La radicalisation de la modernité. Avec Marcel Gauchet au Collège des Bernardins.


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07.2010

Nous observons un phénomène curieux : les éléments fondamentaux de la vision moderne de l’homme –l’esprit scientifique des Lumières, l’essor de la démocratie politique, l’autonomie du sujet personnel– sont à la fois radicalisés et ébranlés par les développements historiques de la "modernité tardive".
Est-il pour autant nécessaire de postuler l'existence d'une postmodernité qui serait radicalement différente à la grand épopée moderne ? Mais comment pouvons-nous alors comprendre cette transformation ? Quels problèmes dessine-t-elle pour l’avenir ? Et de quelles ressources disposons-nous pour les éclairer ?
Marcel Gauchet conteste l’idée qu’il existerait quelque chose comme une postmodernité au profit d’une interprétation différente de la situation qui est la nôtre. La vérité est que la discontinuité bien réelle que la notion de postmodernité a la vertu de signaler doit être comprise autrement que comme une remise en question de la modernité.

La fraternité, idéal républicain. Avec Marcel Gauchet sur France Culture.


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09.11.2016

La fraternité, troisième volet de la devise républicaine, est-elle mise à mal par le "pessimisme" français ?
C'est l'une des thèses que défend Marcel Gauchet dans Comprendre le malheur français. Il analyse ce pessimisme à l'aune d'une mondialisation malheureuse : la relégation de la France au rang de puissance secondaire conjuguée au souvenir de sa grandeur passée se traduirait par une défiance envers l'avenir qui n'est que le corollaire d'un malaise bien présent.

Emission "Les Chemins de la philosophie", animée par Adèle Van Reeth.

Les francais ont-ils raison d'être pessimistes ? Avec Serge Audier et Marcel Gauchet sur France Culture.


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25.03.2016

Comment expliquer le pessimisme qui traverse aujourd’hui la société française ? Comment comprendre les débats et manifestations qui entourent la loi El Khomri, ce qu'ils disent de notre société et de ses blocages réels ou supposés ?
Le présent dialogue entre Marcel Gauchet et Serge Audier nous apporte quelques éléments de réponse.

La psychanalyse et le fait religieux : l'attraction fondamentaliste. Avec Marcel Gauchet pour l'Espace Analytique à Paris.


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10.03.2016

Notre siècle voit coexister un éloignement de la pratique religieuse comme fait social structurant avec des retours brutaux de son invocation politique. Il est apparu que ce qui pour certains n’avait pas d’avenir en un siècle athée, et qui pour Freud était une illusion, a bel et bien un présent.
La psychanalyse mesure selon ses concepts la place du fait religieux pour l’être parlant, elle en pèse le poids, étudie les ressorts de la croyance, évalue les conditions de l’athéisme.
Il est temps d’évaluer ce que l’élaboration  psychanalytique observe du fait religieux, et ce qu’elle reconnaît comme efficace structurel susceptible d’assurer les fonctions nécessaires à la construction du sujet, que cela accompagne ou non une croyance religieuse, laquelle peut aussi bien participer à une structure efficace qu’être utilisée comme ravage.

Pour une théorie de l'attention. Soutenance de l’habilitation à diriger des recherches de Bernard Stiegler à l'Université Paris VII Diderot.


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10.11.2007

L’apparition et le développement des medias numériques et audiovisuels dans nos environnements domestiques et urbains fait aujourd’hui l’objet de plusieurs inquiétudes auprès de la communauté scientifique et intellectuelle à propos des effets qu’ils engendrent sur nos capacités attentionnelles. Les études menées par Dimitri Christakis et Frederic Zimmerman sur la synaptogenèse mettent l’accent sur les liens entre la formation du cerveau et l’environnement multi-médiatique dans lequel il évolue aujourd’hui. Katherine Hayles, professeur à l’université de Duke, résume leur analyse : "La plasticité est une caractéristique biologique du cerveau ; les hommes naissent avec un système nerveux prêt à se reconfigurer en fonction de leur environnement. […] Le système cérébral d’un nouveau-né passe par un processus d’élagage par lequel les connexions neuronales qui sont activées dépérissent et disparaissent. […] La plasticité cérébrale se poursuit durant l’enfance et l’adolescence, et continue même à certains égards au cours de l’âge adulte. Dans les sociétés développées contemporaines, cette plasticité implique que les connexions synaptiques du cerveau co-évoluent avec des environnements dans lesquels la consommation de medias est un facteur dominant. Les enfants dont la croissance se produit dans des environnements dominés par les medias ont des cerveaux câblés et connectés différemment des humains qui n’atteignent pas dans de telles conditions la maturité." La mutation que constitue l’apparition des nouvelles technologies numériques a conduit à un changement cognitif majeur au niveau attentionnel, que Katherine Hayles décrit comme une mutation générationnelle posant de sérieux défis à tous les niveaux de l’éducation et de l’université. Cette mutation consiste dans le développement de ce qu’elle appelle une hyper-attention, qu’elle oppose à ce qu’elle nomme la deep attention. Elle caractérise cette-dernière comme une captation de l’attention par un seul objet pendant une longue durée, telle la lecture d’un livre. L’hyper-attention, au contraire "est caractérisée par les oscillations rapides entre différentes tâches, entre des flux d’informations multiples, recherchant un niveau élevé de stimulation, et ayant une faible tolérance pour l’ennui. Les sociétés développées ont longtemps été capables de créer le type d’environnement qui permet d’aboutir à l’attention profonde. […] Une mutation générationnelle a lieu, passant de l’attention profonde à l’hyper-attention." Au delà de cette transformation neurologique, Bernard Stiegler nous prévient des dangers psychosociologiques et culturels que représente l’organologie actuelle des objets numériques et audiovisuels. La réception de ces objets suscite et développe chez le sujet une autre attitude cognitive que celle de l’attention profonde mobilisée au cours de la lecture d’un livre. Une première distinction tient au fait que l’opération de la lecture est dirigée par le lecteur alors que celle de la vision audiovisuelle est asservie au temps de l’appareil de projection : il en résulte que le temps de la lecture est en droit un temps "souverain", il est le temps possible de l’examen et de l’observation, d’une certaine maîtrise attentionnelle de l’objet ; alors que le spectacle audiovisuel a d’abord pour effet de capter le temps de conscience du spectateur, et tendance à l’entraîner passivement dans son flux.
A cette distinction s’y ajoute une autre : savoir lire c’est nécessairement savoir aussi bien écrire, et réciproquement, tandis que le spectateur audiovisuel classique est généralement réduit à une position de consommateur non producteur. Or, ce que Bernard Stiegler appelle "misère symbolique" tient notamment à cette dissociation entre des individus producteurs de symboles et la grande masse de ceux qui les reçoivent en ne pouvant que les consommer, sans en produire à leur tour.
Enfin, c’est le caractère singulier et singularisant de la transmission scolaire à travers l’écrit — et la médiation  décisive du "maître" — qui doit être opposé à la dimension massivement industrielle de la diffusion des programmes audiovisuels : ceux-ci ont la plupart du temps pour effet et même pour fonction de produire une "synchronisation" des consciences — de leur perceptions, de leur souvenirs, bref de leur expérience, qui devient ainsi plus proche d’un conditionnement —, là où l’on peut soutenir que l’enseignement scolaire et livresque, au contraire, tel que l’école de Jules Ferry en généralise le principe à l’ensemble de la société, vise en principe à la formation d’individus singuliers, c’est à dire porteurs d’un rapport à chaque fois inédit au savoir dans son ensemble : ainsi, en droit et en fait, dans la plupart des cas et même lorsqu’elle est pratiquée en commun — comme dans une classe —, la lecture est une opération foncièrement individuelle, qui à la fois requiert et développe une attitude d’attention mono-centrée, continue et soutenue, appelée attention profonde.
Il ne s’agit évidemment pas de dire qu’un objet numérique et audiovisuel ne permet pas de créer une attention profonde, mais de dire qu’en tant que pharmakon, il présente des caractéristiques qui sont aujourd’hui mises au service, dans le contexte des industries de programmes, d’un dispositif de captation et de dissémination de l’attention qui est essentiellement destructeur —, alors même que, de toute évidence, le cinéma est un art, il sollicite et construit une  attention profonde, et il est en cela le remède de ce poison.
La question décisive à laquelle nous devons est donc de savoir comment le nouveau milieu technologique dans lequel se développent désormais les cerveaux et les esprits des nouvelles générations ne leur soit pas "toxique" ? A quels enjeux le design numérique et audiovisuel devrait-il répondre pour ne pas faire obstacle à la formation de l’attention profonde, mais au contraire participer à son développement ?
La question n’est pas de rejeter les psychotechnologies numériques et audiovisuelles, ni les industries culturelles : elle est de transformer ces psychotechnologies en technologies de l’esprit, en nootechnologies ; elles est de révolutionner ces industries, qui sont devenues l’infrastructure organologique de la bataille de l’intelligence, qui est elle-même une guerre politique et économique, et dont elles sont l’arsenal — en proposant des normes de régulation adaptées à cette situation, mais aussi en les inspirant et les dotant de secteurs de recherche et de développement sur ces questions, dont elles sont de nos jours encore trop dépourvues.

Les média sont-ils un pouvoir ? Avec Marcel Gauchet chez Elisabeth Lévy sur France Culture.


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21.01.2006

Loin de tracer une vision positive de ce qu’il faut faire, la culture de la dénonciation et de la déploration autour de laquelle les médias s’organisent contribue à rendre le monde illisible et désespérant, peuplé qu’il est d’un mal inépuisablement renaissant, dont les racines restent incompréhensibles et auquel il est vain, en dernier ressort, de vouloir remédier. Le message subliminal et ultime est qu’on ne peut rien.
Cette situation n’est pas le dernier mot de l’histoire. Elle n’est que le premier de la période dans laquelle nous avons été jetés sans bien comprendre ce qui nous arrivait.

Emission "Le premier pouvoir".

Sur l'effondrement du sens des savoirs. Avec Marcel Gauchet à Marseille.


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04.12.2008

La "société de la connaissance" pourrait bien se révéler, en fait, celle où les savoirs perdent tout sens autre qu’utilitaire. Ils cessent de se présenter comme les vecteurs d’une émancipation promettant à l’humanité la maîtrise consciente de son destin.
Marcel Gauchet s’efforcera de mettre en lumière, à partir de ce phénomène, les ressorts du changement de monde qui nous emporte et la racine des périls auxquels il nous expose.

Cette conférence est organisée par l’association "Echange et diffusion des savoirs", dans le cadre du cycle "Emprises de la violence. Regards sur la civilisation contemporaine".

L'école aujourd'hui, quelles perspectives pour inventer le monde de demain ? Avec Jean-Pierre Chevènement et Marcel Gauchet au Cercle Hébé.


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11.06.2015

Les études indiquant une baisse du niveau scolaire des français ne cessent de paraître.
Comment penser la faillite de l'école ? Le déclin de l'éducation nationale est-il inéluctable ? La démocratisation/massification de l'enseignement est-elle obligatoirement synonyme de médiocrité ? Enfin, comment penser un élitisme républicain ?
Ces questions, au coeur de l'actualité avec les enjeux de la réforme des collèges, sont abordées par l'ancien ministre de l'éducation nationale Jean-Pierre Chevènement et Marcel Gauchet, philosophe de l'éducation.
Le débat est animé par Martin Gunther, Benjamin Vendrand-Maillet et Christopher Quagliozzi.