Léon Daudet, bretteur des lettres. Avec Francis Bergeron et Jean Cochet sur Radio Courtoisie.


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14.06.2017

Voici un personnage extraordinairement fascinant, sorti tout droit du XVIIe siècle, un compagnon de Rabelais. Comme Rabelais, il a pratiqué la médecine, comme Rabelais, il écrit avec une richesse de vocabulaire que n'effraient ni la scatologie ni la crudité des scènes et des mots. Jouisseur à l'état pur, au sens jubilataire que ce mot peut revêtir. Léon Daudet est un amoureux de la vie.
Il a été, tour à tour ou simultanément, médecin, romancier, critique, mémorialiste, biographe, pamphlétaire, activiste, exilé, duelliste, député, grand amoureux, procureur, orateur, journaliste, historien, gourmet, adepte des bordels et de l'église, républicain et monarchiste, père de famille, chef de parti, auteur de plus de cent livres. Et il dit quelque part que s'il avait réuni tous ses articles, cela aurait représenté plusieurs centaines de volumes.
Du même coup, sa vie, qui couvre toute la IIIe République (fils d'Alphonse Daudet, il naît peu avant l'effondrement du Second Empire), est un roman à elle seule. Un roman à la Dumas, avec des rebondissements à chaque page, des coups d'épée, de la prison, des procès, des morts tragiques.
Oui, il s'est trompé, gravement, parfois. Oui, il a été injuste, grossier, outrancier, approximatif, répétitif, colérique. Mais en neuf vies (et plus), tout de même ! Il est humainement impossible d'avoir écrit autant, d'avoir vécu autant, sans se tromper jamais, et c'est pourquoi on ne peut que pardonner ses faiblesses à ce diable d'homme.
Léon Daudet, saint laïc, politiquement correct, propre sur lui ? Pouah! Nous le voulons, pour toujours, comme il était réellement. C'est comme cela et pas autrement qu'il est magnifique. 

Émission "Voix au chapitre", animée par Anne Le Pape.

Léon Degrelle, une destinée belge et européenne. Avec Francis Bergeron et Roland Hélie chez Pascal Lassalle sur Radio Courtoisie.


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28.05.2016

Degrelle a été un vrai héros de roman à la Alexandre Dumas, un personnage fascinant, digne des plus grandes épopées, avec sa part de faconde, de farce, de grandiloquence, d'autojustifications, d'aveuglement, d'échecs, mais aussi d'héroïsme, de grandeur, de tragédie.
Écrivain précoce, curieux de tout, Léon Degrelle a effectué son premier reportage au Mexique à 23 ans. Puis, ce militant catholique, ami d'Hergé, polémiste dans l'âme, s'est lancé bruyamment dans la politique en faisant de Rex, journal et maison d'édition de l'Action catholique belge, un parti qui obtiendra vingt et un députés et onze sénateurs en mai 1936. Député de Bruxelles en avril 1939, son immunité parlementaire est bafouée par une arrestation arbitraire en mai 1940. Méprisé par les autorités allemandes d'occupation de la Belgique, il prendra sa revanche sur le front de l'Est : engagé comme simple soldat sous uniforme allemand, en août 1941, il terminera la guerre, à 38 ans, avec le titre de commandeur de la division SS Wallonie. Par sa force de conviction, sa lecture de l'Histoire et son talent d'écrivain (La Campagne de Russie 1941-1945), il s'efforcera de nous convaincre que la croisade antibolchevique était une guerre juste, faite d'esprit de sacrifice et de don de soi.
Cette émission retrace la vie tumultueuse de cet ancien militant de la jeunesse catholique belge, personnage à multiples facettes et au destin exceptionnel, qui, après 1945, de son exil en Espagne, se fera le metteur en scène de sa propre gloire.

Hergé notre copain... Avec Francis Bergeron sur Méridien Zéro.


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24.07.2011

La vie d'Hergé pourrait se résumer en quelques lignes, tant elle est banale. Son destin est le contraire d'une aventure : il n'a jamais eu de véritable engagement, dans aucun domaine : politique, syndical, humanitaire, caritatif. Il ne lui est jamais rien arrivé d'extraordinaire, si ce n'est d'avoir passé une journée - et une seule - dans une prison, en 1944. Une journée qui l'a profondément marqué. Mais Hergé, c'est bien autre chose : c'est une œuvre. C'est une vie passée presque entièrement derrière la planche à dessin, un pur travail artistique et d'imagination. Il est, comme l'écrit Robert Poulet, un "Belge moyen" [qui] avait une sensibilité d'aristocrate.
Jusqu'à Tintin, les bandes dessinées s'adressaient aux enfants, et uniquement sur un mode comique. Elles ne faisaient pratiquement jamais allusion à la politique, à l'actualité, aux faits divers contemporains. Jusqu'à Tintin, aucune histoire dessinée n'avait jamais donné lieu à un vrai scénario. Jusqu'à Tintin, aucune BD ne pouvait se lire "comme un roman". Jusqu'à Tintin, aucun adulte ne pouvait trouver un intérêt soutenu et renouvelé à ce genre de lecture.
Le travail d'Hergé appartient désormais au patrimoine universel. Depuis les rivages américains, sous l'impulsion de Steven Spielberg, une marée cinématographique va formidablement relancer le mythe, convertir d'autres générations et d'autres continents au culte hergéen. Eux aussi, à leur tour, "y en a verront Tintin, le boula-matari !", comme nous disent les petits Africains, à la fin de Tintin au Congo. 

Les intellectuels, la gauche et la collaboration. Avec Dominique Venner, Philippe Conrad, Philippe d'Hugues et Francis Bergeron sur Radio Courtoisie.


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03.01.2012

Pour tous ceux qui avaient des raisons de combattre la Collaboration, celle-ci fut détestable. Et de fait, ses aspects haïssables n’ont pas manqué. Pourtant, du côté français, mais aussi du côté allemand, des hommes d’honneur et de foi se sont engagés dans cette voie qu’ils croyaient juste et que l’histoire a condamnée. Le plus souvent, ils ont payé leurs illusions au prix fort. Non seulement ils y ont fréquemment perdu la vie, leur liberté et leur existence sociale, mais plus encore la possibilité de faire valoir leurs raisons.
Morts ou survivants, il leur fallait endurer une réprobation générale à l’égard d’un engagement réputé ignoble et devenu incompréhensible. L’interprétation imposée par la victoire de leurs adversaires triomphants était à la fois totale et totalitaire. En d’autres termes, l’histoire écrite par les vainqueurs impose un manichéisme absolu entre eux-mêmes qui sont associés au Bien, et les vaincus, devenus incarnation du Mal à tout jamais.
Il en est toujours ainsi après une guerre de religions. Et la Seconde Guerre mondiale fut une guerre de religions. Les vaincus perdirent d’un seul coup la possibilité d’être compris. Ce qui les avait justifiés quand ils portaient encore les armes, soudain s’est évanoui, remplacé par le verdict sans appel d’un procès jugé d’avance, où les inquisiteurs triomphants jouissaient du pouvoir de les transformer en d’indicibles criminels pour l’éternité ou presque.
Nous voici revenus au jugement manichéen que l’histoire inflige aux acteurs des années de l’Occupation. Mais n'oublions pas ce qu’il y a d’incertain dans le jugement historique. Autrement dit, quand un vaincu, devant les fusils qui vont le tuer, s’écrie : "L’Histoire jugera!", il se remonte le moral au prix d’une chimère. L’histoire n’est jamais un tribunal impartial. Elle est toujours écrite par les vainqueurs. Il arrive cependant qu’une défaite ultérieure des anciens vainqueurs, une défaite "historique", c’est-à-dire sans appel, accorde une revanche inattendue aux vaincus.

A propos de "Je suis partout". Avec Pierre Gillieth, Philippe d'Hugues et Francis Bergeron chez Emmanuel Ratier sur Radio Courtoisie.


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07.03.2012

A l'occasion de la sortie de la première anthologie de l'hebdomadaire "Je suis partout", les invités en profitent pour retracer l'histoire du journal le plus important de la collaboration, qui vit passer quelques unes des plumes les plus aiguisées des lettres françaises.
La dernière partie de l'émission explore le parcours de Maurice Bardèche qui, après l'exécution de son beau-frère Robert Brasillach, se fit un honneur de prolonger son travail politique.

Le retour des écrivains maudits : Paul Chack, Jean Fontenoy, Antoine Blondin et Saint-Paulien. Avec Alain de Chanterac et Francis Bergeron chez Emmanuel Ratier sur Radio Courtoisie.


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22.08.2012

On note depuis quelques temps le retour en grâce d'écrivains "maudits", dont la lecture était considérée il y a encore peu comme inconvenable...
Petit tour d'horizon de ces figures à la vie et à l'oeuvre passionnantes, qui on eut le tort -pour la plupart- d'embrasser la cause politique des vaincus.

Saint-Loup : qui suis-je ? Avec Francis Bergeron chez Emmanuel Ratier sur Radio Courtoisie.


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30.06.2010

Marc Augier, alias Saint-Loup (1908-1990), fut emporté par le vent de l'Histoire, à toute vitesse, mais sans jamais tomber.
Il en a tiré une oeuvre forte et virile, parcourue par un souffle épique. Une oeuvre peinte à fresques, où des individus et des groupes d'individus doivent affronter les bombardements, le rouleau compresseur des chars soviétiques, l épuration, les foules ivres de violence, mais aussi la montagne, la neige, le froid polaire, les avalanches, les tempêtes, les poux, l'hiver russe, une panne de moteur en altitude ou, simplement, la fatigue au guidon d'une moto lancée sur les routes d'Europe.
Ce qui fascine, chez Saint-Loup, ce sont des valeurs universelles, qui n'appartiennent à aucun camp : c'est cette vie de sportif, d'aventurier, de guerrier.
Saint-Loup est le contraire d un idéologue. C'est un militant, mais ce n'est pas un homme du combat des idées. C'est un homme d'action, ayant mis ce goût de l'action et du risque calculé au service de causes politiques et parfois militaires.
Soixante-cinq ans après la fin de la guerre et plus de vingt ans après la chute du mur de Berlin, il est temps de se pencher sur son oeuvre, de la dégager de sa seule dimension hérétique, conséquence de ses quatre années à la LVF et à la Waffen SS. Oui, il faut revisiter ce grand créateur de mythes, et personnage mythique lui-même.

Henri de Monfreid, le dernier aventurier. Par Francis Bergeron au Local.


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03.11.2011

Henry de Monfreid est, avec Jack London, l'un des seuls authentiques aventuriers-écrivains. L'un tenté par le socialisme, l'autre par le fascisme, tout devrait les opposer, mais leur indifférence au danger et au "qu'en-dira-t-on" les fait se rejoindre dans la quête inassouvie d'un absolu individualiste.
L'oeuvre de Monfreid, très autobiographique, se lit comme un roman. Mais, le faux et le vrai se mêlent, surtout quand le héros -lui- a souvent le beau rôle.
Ce pourrait être une première raison de ne pas aimer Monfreid. Il y en a mille autres encore : il a vécu du trafic de drogue; il assure ne pas s'être livré à la traite des noirs, mais, là où il vivait, la frontière était étroite entre esclave et serviteur; le trafiquant d'armes qu'il fut peut-il garantir n'avoir jamais traité avec l'ennemi ? Toutes ses femmes, européennes ou indigènes, les a-t-il rendues heureuses ? Les a-t-il même aimées ? Quelle dureté avec certains de ses enfants ! Où sont passés les tableaux de Gauguin ? Combien de ses employeurs Monfreid a-t-il volé ? N'a-t-il pas du sang sur les mains ? Opiomane, converti à l' islam, initié à la franc-maçonnerie, peut-il être érigé en modèle ?
 Francis Bergeron montre que l'auteur des Secrets de la mer Rouge symbolise le génie propre à un Européen, qui, fût-il seul, plongé dans un univers totalement étranger et hostile, sait triompher. Monfreid donne cette leçon de courage : prison, fortune, prison, fortune, prison; les séquences se succèdent, mais, toujours, il relève la tête. C'est bien une sorte de héros, malgré tout. Un homme à admirer.