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Son nom ne vous dit peut-être rien : Paul Virilio. Pourtant, chaque réflexion que vous avez, chaque discussion que vous partagez, chaque jour que vous vivez, a quelque chose à voir avec lui. Le sentiment que tout va trop vite, qu'on court à la catastrophe, que le monde devient trop global, que l'histoire s'étiole ou que monter un escalier est parfois, souvent, la chose la plus absurde du monde.
Parfois, les mots manquent pour décrire ces impressions sur une époque qui nous échappe. Et le nom de Paul Virilio aussi. Disparu en 2018, le philosophe, architecte, photographe, sociologue, urbaniste, d'abord maître-verrier, a pourtant su les dire et les redire, les formuler et les reformuler.
Une série d'émission menée par Géraldine Mosna-Savoye.


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C'est en compagnie de Benoît Peeters, François Cusset, Jérôme Lèbre et Charles Ramond que nous partons sur les traces de Jacques Derrida, ce philosophe socratique qui creuse toujours plus la question, ce dandy de l'écriture qui a le goût de l'incertitude.
D'El Biar, faubourg d'Alger où Jackie est né et où il vécut jusqu'à ses dix-neuf ans jusqu'à l'aventure américaine en passant par l'École normale supérieure, nous suivons la trajectoire d'un philosophe appelé à devenir l'une des figures majeures de la "théorie française" aux Etats-Unis à partir des années 1970, notamment avec son concept de la déconstruction, appelé à devenir un paradigme applicable à tous les objets possibles.
Mais Derrida se distingue aussi par son engagement, loin d'un certain "angélisme" qu'on a voulu lui reprocher : arrêté lors de son voyage en Tchécoslovaquie à cause de son soutien aux intellectuels de l'Est, engagé pour les "sans-papiers" et une hospitalité inconditionnelle, ses positions passent à la fois par la rue et par les textes.
Enfin, c'est notre rapport à l'écriture que Derrida questionne. Car l'écriture est la mal aimée des philosophes -Platon lui attribuant le pouvoir de faire oublier aux hommes ce qu'il savent et Rousseau l'accusant de faire disparaître l'intonation de la voix dans son Essai sur l'origine des langues- : qu'ont-ils tous à accuser l'écriture ? De la Grammatologie (1967) à La Dissémination (1972), en passant par le Monolinguisme de l'autre (1996), Derrida s'attaque à cette préférence de la philosophie pour la voix, à la difficulté de s'approprier sa propre langue maternelle, et d'y laisser une trace.
Retour, donc, sur l'une des très grandes figures de la pensée du XXe siècle qui suscite encore bien des appropriations et des polémiques...