Le marxisme et le PCF : de Politzer à Gastaud. Avec Aymeric Monville au café marxiste à Paris.


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22.09.2018

Longtemps le marxisme, banni de l'université et des médias dominants, était principalement porté et défendu par le mouvement ouvrier. La récente parution de l'échange de lettres entre Louis Althusser et Lucien Sève jette un jour nouveau sur les débats qui agitaient le marxisme tel qu'il était pratiqué et développé au Parti communiste français (PCF). Riche tradition de pensée qui s'inspirait de précurseurs prestigieux parmi Politzer et les fondateurs de la revue La Pensée et trouve des prolongements contemporains dans l'oeuvre de Georges Gastaud.
C'est autour de ces enjeux politiques et théoriques qu'Aymeric Monville, qui dirige les Editions Delga et a durant sept ans été rédacteur-en-chef adjoint de la revue La Pensée, nous invite à réfléchir.

L'idéologie scolaire des handicaps socio-culturels. Avec Denis Collin à l'Université Populaire d'Évreux.


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25.05.2018

À écouter certains commentateurs, le nouveau ministre de l'Éducation nationale Jean-Michel Blanquer aurait l'oreille des associations conservatrices et marquerait une rupture avec les orientations suivies depuis l'automne 68, soit la conception de la démocratisation de l'enseignement allant de pair avec l'adaptation de l'école à son "public scolaire".
Le propos que tiens Denis Collin dans cette conférence peut paraître purement historique : il porte sur une période désormais close. Les "sciences cognitives" ont remplacé la sociologie de Pierre Bourdieu. Car si, à la marge, le nouveau ministre semble rompre avec l'idéologie scolaire dominante, sur le fond il en tire toutes les conséquences. Tout comme ses prédécesseurs, il a définitivement renoncé à l'exigence d'une instruction de haut niveau pour tous.
Mettre à jour l'idéologie scolaire commune et la tendances de fond de l'éducation dans nos sociétés, tel est l'objectif de Denis Collin.

"Misère de la théorie" d'E. P. Thompson. Avec Alexandre Fernon et Patrick Marcolini sur Radio Libertaire.


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15.05.2016

Alexandre Fernon, traducteur du livre d'Edward Palmer Thompson dont le sous-titre est Contre Althusser et le marxisme anti-humaniste, vient nous parler de cet ouvrage polémique et du penseur à qui il s'oppose, penseur qui a joué un grand rôle dans la formation des intellectuels critiques français qui sont aujourd’hui en vogue : Louis Althusser. Dans les années 1960 et 1970, ce philosophe marxiste, figure de proue du structuralisme, membre du Parti communiste mais adulé par les étudiants maoïstes, est considéré comme une référence par Alain Badiou, Jacques Rancière, Étienne Balibar, Manuel Castells ou Nicos Poulantzas.
Et c'est dans ce livre énergique et drôle, écrit en 1978, que l’historien britannique E. P. Thompson ridiculise la prétention des althussériens à hisser le marxisme au rang de science, le caractère réductionniste et mécanique de leur approche de l’histoire ou de la société, ainsi que le parfum de stalinisme qui entoure leurs positions. Pour lui, ce marxisme académique n’est rien d’autre que l’opium d’une bourgeoisie intellectuelle venue s’encanailler à l’extrême gauche.
En contrepoint, E. P. Thompson propose sa propre conception du marxisme nourrie de sa pratique d’historien, qui se fonde sur un dialogue avec les faits et accorde une place centrale à la capacité des hommes et femmes à faire leur propre histoire. Partisan de ce qu’il appelle un "communisme libertaire", il en appelle à relever le drapeau de l’humanisme pour élaborer une critique du capitalisme qui rejoigne les valeurs morales des classes populaires.

Spinoza pour Marx et les Marxismes : un chantier ouvert. Avec André Tosel à l'Université Paris VIII Vincennes.


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19.03.2015

Nous manquons d’une étude d’ensemble sur l’appropriation par Marx de la pensée de Spinoza.
Une double approche serait nécessaire : philologique et philosophique. La première recenserait les occurrences explicités de Spinoza dans le recherche en devenir de Marx et évaluerait leur portée ; la seconde interpréterait la présence implicite à l’état pratique la pensée spinozienne dans les problématiques marxiennes, par-delà les thèses générales concernant l’immanence, le matérialisme, la causalité, la critique de la métaphysique et de la théologie, l’anthropologie des affects et l’émancipation.
Engels est présent en contrepoint avec sa recherche du "dialectique" dans la nature.
Il est de fait que la référence à Spinoza est effective dans les marxismes de la Seconde Internationale (le russe Georgi Plekhanov et la conception matérialiste moniste de l’histoire, proche d’Engels, l’italien Antonio Labriola et l’immanence des pratiques, qui suit la voie non engelsienne d’une philosophie "travailliste" de la praxis). À chaque fois il s’agit du débat sur ce qu’est on n’est pas la philosophie de Marx.
Mais il faut attendre l’intervention de Louis Althusser qui coïncide avec le renouveau des études spinoziennes en France (Gueroult, Matheron et surtout Deleuze) pour que la référence à Spinoza devienne constitutive de ce qui a été l’ultime réélaboration d’ensemble de la pensée marxiste, dans la perspective d’une relance du mouvement révolutionnaire en occident après celle de Gramsci (dont la pensée n’agit qu’après les années cinquante).
Là encore rien n’est simple parce que la recherche inachevée et tourmentée d’Althusser, en syntonie avec celle de certains de ses anciens élèves, fins connaisseurs de Spinoza (Macherey, Balibar), s’articule en plusieurs moments.
André Tosel se concentre sur Althusser chez qui la référence à Spinoza est à la fois permanente et relativement développée : quelle fonction à la théorie de la connaissance spinozienne dans l’épistémologie de Pour Marx et de Lire Le Capital ? Quel Spinoza insiste dans les textes des années 1968-1978 où Althusser critique son théoricisme antérieur et cherche à purifier Marx de son téléologisme messianique et à produire le concept de pratiques insuffisamment analysées, la politique et l’idéologie ? Quel Spinoza fait encore retour au sein du matérialisme de la rencontre qu’Althusser propose dans la phase ultime de sa parabole comme expression adéquate du seul matérialisme effectif ? En quoi Spinoza peut-il aider à penser une conjoncture inédite où l’histoire a fait le vide des certitudes du mouvement ouvrier et liquidé les marxismes ?

Hors-champs. Avec Clément Rosset sur France Culture.


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04.2013

C'est au travers d'une longue conversation avec Laure Adler que Clément Rosset revient sur les principales thématiques abordées dans son oeuvre philosophique : la question du réel et de son double.
Un dialogue intéressant qui permet une première approche du plus nitzschéen des penseurs français actuels.

L'héritage controversé de Mai 68. Avec Jean-Pierre Le Goff pour le Cercle Kritik.


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04.2016

En compagnie du sociologue Jean-Pierre Le Goff, retour sur l'évènement de Mai 68 et ses héritage intellectuel et culturel qui ont marqué et marquent toujours la société française contemporaine.

Marx, critique du marxisme. Avec Francis Cousin pour le Cercle Kritik.


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10.2015

Ce premier entretien du Cercle Kritik est mené avec Francis Cousin, qui nous fait le plaisir d'exposer en détails la pensée de Marx et du marxisme.
Au programme : la pertinence du distinguo "jeune Marx" - "vieux Marx", la logique du Capital, la social-démocratie, le structuralisme, Louis Althusser et le Freudo-Marxisme...
Les pendules pseudo/post/para/-marxistes vont être remises à l'heure !

La French Theory et ses critiques : l'exemple de Michel Clouscard. Avec Aymeric Monville à Lisbonne.


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09.05.2014

Qu'a été la fameuse (fumeuse?) "French theory" ? Quel rôle objectif ce mouvement intellectuel a-t-il tenu et pourquoi son succès est arrivé à ce moment-là ?
Bien que ce courant de pensée puisse être considéré comme une résistance de la philosophie continentale contre la double déferlante analytique et "nouvelle philosophie", il n'en reste pas moins que le dénominateur commun de ses penseurs est le rejet de la séquence Hegel-Marx pour la réhabilitation du duo Nietzche-Heidegger.
La liquidation du marxisme en a été la conséquence logique...