Philippe Séguin, le remords de la droite. Avec Arnaud Teyssier à l'Institut d'Etudes Avancées de Nantes.


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05.06.2018

Philippe Séguin (1943-2010) a été une personnalité politique considérable dans l’histoire de la Ve République, plus par sa stature personnelle, son style et l’expression vigoureuse de ses idées que par l’abondance des responsabilités nationales exercées (deux années comme ministre des Affaires sociales en 1986-1988, quatre années comme président de l’Assemblée nationale de 1993 à 1997). Les années 1990 furent sa période de plus grande notoriété, en raison de son engagement emblématique contre le traité de Maastricht (1992) et de la figure de "recours" qu’il incarna face à des orientations plus "libérales" de la droite de filiation gaullienne, dans un contexte de grande incertitude institutionnelle (cohabitations successives, passage du septennat au quinquennat, européanisation croissante des outils et des enjeux de la politique intérieure).
Il est d’usage de présenter Philippe Séguin comme une personnalité forte et respectée – on se souvient de l’ampleur de l’hommage national qui lui fut rendu, à sa mort, aux Invalides -, mais aussi atypique, turbulente, enfermée dans une vision excessivement "nationale" des questions économiques et sociales, jugée trop en marge de la politique traditionnelle et des enjeux de la mondialisation.
Au contraire, Arnaud Teyssier se propose de montrer que Philippe Séguin représentait une vision parfaitement orthodoxe et cohérente des institutions de la Ve République, que le gaullisme social, dont il était porteur, n’a jamais été qu’une composante essentielle d’une puissante tradition politique française – le gaullisme n’étant pas seulement un mouvement historique lié à la personnalité exceptionnelle du général de Gaulle, mais une étape fondamentale dans la construction laborieuse de la démocratie française : construction qui est loin d’avoir atteint sa maturité, et dont on pourrait même soupçonner qu’elle est entrée en régression avant même d’avoir été achevée, comme l’avait prophétisé Philippe Séguin...

Actualité de la collapsologie. Avec Paul Jorion à l'Institut d'Etudes Avancées de Nantes.


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08.03.2016

Après plusieurs siècles de complexification et d’apparente consolidation, les sociétés humaines sont entrées dans une phase d’effondrement rapide.
Le genre humain, espèce colonisatrice, opportuniste et sociale, dispose-t-il des ressources lui permettant de renverser la tendance et d’éviter ainsi l’extinction ?

Les grands textes de la religion industrielle et du management. Avec Pierre Musso à l'Institut d'Etudes Avancées de Nantes.


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25.04.2017

L’industrie est une vision du monde. Avant d’être machinisme, elle est une grande machinerie intellectuelle. Nous vivons et nous croyons dans les "Révolutions industrielles" qui se multiplient depuis deux siècles.
Le travail de Pierre Musso porte un regard anthropologique et philosophique de l'Occident sur lui-même. Cet Occidental selfie met au jour sa puissante religion industrielle, jamais vue comme telle.
L’industrie absorbe tout. Elle fait tenir l’architecture culturelle de l’Occident. Car l’Occident a bien une religion. Il ne s’est produit aucune "sécularisation". La religion ne peut disparaître : elle se métamorphose. Avec la "Révolution industrielle", un "nouveau christianisme" technoscientifique a été formulé.
Pierre Musso donne à voir la naissance, dans la matrice chrétienne, d'une religion rationnelle qui est désormais notre croyance universelle. L'esprit industriel s'est emparé du plus grand mystère de l'Occident chrétien, celui de l'Incarnation, et l'a inscrit dans divers grands Corps pour transformer le monde : ceux du Christ, de la Nature, de l'Humanité et de l'Ordinateur.
Pierre Musso explore la généalogie de la religion industrielle et met en évidence trois bifurcations majeures institutionnalisées dans le monastère (XIe-XIIIe siècles), la manufacture (XVIIe-XVIIIe) puis l'usine (XIXe), avant de constituer l’entreprise (XXe-XXIe). Son élaboration s'est accomplie sur huit siècles pour atteindre son apogée avec la "Révolution managériale", la cybernétique et la numérisation.
La religion industrielle a produit un corpus philosophique, quelques bibles encyclopédiques, un puissant imaginaire et un grand théâtre usinier. Elle s'est construite à l'ombre de l'État et contre la religion politique, longtemps de façon souterraine. Désormais, l'Entreprise porte et exporte la religion industrielle alors que l'État voit sa symbolique politique se dilapider.

Bureaucratisation néolibérale et réformes permanentes : de quelle crise parle-t-on ? Avec Béatrice Hibou à l'Institut d'Etudes Avancées de Nantes.


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08.12.2014

Qu’est-ce que la problématique de la bureaucratisation peut apporter à la compréhension de la "crise" que nous serions en train de vivre ? A partir d’une analyse wébérienne de l’une des facettes du néolibéralisme (l’inflation de "formalités" issues du marché et de l’entreprise managériale, ce que Béatrice Hibou nomme la "bureaucratisation néolibérale"), sa conférence propose une lecture alternative à celle de "crise".
Il s’agit moins pour elle d’expliquer des points de rupture, des déséquilibres fondamentaux, l’épuisement de modèles, l’exacerbation de problèmes ou tensions, bref d’identifier les caractéristiques d’une hypothétique crise, que de tenter de nommer des faits et des relations causales, de mettre en évidence des logiques d’actions, des "conduites de vie", des "styles" et des processus de "quotidianisation" qui permettent de comprendre ce qui est souvent perçu comme un ou des symptômes de crise.
En mettant en exergue la participation diffuse et fragmentée de tous aux formes renouvelées de rationalisation pragmatique liées au capitalisme contemporain dans le quotidien de chacun, dans le monde professionnel comme dans la vie en société, l’exposé suggère que la "crise" est le nom donné aux tensions entre différentes rationalités ou logiques d’action, à l’évolution incertaine de rapports de force, aux prétextes pour des réformes ou des changements de regard en faveur de la diffusion de ce type de bureaucratisation mais aussi bien à l’expression d’un rejet de ces mêmes réformes.
En somme, la construction de la "crise" est un processus politique inégalitaire qui se réalise le plus souvent au profit de ceux qui énoncent de tels discours même s’il n’est rendu possible que par la participation massive de ceux qui en sont la cible.

Saint-Simon, aux sources de la sociologie et du socialisme. Avec Pierre Musso à l'Institut d'Etudes Avancées de Nantes.


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26.04.2016

Le nom d’Henri Saint-Simon (1760-1825) est plus célèbre que son œuvre qui a subi de multiples lectures déformantes, à commencer par l’école saint-simonienne. Ayant exercé une grande influence au XIXe siècle, son œuvre est à la source des grandes idéologies contemporaines.
Quatre grands courants de pensée sont issus directement de la pensée de Saint-Simon :
 - le positivisme d’Auguste Comte, son disciple et collaborateur ;
 - des socialismes dont celui de Pierre Leroux, la pensée anarchiste de Proudhon, et surtout le marxisme ;
 - un courant de la sociologie inaugurée par Emile Durkheim et Marcel Mauss ;
 - l’école saint-simonienne, elle-même multiforme.
Saint-Simon fait émerger la problématique sociologique, notamment le concept de société et de changement social. Il conçoit même un nouveau système social, puis cherche une méthode pour le réaliser. Une préoccupation permanente traverse sa réflexion : "faire une combinaison ayant pour objet d’opérer la transition de l’ancien au nouveau régime social". Après la Révolution française qu’il considère comme inachevée, Saint-Simon veut changer l’ordre des choses au bénéfice de la "classe la plus pauvre", ouvrant la voie au socialisme.

Politique de la Cité. Avec Dany-Robert Dufour à l'Institut d'Etudes Avancées de Nantes.


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23.02.2016

Chacun connaît la grande prohibition fondatrice du lien social : celle de l'inceste – explorée par la grande anthropologie. On connaît moins la seconde prohibition nécessaire à la vie en société : celle de la pléonexie.
Mais d'abord, que veut dire "pléonexie" ? C'est un terme grec, fort utilisé dès la naissance de la philosophie, formé de pleon (plus) et echein (avoir), signifiant donc, littéralement, "avoir plus", vouloir toujours plus.
La question reste, on en conviendra aisément, très actuelle.

Les droits sociaux sur le marché. Avec Alain Supiot et Jean-Claude Guillebaud à l'Institut d'Etudes Avancées de Nantes.


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19.02.2013

L'évolution de notre économie-monde tend toujours plus à mettre les systèmes sociaux en concurrence comme de vulgaires marchandises.
Alain Supiot et Jean-Claude Guillebaud s'interrogent sur les origines et la dynamique d'un tel changement, en proposant quelques idées de réformes institutionnelles qui nous permettraient à nouveau de garantir une certaine justice sociale.

La crise de la raison économique et la perte de foi en l'avenir. Avec Jean-Pierre Dupuy à l'Institut d'Etudes Avancées de Nantes.


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08.04.2014

L’économie a sinon inventé un nouveau rapport à l’avenir, elle lui a donné une ampleur inédite. Sous certaines conditions qui font intervenir le politique, mieux, qui font véritablement de l’économie une économie politique, l’économie "ouvre" l’avenir, au sens que les hommes s’engagent sur son chemin avec confiance et détermination. Or c’est ce rapport qui est en crise aujourd’hui. De là que l’économie est hantée par le spectre de sa fin possible.
Il faut d’abord comprendre le type de rationalité que l’économie incarne et pourquoi, aujourd’hui déréglé, il confine à la folie. Le capitalisme fonctionne en se projetant vers un avenir qu’il doit imaginer sans borne - d’où la sacralisation de la croissance - et en se laissant tracter par lui. C’est ce qu’on appelle un "bootstrap", en référence aux exploits du baron de Münchhausen qui savait, dit-on, s’extirper d’un marais en tirant sur les lanières de ses bottes, ou bien, une autotranscendance. Or la question que posent les critiques du capitalisme commence à faire son chemin dans l’esprit des principaux acteurs de l’économie : quel sens cela a-t-il de vouloir toujours croître ?
Et d’abord, est-ce seulement matériellement possible ? Un capitalisme qui commence à imaginer qu’il pourrait mourir est, en un sens, déjà mort. La croissance, que l’on a d’abord désirée parce qu’elle devait apporter le bonheur, puis garantir l’emploi, est devenue indispensable pour éponger nos dettes par rapport aux générations futures. La crise actuelle est avant tout une crise du rapport à l’avenir.