La gouvernance de Wikipédia. Avec Dominique Cardon au CNRS.


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05.06.2013

L'anthropologue Dominique Cardon propose une interprétation du modèle de coordination et du système de gouvernance de Wikipédia en s’attachant aux formes de vigilance que les wikipédiens déploient pour surveiller et contrôler les autres contributeurs.
Le système procédural d’auto-régulation de Wikipédia parvient à régler les conflits par la discussion, la médiation et la sanction en organisant une tension entre le contrôle local des énoncés et la sanction centrale de ceux qui contreviennent de façon répétée aux principes de l’encyclopédie. C'est une architecture complexe d’arènes et de règles qui permet de résoudre les conflits d’édition sans contrevenir au principe d’une ouverture inconditionnelle du droit d’écriture et de surveillance à tous.

Du gouvernement par les lois à la gouvernance par les nombres. Avec Alain Supiot au Collège de France.


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2013

Le sentiment de "malaise dans la civilisation" n’est pas nouveau, mais il a retrouvé aujourd’hui en Europe une intensité sans précédent depuis la Seconde Guerre mondiale.
La saturation de l’espace public par des discours économiques et identitaires est le symptôme d’une crise dont les causes profondes sont institutionnelles. La Loi, la démocratie, l’État, et tous les cadres juridiques auxquels nous continuons de nous référer, sont bousculés par la résurgence du vieux rêve occidental d’une harmonie fondée sur le calcul.
Réactivé d’abord par le taylorisme et la planification soviétique, ce projet scientiste prend aujourd’hui la forme d’une gouvernance par les nombres, qui se déploie sous l’égide de la "globalisation". La raison du pouvoir n’est plus recherchée dans une instance souveraine transcendant la société, mais dans des normes inhérentes à son bon fonctionnement.
Prospère sur ces bases un nouvel idéal normatif, qui vise la réalisation efficace d’objectifs mesurables plutôt que l’obéissance à des lois justes. Porté par la révolution numérique, ce nouvel imaginaire institutionnel est celui d’une société où la loi cède la place au programme et la réglementation à la régulation.
Mais dès lors que leur sécurité n’est pas garantie par une loi s’appliquant également à tous, les hommes n’ont plus d’autre issue que de faire allégeance à plus fort qu’eux. Radicalisant l’aspiration à un pouvoir impersonnel, qui caractérisait déjà l’affirmation du règne de la loi, la gouvernance par les nombres donne ainsi paradoxalement le jour à un monde dominé par les liens d’allégeance.

Grandeur et misère de l’État social. Avec Alain Supiot au Collège de France.


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29.11.2012

L'histoire juridique de l'édification de l'Etat social donne une idée de sa grandeur. Mais ce souverain débonnaire, tolérant la contestation et répondant du bien-être de ses sujets, semble aujourd'hui frappé de misère. Exposé par l'ouverture de ses frontières commerciales à des risques financiers systémiques, il voit ses ressources s'effriter et ses charges augmenter.
D'inquiétants docteurs se pressent à son chevet. Certains lui prescrivent saignée sur saignée, tandis que d'autres dressent déjà son acte de décès.
Plutôt que de cette médecine létale, c'est d'un diagnostic précis de l'Etat social dont nous avons besoin.

Où va le travail ? Avec Alain Supiot et Yves Clot chez les Amis du Monde diplomatique à Paris.


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29.03.2016

Le projet de loi El Khomri est dans la ligne d'un long processus de détricotage du code du travail : réduction du coût, du statut, des charges. Les crises provoquées par le capital passent aux oubliettes. Le travail va à la dérive, porté par la pensée unique que tout capital est ressource et le travail un coût.
Dès lors, c'est le chômage qui devient trop lourd à gérer : il faut réduire son coût, développer l'interim, les étrangers "détachés", les sans-papiers, les contrats "zér0 heure".
Regardons au-delà de nos frontières : nous constatons que le phénomène est mondial. Et théorisé : l'entreprise n'est que l'agent du capital, la fameuse "théorie de l'agence".
Nous sommes face à une véritable crise de civilisation. Sur le lieu de travail se détruit une matrice puissante de démocratie et de justice sociale qu'il s'agit de reconstruire.

Comment fonctionne l'Union européenne ? Avec Valerie Bugault à l'Université d'Evryle.


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02.2015

Valérie Bugault, avocate spécialisée en fiscalité internationale et militante à l'UPR, nous présente une double conférence où est exposé le fonctionnement des institutions de l'Union européenne.

Conférence n°1 : les institutions de l'UE
 1. Comparaison de la répartition et de l'exercice des pouvoirs exécutif, juridictionnel et législatif dans la Ve République française et dans l'UE
 2. Analyse juridique et géopolitique des pouvoirs "fédéralistes" spécifiques à l’UE : l’organisation régionale et le pouvoir financier
 3. Détails des processus décisionnels au sein de l’UE

Conférence n°2 : les grandes tendances de l’UE
 1. La liberté professionnelle
 2. La liberté de circulation des marchandises
 3. La liberté de circulation des capitaux et son corrolaire, l’organisation des paradis fiscaux
 4. L’assujettissement militaire à l’OTAN et ses conséquences pour la France

Cybernétique et Management. Avec Baptiste Rappin pour le Cercle Kritik.


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02.2016

Le Cercle Kritik s'entretient avec Baptiste Rappin pour parler de deux courants de pensée dont les enjeux sont hautement actuels : le management, la cybernétique.
Au passage, il relève également un intérêt méconnu mais certain du philosophe Martin Heidegger pour la cybernétique, inquiet de la montée en puissance de cette pensée de "l'âge atomique"...

Le retour de l'Etat. Avec Pierre-Yves Rougeyron au Cercle Aristote.


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20.04.2015

Pourquoi parler de l'Etat aujourd'hui ? Pourquoi parler du retour de ce qui n'est jamais parti ?
L'Etat n'est pas uniquement un vaste appareillage technique et juridique. Il est avant tout une logique qui équivant à contrôler et à contrer dans le but de garantir la survie collective. D'autres formes politiques peuvent recouvrir cette définition, toutefois l'Etat est pour la France la forme issue de son Histoire.
La particularité de l'Etat est qu'il fut la seule forme à avoir concilié la liberté et la stabilité. Sa rencontre avec la Nation a permis cette alchimie particulière que certains aimeraient voir mourir sous nos yeux...

Le management ou le passage de l’institution à l’organisation. Avec Baptiste Rappin au Cercle Aristote.


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04.05.2015

L'époque contemporaine se caractérise par la prolifération des organisations sur toute la surface du globe, qu'on peut appeler "mouvement panorganisationnel". Si certains sociologues se sont déjà penchés sur ce "fait social total", force est pourtant de constater l'absence de sa prise en charge par la pensée philosophique. 
C'est à une telle tentative que nous convie Baptiste Rappin, inscrivant le management dans l'histoire de la métaphysique, mettant en évidence ses origines historiques dans la cybernétique et recherchant sa structure théologique souterraine dans la pensée juive de la Renaissance. 
Et c'est au terme de cette pérégrination qu'apparaît le caractère apocalyptique de cette entreprise : en même temps dévoilement et destruction, le management a bien à voir avec la Fin, celle de l'Histoire, assurément, mais aussi celle du Monde, vraisemblablement.