Les influences nazies du management moderne. Avec Johann Chapoutot sur France Culture.


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08.01.2020

Professeur d'histoire contemporaine, et après s'être intéressé en détail au régime nazi, Joahann Chapoutot revient avec Libres d'obéir : le management, du nazisme à la RFA (Gallimard, 2020), où il s’intéresse en particulier aux méthodes de la Menschenführung, qui traduit et germanise le terme américain de management.
Car le management, du nazisme à la mondialisation, est bien l'art de produire le consentement et l'illusion d'autonomie chez des sujets aliénés. Et s'il ne dresse pas un réquisitoire contre le management et s'il ne dit pas non plus qu'il s'agit d'une invention du IIIe Reich, Johann Chapoutot souligne une certaine continuité entre les techniques d'organisation du régime nazi et celles que l'on retrouve aujourd'hui au sein de l'entreprise, en atteste la condamnation récente de l'entreprise France Télécom et de ses trois ex-dirigeants pour "harcèlement moral institutionnel".
À l'heure du virtuel et d'une croissance tournée vers la production mondiale effrénée, où le travail, entre burn out et bullshit jobs, semble ne plus avoir de sens, Johann Chapoutot montre que les nazis apparaissent finalement comme l'image déformée d'une modernité devenue folle, traitant des personnes comme de simples facteurs de production sous des apparences de bien-être et de bienveillance au travail.

Émission "La Grande table idées", animée par Raphaël Bourgois.

L'industrialisation est d'abord une révolution mentale. Avec Pierre Musso sur France Culture.


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01.06.2018

Qu'est ce qui constitue la matière première de l'innovation et de la création technologique ? A cette question, Pierre Musso répond sans hésiter : l'imaginaire. Celui de l'homme occidental est bâtie sur le mythe prométhéen de domination de la nature. Mais il a fallu pour l'épanouir rompre avec la vision contemplative de la nature développée par l'Antiquité.
L'imaginaire de l'industrialisation sur lequel nous vivons encore aujourd'hui s'est alors peu à peu imposé comme une nouvelle religion. Et comme toute religion, l'industrie a ses cérémonies, ses expositions, ses rassemblements. Mais à la différence des religions monothéistes centrées sur la figure du père, l'industrie est centrée sur une figure maternelle. Ou plutôt une double figure : d'un côté une mère généreuse qui prodigue ses largesses aux humains, de l'autre une marâtre cruelle qui malmène ses enfants.

Émission "Matières à penser", animée par Serge Tisseron.

L'hégémonie de l'Entreprise, de l'industrialisme aux GAFAM. Avec Pierre Musso pour les Amis de la Liberté à Nice.


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16.05.2019

La grande entreprise est devenue avec l'industrialisation une puissance économique et technique, mais aussi une institution politique et culturelle. Cela résulte d'une longue histoire en Occident au cours de laquelle l'Etat a combattu contre le pouvoir théologique pour la sécularisation, alors qu'en coulisses, l'Entreprise a formé une hégémonie culturelle (au sens gramscien), une véritable "religion industrielle".
Cette religion s'impose sous la forme d'utopies technologiques censées révolutionner le monde (slogan de Google) et d'industries de l'imaginaire : hier, l'audiovisuel et le cinéma dont Hollywood est le temple et aujourd’hui, la Silicon Valley et les GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft). La très grande entreprise tend même à contester le rôle des Etats, ou à s'hybrider avec eux, dans une nouvelle institution, "l'Etat-Entreprise".
C'est Pierre Musso, philosophe et professeur des Universités, qui aborde ces thématiques dans une conférence reprenant les thèses de ses deux derniers ouvrages La religion industrielle : monastère, manufacture, usine. Une généalogie de l'entreprise (Fayard, 2017) et L'ère de l'Etat-Entreprise. Berlusconi, Trump, Macron (Fayard, 2019).

Les figures de l'allégeance. Avec Alain Supiot au Collège de France.


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2014

Le gouvernement par les lois est-il en train de se retirer ? Comment se manifestent le renversement de la hiérarchie du public et du privé, l'effacement du système basé sur des lois reçues de l'extérieur et le retour de nouvelles formes d'allégeance ? Pourquoi chacun peut-il choisir la loi qui lui convient ? Et comment peut-on devenir son propre législateur ?
Il y a de nombreuses raisons de penser que la période qui s'est ouverte avec la montée en puissance des États souverains et du gouvernement par les lois, dans l'Europe des XIIe-XIIIe siècles, arrive à échéance. Sapé par la gouvernance par les nombres, le "rule of law" est en crise et le gouvernement par les hommes refait surface sous des formes inédites que le grand juriste Alain Supiot s'efforce d'identifier tout au long de cette série de cours.
C'est donc de l'apparition des nouvelles figures de l'allégeance dont il est ici question, où chacun doit pouvoir compter sur la protection de ceux dont il dépend et sur le dévouement de ceux qui dépendent de lui.
Bienvenue dans un monde purgé de l'hétéronomie de la loi.

Contrôle social et révolutions colorées. Avec Lucien Cerise pour le Cercle Culture & Identité à Saint-Germain-en-Laye.


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25.04.2019

Lucien Cerise, docteur en philosophie et spécialiste et linguistique épistémologie, nous introduit à la discipline de l'ingénierie sociale, méthode scientifique visant à la transformation des groupes sociaux. Car l'ingénierie sociale est l'une des techniques les plus utilisées pour déposséder les nations de leur souveraineté.
La deuxième partie de la conférence porte sur les usages géopolitiques de l'ingénierie sociale, aujourd'hui mise en oeuvre dans les révolutions de couleur.

Le devenir managérial de nos sociétés. Avec Thibault Le Texier sur France Culture.


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24.03.2016

C'est sous l'angle du management que nous devons comprendre les réformes récentes du travail en France. Et c'est le chercheur Thibault Le Texier qui vient nous parler de cette thématique après avoir signé aux éditions la découverte l'essai Le maniement des hommes : essai sur la rationalité managériale dans lequel il retrace l'évolution de la notion de management, du "management domestique" au management moderne, d'une logique de soin à une logique de contrôle.

Émission "La Grande table", animée par Caroline Broué et accompagné de Loïc Blondiaux.

De l'exception permanente. Avec Baptiste Rappin sur Radio Courtoisie.


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06.09.2018

C'est en lien avec le monde de l'art en particulier que Baptiste Rappin, dont vient d'être publié De l'exception permanente : Théologie de l'Organisation, deuxième volet d'une trilogie consacrée au rôle prépondérant du management dans notre monde contemporain, répond aux questions d'Anne de Kerros. Un dialogue fructueux qui permet de montrer l'étendue du "mouvement panorganisationnel".

Émission du "Libre Journal d’Aude de Kerros".

L'arraisonnement du monde. Avec Baptiste Rappin sur Radio Courtoisie.


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30.07.2018

La prolifération des organisations sur la planète, telle que théorisée et encouragée par les gourous du management, semble être l’un des grands impensés de la condition de l'homme post-moderne. Depuis plusieurs années, Baptiste Rappin, Maître de Conférences à l'Université de Lorraine, mène sur le sujet une réflexion indispensable en s'attachant à en comprendre la dimension ontologique.
La sortie de son dernier livre De l'exception permanente : Théologie de l'Organisation, deuxième volet d'une trilogie monumentale dont le but n’est rien moins que de révéler notre configuration historiale, nous permet de revenir sur le sens de ses travaux.

Émission "Le monde de la philosophie", animée par Rémi Soulié.