Jean Giono, le déserteur du réel. Avec Michèle Gazier, Sylvie Durbet-Giono, Jacques Mény, Christian Morzewski, Pierre Michon, Pierre Magnard et André Reynaud sur France Culture.


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04.09.2008

Tel Ulysse, Giono est un rusé, un menteur colossal, un tragique à peine déguisé. Voyageur immobile ancré à Manosque, passé maître dans l'art de la fiction, il fera du roman son royaume.
En lisant et en écrivant, il s'est nourri du sang de la littérature, de toute la littérature, du polar à Faulkner. Très tôt reconnu par la critique et par le public, Giono a connu les vicissitudes de l'homme qui dit non... aux fascistes, aux communistes, aux petits bourgeois. Eloigné des coteries parisiennes et réfractaire à tout pittoresque régionaliste, Giono afficha un goût constant pour le cinéma, un goût très sûr qui le mènera derrière la caméra, suscitant l'admiration de Renoir, Truffaut et Godard.
Observateur implacable de la condition humaine, Giono s'impose comme le chantre de l'utopie et de la communion qui lie l'homme à la nature. Travailleur acharné épris de liberté, Giono exalte l'héroïsme de l'individu confronté à sa propre solitude.

Émission "Une vie, une oeuvre", animée par François Caunac.

Les intellectuels, la gauche et la collaboration. Avec Dominique Venner, Philippe Conrad, Philippe d'Hugues et Francis Bergeron sur Radio Courtoisie.


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03.01.2012

Pour tous ceux qui avaient des raisons de combattre la Collaboration, celle-ci fut détestable. Et de fait, ses aspects haïssables n’ont pas manqué. Pourtant, du côté français, mais aussi du côté allemand, des hommes d’honneur et de foi se sont engagés dans cette voie qu’ils croyaient juste et que l’histoire a condamnée. Le plus souvent, ils ont payé leurs illusions au prix fort. Non seulement ils y ont fréquemment perdu la vie, leur liberté et leur existence sociale, mais plus encore la possibilité de faire valoir leurs raisons.
Morts ou survivants, il leur fallait endurer une réprobation générale à l’égard d’un engagement réputé ignoble et devenu incompréhensible. L’interprétation imposée par la victoire de leurs adversaires triomphants était à la fois totale et totalitaire. En d’autres termes, l’histoire écrite par les vainqueurs impose un manichéisme absolu entre eux-mêmes qui sont associés au Bien, et les vaincus, devenus incarnation du Mal à tout jamais.
Il en est toujours ainsi après une guerre de religions. Et la Seconde Guerre mondiale fut une guerre de religions. Les vaincus perdirent d’un seul coup la possibilité d’être compris. Ce qui les avait justifiés quand ils portaient encore les armes, soudain s’est évanoui, remplacé par le verdict sans appel d’un procès jugé d’avance, où les inquisiteurs triomphants jouissaient du pouvoir de les transformer en d’indicibles criminels pour l’éternité ou presque.
Nous voici revenus au jugement manichéen que l’histoire inflige aux acteurs des années de l’Occupation. Mais n'oublions pas ce qu’il y a d’incertain dans le jugement historique. Autrement dit, quand un vaincu, devant les fusils qui vont le tuer, s’écrie : "L’Histoire jugera!", il se remonte le moral au prix d’une chimère. L’histoire n’est jamais un tribunal impartial. Elle est toujours écrite par les vainqueurs. Il arrive cependant qu’une défaite ultérieure des anciens vainqueurs, une défaite "historique", c’est-à-dire sans appel, accorde une revanche inattendue aux vaincus.