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Le monde moderne, depuis quatre siècles, est dominé par la machinerie. Il naît avec la production capitaliste. Elle va rapidement entrer en symbiose avec le développement capitaliste qui trouve dans la mécanique, son moteur. Calcul, prédictibilité, pouvoir d'abstraction, les catégories de la science moderne sont adéquates à ce nouveau mode de production qui va envahir la planète.
Or, toutes les tendances qui conduisent à l'élimination de la vie au profit du mécanique conduisent à une réification générale de la vie humaine et une perte de notre être-au-monde. Faire de la nature une simple matière première, remplacer les processus vitaux par des procédures mécaniques, tout cela conduit à traiter les humains comme des choses, pour en faire des êtres prédictibles. S'impose donc la nécessité de penser une résistance à ce mouvement.
L'involution du grand mouvement des Lumières vers la formation d'une cage d'acier technoscientifique pose la tâche de retrouver le sens de la nature et de la vie, de repenser l’enracinement au-delà de ce qu'avait esquissé Simone Weil, de refaire de la nature une sphère de résonance.
Émission du "Libre journal d'Hugues Sérapion".


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Quelques semaines après le sommet consacré par le gouvernement à l'Intelligence Artificielle, une émission sur l'IA parait inévitable. L'ampleur du phénomène et la vitesse de son déploiement, prodige de la technoscience qui empiète allégrement sur le propre de l'être humain, est sans précédent dans l'histoire des révolutions technologiques.
Formidable outil, faisant preuve d'une monstrueuse efficacité dans les tâches opérationnelles qui lui sont confiées, promesse d'une facilitation de tous les aspects de la vie quotidienne, l'Intelligence Artificielle suscite pourtant de vives inquiétudes.
Ainsi, que dire aux plus jeunes qui remettraient en cause la nécessité d'une éducation académique formelle ? Quid de toutes les professions créatives menacées, dans des domaines aussi variés que la traduction, l'éducation, le doublage ou la médecine généraliste ? L'Intelligence Artificielle doit-elle être régulée ? interdite ?
Émission "Répliques", animée par Alain Finkielkraut.
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L'économiste et philosophe Frédéric Lordon propose une critique radicale et méthodique des structures du capitalisme financier. Il s'attaque aux dogmes du système financier contemporain avec une ligne claire : "taper fort" et ramener l'analyse économique à une simplicité absolue pour détruire les arguments de la complexité.
Frédéric Lordon décompose les mécanismes du capitalisme en plusieurs étapes successives pour en montrer la toxicité intrinsèque puis, afin de rompre avec cet ordre établi (crédit privé, pouvoir actionnarial et liquidité permanente), formule des mesures d'une clarté redoutable (taux de rendement normatif strict et fermeture de la Bourse). Quitte à provoquer quelques réactions indignées chez les partisans du marché...


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Thibaut Giraud, docteur en philosophie et animateur de la chaîne YouTube Monsieur Phi, revient en détail, en compagnie de Fabien Mikol, agrégé de philosophie reconverti dans la biologie de la conservation, sur neufs mensonges couramment colportés dans les médias à propos de l'intelligence artificielle.
Une occasion unique d'analyser et déconstruire les discours trompeurs autour de l'intelligence artificielle et de mieux comprendre les enjeux philosophiques soulevés par cette rupture technologique majeure.
- 0'00'00 : Introduction
- 0'01'56 : Idée reçue 1 : l'IA ce n'est que des maths
- 0'07'46 : Idée reçue 2 : Les IA ne sont pas intelligentes
- 0'23'18 : Idée reçue 3 : Les IA sont de simples perroquets
- 0'29'19 : Idée reçue 4 : Les IA ne comprennent rien
- 0'40'57 : Idée reçue 5 : Les IA ne seront jamais conscientes
- 0'45'23 : Idée reçue 6 : L'IA superintelligente n'est qu'un fantasme
- 0'54'20 : Idée reçue 7 : L'IA n'est qu'un simple outil
- 0'58'50 : Idée reçue 8 : L'IA ne sera jamais malveillante
- 1'06'27 : Idée reçue 9 : l'IA n'est pas un risque existentiel
- 1'13'35 : Comment expliquer la nullité du débat sur l'IA ?
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Le 13 juin 2026, l'introduction en bourse de SpaceX a peut-être signé l'opération financière la plus spectaculaire de l'histoire du capitalisme : 2'100 milliards de dollars de valorisation pour une entreprise qui perd deux millions de dollars… par heure. Génie visionnaire ou plus grande arnaque jamais montée ? La question n'est qu'un point de départ.
Car ce qu'Elon Musk a mis sur le marché n'est pas une société de fusées, mais la première "pile régalienne" privatisée ; orbite, connectivité, calcul et intelligence artificielle réunis entre les mains d'un seul homme. De Dumézil au long-termisme californien, du dilemme du contrôle (pire que l'arme nucléaire) à la souveraineté européenne : qui maîtrise l'IA tient une civilisation...
Un entretien mené par Marc Weitzmann.


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En 1966, à la question "Qu'est-ce qui prend la place de la philosophie aujourd'hui ?", Heidegger répondit : "La cybernétique." Ivan Bouchardeau aborde ici frontalement la question à laquelle Heidegger répond à la volée. Il se confronte au difficile problème de la définition de la "cybernétique", cette science du contrôle et de la communication, cette "utopie de l'information", ou encore, étymologiquement, cette science du gouvernement (kubernétès, en grec : gouvernail).
Il ne prend pas la cybernétique à la lettre, mais au sérieux, à la fois comme discours mythique dans les modalités de la science moderne opposant le chaos de l'entropie à l'ordre de l'information, et comme aboutissement de traditions pluriséculaires : pour les uns (Heidegger), la cybernétique venait se substituer à la philosophie en réalisant le Logos grec ; pour d'autres (Musso), elle était l'ultime incarnation de l'esprit depuis que l'idéologie chrétienne d'un dieu fait chair se serait répandu en occident. Pour d'autres encore, la cybernétique était le développement logique, nécessaire, et annoncé par Marx de la division sociale du travail en division cognitive du travail, et de la réification du capital en tant que technologie de la productivité mentale.
On y (re)découvre que la cybernétique ne fut pas qu'une tentative de science ou de mythification et de relance de la modernité après deux guerres mondiales, mais aussi un paradigme de gouvernement, une manière de faire tenir ensemble spontanéité contrôlée et planification douce, voire insensible. Ce paradigme fut mis en oeuvre tant par des socialistes, comme Allende au Chili avec le projet Cybersyn, que par les néo-libéraux qui y virent une méthode pour réaliser la main invisible du marché.
Un travail très riche, dont l'un des aspects les plus original est peut-être la mise en évidence du renversement de Heidegger par des apôtres de l'IA qui envisagèrent, il n'y a pas si longtemps, des "IA heideggérienne" dotées de leur être-au-monde.
- 0'00'00 : Introduction
- 0'01'18 : Ramener l'Esprit à la matière
- 0'06'51 : Qu'est-ce que la cybernétique ?
- 0'13'20 : L'origine balistique de la cybernétique
- 0'18'12 : Position prévue et position effective
- 0'21'14 : Boucle de rétroaction et information
- 0'25'44 : Un mythe cosmologique
- 0'28'24 : L'irréversibilité des processus
- 0'30'37 : L'extension du modèle à un mythe plus large
- 0'37'12 : La cybernétique : aboutissement et clé de voûte de l'occident ?
- 0'38'52 : Heidegger et l'oubli de l'être par le calcul
- 0'42'32 : Pierre Musso, la religion industrielle et l'incarnation.
- 0'47'55 : James R. Beniger, la révolution du contrôle
- 0'53'36 : Les implications politiques de la cybernétique en contexte socialiste
- 1'01'08 : Les implications politiques de la cybernétique dans la théorie néolibérale
- 1'03'54 : La critique Heideggerienne de l'IA d'Hubert Dreyfus
- 1'11'37 : Les IA Heideggeriennes
Un entretien mené par Blaise Marchandeau.


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Frédéric Lordon tire la sonnette d'alarme : quelque chose de gros se prépare du côté de la finance. Le private credit, l'intelligence artificielle et l'endettement des particuliers sont autant de foyers prêts à s'embraser, et la guerre au Moyen-Orient vient jeter de l'huile sur le feu. Jamais dans l'histoire du capitalisme une telle conjonction de forces ne s'était produite. Mais de ce choc pourrait aussi surgir une occasion historique : celle de refaire enfin de la politique anticapitaliste...
- 0'00'00 : Zapping
- 0'01'43 : Qu'est-ce que le crédit privé et quel est son rôle ?
- 0'17'17 : Le risque d'un "bank run" du crédit privé
- 0'37'40 : Les fonds de crédit privé peuvent impacter tout le système
- 0'41'08 : Les graves problèmes des autres formes de crédit
- 0'44'29 : La bulle de l'IA
- 0'55'28 : L'impact de la guerre en Iran
- 1'13'56 : L'intrication entre crise économique et financière
- 1'28'26 : L'État pourra-t-il sauver le système encore une fois ?
- 1'41'38 : Pourquoi la menace économique ne nous indigne pas plus ?
- 1'45'12 : Une occasion de se débarrasser des "collabos"
- 1'47'17 : Une société post-travail à l'ère de l'IA ?
- 1'58'42 : Question finale
Un entretien mené par Olivier Berruyer.


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Entrepreneur français du numérique, analyste des enjeux politiques, sécuritaires et informationnels de son propre domaine professionel, Fabrice Epelboin alerte sur la tournure autoritaire, pour ne pas dire totalitaire qui impacte le monde numérique : nous sommes à l'aube d'un tournant radical et rapide qui risque de bouleverser notre société.
Notre dépendance grandissante aux outils numériques est utilisée contre nous, pour nous manipuler, si bien qu'internet n'est plus tout à fait un espace de liberté, de connaissance et d'émancipation. La censure se généralise sous de nouvelles formes et la vie privée n'existe plus : elle a été vendue ou pillée avec la complicité de nos dirigeants.
Du DSA aux conséquences de l'affaire Epstein en passant par l'IA, Fabrice Epelboin dresse un état des lieux de la situation, sans langue de bois.
Un entretien mené par Olivier Berruyer.