposé son ordre social et politique. Avec Benjamin Lemoine à l'Université Populaire d'Amiens.


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02.02.2017

Pourquoi la dette publique occupe-t-elle une telle place dans les débats économiques contemporains, en France et ailleurs ? Comment s'est-elle imposée comme la contrainte suprême qui justifie toutes les politiques d'austérité budgétaire et qui place les États sous surveillance des agences de notation ?
À rebours de ceux qui voient la dette comme une fatalité et une loi d'airain quasi naturelle, Benjamin Lemoine nous explique comment, en France, l' "ordre de la dette" a été voulu, construit et organisé par des hommes politiques, des hauts fonctionnaires et des banquiers, de gauche comme de droite. Autrement dit, il fut le fruit d'un choix politique.
Cette conférence reconstitue la généalogie détaillée de ce choix stratégique, et prend la mesure de la grande transformation de l'État dans l'après-guerre. On réalise alors à quel point les nouveaux rapports entre finance privée et finances publiques sont au cœur des mutations du capitalisme, dans lequel l'État est devenu un acteur de marché comme les autres, qui crée et vend ses produits de dette, construisant par là sa propre prison.