"Nec metu nec spe" : morale et temps dans la tradition stoicienne. Avec Pierre Caye à l'Institut d'études lévinassiennes.


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19.01.2017

Notre morale actuelle repose essentiellement sur la maîtrise. C'est en historien de la philosophie que Pierre Caye nous rappelle une autre tradition, celle du stoïcisme.
En son temps, celle-ci a constitué une nouveauté radicale en ce que le temps n'était plus appréhendé comme un donné de la nature, mais s'envisageait alors comme construction par l'esprit.
Un rappel utile alors qu'il se pourrait que nous devions apprendre à vivre autrement...

Le corps des humanistes. Avec Pierre Caye à l'Institut d'études lévinassiennes.


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15.02.2018

Penser le corps à partir des humanistes de la renaissance et à travers ses savoirs et ses arts, telle est la question que se propose d'examiner Pierre Caye à partir de divers points de vue et méthodes.
Depuis les deux grand paradigmes hérités de Dante et de Pétrarque, l'on voudra mieux comprendre cet humanisme esthétique qui, par les arts du beau et ceux du corps (l'escrime, par exemple), vise à la connaissance, au perfectionnement et à la construction de soi.

Qu'est-ce que la vie de l'esprit ? Avec Pascal Engel et Barbara Carnevali au Centre de Recherches sur les arts et le langage.


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01.02.2016

Les mots clefs du programme du dernier Foucault sont : subjectivité et vérité. La subjectivité, le souci de soi, priment sur la vérité. Le souci de soi n’est pas la recherche d’une connaissance de soi, de l’intériorité, c’est une recherche des manières de maitriser son corps, ses désirs, de parvenir à une hygiène de vie et à la sagesse, que Foucault appelle aussi une "spiritualité".
Foucault a souvent insisté sur la séparation, à l’âge moderne, de la vie de l’esprit comme recherche de la vérité et entreprise de connaissance, et de la vie éthique, au sens d’une recherche de la sagesse. La vie de l’esprit a été opposée, dans la tradition chrétienne, à la vie du corps. A l’âge moderne, quand s’est formée l’image de la science, l’opposition s’est accrue entre la poursuite de la vérité et celle de la sagesse, entre connaissance et éthique.
Le "retour aux Grecs" de Michel Foucault est en grande partie une archéologie de cette opposition, et une tentative pour renouer les liens entre vérité et subjectivité, entre connaissance et éthique.
Dans L’usage des plaisirs et dans les autres textes de cette période de son œuvre, Foucault essaie de dépasser l’opposition vérité/subjectivité et objectif/subjectif. Mais cela passe par une conception non aléthique de la subjectivité, par une théorie sceptique ou nihiliste de la vérité, intenable à la fois en elle-même et du point de vue historique. Cela passe aussi par une conception de l’authenticité et de la subjectivité très biaisée. On le voit par exemple dans la manière dont Foucault traite de la curiosité, désir épistémique.
Pascal Engel lui oppose une autre conception de la vie de l’esprit, classique et néo-aristotélicienne, selon laquelle la vérité est le but de la connaissance, laquelle est coextensive à l’eudaimonia, et selon laquelle le vrai a une valeur intrinsèque. Une autre conception de la curiosité est requise, et une autre conception de la généalogie des valeurs et des vertus de vérité est également requise. Elle constituera les prémisses d’une conception anti-foucaldienne de la vérité, de la subjectivité et de la généalogie, et du slogan "vitam impendere vero".

Expliquez-moi Derrida. Avec Benoit Peteers, François Cusset, Jérôme Lèbre et Charles Ramond sur France Culture.


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11.2017

C'est en compagnie de Benoit Peteers, François Cusset, Jérôme Lèbre et Charles Ramond que nous partons sur les traces de Jacques Derrida, ce philosophe socratique qui creuse toujours plus la question, ce dandy de l'écriture qui a le goût de l'incertitude.
D'El Biar, faubourg d'Alger où Jackie est né et où il vécut jusqu'à ses dix-neuf ans jusqu'à l'aventure américaine en passant par l'École normale supérieure, nous suivons la trajectoire d'un philosophe appelé à devenir l'une des figures majeures de la "théorie française" aux Etats-Unis à partir des années 1970, notamment avec son concept de la déconstruction, appelé à devenir un paradigme applicable à tous les objets possibles.
Mais Derrida se distingue aussi par son engagement, loin d'un certain "angélisme" qu'on a voulu lui reprocher : arrêté lors de son voyage en Tchécoslovaquie à cause de son soutien aux intellectuels de l'Est, engagé pour les "sans-papiers" et une hospitalité inconditionnelle, ses positions passent à la fois par la rue et par les textes.
Enfin, c'est notre rapport à l'écriture que Derrida questionne. Car l'écriture est la mal aimée des philosophes -Platon lui attribuant le pouvoir de faire oublier aux hommes ce qu'il savent et Rousseau l'accusant de faire disparaître l'intonation de la voix dans son Essai sur l'origine des langues- : qu'ont-ils tous à accuser l'écriture ? De la Grammatologie (1967) à La Dissémination (1972), en passant par le Monolinguisme de l'autre (1996), Derrida s'attaque à cette préférence de la philosophie pour la voix, à la difficulté de s'approprier sa propre langue maternelle, et d'y laisser une trace.
Retour, donc, sur l'une des très grandes figures de la pensée du XXe siècle qui suscite encore bien des appropriations et des polémiques...

Ethique et philosophie des sciences : le rôle des scientifiques. Avec Etienne Klein pour ThinkerView.


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17.01.2018

Aujourd'hui, le projet scientifique n'apparaît plus enchâssé dans un projet de civilisation : toute innovation est désormais interrogée pour elle-même, et non plus en fonction d'un horizon plus général qu'elle permettrait d'atteindre ou d'entrevoir.
Le sentiment s’installe en effet que le progrès technique, longtemps réputé servir à l'amélioration de la condition humaine, se développe dorénavant pour lui-même et non plus en vue d'une fin supérieure. Comme si la rivalité des laboratoires et des entreprises engendrait de façon presque automatique un impératif "d'innovation pour l'innovation, de recherche pour la recherche", sans que personne ne maîtrise plus le processus.
Contre cette menace d'être dépossédés de leur destin, les individus et les sociétés aspirent à disposer de repères plus objectifs et mieux assurés.
Qu'est-ce que les scientifiques ont à nous dire de cette situation ?

Perception du "Sauvage". Avec Francis Wolff pour la Fondation François Sommer.


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2018

Cet entretien avec Francis Wolff, philosophe et professeur émérite à l’Ecole Normale Supérieure, permet de revenir sur l'état de sa réflexion quant à la notion de "sauvage" et des enjeux contemporains de nos relations aux espaces et aux espèces sauvages.
En effet, une partie de ses recherches et publications a été consacrée à la question des animaux dans l'histoire de la philosophie (notamment antique). Depuis plus de 20 ans, il mène également une réflexion personnelle sur la question de l'animal à travers celle de l'homme et de son statut ontologique.

 - 0'00'26 : Qui êtes-vous ?
 - 0'00'47 : Comment votre réflexion philosophique vous a-t-elle conduit à interroger le concept d'animal et la notion de sauvage ?
 - 0'05'08 : Pourquoi l'Antiquité grecque a-t-elle inventé l'animal ?
 - 0'12'07 : Comment le sauvage se définit-il dans le monde antique ?
 - 0'18'00 : Comment l'articulation des catégories d'humanité et d'animalité a-t-elle évolué dans la pensée moderne et contemporaine ?
 - 0'28'20 : Peut-on interpréter le brouillage actuel des frontières entre l'homme et l'animal au regard de l’évolution des sensibilités pour les animaux ?
 - 0'37'30 : Dans quelle mesure la distinction entre sauvage et domestique exprime-t-elle la diversité des devoirs que nous pouvons avoir envers les animaux ?
 - 0'49'00 : Comment se traduit la confusion des catégories en fonction desquelles nous ordonnons nos devoirs envers l'animal sauvage, domestique ou de compagnie ?
 - 0'54'36 : Que désigne la notion de "sauvage" quand on parle des animaux ?
 - 1'03'29 : Que signifient les condamnations morales au titre de la souffrance animale, de la corrida ? 
 - 1'10'43 : Quel avenir pour le sauvage ?

La justice selon Michael Sandel. Avec Dominique Jouault à l'Université Populaire d'Évreux.


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10.11.2017

Si un homme réclame la possibilité de vendre un de ses organes, certains répondront que cela est juste parce que cela ne nuit pas à autrui et que cela peut même sauver une vie. Cependant d'autres s’opposeront à la décision de vendre ses organes en disant que cela est immoral.
La personne humaine ne peut faire l'objet d'un marché mais seulement se donner. Elle ne peut être échangée contre de l'argent. Les religions et l'humanisme  nous commandent de respecter le corps humain en affirmant que cela est juste et ils interdisent de vendre des organes humains ou de les acheter.
Mais si toutes les personnes ne sont pas d’accord pour dire ce qui est juste, comment savoir ce qu'est la justice ? Comment exiger la justice si nous ne savons pas ce qu'elle est ?
Autant de questions qu'affronte Michael Sandel en développant une philosophie morale réhabilitant le bien commun, en rupture avec les conceptions libérale et utilitaire qui fondent le droit moderne.

Race, Sexe et Culture. Avec Patrick Tort à la Librairie Tropiques.


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2014

Dans le petit livre d'entretiens avec Régis Meyran qui vient d'être publié, Patrick Tort nous propose un point de vue matérialiste et rationaliste, darwinien et marxiste, sur le vieux débat Nature/Culture, également présenté dans l'opposition Inné/Acquis. 
Cette veille question a malheureusement tourné dernièrement à la pantalonnade sociétale, au fil d'une instrumentalisation politicienne "de tous bords" par les trissotins des obédiences politico-médiatiques "en vogue".
Une mise au point était donc nécessaire.