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Si les sociétés occidentales n'ont cessé d'évoluer au fil de leur histoire millénaire, la vitesse et l'ampleur des transformations qu'elles ont vécues au sortir de la seconde guerre mondiale sont sans précédent. Déferlements techniques, basculements sociaux, bouleversements idéologiques, métamorphoses des mœurs : comment penser ces mutations anthropologiques dont le "wokisme" et son ambition de rééducation populaire semble être l'ultime radicalisation ? Cette véritable révolution culturelle menée tambour battant et ses multiples implications n'ont toujours pas été pensées à leur juste mesure, civilisationnelle.
C'est ce à quoi se consacre depuis trente ans Jean-Pierre Le Goff, héritier de Claude Lefort et de Cornelius Castoriadis, sociologue et philosophe dont les multiples mais discrètes publications sur le monde du travail, la vie de village, l'héritage des années 60 ou la disparition de la Gauche, tentent de dresser le double portrait de cette France qui disparaît et de cette France qui advient.


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Le progrès technico-scientifique en Occident est incomparable à celui de toutes les autres grandes civilisations. Pourquoi ce processus historique s'est-il déroulé uniquement à l'ouest de cette péninsule eurasiatique et guère avant le XVIe ? Les explications génétiques, religieuses, culturelles, environnementales ou décoloniales sont toutes insuffisantes ou idéologiques.
David Cosandey, dans une œuvre monumentale et peu connue, avance une thèse originale et qui met en lumière les phases historiques de polycentrisme géopolitique, génératrices de créativité, opposées à celles des grands empires unificateurs qui paralysent les sociétés.
L'approche est particulièrement stimulante, autant par ce qu'elle permet de penser que par les multiples questions qu'elle soulève quant à la dynamique de l'histoire humaine, la nature du progrès qui s'en dégage, les futurs souhaitables et l'avenir incertain qui nous attend.


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Pour le sens commun, le progrès technique est indiscutable : ses bienfaits s'étendent à tous les domaines et ne font pas question. Pourtant, depuis au moins deux siècles, l'accélération, la sophistication et la généralisation des techniques se sont accompagnées de fortes critiques décrivant une dépossession croissante de l'existence par une innovation technologique que plus personne ne contrôle. Elle prétend régler les problèmes qu'elle a elle-même provoqués, nous entraînant dans un emballement qui semble sans limite et dont la face obscure et grandissante est déniée, accusant toute interrogation d'arriération et d'obscurantisme.
C'est en philosophe de la technique que Daniel Cérézuelle, dans la lignée des penseurs technocritiques comme Jaques Ellul ou Bernard Charbonneau, produit des travaux cherchant à cerner cette idéologie omniprésente qui voudrait faire croire que l'histoire des sociétés obéit à un "développement" sur lequel les humains n'auraient aucune prise.


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Les grands médias contemporains (presse écrite, radiophonique ou télévisuelle) véhiculent tout un ensemble de postures, de discours qui forment ce qu'il faut bien appeller une idéologie dominante, c'est-à-dire minoritaire dans la société car propre à une classe ou une caste. À l'intersection de la "gauche" et de la "droite", ce prêt-à-penser est une camisole bien-pensante qui vise précisément à empêcher de penser, par l'intoxication, l'intimidation, le chantage politique au "fascisme". Quels sont les ressorts qui poussent la presque totalité des journalistes influents à colporter de tels discours ? Comment mener des réflexions libres dans cette époque de confusion délibérément entretenue ?
André perrin, enseignant de philosophie, dans une multitude d'exemples relevés au fil des années dans ses derniers livres, en appelle à la lucidité et au courage pour que vive une pensée juste s'émancipant tout autant du conformisme politquement correct qu'aux provocations outrancières.