Le "Man Devil code" : baise ton prochain. Avec Dany-Robert Dufour à la Librairie Tropiques.


(0)
196 Vues
0 commentaire
03.12.2019

Le travail de Dany-Robert Dufour résulte d'une sidération. Celle qui l'a saisi lorsqu'il est tombé sur un écrit aujourd'hui oublié, Recherches sur l'origine de la vertu morale de Bernard de Mandeville. C'est en 1714, à l'aube de la première révolution industrielle, que Mandeville, philosophe et médecin, a publié ce libelle sulfureux, en complément de sa fameuse Fable des abeilles. Cet écrit est le logiciel caché du capitalisme car ses idées ont infusé toute la pensée économique libérale moderne, d'Adam Smith à Friedrich Hayek.
Fini l'amour du prochain ! Il faut confier le destin du monde aux "pires d'entre les hommes" (les pervers), ceux qui veulent toujours plus, quels que soient les moyens à employer. Eux seuls sauront faire en sorte que la richesse s'accroisse et ruisselle ensuite sur le reste des hommes. Et c'est là le véritable plan de Dieu dont il résultera un quasi-paradis sur terre.
Pour ce faire, Mandeville a élaboré un art de gouverner - flatter les uns, stigmatiser les autres - qui se révélera bien plus retors et plus efficace que celui de Machiavel, parce que fondé sur l'instauration d'un nouveau régime, la libération des pulsions. On comprend pourquoi Mandeville fut de son vivant surnommé Man Devil (l'homme du Diable) et pourquoi son paradis ressemble à l'enfer.
Trois siècles plus tard, il s'avère qu'aucune autre idée n'a autant transformé le monde. Nous sommes globalement plus riches. A ceci près que le ruissellement aurait tendance à couler à l'envers : les 196 d'individus les plus riches possèdent désormais autant que les 99 % restants. Mais on commence à comprendre le coût de ce pacte faustien : la destruction du monde. Peut-on encore obvier à ce devenir ?

Les enjeux de la PMA. Avec Sylviane Agacinski sur Public Sénat.


(0)
127 Vues
0 commentaire
22.10.2019

Dans son dernier essai L'Homme désincarné (Gallimard, 2019), la philosophe Sylviane Agacinski s'attaque à la procréation médicalement assistée et à ses conséquences, tandis que le projet de loi de bioéthique est débattu par les instances législatives françaises. Le texte présenté en conseil des ministres prévoit notamment l'ouverture de la PMA aux couples de femmes et aux femmes seules. Et si Agnès Buzyn, la ministre de la Santé, a déclaré à maintes reprises que l'extension de la PMA "ne mettait pas en tension nos valeurs éthiques", Sylviane Agacinski, elle, voit les choses d'un autre œil.
La philosophe regrette notamment que tout soit désormais justifié au nom "des intérêts individuels et des demandes sociétales" que le droit est sommé de ne pas entraver. Elle déplore également l'argument massue qui consiste à invoquer le principe d'égalité pour clore toute forme de débat. "La procréation, assistée ou non, n'a que faire des orientations sexuelles. Elle a en revanche tout à voir avec l'asymétrie des deux sexes, qui ne sont, en la matière ni équivalents ni égaux", nous rappelle-t-elle.
Pour la philosophe de l'incarnation, l'homme moderne veut aujourd'hui dominer la nature, changer sa nature et s'affranchir de la chair, de la mort et de la génération sexuée.

Savoir reconnaître le nihilisme en nous. Avec Julien Rochedy pour Le club du Mercredi à Nancy.


(0)
164 Vues
0 commentaire
06.11.2019

Ancien président du Front National de la jeunesse, créateur et animateur de l'Ecole Major, nietzschéen assumé, Julien Rochedy est en première ligne pour combattre le nihilisme de la civilisation européenne et occidentale, c'est à dire tout ce qui est en elle cherche à se suicider sous couvert d'idéaux, de morale et de bons sentiments.
En lutte contre la domestication des hommes, c'est à dire contre la logique qui cherche à les rendre inoffensifs, soumis et esclaves d'un système insensé et morbide, il entend participer à la rénovation de la pensée de droite qui, tout en s'inspirant des grands auteurs et des grandes traditions de pensée, envisage aussi et surtout l'avenir. Notre avenir.
Saurons-nous entendre ce qu'il a à nous dire ? Pourrons-nous éviter la ruine identitaire programmée de la civilisation européenne ?

Max Weber et la guerre des valeurs. Avec Cornelius Castoriadis et Philippe Raynaud sur France Culture.


(0)
174 Vues
0 commentaire
12.09.1987

Max Weber, mort en 1919, annonçait "la guerre des dieux" dans un monde moderne condamné à "une lutte inexpiable des valeurs". C'est de cette thématique dont débattent le philosophe et psychanalyste Cornelius Castoriadis et le politologue et philosophe Philippe Raynaud.
Car l'universalité formelle qui domine le monde moderne fait surgir la question de la guerre des dieux d'une manière tout à fait angoissante et originale...

Émission "Répliques", animée par Alain Finkielkraut.

Lire au travers de Rawls : enquête sur la réception d'un philosophe américain en France. Avec Mathieu Hauchecorne sur France Culture.


(0)
107 Vues
0 commentaire
06.04.2019

Si certains s’en servent pour caler des armoires, les livres sont avant tout écrits et publiés pour être lus. Ils peuvent toutefois s'avérer précieux à d'autres fins. Servir en particulier de prisme au travers desquels mieux percevoir certains phénomènes.
Lire au travers c'est précisément ce qu'a fait Mathieu Hauchecorne avec un livre devenu récemment un classique, la Théorie de la justice du philosophe américain John Rawls. Lire au travers de la version française plus exactement, celle qui a paru en 1987 aux éditions du Seuil, soit seize ans après sa publication en langue originale.
Si Mathieu Hauchecorne a pris le parti de se servir ainsi de Rawls, c'est pour faire apparaître, à travers la réception de son œuvre en France, certaines caractéristiques du monde intellectuel de notre pays entre les années 1960 et aujourd'hui, et par là proposer une autre manière, sociale et politique, d'écrire l'histoire des idées.

Émission "La Suite dans les idées", animée par Sylvain Bourmeau.

Nietzsche : vie et philosophie, par Julien Rochedy.


(0)
380 Vues
0 commentaire
09.2019

Ancien président du Front national de la jeunesse, créateur et animateur de l'Ecole Major, Julien Rochedy nous offre une conférence passionante sur la vie et l'oeuvre de l'homme qui l'aura le plus profondémment marqué : Friedrich Nietzsche.
Car l'oeuvre de ce philosophe est, en définitive, une façon de voir le monde. Un filtre d'exactitude et, surtout, de sincérité. Il s'agit, avec lui, de s'entraîner à percevoir ce qui se mue et s'agite autour de soi en se débarrassant des grilles de lectures morales ou idéalistes.
Sommes-nous prêt à voir notre nos certitudes et notre vie même bouleversées ?

 - 0'00'00 : Introduction
 - 0'06'33 : Né dans l’esprit de la musique
 - 0'12'34 : Naissance d'une tragédie
 - 0'20'28 : Rupture trop humaine
 - 0'27'30 : Aurore nouvelle
 - 0'32'47 : La mort de Dieu
 - 0'37'07 : L'Eternel retour
 - 0'43'13 : Zarathoustra
 - 0'47'58 : Vérité entre mer et montagnes
 - 0'54'22 : Métaphysique de la volonté de puissance
 - 1'06'36 : Un moraliste européen
 - 1'11'29 : Généalogie de la Morale
 - 1'24'30 : La révolte des esclaves
 - 1'33'46 : La vengeance déguisée
 - 1'45'05 : Qui cherche à triompher ?
 - 1'51'44 : La corruption par la moraline
 - 1'57'01 : La cruauté retournée contre soi
 - 2'03'05 : L'Idéalisme et la Raison contre la vie
 - 2'17'08 : Nihilisme de l'homme sans Dieu
 - 2'25'11 : La décadence de l'Europe
 - 2'37'58 : La révolte contre le nihilisme
 - 2'42'53 : La voie du surhomme
 - 3'02'34 : Folie et grandeur de Nietzsche

La philosophie devenue folle. Avec Jean-François Braunstein sur RFI.


(0)
273 Vues
0 commentaire
28.10.2018

Trois débats nous obsèdent : le genre, les droits de l'animal et l'euthanasie. Et trois disciplines politiquement correctes traitent désormais de ces questions dans le monde universitaire : gender studies, animal studies, bioéthique. 
Cependant, lorsqu'on lit les textes des fondateurs de ces disciplines, John Money, Judith Butler, Peter Singer, Donna Haraway et quelques autres, on s'aperçoit que, derrière les bons sentiments affichés, se font jour des conséquences absurdes sinon abjectes. 
Si le genre n'est pas lié au sexe, pourquoi ne pas en changer tous les matins ? Si le corps est à la disposition de notre conscience, pourquoi ne pas le modifier à l'infini ? S'il n'y a pas de différence entre animaux et humains, pourquoi ne pas faire des expériences scientifiques sur les comateux plutôt que sur les animaux ? Pourquoi ne pas avoir de relations sexuelles avec son chien ? S'il est des vies dignes d'être vécues et d'autres qui ne le sont pas, pourquoi ne pas liquider les "infirmes", y compris les enfants "défectueux" ? Pourquoi ne pas nationaliser les organes des quasi-morts au profit d'humains plus prometteurs ?
Jean-François Braunstein a mené un travail considérable et novateur : il a lu les milliers de pages de ces penseurs célébrés dans le monde occidental et revient sur leurs idées, leurs contradictions, leur parcours personnel pour analyser, souligner, contredire et déconstruire. L'erreur consiste à vouloir "effacer les limites" : entre les sexes, entre les animaux et les humains, entre les vivants et les morts. Il convient, au contraire, d'affronter ces limites qui nous constituent.
Oui, parfois la philosophie devient folle, quand elle oublie l'homme.

Émission "Idées", animée par Pierre-Edouard Deldique.

L'emprise du numérique. Avec Mark Hunyadi pour l'Université de Sudbury.


(0)
135 Vues
0 commentaire
2018

Cet entretien avec le professeur Mark Hunyadi vise à appréhender la condition de l'homme numérique, condition qui dépasse la relation instrumentale avec le monde pour en modifier la subjectivité même de l'homme : elle n'impacte pas seulement ce que nous faisons, mais ce que nous sommes, notamment en nous soumettant au principe libidinal qui tend à faire de tout dispositif numérique une extension de soi.
Du coup, l'individu est plus arrimé à son médium technologique qu'au monde lui-même. La vie de l'esprit s'en trouve modifiée : le jugement est remplacé par le calcul, la relation de confiance par le raisonnement assuranciel.
Sur le plan social, c'est le déficit démocratique qui s'en suit et la disparition de l'empathie, comme en témoigne le traitement récent des flux de réfugiés en Europe.

Émission "Ethics Center Podcast", animée par François Côté-Vaillancourt.