Günther Anders (1902-1992). Avec Chantal Delsol au Collège des Bernardins.


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29.06.2016

Gunther Anders peut être décrit comme le père du catastrophisme contemporain, de ce courant de pensée supposant la fin prochaine de l’humanité écrasée sous ses propres excès. C’est un courant contempteur de l’hubris moderne.
Celui qui fut marié sept ans (1929-1936) à Hannah Arendt partage avec elle l'une de ses questions principales : la question du monde, présupposant celle de la barbarie. Les réponses données sont profondément différentes : Arendt devient le premier penseur du totalitarisme et conjointement du monde de la liberté existentielle post-totalitaire, et Anders s'installe en précurseur du courant catastrophiste, peut-être le premier à légitimer la seconde modernité.
Comme on sait, la première modernité, celle qui va de la saison révolutionnaire du XVIIIe siècle à la période post-totalitaire, se caractérise essentiellement par le mythe du Progrès et l’attente du bonheur terrestre. La seconde modernité, minée par les déceptions, a cessé de croire au Progrès et, fatalement, renverse l’Histoire dans l’autre sens : elle devient décadentiste. Les catastrophes du XXe siècle se chargeront de radicaliser cette décadence et la transforment en apocalypse.
Anders élabore ainsi une théorie de l’apocalypse, non pas au sens de la révélation, mais au sens trivial de catastrophe finale. Cette pensée ne serait qu’une plaisanterie si elle n’était directement liée à la garde du monde et à des tentatives timides, anxieuses, et pathétiques, pour définir un homme et un monde débarrassés de la barbarie...

Ce que l'argent ne saurait acheter. Avec Michael Sandel sur France Culture.


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05.12.2014

Michael Sandel, au travers de nombreux exemples, entend nous montrer comment les marchés sont devenus une composante omniprésente de notre vie : qu'il soit question des voies rapides payantes des autoroutes, des marchés noirs chinois de tickets de rendez-vous médicaux, des reventes à la sauvette de billets de concert, d'achats de bébés, de rachats par des spéculateurs d'assurances sur la vie prises par les malades atteints du SIDA... il est évident qu'une seule et même tendance est à l'œuvre.
S'opposant aux économistes pour qui l'argent ne serait qu'un instrument de transaction moralement neutre et aussi avantageux pour le vendeur que pour l'acheteur, Sandel prouve qu'il affecte au contraire, et parfois corrompt, tout ce qu'il touche.
Si le marché n'est pas un mal en soi, la marchandisation effrénée de certains biens auparavant non soumis à ses lois est d'autant plus dommageable que nous nous abstenons le plus souvent de nous demander quelles valeurs devraient être sauvegardées et pourquoi : s'il est acceptable ou non que des élèves soient rémunérés pour apprendre à lire, que les pays riches puissent acheter les "droits de pollution" des pays pauvres, que des chasses payantes au rhinocéros noir ou au morse soient organisées pour préserver ces espèces de l'extinction, etc.

Emission "Les Chemins de la philosophie", animée par Adèle Van Reeth.

Philosophie de vie. Avec Alain Soral pour Ni pute ni chômeur !


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04.2017

Alain Soral est ici questionné sur sa philosophie de vie : comment gérer les conflits et les divergences d’opinion ?
De bons conseils attendent les employés de bureau et autres conducteurs automobiles...

Libéralisme et pornographie : naissance du pervers-puritain. Avec Dany-Robert Dufour sur France Culture.


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05.11.2013

Dans les études sur les origines du libéralisme, il manquait un maillon, celui de la pornographie.
Dany-Robert Dufour nous conte l'étrange histoire de la libération des passions en commençant avec Pascal, poursuivant avec Bernard de Mandeville (1670-1733), le Marquis de Sade, et quelques autres. 
Il entend démontrer comment la libération des passions (l'égoïsme, l'impératif de jouissance, le besoin de domination) ont transformé toutes les économies où interagissent les hommes : l'économie marchande, politique, esthétique et symbolique.
Le libéralisme, selon Dufour, possèderait au moins deux faces : l'une puritaine, représentée par Adam Smith, et l'autre perverse, représentée par Sade. L'unique commandement restant se résume donc en un mot : jouir !

Emission "La fabrique de l'humain", animée par Philippe Petit.

Politeia : introduction à la philosophie politique. Avec Eric Guéguen pour le Bréviaire des Patriotes.


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2017

Ces émissions constituent une très bonne introduction aux grandes problèmatiques politiques. Politique est ici à prendre au sens où l'entendaient les anciencs, soit l'art d'accorder l'individu (l'un) et la communauté (le multiple). 
L'approche thèmatique nous montre comment l'aspect politique des problèmes auxquels nous sommes confrontés est aujourd'hui réduit à la portion congrue. Mais pouvons-nous espérer résoudre les grandes questions de notre temps sans agir politiquement ?

Qu'est-ce que l'identité chrétienne ? Avec Rémi Brague pour les Alternatives catholiques à Lyon.


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09.02.2017

Une rencontre avec Rémi Brague où un certain nombre de questions lui sont adressées autour de la notion d'identité européenne et de ses liens avec le christianisme.
Après un retour rapide sur son parcours qui l'a amené à produire ses travaux, il revient longuement sur les tensions entre cultures vernaculaires et universalisme au sein du christianisme.

Les défis de la démocratie contemporaine. Avec Michael Sandel et Charles Taylor à l'Université de Montréal.


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19.11.2015

La politique contemporaine cause de grandes insatisfactions chez les citoyens. C’est ce qu’observent les philosophes Charles Taylor et Michael Sandel.
Pour Charles Taylor, les dirigeants politiques sont déconnectés des besoins de la population. Naissent alors des mouvements de revendication tels que le printemps érable, Occupy ou le mouvement des Indignés en Espagne. Il faut reconnecter ces univers pour faire renaître une véritable démocratie.
Charles Sandel, lui, constate la hausse importante du pouvoir de l’argent en politique au cours des dernières décennies. Les inégalités se creusent et les classes sociales vivent de plus en plus séparées.
Mais alors : comment devons-nous affronter et relever les défis de la démocratie contemporaine ? Les deux conférenciers reprennent, à ses racines historiques, la réflexion sur la démocratie comme manière de gouverner, comme organisation sociale et économique et comme projet de société.

Une conférence qui prend place dans le cycle "Les Conférences de la Montagne".

Morale et droit naturel. Avec Pierre-Yves Quiviger à l'Ecole Normale Supérieure.


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17.12.2012

Le droit naturel est volontiers considéré comme un secteur de la morale : incarnation d'une légitimité morale s'opposant à la légalité juridique, inscription d'exigences éthiques fondamentales et universelles dans le corpus normatif, etc.
Contre cette description usuelle du droit naturel qui fait du jusnaturalisme un adversaire que le positivisme juridique peut terrasser sans trop d'efforts, Pierre-Yves Quiviger s'attache à dessiner les contours d'une théorie du droit naturel qui se distingue explicitement de la morale.
Il insiste d'abord sur l'anthropomorphisme et l'anthropocentrisme d'un droit naturel confondu avec la morale, et montre ensuite que la "moralisation" du droit naturel procède largement d'une conception positiviste de la juridicité.
Pierre-Yves Quiviger conclut, enfin, sur la pertinence d'un autre droit naturel pour aujourd'hui et sur la capacité qu'il aurait de minimiser la part de morale dans le droit positif - minimisation souhaitable, comme il cherche à le montrer.