Composer des mondes. Avec Philippe Descola à la Fondation Louis Vuitton.


(0)
25 Vues
0 commentaire
30.05.2018

Les artistes d'aujourd’hui se font l'écho des recherches privilégiées pour saisir et comprendre l’unité des innombrables formes de vie qui tissent notre monde au-delà de la distinction entre l'humain, l'animal, le végétal voire le minéral.
L'exposition Au diapason du monde est conçue, à partir d'une thématique précise qui renvoie aux questionnements actuels liés à la place de l'humain dans l'univers, et à la nouvelle approche qui lie l'homme à son environnement et au monde du vivant.
À partir de ses recherches actuelles sur l'ontologie des images, Philippe Descola propose lors cette rencontre de porter un regard sur les œuvres de l'exposition au travers du prisme de l'anthropologie et plus particulièrement des quatre catégories de classification qu'il a établies pour représenter le réel.

Joris-Karl Huysmans (1848-1907). Avec Marc Fumaroli, Louis Forestier et Rose Fortassier sur France Culture.


(0)
82 Vues
0 commentaire
22.11.1984

En 1884, Huysmans publiait un ouvrage des plus singuliers : À rebours. Ce n'était pas un roman, ni non plus un essai : c'était une nouveauté insolite. Le héros, Des Esseintes, incarnait le décadentisme. Il était le parfait personnage "fin de siècle" qui avait choisi de se retirer loin des fatigues du monde, ne cherchant que le délié des jouissances esthétiques les plus rares.
Or Huysmans était un ami de Zola. Il s'était montré l'une des têtes importantes du Naturalisme. Et voilà qu'il rompait soudainement avec son engagement passé. Dès lors, malgré de brefs remords, il s'en allait vers sa vocation, qui était religieuse.
Il n'en reste pas moins que la publication d'À rebours marque une date capitale : celle de l'inquiétude. Le Chantre absolu du progrès, Victor Hugo va mourir l'année suivante et Huysmans met le Progrès en cause. Il va, par son livre hisser au premier plan Mallarmé, Villiers de l'Isle-Adam, Odilon Redon, Gustave Moreau, entre autres. Il va donner envie à ses contemporains de l'esthétisme catholique.
Bref, À rebours est un livre décisif, et Huysmans l'un des plus grands écrivains de notre littérature.

Émission "Une vie, une oeuvre", animée par Hubert Juin.

Nature et culture : repenser l'écologie. Avec Philippe Descola pour l'Agence Française de Développement.


(0)
95 Vues
0 commentaire
01.02.2018

Comment se pose aujourd’hui la question politique des rapports entre la nature et la culture ? Pendant longtemps, les préjugés ethnocentristes des Modernes ont empêché de voir que la cosmologie qui s’est mise en place au cours du XIXe siècle (séparation entre une nature universelle et des cultures humaines contingentes) n’est pas la seule façon de rendre compte des structures du monde. On ne peut la prendre comme étalon afin d’appréhender la manière dont d’autres civilisations conçoivent les rapports entre humains et non-humains.
C’est ce que montrent les anthropologues : ils décrivent d’autres systèmes ontologiques, d’autres philosophies politiques, qui permettent de mieux comprendre la situation présente dans laquelle, avec le réchauffement global, les humains sont eux-mêmes devenus une force naturelle. Et c'est ce dont le professeur Philippe Descola nous entretient ici.

Race, Sexe et Culture. Avec Patrick Tort à la Librairie Tropiques.


(0)
119 Vues
0 commentaire
2014

Dans le petit livre d'entretiens avec Régis Meyran qui vient d'être publié, Patrick Tort nous propose un point de vue matérialiste et rationaliste, darwinien et marxiste, sur le vieux débat Nature/Culture, également présenté dans l'opposition Inné/Acquis. 
Cette veille question a malheureusement tourné dernièrement à la pantalonnade sociétale, au fil d'une instrumentalisation politicienne "de tous bords" par les trissotins des obédiences politico-médiatiques "en vogue".
Une mise au point était donc nécessaire.

Théorie du sacrifice. Avec Patrick Tort à la Librairie Tropiques.


(0)
144 Vues
0 commentaire
2017

Alors que le sacrifice paraît ne plus poser aux anthropologues de questions démesurément complexes, le sacrifice de soi demeure un mystère. Darwin lecteur de Kant y reconnaît avec ce dernier la forme la plus élevée de la vie morale. Cela le conduit par conséquent -ce qui eût révolté Kant et toute la philosophie- à explorer en naturaliste les manifestations de ses ébauches animales.
La propension auto-sacrificielle est indissociable du choix d'objet. Séduire expose, et qui s'expose se nuit. L'érotisme condamne à l'héroïsme, qui peut être indifféremment récompensé ou puni. La beauté de certains oiseaux mâles à l'époque des parades s'accompagne inévitablement d'un risque de mort sensiblement accru. Mais plus grand est le risque, plus forte aussi est la séduction. Le développement quasi hypertélique des bois du cerf accroît ses chances de conquête sexuelle et diminue simultanément ses chances de survie. Symétriquement, le "sentiment de la beauté" est né chez les femelles lorsque les indices ostensibles de la force des mâles ont commencé à exprimer plus que leur force réelle, en devenant des signes avantageux de cette force, au prix d'un affaiblissement certain, dissimulé sous l'affichage hyperbolique de son contraire.
En montrant comment la force apparente devient plus forte que la force réelle, ou comment les charmes l'emportent sur les armes, Darwin indique en vérité ce qu'est, pour un naturaliste, l'origine du symbolique dans le champ délicat de la compétition amoureuse. Simultanément, il désigne l'origine du mensonge spécial par lequel tel mâle se rend irrésistible en se couvrant d'accessoires susceptibles de le conduire à la mort, et en s'annonçant de la sorte plus fort qu'il ne l'est. Celui qui recherche l'alliance doit se montrer ainsi disposé à mourir.
Le "don de soi" que l'éthique du christianisme place au fondement de l'autosacrifice du Christ peut-il dès lors être sans rapport avec ces modalités primitives de l'alliance ? Le scénario freudien de la "horde primitive", qualifié à tort de "darwinien", où le meurtre politique du père précède et engage le renoncement pulsionnel des fils inventant l'égalité à travers l'institution communautaire de l auto-sacrifice, permet-il d'esquisser une réponse à la grande question de l'origine de la morale ?
En juxtaposant d'une manière subtilement sacrilège le risque couru à travers l'oubli de soi lié aux paradoxes amoureux du monde animal et l'horizon moral kantien de l'auto sacrifice volontaire, Darwin aide d'une manière décisive à concevoir cette réponse.

Nature humaine et anarchie : Kropotkine et l'économie par l'entraide. Avec Renaud Garcia au festival de la CNT à Montreuil.


(0)
130 Vues
0 commentaire
25.05.2016

L'ambition de cet exposé est de reprendre le dossier de l'antinaturalisme dans la critique sociale à partir d'une lecture précise de Kropotkine (1842-1921).
En effet, Renaud Garcia soutient que loin de manifester une impasse pour tout discours qui voudrait dessiner les voies d'un changement radical de société, la notion de "nature humaine" telle que l'emploie Kropotkine offre de nombreux outils pour œuvrer dans cette direction. À la fois géographe et évolutionniste, Kropotkine ouvre la nature humaine en direction de la nature globale, et plus précisément du legs coopératif de l'évolution des espèces, à l'inverse de toute crispation essentialiste.
C'est sur ce legs sans cesse retravaillé en fonction des contextes dans lesquels l'humain est conduit à vivre qu'il convient de s'appuyer pour contrer les effets de réductionnismes ruineux tels que le darwinisme social ou la sociobiologie.

Heureux sans dieux. Avec Normand Baillargeon sur Radio Libertaire.


(0)
158 Vues
0 commentaire
04.04.2011

Si la liberté de croyance a fait d'indéniables progrès dans les pays occidentaux, il n'empêche que le climat actuel de rectitude politique favorise plutôt, sous prétexte de tolérance et d'ouverture d'esprit, le respect aveugle de toute croyance religieuse.
Et si les témoignages d'expérience religieuse ou de cheminement spirituel abondent, on ne donne à peu près jamais la parole aux athées, agnostiques et incroyants.
C'est ce qui motive Normand Baillargeon à "sortir du placard" pour affirmer haut et fort qu'on peut être heureux sans nécessairement s'appuyer sur une foi religieuse, qu'on peut être heureux sans Dieu.

Émission "Trous Noirs".

Quelle anthropologie pour l'épistémologie des vertus ? Avec Roger Pouivet au Collège de France.


(0)
237 Vues
0 commentaire
16.03.2016

Tenir une position en épistémologie implique forcément de postuler une certaine anthropologie métaphysique. Pour l'épistémologie des vertus qui met l'accent sur la réalisation de notre nature humaine, l'anthropologie sous-jacente se revendique clairement des enseignements de saint Thomas.
C'est ce qu'entend montrer Roger Pouivet dans cette conférence qui nous invite à penser à nouveaux frais les liens entre l’épistémologie et la métaphysique !