L'Humanité est fille du religieux. Avec René Girard sur la RTS.


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11.10.2004

Théoricien littéraire fasciné par les sciences sociales, né en Avignon en 1923, René Girard est l'un des grands penseurs de la deuxième moitié du XXe siècle. Il a fondé sa pensée sur les écritures saintes, autant lues que les grands classiques de la littérature (Proust, Stendhal ou Dostoïevski).
Il est spécialement connu pour son concept de "désir mimétique" qu'il définit ainsi : "c'est toujours en imitant le désir de mes semblables que j'introduis la rivalité dans les relations humaines et donc la violence". Pour lui, la Bible est une immense entreprise pour sortir l'homme de la violence.
Cette émission nous invite à découvrir la pensée de cet archiviste-paléographe de formation qui était installé depuis 1947 aux Etats-Unis.

Rousseau, Kant, Hegel, Marx, Clouscard : clefs de lecture sur ERFM.


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2021

L'apport théorique de Michel Clouscard est immense. Mais aussi important soit-il, il se révèle parfois difficile à comprendre pour le néphyte !
Cette série d'interventions vise à replacer ses travaux dans la tradition des grandes percées conceptuelles qui ont mené à l'élaboration la plus avancée du matérialisme historique et dialectique, soit le mouvement engagé par Rousseau (état de nature/état civil, être suprême, volonté générale et psyché) et se prolongeant par Kant (théorie de la connaissance), Hegel (dialectique) et Marx (valeur d'usage et valeur d'échange, fétichisme de la marchandise, dans son oeuvre maîtresse Le Capital), jusqu'à Clouscard lui-même.
Monisme dialectique, infrastructure et superstructure, néo-kantisme, structuralisme dynamique en inclusion, antéprédicatif : autant de concepts qui sont clairement expliqués et contextualisés par l'étude plus particulière du Traité de l'amour fou et de Critique du libéralisme libertaire de Michel Clouscard.
Les difficultés, la structure du texte et la problématique sont clairement définies afin de nous permettre d'accéder au concept de libéralisme(-libertaire), matrice de toute l'histoire des idées politiques depuis la Révolution française, dont la genèse permet d'expliquer les évolutions du capitalisme depuis deux siècles, en apparence contradictoires.

Claude Lévi-Strauss (1908-2009), l'homme en perspective. Avec Monique Lévi-Strauss, Anne-Christine Taylor, Patrice Maniglier, Françoise Zonabend et Emmanuelle Loyer sur France Culture.


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11.02.2017

Né en 1908 à Bruxelles, Claude Lévi-Strauss grandit à Paris dans une famille de peintres. Chez lui, on chante Offenbach par cœur et on va à l'opéra même quand on n'a pas beaucoup d'argent. Pendant ses vacances dans les Cévennes, il se passionne pour la géologie, la nature, le camping.
Au début des années 30, il est un jeune agrégé de philosophie, qui a lu Marx et découvert Freud. Il est envoyé en province pour enseigner, mais c'est surtout son activité de militant socialiste qui le passionne. Il ressent par ailleurs le besoin de rompre avec l'enseignement traditionnel de la philosophie tel qu'il l'a reçu à la Sorbonne. Curieux de tout, il a envie d'embrasser le monde. C’est "un dimanche de l'automne 1934, à 9h du matin, sur un coup de téléphone" que tout se décide.
Il embarque pour le Brésil, invité à devenir professeur de sociologie à l'université française de Sao Paulo. C'est là, au cours de ses congés, qu'il entreprend ses premières expéditions à la rencontre des Indiens. Cette expérience est un baptême ethnographique, qui marque le tournant de sa carrière, et lui fournit la première matière de la révolution des sciences sociales qu'il s'apprête à mener.
De retour en France, les lois raciales de Vichy le contraignent à partir aux Etats-Unis en 1941 où il rencontre l'effervescence du monde de l'exil européen à New York, entre surréalisme et naissance du structuralisme.
Après-guerre, il revient en France et entreprend l'intense travail de l'écriture. Des décennies au cours desquelles Claude Lévi-Strauss réinvente l'anthropologie, discipline désormais affirmée, grâce à lui. En 1959, il est élu au Collège de France à la chaire d'anthropologie sociale.
Il publie La pensée sauvage en 1962, qui bouleverse la pensée occidentale sur les sociétés sans écriture : la frontière entre "elles" et "nous" s'estompe. La pensée n'est pas que dans le langage et la rationalité, elle est partout à l'œuvre.
Puis de 1964 à 1971, il publie son œuvre majeure, les quatre volumes de Mythologiques, une approche structurale des mythes, qui empruntent leur forme à la musique.
Avec l'œuvre de Lévi-Strauss, c'est une révolution du regard qui s'opère, une mise en perspective de tout ce qui nous fait en tant qu'individu et en tant que société.
D'œuvre en œuvre, il élabore ce "regard éloigné" qui nous fait prendre conscience que les notions que nous croyons les plus universelles sont encore le fruit d'une vision ethnocentriste du monde. Sa lecture est une expérience de transformation de soi.
Après avoir fortement influencé la recherche dans les années 60-70, la pensée de Lévi-Strauss est redécouverte aujourd'hui et révèle toute sa pertinence et son actualité.

Émission "Une vie, une oeuvre", produite par Irène Omélianenko.

Métaphysique de l'Europe. Avec Luc-Olivier d'Algange sur Radio Courtoisie.


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24.08.2020

Nous savons depuis Paul Valéry que les civilisations sont mortelles. Lorsqu'à l'horizon se lèvent des menaces, lorsque les temps sont incertains, il importe de trouver des alliés et d'affirmer les droits de l'âme.
L'âme de l'Europe est ici le secret du voyageur qui traverse les pays et les mers, les oeuvres et les songes. Ce voyage le conduit, entre autres, à Venise, où il s'interroge sur la morale et le style, l'autorité et la liberté de l'esprit, c'est aussi Nietzsche, Platon, Hölderlin, Dionysos ou Dante.
Le dernier ouvrage de Luc-Olivier d'Algange est un viatique pour ceux qui refusent de se soumettre à l'uniformatisation des êtres et des choses, ceux qui entendent sauvegarder les ressources profondes de la grande culture européenne.

Émission "Le monde de la philosophie", animée par Rémi Soulié.

Le mythe de Prométhée. Avec Johann Chapoutot, François Jarrige et Ariane Eissen sur France Culture.


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30.05.2017

Pourquoi un mythe antique, raconté par Hésiode et transformé par Eschyle, a-t-il été, aux XIXe et au XXe siècle, réinterprété par les romantiques, les socialistes, Karl Marx, les nazis et les régimes communistes ? En quoi l'idéal du voleur de feu a-t-il justifié l'individualisme naissant, le culte du progrès et la sortie de la religion ?

Émission "La Fabrique de l'Histoire", animée par Emmanuel Laurentin et Victor Macé de Lépinay.

La tragédie grecque aujourd'hui. Avec Jean-Pierre Vernant sur la RAI.


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05.1994

Aujourd'hui, les théâtres continuent d'afficher régulièrement des tragédies grecques. Pourquoi des textes, écrits il y a 2'500 ans, qui marquent l'invention du théâtre, fascinent-ils encore aujourd'hui ?
Jean-Pierre Vernant, spécialiste de l'homme grec ancien dont il a considérablement renouvelé l'approche, nous expliquer en quoi la tragédie grecque reste d'actualité en tant que phénomène social, esthétique et psychologique nous permettant de plonger aux sources de nos racines culturelles.

La pensée grecque. Avec Jean-Pierre Vernant à l'École des Hautes Études en Sciences Sociales.


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27.03.1992

"La pensée grecque" s'efforce de définir à la fois un parcours intellectuel et les catégories avec lesquelles Jean-Pierre Vernant pense le monde grec.
Car c'est sous la double influence de Louis Gernet, helléniste et sociologue, et d'Ignace Meyerson, fondateur de la psychologie historique que Jean-Pierre Vernant s'est efforcé de montrer quelles sont les catégories psychologiques dont on peut dégager la présence dans les textes et les images du monde grec archaïque et classique.

Un échange avec Françoise Frontisi, François Hartog et Pierre Vidal-Naquet.

L'ère du profit : la faillite de l'esprit. Avec Jean-Paul Sauzet pour l'Université Réelle à Montpellier.


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09.11.2019

Toute culture est une tentative de juguler la violence. Prônant une liberté sans limites, faisant de l'égoïsme une vertu sociale et de la propriété privée un droit naturel inaliénable, le capitalisme libère une passion qui ne tolère pas d'obstacle et étend son emprise sur toutes choses : l'appât du gain.
Dans un tel cadre, le respect pour autrui se double d'une exploitation du voisin. La radicalité de cette passion engendre une sacralisation de la violence et du terrorisme.
L'avenir de l'humanité passe par une nouvelle révolution qui imposera des limites à l'accumulation de richesses.