Exorganologie : panser la post-vérité dans la post-démocratie. Un séminaire de Bernard Stiegler pour l'école Pharmakon.


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2018

Dans ce séminaire, Bernard Stiegler poursuit sont de l'exorganogenèse de l'urbanité. Il décrit ainsi la transformation des organes exosomatiques s'agrégeant pour former les exorganismes complexes : les villes, les usines et leurs relations, qui se substituent au lien entre villes et Eglises. Les territoires urbains acquièrent ainsi à l'époque industrielle des traits nouveaux - caractéristiques de l'Anthropocène.
Quelle était la fonction de l'Eglise ? Vieille question sur laquelle Bernard Stiegler revient à l'époque où nous croyons devoir projeter une finalité dans l'Anthropocène et contre l'anthropie en quoi il consiste.
Il faut ici rappeler la finalité de ce séminaire : il s'agit de projeter une sortie de l'Anthropocène, c'est à dire une perspective vers le Néguanthropocène, par la reconstitution d'une macro-économie guidée par ce que nous appelons la néguanthropie comme critère définitoire de la valeur.
L'économie de la néguanthropie, ou anthropie négative n'est pas simplement la translation de l'entropie négative telle que Schrödinger tente de la penser dans l'organique. Le passage à l'exorganique nécessite en effet une reconceptualisation qui dépasse les concepts de néguentropie dans le champ technologique, tels qu'ils sont issus de la théorie de l'information.
Ces conditions exorganiques passent par la question du droit telle qu'elle est liée aux conditions de transformation de la mémoire, et à la circulation de ce que l’on appelle depuis moins de deux siècles l' “information”. Elles donnent à considérer nouvellement la place de l'art, le rôle des archives et leur centralité, la réticulation intra-urbaine et extra-urbaine, telle que s'y produisent des relations d'échelles qui, à notre époque, sont au cœur des "plateformes" devenant biosphériques en mettant en œuvre des technologies de scalabilité.

Les origines de la pensée grecque. Avec Jean-Pierre Vernant, François Châtelet et Pierre Vidal-Naquet sur France Culture.


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1963

En quoi consiste le miracle grec ? Quelles sont les innovations ayant marqué ce que nous appelons la pensée grecque et pourquoi se sont-elles produites dans ce monde grec ?
Le mérite du travail de Jean-Pierre Vernant, discuté ici en compagnie de François Châtelet et Pierre Vidal-Naquet, est de réaliser une synthèse personnelle et accessible sur un sujet controversé où s'affrontent de nombreux hellénistes. Il retrace les grandes lignes d'une évolution qui, de la royauté mycénienne à la cité démocratique, a marqué le déclin du mythe et l'avènement de savoirs rationnels.

L'univers, les dieux, les hommes : récits grecs des origines. Avec Jean-Pierre Vernant sur la Télévision Suisse Romande.


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2002

Tout au long de cet entretien, Jean-Vernant nous livre directement de bouche à oreille un peu de cet univers grec auquel il s'est attaché et dont la survie en chacun de nous semble, dans le monde d'aujourd'hui, plus que jamais nécessaire.
Ce dialogue permet à cet héritage de nous parvenir sur le mode de ce que Platon nomme des fables de nourrice, à la façon de ce qui passe d'une génération à la suivante en dehors de tout enseignement officiel.
La voix qui autrefois, pendant des siècles, s'adressait directement aux auditeurs grecs, et qui s'est tue, Jean-Pierre Vernant nous la fait entendre à nouveau aujourd'hui.
Qu'elle puisse encore longtemps résonner...

La Grèce antique et nous. Avec Jean-Pierre Vernant sur France 5.


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01.05.1995

Au travers d'un discours passionné, Jean-Pierre Vernant nous partage les raisons qui, liées à son parcours personnel, l'ont amené à s'interroger sur l'homme grec antique, si différent de nous dans son rapport au monde, au divin et à lui-même.

Jean-Pierre Vernant et Jacques Le Goff à voix nues, sur France Culture.


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01.2004

À l’occasion de leur anniversaire respectif, 80 et 90 ans, France Culture organise une rencontre entre deux des plus grands historiens français : Jacques Le Goff, spécialiste du Moyen-âge, et Jean-Pierre Vernant, historien de la Grèce antique.
Lors de ces entretiens, ils vont revenir sur leur pratique d’historiens, les influences qu’ils ont subies, et le rapport entre l’Histoire qu’ils ont produites et la société contemporaine.
Ils aborderont également la question de la place du religieux au Moyen-âge et dans l’Antiquité.

Emission conduite par Emmanuel Laurantin.

Le Mythe de Pandore. Avec Jean-Pierre Vernant au Lycée de Sevres.


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27.11.2003

Avec ce retour sur le mythe de la première femme, Jean-Pierre Vernant s'adresse simplement à des auditeurs qui voudront bien consacrer une heure à l'explicitation d'une histoire.
Un mythe parmi d'autres ? Oui, car "comme beaucoup de mythes grecs, on s'aperçoit qu'il y a, à travers l'intrigue, sans avoir l'air de rien, une forme de sagesse, une forme de réflexion sur ce que nous sommes, sur la condition humaine." Un mythe parmi d'autres car la question particulière qu'il pose est, comme si souvent dans la mythologie grecque, une question aussi cruciale qu'éternelle : "Cette question -pourquoi deux sexes ?- est fondamentale parce qu'on ne peut comprendre ce qu'est l'homme tant qu'on n'a pas élucidé les questions d'une sexualité double. Ni comprendre ce qu'est le monde, ni désigner par la parole chaque réalité de ce monde."
Et cette histoire raconte posément la première femme, qui fut écrite par Hésiode : Pandora. Elle est la divine séductrice inventée par les Dieux, qui se vengent d'un humain trop malin. Cet homme qui a tenté de les avoir, c’est Prométhée, défini par Vernant comme "le soixante-huitard de l’Olympe, qui (…) va essayer de berner Zeus en faveur des hommes." Pour définitivement punir les hommes de leur manoeuvre de subversion, Zeus va créer cette éternelle tentatrice que les religions ont inlassablement réinventée à l'image de celle que lui avait donnée les Anciens. "Elle rayonne de charis. Le charme, la beauté, la séduction." Mais la belle cache derrière cette apparente perfection une "âme de voleuse".
Cette intervention nous permet alors de repenser notre histoire, nos sexes, nos origines. Et les dieux sur lesquels ces histoires ont été bâties.
L’occasion de nous reposer la question du vrai et du faux, du vu et du raconté, de l’évident et du caché. Ce "hiatus entre l’apparence, l’apparaître et la réalité." L’occasion, comme l’essence de la philosophie le demande, de questionner la question. Et peut-être la plus cruciale, puisqu’il s’agit avant tout de la naissance, de la différence entre l’homme et le divin, de l’ambiguïté d’une figure divine enfermant en elle tous les paradoxes humains. En un mot, "dans cette narration compliquée, amusante je crois, on voit qu’il peut y avoir dans un récit mythique, par-delà le divertissement, un problème affronté sans jamais être explicitement posé : Nous les hommes, qui sommes-nous ? Et pourquoi ne peut-on pas être des hommes s’il n’y a pas aussi des femmes avec nous ?"