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Le roman national ment. L'identité française ne résulte pas de l'alliance de la bravoure gauloise et de l'administration romaine, le tout couronné par la bonté chrétienne. Pas seulement. Non seulement la France n'a pas seulement été gauloise et romaine, mais la France n'a pas seulement été chrétienne. Le roman national ment. Par omission. Par oubli.
Pacôme Thiellement fais l'exégèse de notre histoire sur ce territoire que nous nous sommes habitués à appeler la France. Celle-ci est subjective, et même très subjective, même l'exposé est aussi rigoureux que possible possible. Alors, comme dirait l'autre, si vous n'aimez pas cette Histoire de France, écrivez la vôtre.



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C'est un entreprise proprement pédagogique qu'Antoine Dresse entreprend en proposant une cartographie méthodique des notions, des figures et des controverses qui structurent la pensée politique de droite. Chaque entrée fonctionne comme une fiche claire et synthétique, où l'on croise Joseph de Maistre, Alexis de Tocqueville ou encore Carl Schmitt.
Objectif : définir, contextualiser, puis relier les concepts à des querelles contemporaines. Mais aussi montrer les continuités et les ruptures au sein de cette vaste galaxie intellectuelle, et mettre en scène les tension internes, entre conservatisme, libéralisme, souverainisme et identitarisme.
En rendant visibles les arguments, leurs limites et, plus que tout, leurs implications pratiques, Antoine Dresse encourage à la réflexion... avant de retourner à l'action.


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Les 335 années qui séparent l'arrivée au pouvoir de Charles VI en 1380 de la mort du roi-soleil en 1715 ont été des périodes de bouillonnement politique, militaire, religieux, administratif et artistique dans le royaume de France. La pérennité de la guerre marque cette longue évolution où les périodes de paix demeurent très incertaines et de courte durée ; guerres de toutes sortes, religieuses, civiles étrangères où les ennemis furent tour à tour Anglais, Espagnols, Impériaux ou protestants et le plus souvent dans la parentèle proche des rois.
L'omniprésence de la guerre a été, sans aucun doute, un des éléments fondamentaux de la naissance et du développement de l'état monarchique mais dans le même temps la naissance de l'état monarchique a été le terreau de la guerre. Les deux grands piliers de la construction, justice et finances, les acteurs de celle-ci mais aussi les contestations et les révoltes contre cette montée en puissance tissent la trame de fond de cette construction et affirmation de la monarchie française pendant ces quatre siècles.
Si la figure royale s'impose, un gouvernement se structure progressivement au cours de la période considérée et une forme de bureaucratie permet de professionnaliser l'exercice du pouvoir et le gouvernement du royaume. Le roi n'exerce pas le pouvoir de manière solitaire et si les figures féminines s'effacent progressivement, les reines s'affirment dans les périodes de régences.
Michel Figeac, Thierry Dutour et Pauline Valade abordent les grands traits de la construction de l'État, tout en questionnant le processus politique à l'œuvre sur la longue durée.




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Curtis Yarvin, un drôle d'oiseau néoréactionnaire ! Critique de la démocratie libérale mais avec un positionnement élitiste et non populiste, il s'est récemment illustré en proposant de résoudre la crise à Gaza en transformant la ville en entreprise cotée en bourse et en en faisant la première entreprise souveraine à rejoindre l'ONU.
Sa pensée, capitaliste, elitiste et techno-utopiste, est l'une des inspirations de la nouvelle administration Trump.


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On connaît bien cette idée que l'on trouve développée à l'infini, qu'elle soit agréée ou contestée : une spécificité politique française voudrait que notre peuple, au rebours des démocraties européennes voisines, aspire toujours à être gouverné par une personnalité qui centraliserait tous les pouvoirs - quitte à ce que, de temps en temps, on lui coupe la tête, symboliquement ou concrètement.
Le style "jupitérien" d'Emmanuel Macron, tel que revendiqué naguère par lui-même, a pu paraître signifier cela, non sans la réplique des gilets jaunes : ceux-là signifiant l'absence de cette ductilité des émotions et des aspirations collectives que les corps intermédiaires permettent ailleurs plus aisément.
C'est en compagnie de l'historien Joël Cornette que nous tentons de comprendre comment s'est constitué l'absolutisme royal en France aux XVIe et surtout XVIIe siècles, afin d'y rechercher de possibles éléments fondateurs de notre modernité. Il ne s'agit pas de forcer le trait, tant les différences sont patentes, dans tous les ordres, d'une époque à l'autre. Mais de débusquer d'éventuelles continuités jusqu'aujourd’hui.
Émission "Concordance des temps", animée par Jean-Noël Jeanneney.


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Politiste et président du Cercle Aristote, Pierre-Yves Rougeyron propose une exploration approfondie des grands thèmes structurants de l'histoire et de la société françaises.
À travers des épisodes thématiques, il interroge l'identité, l'enracinement, le sens du passé, la question des frontières, la centralisation, ou encore les modèles politiques, offrant des clés de lecture pour comprendre les défis contemporains de la France dans une optique souverainiste et sociale, à l'image du gaullisme dont il se réclame.
Une série d'interventions qui s'adresse à tous ceux qui souhaitent dépasser l'actualité immédiate pour saisir les racines profondes des crises actuelles et qui veulent s'armer -intellectuellement parlant !- pour faire face aux enjeux qui nous attendent.


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Le 14 mai 1610, le carrosse découvert où Henri IV a pris place quitte le Louvre et roule dans Paris qui s'apprête à fêter le couronnement de la reine Marie de Médicis. Il est arrêté rue de la Ferronnerie par un embarras de charrettes. Aussitôt un étrange rôdeur saute sur la roue du véhicule et poignarde mortellement le roi.
L'homme, Ravaillac, originaire d'Angoulême, déclare qu'il a agi sans complice, uniquement pour punir le monarque de vouloir faire la guerre aux puissances catholiques et au pape. Qui est-il ? Un déséquilibré ou un "fou de Dieu" ? A-t-il été manipulé par les puissants ennemis du roi, français ou étrangers ?
Reprenant l'ensemble du dossier, Jean-Christian Petitfils offre une contribution majeure à la compréhension de l'une des grandes énigmes de l'histoire de France.
Émission du "Libre Journal des historiens", animée par Philippe Conrad.


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Formule rebattue, "l'alliance du trône et de l'autel" suggère une unité de vue entre la monarchie capétienne et la papauté qui a rarement existé dans l'ordre temporel. A partir du XIVe siècle et jusqu'à la fin du XVIIIe, les conflits entre Paris et le Vatican amènent les Français à publier un ensemble de doctrines "gallicanes" qui inspirent diversement l'Etat royal, l'Église de France et le Parlement de Paris.
Théologien et professeur de philosophie, Bernard Bourdin revient sur la longue genèse qui conduit à la séparation des Eglises et de l'Etat en se demandant si le "gallicanisme" est bien une singularité française. En effet, le conflit de souveraineté entre l'Etat et la puissance catholique romaine traverse bon bombre d'espaces politiques en Europe au seuil de la modernité. On le retrouve par exemple en Angleterre, où il produit le schisme anglican, en Autriche et en Espagne.
Retour sur les enjeux théologiques, philosophiques et politiques d'un conflit qui marque encore le régime concordataire qui régit les questions religieuses tout au long du XIXe siècle français.
- 0'00'00 : Introduction
- 0'01'51 : Origine du gallicanisme
- 0'06'23 : Cas de l'attentat d'Anagni
- 0'12'04 : Les principes du gallicanisme
- 0'19'24 : Guerres de Religions : les Assemblées du clergé.
- 0'27'27 : Louis XIV : la révocation de l'Edit de Nantes et sa volonté de diriger l'Eglise de France
- 0'36'31 : Bossuete et les Quatre articles et l'affaire de la Régale
- 0'42'49 : Le cas britannique : crise entre le calvinisme et la sacralité des autorités politiques
- 1'01'15 : Le gallicanisme sous la Révolution française : la constitution civile du clergé
- 1'10'42 : Quid de la foi dans le gallicanisme ?