L'empire numérique. Avec Jean Lassègue et Giuseppe Longo pour l'association Épokhè.


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20.10.2025

Pourquoi parler d'empire numérique ? Parce que les usages du numérique font désormais à ce point partie de notre environnement que nous n'avons plus le choix de les refuser, pour le meilleur mais aussi pour le pire. Pourtant, nous savons encore peu de choses de la façon dont l'environnement numérique s'est progressivement imposé à nous parce que nous manquons du recul nécessaire.
Le travail de Jean Lassègue et Giuseppe Longo a, de ce point de vue, une double ambition : clarifier le concept de numérique et lui redonner sa profondeur historique en utilisant trois notions, celle d'écriture, de calcul et de machine.
Contrairement à ce que l'on suppose habituellement, les données numériques n'existent pas dans la nature mais elles sont le fruit d’une synthèse culturelle hardie qui s'inscrit dans une tendance millénaire. Aussi serons-nous peut-être surpris d'apprendre que le numérique entretient avec l'écriture alphabétique des liens profonds ou que le traitement numérique déstabilise des notions aussi capitales pour notre démocratie que celle de loi ou de souveraineté.
Mais nous apprenons aussi que mettre au jour les limites du concept de numérique permet de lui rendre pleinement justice et de devenir acteur des changements culturels qu'il induit.

L'influence du cosmisme sur le transhumanisme. Avec Rudolph Bierent pour le podcast The Flares.


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05.2021

Né en Russie au tout début du XXe siècle, le mouvement cosmiste rêvait de ressusciter les ancêtres par la science, croyait en une fraternité universelle et en la possibilité pour l'espèce humaine de coloniser l'espace.
Quels liens peuvent être établis avec le mouvement transhumaniste ? Des ponts ont-ils existés entre ces deux galaxies intellectuelles ?
Rudolph BIerent discute des implications philosophiques et scientifiques de ces idées, en comparant les approches cosmistes et transhumanistes. Il évoque aussi les défis de la démocratie face à l'intelligence artificielle, la place de l'homme dans l'univers et les enjeux de la conquête spatiale. 

Un entretien mené par Gaëtan Selle et Didier Coeurnelle.

Lumières sombres, néoréaction et archéofuturisme : Stefou Xenomancie répond aux question d'El Loco.


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17.10.2025

C'est en compagnie de Stefou Xenomancie qu'est étudié en profondeur le courant intellectuel souterrain mais influent des lumières sombres, un mouvement qui remet radicalement en question les fondements de la modernité politique. Inspiré par le penseur Nick Land, théoricien d'une technocratie élitiste, le débat s'articule autour d'une critique acerbe de la démocratie, de l'égalitarisme et du progressisme. Ce courant prône un retour à des structures sociales hiérarchisées, tout en intégrant les avancées technologiques pour façonner un futur où l'efficacité prime sur les idéaux humanistes. Entre rejet des utopies égalitaires et fascination pour un capitalisme débridé, ces idées interrogent : une société gouvernée par une élite technoscientifique est-elle viable, voire souhaitable ?
L'échange aborde également des thèmes connexes comme la providence technocapitaliste, où le marché et l'intelligence artificielle sont perçus comme des forces quasi divines de sélection sociale, ou encore la guerre hybride, où les conflits futurs se joueront autant sur les champs de bataille que dans les réseaux numériques. Des références à la gnose, à la double prédestination calviniste ou aux mythes faustiens viennent éclairer cette vision d'un monde où le pouvoir se concentre entre les mains de quelques-uns, tandis que la masse, dépossédée de son autonomie, n'est plus qu'un rouage d'un système dépassant l'entendement humain. Entre dystopie et prophétie, cette discussion invite à décrypter les dérives possibles d'un futur où technologie, pouvoir et spiritualité s'entremêlent de manière troublante.

Conscience des LLM et capacités de mentir/manipuler. Avec Thibaut Giraud pour le podcast The Flares.


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02.2025

C'est en compagnie de Thibaut Giraud, créateur de la chaîne YouTube de vulgarisation philosophique Monsieur Phi, qu'est abordé le sujet de la conscience artificielle ainsi que plusieurs études récentes révélant certaines capacités étranges des LLM, comme la manipulation, le mensonge et la supercherie.

 - 0'00'00 : Intérêt pour l'IA et le liens entre l’IA et la philosophie ?
 - 0'04'51 : La conscience artificielle dans la culture populaire
 - 0'11'40 : Comment définir la conscience ?
 - 0'24'27 : Est ce que la conscience artificielle est inévitable à mesure que l'on conçoit des IA plus puissantes ?
 - 0'28'15 : Certains systèmes actuels pourraient déjà être conscients ?
 - 0'38'11 : L'arrivée des robots
 - 0'47'45 : Devons nous créer des IA conscientes ?
 - 0'51'19 : Un attracteur de moralité et les capacités de tromperie des IA
 - 1'04'27 : L'avenir de l'IA et l'alignement
 - 1'20'02 : L'IA pour nous aider à trouver la théorie de la conscience
 - 1'25'41 : Une question à la première Super IA

Un entretien mené par Gaëtan Selle.

Quelques observations ayant pour objet des dispositifs. Avec Gilles Gagné à l'Université du Québec à Montréal.


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01.11.2024

Gilles Gagné propose de mener une exploration à tâtons pour tenter d'identifier où se trouve l'intelligence dans l'intelligence artificielle, quel est le lien de ces artifices à la connaissance, de quelle manière est représentée la réalité dans cette connaissance et quelle est la nature de la réalité qui s'y trouve représentée.
L'intelligence artificielle est la saveur du mois depuis plusieurs années, avec un sursaut récent de popularité allant du prix Turing de 2018 au prix Nobel 2024, mais il est encore difficile de se faire une idée réaliste de cette technoscience qui prospère derrière un mur de fantasmes que sa complexité autorise et entretient. Cependant, avec des investissements annuels se comptant en dizaines de millards, il n'y a pas de doute que l'IA représente un secteur de pointe de ce que l'on appelait jadis "l'économie du savoir", elle-même présumément instrumentée par une "révolution" (digitale, numérique, informationnelle communicationnelle, cybernétique, etc.).
Ceci étant, il est clair aussi que la sociologie de l'IA n'a justement pas à se soucier de ses engrenages intimes pour en faire l'étude critique et pour juger, par exemple, de son inscription dans la gouvernance par les nombres ou dans le procès de renversement instrumental en faveur des machines.
L'heuristique que Gille Gagné propose se situe cependant à la marge de cette sociologie nécessaire et elle n'a pas l’ambition d'y contribuer directement. À partir de quelques exemples, il examine des dispositifs et des méthodes numériques dont les concepteurs soutiennent qu'ils relèvent de la représentation, du concept, de l'intelligence, de l'apprentissage, de la connaissance ou de la conscience, autant de capacités dont les développements cumulatifs poussent certains de ses artisans à refuser le pacte faustien qui se cache dans l'IA.
On peut se demander si là se trouve vraiment le risque d'une domination de l'homme par la machine...

IA, censure et démocratie. Avec Fabrice Epelboin sur TheSwissBox Conversation.


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03.2025

Enseignant à Sciences Po Paris dispensant des cours sur la géopolitique et les usages d'Internet, Fabrice Epelboin est également un entrepreneur spécialisé dans les réseaux sociaux et connu pour son engagement en faveur des libertés numériques et son opposition à la censure en ligne. 

 - 0'00'00 : Introduction
 - 0'01'38 : La polarisation du débat public
 - 0'06'08 : Désinformation et "fake news"
 - 0'08'03 : Les nouvelles formes de distribution de l’information
 - 0'10'08 : Exemples de changements sociétaux
 - 0'16'08 : La censure et ses conséquences
 - 0'25'38 : La logique sécuritaire du journalisme
 - 0'30'38 : La violation du premier amendement américain
 - 0'34'38 : Le déraillement de la démocratie américaine
 - 0'37'58 : La géopolitique et les façades diplomatiques
 - 0'39'58 : Hackers et activistes, le cas Julian Assange
 - 0'43'28 : X, Twitter, quelles différences ?
 - 0'46'38 : L'intelligence collective et le contrôle du public sur l’information
 - 0'53'38 : L'intelligence artificielle, AI, IA, quel futur ?
 - 1'02'38 : La transformation des médias
 - 1'07'18 : L'IA et l’énergie
 - 1'11'38 : L'IA, l'industrie militaire et la guerre
 - 1'27'18 : Matrix et la dystopie de la surveillance
 - 1'31'38 : L'astroturfing
 - 1'41'38 : Les nouvelles technologies disruptives
 - 1'50'38 : Trump, Musk et le libertarianisme transhumaniste
 - 1'59'38 : Les fondamentaux démocratiques en déclin
 - 2'04'58 : Les changements systémiques de l'élection de Donald Trump 
- 2'11'58 : L'impact de la technologie sur le travail
 - 2'17'38 : Une génération obsolète qui nous mène à la guerre
 - 2'31'38 : La montée de la violence régalienne contre les libertés
 - 2'49'38 : L'économie de la drogue
 - 2'55'38 : Comment construire sa compréhension du monde

Technologies numériques et isolement collectif. Avec Eric Sadin à l'Institut Catholique de Paris.


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27.03.2023

Protestations, manifestations, émeutes, grèves, défiance... Depuis des années, la colère monte, les peuples ne cessent de rejeter l'autorité. Les raisons en sont connues : aggravations des inégalités, dégradations des conditions de travail, recul des services publics... Mais la violence avec laquelle elle se manifeste est inédite car exprimée par un sujet nouveau : l'individu tyran. Un être ultra-connecté, replié sur sa subjectivité et ses intérêts, capable en un clic de mettre le monde à ses pieds et dès lors persuadé d'en être l'unique centre. Et si les crises économiques renforcent l'impression d'être dépossédé, la technologie augmente celle d'être tout-puissant.
Une combinaison explosive, qui signe l'effondrement de notre monde commun.

Une conférence qui s'inscrit dans le cadre du Séminaire "Éducation et soin à l'ère du numérique", animée par Cynthia Fleury et Camille Riquier.

L'école à l'ère de l'intelligence artificielle. Avec Eric Martin au Cégep Saint-Jean-sur-Richelieu.


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14.12.2023

Hausse de la tricherie et du plagiat (notamment à cause de ChatGPT), perte du sens de la socialité, déficit d'attention et d'empathie, retards d'apprentissage : les preuves s'accumulent quant aux effets nocifs des technologies du numérique en classe, surtout sur les plans cognitif et social. Plusieurs études démontrent que les écrans à l'école et l'école dans un écran engendrent des effets négatifs majeurs sur les élèves et de nombreux enseignants. Désabusés par des mois d'apprentissage virtuel pendant la pandémie, bon nombre d'entre eux ne souhaitent d'ailleurs pas continuer l'expérience. Pourtant, nos institutions scolaires sautent à pieds joints dans le grand train numérique. Pourquoi ?
Bien que le bilan préliminaire de l'expérience numérique soit loin d'être reluisant, l'informatisation de l'école a la cote dans les hautes sphères décisionnelles du système scolaire. Poussée depuis déjà quelques décennies par des décideurs et influenceurs obnubilés par le développement économique et technologique, l'obsession pour l'innovation technologique et l'informatisation de nos vies colonise maintenant les classes, un des lieux principaux qui assurent la production et la reproduction de la société. On nous assure que l'informatisation, l'école en ligne et la " techno-pédagogie " sont les solutions à tous nos problèmes. Sans fournir d'autre preuve que celle d'une foi aveugle, on nous dit qu'elles feraient de meilleurs professeurs, seraient bénéfiques pour la planète et assureraient une plus grande réussite scolaire.
Dans sa critique sans concession de l'informatisation de l'école, le professeur de philosophie Eric Martin nous alerte sur ce qui se profile à l'horizon : la destruction de la culture commune et une dissolution des institutions d'enseignement comme lieux de transmission, de relations humaines et de formation. Loin de relever d'une technophobie primaire, leur démonstration expose les risques bien réels et préoccupants de ce virage, dont la perte d'un certain sens de la socialité et de l'humanité, perte qui se fait déjà sentir. Il démontre encore comment l'offensive numérique en cours s'inscrit dans une vision technocratique et économiciste du monde qui réduit l'école à une machine à former du "capital humain". Ce qui soulève une question simple, mais fondamentale : à quoi sert l'école ?