Penser les limites. Avec Olivier Rey pour l'Espace Ethique à Paris.


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06.06.2017

Que la notion de progrès soit en crise, cela ne semble plus faire débat. L'axiomatique de ce qui en fait une idéologie — selon laquelle il y aurait une relation naturelle entre progrès scientifique, progrès technique, progrès social et progrès humain — n’est plus un horizon de sens crédible et partagé. Pour autant, nous constatons que la rhétorique de l’innovation et l’économie de la promesse cherchent, non sans contradiction, à perpétuer cette idéologie.
Nous vivons l’équivoque du progrès et nous cherchons difficilement la voie pour un nouvel horizon de sens, une nouvelle éthique pour penser notre place dans l’existence. Et dans cette hésitation des temps présents s’impose désormais une réflexion sur les notions de limite et de temporalité.
Limites morales lorsque sciences et techniques nous promettent le post-humain ? Limites écologiques lorsque tous les voyants environnementaux sont au rouge ? Limites sociales lorsque les innovations disruptives déstabilisent puissamment nos modes de socialisation ? Limites économiques lorsque le renouvellement des technologies conduit à l’obsolescence programmée ? Finalement, peut-on penser une éthique à l’âge des limites et, en même temps, sauver la notion de progrès ?

Hegel, le politique et l'esthétique : Dominique Pagani répond aux questions de Loïc Chaigneau.


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07.06.2017

Dans sa préface à la Phénoménologie de l’esprit, Hegel signale qu' "À la facilité avec laquelle l’esprit se satisfait, on peut mesurer l’étendue de sa perte." Il vise ainsi le poématisme absolu de Schelling, troquant la richesse du poème contre la palette d’un peintre limitée à deux couleurs : "le rouge pour la scène historique et le vert pour les paysages selon la demande". Réduisant encore cette binarité, notre temps ("Chaque philosophie ne fait que résumer son temps dans la pensée"), censure le rouge au profit du seul vert ; la couleur, très "völkisch", des "Forêts teutonnes" qui dominent Fribourg ; un vert désencombré de l’histoire : celui de l'écologie politique, qui "en a marre du gaullo-communisme" (D. Cohn-Bendit), ou du Medef qui dit vouloir "en finir avec le C.N.R." (D. Kessler).
En entreprenant cette discussion sur Hegel, Dominique Pagani s’est efforcé, par pur souci esthétique, d'y restituer une légère touche de rose ; celle qui nous embaume "dans la croix de la souffrance présente" : on l’aura compris nous sommes ici en représentation, au théâtre. Partant, le problème de la connaissance, n’y paraît qu’à la lumière qui achève toute dramatique ; à commencer par celle que notre Ulysse de l’esprit nomme "la religion esthétique" : la Reconnaissance.

Nietzsche, disciple de Dionysos. Avec Françoise Bonardel interrogé par Pierre Kerroc'h.


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05.2016

Françoise Bonardel nous parle de Nietzsche en tant que disciple de Dionysos, évoque les similitudes de la philosophie de Nietzsche avec la démarche alchimique, et l'actualité de sa vision dionysiaque du monde.
On pourrait dire qu'a été évoqué, en quelque sorte, la possibilité d'une gnose dionysiaque.

Echanges autour du mythe d'Antigone et du sacrifice d'Abraham. Avec George Steiner et Pierre Boutang sur France 3.


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09.1987

Les deux philosophes George Steiner et Pierre Boutang parlent dans un premièr temps du mythe d'Antigone, de son origine, de ses répercussions dans l'histoire et de ses résurgences dans la politique. Chacun selon sa propre sensibilité, juive ou chrétienne, s'exprime à propos de ce mythe qui pose de façon permanente le conflit de la conscience humaine et de la raison d'Etat.
Lors de leur second échange, ils reviennent sur un fait biblique célèbre : le sacrifice d'Abraham. Ce fait biblique n'est en fait que prétexte à réflexion sur les conceptions différentes voir opposées de la notion du mal dans la religion juive et dans la religion catholique. Réflexion vite transposée dans notre monde contemporain ou le mal s'illustra dans l'holocauste.
Un débat animé et plein d'intelligence.

Literate natives, analog natives, digital natives : entre Hermès et Hestia. Avec Bernard Stiegler à Lisbonne.


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20.11.2010

Alors que la révolution numérique bouleverse la notion de publication, Bernard Stiegler s'attache à comprendre l'évolution du concept et de la pratique de la République.
L'Internet et le Web sont porteurs de potentialités inouïes, qui ne sont pas encore mesurées. Ce processus pharmacologique fait pour l'instant l'objet d'une capture par de grandes compagnies internationales qui mettent en péril nos sociétés démocratiques.
C'est en convoquant les mythes grecs et leur historien Jean-Pierre Vernant que Bernard Stiegler tente de clarifier les enjeux de cette nouvelle écriture numérique qui vient bouleverser les équilibres fragiles de notre cité.

Conférence prononcée dans le cadre de l'exposition Res Publica.

Un certain regard. Avec Ivan Illich sur la RTF.


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19.03.1972

Voyageur infatigable en quête de justice, utopiste sans patrie "déloyal à tout drapeau par conviction", Ivan Illich est tout le contraire d'un rêveur ; son utopie est nourrie d'une expérience concrète qu'il a acquise au contact des pauvres et des paysans, dans les rues de New-York, avec les porto-ricains, puis en parcourant à pied l'Amérique du Sud et l'Afrique où il a appris à connaître "l'indignité de la misère".
Evêque non conformiste, il a accepté d'être le fils d'une mère indigne - l'église décadente. Il trouve dans le message évangélique et l'amour du Christ "une raison de croire dans l'essentielle beauté de l'homme, même s'il est aujourd'hui gravement blessé".
Toutes les recherches d'Ivan Illich s'inscrivent dans un vaste projet : la nécessité "d'inverser les institutions", c'est à dire d'arrêter le mouvement qui spécialise, miniaturise et paralyse les hommes, de les inciter à retrouver une "convivialité humaine", une "disponibilité à la surprise par l'autre" qui sont le fondement de toute espérance.
Il ne souhaite pourtant pas un retour en arrière mais plutôt "l'instauration d'un monde technologique sans spécialistes , qui limite les bienfaits de la technologie au seul bien des peuples".
Pour que notre civilisation technologique survive et que le "navire spatial terre" ne sombre pas, il est désormais nécessaire de fixer "non plus un minimum que tout le monde doit avoir, mais le maximum sur lequel tout le monde peut se mettre d'accord".

Un entretien mené par Jean-Marie Domenach.

À propos des femmes dans la Grèce antique. Avec Jacqueline de Romilly au Forum Universitaire De l'Ouest Parisien.


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12.10.1994

La condition de la femme dans la Grèce ancienne ? Voilà une question à laquelle il n'est pas aisé de répondre.
D'un côté, des noms de femmes grecques célèbres dans le mythe ou l'histoire, Hélène, Pénélope, Antigone, Médée, mais aussi Aspasie, la compagne de Périclès, la courtisane Phrynée, modèle du sculpteur Praxitèle, Diotime l'étrangère de Mantinée, l'interlocutrice de Socrate dans Le Banquet de Platon.
De l'autre, un monde dominé par les valeurs viriles, celles du héros de l'époque comme celles du citoyen-soldat de la cité, et, lié à ces valeurs, le fameux "amour grec" qui réléguerait la femme au simple rôle de reproductrice.
C'est de cette ambiguité que Jacqueline de Romilly tente de rendre compte, en évidant de tomber dans le piège de "l'éternel féminin", mais en se gardant aussi de tout "féminisme militant" qui ne metterait en lumière que les aspects négatifs de cette condition.
Une condition qu'éclaire la nature même des sociétés grecques autant que le regard que ces sociétés portaient sur elles-mêmes.

Homer : éloge de la vie. Avec Jean Soler à Paris VIII.


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22.03.2012

Il y a deux mille neuf cents ans, à la charnière de l'Europe et de l'Asie, sur les bords de la Méditerranée, une poignée d'hommes qui parlaient grec ont imaginé puis mis par écrit deux épopées, l'Iliade et l'Odyssée, qui ont inauguré la littérature occidentale.
Ces oeuvres, quels qu'en soient les auteurs - donnons-leur, par convention, le nom d'Homère -, relèvent du divertissement. Un poète jouait de la cithare en psalmodiant des vers harmonieux et rythmés devant des auditeurs qui oubliaient pour un temps leurs préoccupations. Il leur racontait des histoires, vraisemblables ou non, qui les captivaient, les émouvaient ou les faisaient rire.
Se demander ce que ces récits, comme on le fait généralement, peuvent avoir d'historique, semble incertain et sans réel intérêt. C'est pouruqoi Jean Soler prend le parti de traiter l'Iliade et l'Odyssée comme des fictions littéraires qui nous parlent encore, après avoir passionné les Grecs pendant mille ans et s'être diffusées dans l'espace méditerranéen, jusqu'à ce que le dieu supposé unique évince tous ses concurrents.
Même si ces épopées ne poursuivent aucun but didactique, elles transmettent la vision du monde et les valeurs du peuple qui les a conçues. C'est cette vision, ce sont ces valeurs que Jean Soler se propose de restituer ici.