Les lois universelles de l'humanité. Avec Bernard Lahire sur Elucid.


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04.2025

Directeur de recherche CNRS à l'École normale supérieure de Lyon, Bernard Lahire a publié une vingtaine d'ouvrages, parmi lesquels Les Structures fondamentales des sociétés humaines (La Découverte, 2023) et Vers une science sociale du vivant (La Découverte, 2025).
L'homme est une espèce sociale, culturelle, et historique, mais il n'est pas moins déterminé que les animaux, et Bernard Lahire nous permet de saisir à quel point notre biologie détermine nos comportements sociaux.
Comprendre nos déterminismes et leurs effets sociaux est indispensable pour comprendre le monde, et l'orienter vers plus de justice.

 - 0'00'00 : Zapping
 - 0'01'25 : Pourquoi chercher des lois générales ?
 - 0'04'06 : Les angles morts de la sociologie
 - 0'16'07 : Le rejet du déterminisme
 - 0'22'04 : L'erreur de la dichotomie nature/culture
 - 0'34'23 : Les comparaisons inter-sociétés et inter-espèces
 - 0'54'42 : La notion de nature humaine
 - 1'03'30 : Un fondement des sociétés humaines : l'altricialité secondaire
 - 1'12'42 : La domination et le magico-religieux
 - 1'27'09 : L'opposition "eux" contre "nous"
 - 1'35'59 : Comment transformer le monde ?
 - 1'39'57 : Question finale

Un entretien mené par Carla Costantini.

Les 17 lois de l'humanité. Avec Bernard Lahire pour le Groupe de Recherche pour l'Éducation et la Prospective à Toulouse.


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31.01.2025

Le sociologue Bernard Lahire propose de mettre en évidence un certain nombre de lois qui président au fonctionnement des sociétés humaines. Sa démarche scientifique à la recherche de régularités cherche à faire la synthèse de 150 ans de résultats en sciences humaines en adoptant une approche résolument interdisciplinaire.
Un tel travail implique de se tourner également vers les sciences dites naturelles, de mener des comparaisons entre les sociétés humaines, mais aussi avec celles formées par les autres espèces animales, voire végétales et même bactériennes.
En effet, contrairement à une idée reçue bien tenace, l'organisation sociale n'est pas le propre des humains. L'interdépendance, qui implique à la fois coopération et concurrence, caractérise en effet l'ensemble du vivant et il importe de resituer les humains parmi les autres espèces pour saisir les contraintes particulières qui les caractérisent.
Il énonce et explicite ainsi successivement pas moins de :
 - cinq grands faits caractérisant les sociétés humaines (altricialité secondaire, séparation des sexes, grande longévité, socialité, historicité)
 - dix grandes lignes de force autour desquelles gravitent leurs différentes formes (modes de production, rapports de parenté, transmission culturelle, production d'artefacts, expressivité symbolique, etc.)
 - dix-sept grandes lois (tendances à la conservation-reproduction-extension, tendances à l'accroissement démographique et différenciation, prévalence de l'antérieur sur le postérieur, imitation, lutte entre groupes, etc.)
Sa thèse centrale est "qu'une grande partie de la structure et du développement des sociétés humaines ne peut se comprendre qu'à partir du mode de reproduction (au double sens de reproduction biologique et culturel) et de développement ontogénétique de l'espèce, et notamment de la situation d'altricialité secondaire propre à l'espèce humaine (lente croissance extra-utérine du bébé humain entraînant une très longue période de dépendance) prolongée par une altricialité tertiaire (voire d'altricialité permanente, renvoyant à des capacités d'apprentissage tout au long de la vie et à la dépendance permanente à l'égard des autres membres du groupe social et de sa culture accumulée), conjuguée avec une série d'autres propriétés partagées par de nombreux autres mammifères ou, au contraire, très spécifiques (vie terrestre, mobilité, bipédie et libération des mains, pouces opposables, plasticité cérébrale, partition des sexes et reproduction sexuée sans période de rut, viviparité, grossesse longue, uniparité, longévité, symétrie bilatérale, capacités langagières-symboliques et artefactuelles, cumulativité culturelle).

Situation philosophique de l'Islam. Avec Rémi Brague sur Radio Courtoisie.


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06.03.2023

L'islam suscite des controverses sans fin et prête à bien des confusions. Mais qu'est-ce que l'islam, particulièrement dans le domaine philosophique ? Une manière d'être face à Dieu ? Une religion parmi d'autres avec ses dogmes et ses normes ?
Rémi Brague se confronte à ces questions fondamentales pour explorer la vision philosophique islamique de Dieu et du monde. Car l'islam, dit-il, n'est pas une religion au sens où nous l'entendons : c'est avant tout une loi qui conçoit la croyance comme une évidence innée qu'on ne saurait refuser sans mauvaise foi. Il est dès lors primordial de délaisser nos catégories chrétiennes de pensée pour tenter d'en comprendre la logique.

Émission "Le monde de la philosophie", animée par Rémi Soulié.

Lien social, généalogie et loi. Avec Pierre Legendre pour l'Action Éducative en Milieu Ouvert.


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09.03.1988

L'impératif généalogique est au fondement même de l'ordre social en ce qu'il demeure l'articulation grâce à laquelle une société civilise l'inconscient.
C'est cet acte de transmettre résidant au cœur du fonctionnement de la société que Pierre Legendre explicite ici.

Une conférence donnée au Touquet, en ouverture des VIIIe Assises du Conseil national de l'Action Éducative en Milieu Ouvert.

Quel est le statut des lois physiques ? Avec Etienne Klein à l'Institut Catholique de Paris.


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19.04.2023

Les lois physiques sont-elles solidaires de l'Univers ou résident-elles hors de lui ? Comment les électrons connaissent-ils les lois de l'électromagnétisme que nous, humains, devons étudier à l'école ? Sont-elles inscrites, depuis leurs apparitions, au fin fond de leur être ? Les ont-ils apprises par cœur ? Sont-ils capables de les décrypter de loin sur le grand tableau noir de l'Univers ? Obéissent-ils plutôt à des consignes qui proviendraient de l'extérieur du monde ? Ou encore entament-ils des négociations avec l'Univers pour déterminer ensemble le meilleur comportement pour des particules électriquement chargées ?
Plaisanterie mise à part, le statut des lois physiques demeure une authentique question métaphysique !

Nomos dans la philosophie du XXe siècle : du théologico-politique au théologico-économique. Avec Pierre Caye au Centre Jean Pépin.


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23.05.2022

C'est pour répondre à la "violence divine" évoquée par Walter Benjamin que Carl Schmitt a conceptualisé le théologico-politique, soit en posant les conditions philosophiques et juridiques nécessaires pour canaliser la sauvagerie de l'instance dispensatrice de puissance, conditions qu'il a résumées sous le terme stoïcien de katéchon : l'arche politique et morale qui maintient l'ordre du monde institué et retarde le jugement dernier.
Cette idée de la puissance qui se donne au monde et son transit ne cesse de revenir à travers la philosophie contemporaine, mais ce n'est plus le politique qui en est le médiateur mais l'économie sous quelque forme qu'on entende cette notion, aussi bien libidinale chez le philosophe que financière chez l'économiste. Là est la nouveauté : ce qu'on peut appeler le théologico-économique.
Ce terme de nomos qui définit dans le vocabulaire non pas de la Grèce antique, mais bien de la philosophie contemporaine, cette dispensation tous azimuths de la puissance par quelque instance que ce soit, est utilisé par Gilles Deleuze aussi bien que par Carl Schmitt, par Friedrich Hayek aussi bien que par Heidegger.

Carl Schmitt et le jeu des espaces : le nomos contre la "loi". Avec Jean-François Kervegan au Centre Jean Pépin.


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20.06.2022

La réflexion sur les enjeux de territoire et la récusation d'une unité politique du monde sont des motifs récurrents de l’œuvre de Carl Schmitt, malgré les ruptures apparentes ou réelles qu’elle comporte. Ils sont présents dans les écrits de la période décisionniste (1920-1933), où ils illustrent le fantasme d’un dépassement définitif du conflit politique.
Durant la période national-socialiste, Schmitt oppose sa théorie du "grand espace" et des Empires aux rêves mondialistes, d'autant plus dangereux qu'’ils servent les intérêts d'une puissance aspirant à l'hégémonie, les États-Unis.
Mais c'est dans les écrits postérieurs à 1945 que cette approche devient centrale, en même temps que la réflexion désabusée sur "le nouveau nomos de la terre" qui pourrait succéder au jus publicum europaeum de l'époque moderne.
En fin de compte, le rejet constant du rêve d'une unification politique illustre à la fois la conviction étatiste de Schmitt et son refus d'une philosophie rationaliste de l’histoire.

Kant, le tribunal de la raison. Avec Michaël Foessel sur France Culture.


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23.04.2015

Kant est souvent présenté comme le penseur d'une modernité héroïque où l'on ne craignait pas de croire en la liberté de l'homme. Il lui manquerait une conscience du tragique et de la fragilité des choses humaines.
Pour lui, le devoir d'autonomie vaut inconditionnellement et pour tous. Mais qu'entend-il par là ? Et quelle peut être la valeur de cette instance critique ?

Émission "Les Chemins de la philosophie", animée par Adèle Van Reeth.