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Que savons-nous vraiment de Rousseau, hors quelques lieux communs ? Le "bon sauvage", l'homme naturellement bon mais corrompu par la société, la perfectibilité humaine, la volonté générale, le contrat social ?
Si Rousseau, à certains égards, est un moderne qui rejette les hiérarchies traditionnelles et croit en la souveraineté populaire, il ne se livre pas moins à une critique radicale de la société libérale, bourgeoise, progressiste et cosmopolite – à ses yeux, décadente – à laquelle il oppose la frugalité des Anciens et une démocratie autrement plus authentique et politique.
Émission "Les idées à l'endroit", animée par Rémi Soulié.


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La pensée de Heidegger, réputée difficile, permet pourtant de comprendre les aspects les plus sombres du monde contemporain, notamment, le ravage de la terre par la technique.
Penseur de l'enracinement, porteur d'un nouveau regard sur l'histoire de la philosophie, Heidegger nous invite à méditer le mystère de l'Être, à entendre les paroles de l'origine et à attendre, dans la sérénité, "un dieu qui pourrait nous sauver".
Émission "Les idées à l'endroit", animée par Rémi Soulié.


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1930-1983 : Ernst Jünger, le soldat héroïque, et Carl Schmitt, le juriste d'exception, ont entretenu la plus foisonnante et la plus passionnante des correspondances pendant plus de 50 ans. Un échange épistolaire exceptionnel de 426 lettres ou cartes, dont 249 de Jünger et 177 de Schmitt, enfin publié en co-édition par les éditions Krisis et les éditions Pierre-Guillaume de Roux.
À leur lecture, une évidence s'impose pour la première fois : ces deux figures de la Révolution Conservatrice allemande avaient en commun une sincère passion de la France. On les savait francophones, on les découvre francophiles. À l'origine de (presque) chaque lettre : la littérature française.
Ce sont plusieurs écrivains, éditeurs, traducteurs, universitaires et personnalités politiques qui se succèdent dans ce colloque pour évoquer les deux européens d'exception, l'un et l'autre témoins de premier plan des événements les plus tragiques du XXe siècle, que sont Ernst Jünger et Carl Schmitt.


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Le sociologue Michel Maffesoli s'attache à décrypter ce qu'il nomme la "religiosité postmoderne" en étudiant les étapes qui jalonnent ce "retour du sacral" : la réhabilitation des sens et d'une raison sensible, l'importance du partage, du mystère, de l'initiation – mais aussi l'ancrage nécessaire dans la tradition. C'est ainsi que les figures catholiques de la Trinité (l'unicité de Dieu en trois personnes) ou de la communion des saints représentent pour le penseur des "tribus" les métaphores les plus adaptées à l'imaginaire contemporain du sacré.
Une approche plein de sens qui nous invite à une appréhension populaire et émotionnelle de la transcendance.




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Face au resurgissement du besoin d'affirmation des différences, des spécificités langagières et idéologiques, des rassemblements autour d'une commune origine, réelle ou mythifiée, quelle attitude adopter ?
Qu'elles soient musicales, religieuses, sportives, sexuelles ou culturelles, ces "tribus" postmodernes occupent le nouvel espace public. À l'harmonie abstraite d'un unanimisme de façade est ainsi en train de succéder une harmonie conflictuelle.
Ne faudrait-il pas mieux accompagner cet idéal communautaire, plutôt que le dénier ?



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Tout le monde parle aujourd’hui de "communautarisme", mais ceux qui le font ne parlent de toute évidence pas de la même chose.
Michel Maffesoli voit dans le retour des "tribus" l’un des signes les plus sûrs (et les plus réjouissants) de l’effondrement de la modernité. Julien Rochedy centre sa réflexion sur l’immigration et constate l’échec du modèle assimilationniste républicain. Vincent Coussedière s’interroge sur la façon dont peuvent s’harmoniser coutumes singulières, mœurs partagées et vie commune.
La vieille problématique "communauté ou société", posée par Ferdinand Tönnies dès la fin du XIXe siècle, reste sous-jacente au débat.
Une chose est sûre : il ne faut pas confondre "communautarisme" et communautés.


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Le politique est un domaine autonome, qui a ses règles propres.
Attaqué par les feux croisés du marché et du droit, fruits du déploiement de la logique libérale, il semble de moins en moins visible.
Comment comprendre que le politique, autrefois si flamboyant dans notre tradition européenne, soit aujourd'hui réduit à peau de chagrin ?


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L'imaginaire structure la vie sociale : c'est cette approche sociologique qui guide le travail de Michel Maffesoli.
Les évolutions récentes des "bassins sémantiques" dans lesquels nos sociétés sont plongées révèlent l'émergence d'un nouvel imaginaire : la post-modernité.
Nous voyons en effet un retour affirmé des idées archaïques, idées qui se meuvent au sein d'un climat nébuleux marqué par le retour de caractéristiques pré-modernes.
Il semblerait donc que l'araisonnement du monde -emblématique de notre modernité rationnelle- soit en trait de subir une inversion de polaritié.
Est-ce que les nouvelles "églises électroniques" (videogammes, sites, forums, encyclopédies) pourraient jouer le rôle renouvelé des "mystères" ?
Et si nous assistions à un ré-enchantement du monde ?
Conférence prononcée dans le cadre du cycle "Jeudi de l'Imaginaire".