L'exploration du futur : transhumanisme et intelligence artificielle. Avec Olivier Rey et Laurent Alexandre chez Alain Finkielkraut à Répliques sur France Culture.


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23.12.2017

Qu'est ce que l'intelligence artificielle et en quoi se distingue-t-elle de l'intelligence humaine ? Peut-on refuser de vivre avec les derniers outils technologiques à la mode ? Et comment alors comprendre les enjeux de la société numérique en vivant dans le passé ?
Alain Finkielkraut tente de répondre à ces questions avec Laurent Alexandre, essayiste et chirurgien, et Olivier Rey, mathématicien et philosophe.

Retour à la cybernétique : ontologie et politique de l'information. Avec Mathieu Triclot à l'Ecole Normale Supérieure.


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23.10.2017

La cybernétique a produit, dans l'après seconde guerre mondiale aux États-Unis, l'un des discours d'accompagnement de la révolution technologique de l'informatique et des télécommunications. Cette fonction de "discours d'accompagnement" s'entend non seulement comme une opération qui consiste à "faire sens" du changement technique, à travers un discours adressé au grand public, mais aussi comme un travail spéculatif destiné à étayer des paris, paradigmatiques, sur l'avenir du développement technique.
Pourquoi revenir à la cybernétique aujourd’hui ? Cette communication entend tester et discuter trois propositions.
 (1) Dans ce travail paradigmatique et spéculatif, la question de la nature physique de l'information occupe une place considérable chez les cybernéticiens. Ces derniers ont adopté une ontologie physicaliste de l'information, en rupture complète avec l'idée d'une information immatérielle ou de l'ordre du symbole. Ce clivage entre une information-symbole et une information-signal joue un rôle décisif dans la détermination des programmes de recherche que se donne la première cybernétique, autour notamment des réseaux de neurones formels.
  (2) A cette ontologie physicaliste de l'information s'adosse chez Wiener une forme de politique des artefacts cybernétiques. Celle-ci consiste à imaginer, par des récits qui voisinent parfois avec la science-fiction, des techniques projetées en situation dans le social. La cybernétique discute ainsi de questions autour de l'automatisation, du remplacement du travail humain par les intelligences artificielles, qui ne dépareilleraient pas en 2017. Ces dimensions techniques, scientifiques, philosophiques, politiques forment une trame inextricable au sein de la cybernétique américaine.
  (3) Ce retour à la cybernétique nous paraît posséder un intérêt historique, au sens où il fournit des instruments pour comprendre le présent. Il ne s'agit pas d'affirmer que la cybernétique aurait pensé par avance la situation contemporaine, mais d'évaluer ce qui change dans les agencements de science, de technique, de philosophie, de politique, au prix sans doute de la péremption de ce que la cybernétique d'origine avait lutté pour mettre en place.

Les algorithmes et le monde prévisible. Avec Dominique Cardon et Antoinette Rouvroy au festival Manufacture d'Idées à Hurigny.


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26.05.2017

Nous sommes entrés dans une société de calculs. Les techniques algorithmiques qui se déploient avec le monde des big data prétendent capturer au plus près les comportements des individus et prédire ce qu’ils sont, ce qu’ils pensent et ce qu’ils vont faire.
Mais le monde devient-il pour autant plus prévisible ? Quelle liberté est laissée aux choix des individus ? Jusqu’où peut-on personnaliser sans défaire la société ? Comment peut-on comprendre et réguler les décisions des nouveaux calculateurs ?
Antoinette Rouvroy et Dominique Cardon nous aideront à appréhender les enjeux philosophiques, politiques et juridiques de cette "numérisation" du monde.

Le travail, c'est quoi ? Avec Jacques Cheminade pour Solidarité et Progrès.


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11.10.2017

La mobilisation face au démantèlement du code de travail et des principes constitutionnels protégeant les travailleurs est bien timide.
Nous faisons face aujourd’hui à une contre-révolution libérale autoritaire, de démantèlement systématique du programme du Conseil National de la Résistance.
Il est de notre ressort de ne pas enfermer la nécessaire opposition à cette destruction dans la facilité de la seule colère.
Mais pour porter un véritable projet de société permettant de sortir de cette impasse par le haut, commençons, à l’heure de la numérisation, de la mondialisation et de la financiarisation de l’économie, à se mettre tous d’accord : qu’est ce que le travail ? Peut-on encore lui donner une définition universelle ?
Jacques Cheminade apporte ici des pistes de réflexion et de combat pour ne pas se laisser dicter son avenir par une dictature financière et algorithmique.

Les robots : avec ou sans nous ? Avec Paul Jorion à la Médiathèque d'Antony.


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22.04.2017

Après avoir annoncé la crise financière en 2007 avant qu’elle n’éclate en 2008, Paul Jorion nous met aujourd’hui en garde contre l’extinction de l’humanité.
Pourquoi ? Il estime que l’homme est à la fois génial et stupide. Seuls les génies peuvent inventer des machines plus intelligentes qu’eux-mêmes. N’est-ce pas génial d’avoir inventé des machines capables de nous libérer du “travail tripalium”, de toutes ces tâches répétitives et fastidieuses qui nous empêchent de déployer notre créativité ? Mais n’est-ce pas stupide d’inventer une Intelligence Artificielle (IA) qui dépasse l’intelligence humaine jusqu’à être capable de nous dominer ?
Pour Paul Jorion le moment de la singularité est imminent. C’est ainsi qu’on appelle le tournant de la prise de pouvoir de l’IA sur les humains. Selon lui le problème de la prise de conscience des robots n’est qu’une question de quelques années, le temps de mettre au point le bon logiciel qui fait éprouver aux robots affects et émotions.
Le genre humain ne parvient pas à se représenter sa propre extinction collective. Déjà l’individu n’arrive pas à se représenter sa propre mort, dit-il. Toutes les civilisations avant nous n’ont-elles pas construit des récits pour en quelque sorte inventer une autre vie – le paradis, la réincarnation ? De même l’homme actuel n’arrive pas à concevoir qu’il est lui-même responsable de la destruction de la planète et de ses ressources vitales.
En attendant cette catastrophe, Paul Jorion propose des solutions pour le temps qui nous reste avant que les robots ne nous remplacent entièrement.

Cerveau augmenté, homme diminué. Avec Miguel Benasayag à la Maison de l'Amérique latine.


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13.05.2016

Le cerveau humain connaît, étudie, explique et comprend, au point qu'il en est arrivé à prendre comme objet d'étude... lui-même. Et les nouvelles connaissances sur le fonctionnement du cerveau ébranlent profondément nombre de croyances au fondement de la culture occidentale. Car les remarquables avancées des neurosciences rendent en effet désormais envisageable pour certains la perspective d'améliorer le cerveau et de supprimer ses faiblesses et ses "défauts" : le rêve d'un cerveau "parfait" semble à portée de la main. Cette vision conduit à considérer notre cerveau comme un ordinateur qu'il s'agirait d'optimiser en l'améliorant par divers outils pharmacologiques ou informatiques.
À partir d'une vulgarisation très pédagogique de recherches récentes souvent très pointues en neurosciences, Miguel Benasayag montre pourquoi ce nouvel idéalisme du "cerveau augmenté" est en réalité une illusion dangereuse : le monde qu'entendent préparer les transhumanistes et certains scientifiques risque fort d'être surtout habité par la folie et la maladie...
Une thèse critique solidement argumentée, qui a commencé à faire son chemin dans le milieu des chercheurs les plus préoccupés par les apories et les failles de ce nouveau mythe du progrès.

Introduction à la souveraineté numérique. Avec Christophe Brossier au Cercle Aristote.


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27.02.2017

Naissance d'un monde en réseaux, gestion d'une part grandissante du traitement des informations par des algorithmes gérés par des sociétés privées, remplacement du travail vivant par des robots : Christophe Brossier, entrepreneur dans le numérique, nous invite à réfléchir aux mutations induites par la révolution numérique.
Nous dirigeons-nous vers une dissolution de l'Etat-nation et du régime démocratique ? Est-il encore possible d'imaginer une régénération de nos collectifs politiques grâce à ces nouvelles technologies ?

Les perspectives du transhumanisme. Avec Hervé Juvin pour l'Europe des Nations et des Libertés.


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31.01.2017

La condition politique repose sur la séparation des groupes humains qui assure leur diversité. Jusqu'ici cette séparation entre les hommes provenait de la langue, des mœurs, des lois et des cultures, et se traduisait par le phénomène universel de la frontière : on traçait des séparations matérielles entre «nous» et les «autres». Il s'agissait d'une séparation géographique, matérielle, et horizontale.
Depuis une trentaine d'années, on assiste à un phénomène nouveau, une forme de transgression qui se traduit par le "tout est possible" ou "le monde est à nous". Tout cela est en train de faire naitre une nouvelle séparation qui bouleverse radicalement tout ce qui faisait société.
Cet espoir un peu fou, c'est le transhumanisme : il propose de s'affranchir totalement de la condition humaine et veut en finir avec toutes les limites, toutes les déterminations de la nature.
Cette idéologie des "trans" vise à construire un homme hors-sol, délié de toute origine, et déterminé uniquement par sa propre volonté. C'est le retour du mythe de l'homme nouveau appuyé sur un délire scientiste qui voudrait que chacun soit à lui-même son petit Dieu autocréateur, pur produit de son désir, de ses intérêts ou de sa volonté propre.
C'est cela, la "grande séparation" : la fabrique d'un homme sans origines, sans liens et sans foi, mais qui a chaque instant se choisit lui-même et choisit qui il est.
Enquête sur le totalitarisme de demain.