Le réel et le donné. Avec Jean-Luc Marion à l'Ecole Normale Supérieure.


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12.02.2018

La question du "réalisme" souffre de l'indétermination dans laquelle on y laisse la notion même de "réel". Car le réel ne se résume pas à l'objet, et la chose demande précisément qu'on l'émancipe de sa constitution comme un objet pour un ego constituant.
Cette opération, négligée par la plupart des "réalistes" contemporains impose non seulement la décontraction de l'objectité de la metaphysica moderne, mais aussi la réduction au donné.

Un exposé dans le cadre des "Lundis de la Philosophie".

Quand pouvoir faire, c'est pouvoir dire. Avec Francis Wolff pour Citéphilo à Lille.


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23.11.2019

Faire ce qu'on désire, ce n'est pas agir librement, c'est être mené par son désir. Le drogué, par exemple, n'est pas libre, puisqu'il désire une substance qu'il désirerait ne pas désirer. Être libre, c'est pouvoir agir comme on veut, c'est-à-dire conformément à ce qu'on désire désirer !
D'où vient, chez l'être humain, cette étonnante capacité à faire ce qu'il veut et non pas seulement ce qu'il désire ? Le philosophe Francis Wolff nous montre qu'elle est liée à une autre aptitude proprement humaine : le langage, plus particulièrement la capacité à dire "je", à dire "non" et à être son propre interlocuteur.

Une conférence modérée par Nassim El Kabli.

Dix leçons de philosophie sur la vérité. Avec Jean-Luc Marion au Centre Sèvres de Paris.


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06.12.2017

La question de la vérité reste-t-elle inchangée, univoque, lorsque l'on passe de la philosophie à la théologie ? Ou devons-nous envisager que son modèle se transmue radicalement ? Car il n'en va jamais de la même façon pour la vérité en philosophie et en théologie. Mais alors comment se découvre ce qui se révèle – s'il ne se borne pas à dévoiler ? Révéler, dévoiler, de quelle vérité parle-ton en philosophie et en théologie ?
Le philosophe Jean-Luc Marion nous aide à comprendre ce qui distingue la vérité ("aleteia", en grec, recherchée par les philosophes) de la "révélation de Dieu" ("apocalypse").

Une conférence qui s'inscrit dans "Les leçons de philosophie", sous la direction de laurence Devillairs.

Philosophie de Péguy. Avec Camille Riquier pour Citéphilo à Lille.


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25.11.2017

De Charles Péguy (1873-1914), nous connaissons l'engagement dans l'affaire Dreyfus, les Cahiers de la quinzaine, l'adhésion au socialisme, la poésie et le poète de l'espérance, la critique de L'Argent, de la modernité et de l'idée de progrès, le retour à la foi catholique et la mort au champ d'honneur aux premiers jours de la guerre de 1914.
L'auteur de la Note sur M. Bergson et la philosophie bergsonienne n'a pas construit de système philosophique. Y a-t-il alors une philosophie de Péguy et quelle est-elle ? Autrement dit : qu'est-ce qui fait l'unité de son œuvre ?
Camille Riquier montre magnifiquement le "profond ordre intérieur" qui tient ensemble la diversité des textes du génial écrivain.

Une rencontre animée par Julien Farge.

Phénoménologie des objets temporels audiovisuels. Avec Bernard Stiegler à l'Université de technologie de Compiègne.


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2015

Le système mondial repose désormais intégralement sur les technologies numériques. Une conséquence majeure de cet état de fait est l’intégration fonctionnelle des mnémotechnologies au système de production des biens matériels, ce qui constitue une immense rupture historique : ce sont les dispositifs de production des symboles qui sont désormais totalement absorbés par l’organisation mondiale du commerce et de l’industrie. Les industries culturelles se sont emparées des dispositifs rétentionnels et configurent le temps dans sa forme la plus pure : comme flux de conscience.
C'est en suivant, actualisant la phénoménologie husserlienne et en l'appliquant à l'étude du cinéma que Bernard Stiegler nous montre l’importance de la compréhension du processus d’extériorisation technique de l’imagination qui permet le devenir industriel de l’activité de l’esprit et, partant, sa soumission exclusive aux critères marchands de sélection.

Liberté et langage. Avec Francis Wolff à l'Ecole Normale Supérieure.


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02.10.2017

Un agent est libre s'il peut être tenu pour cause de certains événements qui, par-là même, ne sont plus des événements mais des actions, les siennes. Corrélativement ces actions sont libres si, au contraire des événements qui sont causés par d'autres événements, elles n'ont d'autre cause que le sujet lui-même.
Francis Wollf nous montre que, pour qu'une action soit libre, il faut qu'elle ne soit pas seulement l'effet d'un désir conscient, mais d'un désir de second ordre, autrement dit d'une volition. Un désir est un événement de conscience, qui, en tant que tel, est causé par d'autres événements mentaux ; mais une volition est un acte de conscience d'un sujet qui n'a d'autre cause que le sujet lui-même.
Une telle structure "plissée" de la conscience est rendue possible par la structure prédicative (S est P, S n'est pas P) et indicative (je te dis que) du langage humain.
C'est avec une telle définition de l'action libre que l'on peut rendre raison des caractéristiques classiquement prêtées à la volonté et à la liberté. La volonté est opposée aux désirs occurrents ; elle suppose la négation. La liberté se connaît sans preuve puisque nous la sentons en nous ; elle est la source de la responsabilité morale et de la responsabilité juridique dans les systèmes rationnels de Droit : c'est pourquoi elle comporte des degrés.

Un exposé dans le cadre des "Lundis de la Philosophie".

Le quotidien : esclavage des temps modernes ? Avec Bruce Bégout sur France Culture.


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31.05.2013

"Ah ! Que la vie est quotidienne"... lançait Jules Laforgue dans sa Complainte sur certains ennuis. Le quotidien serait-il une manière d’esclavage ? La banalité reconduite des jours qui se répètent. Serait-il la marque d’une vie sans aventure, incapable d’héroïsme, soumise au rythme des horloges, des sonneries d’école, des pointeuses, des embouteillages, des queues infernales aux caisses de nos supermarchés ? Serait-il l’expression d’une pensée tiède incapable de prendre son envol et de se soustraire au trop plein de réalité qui nous entoure ? Drôle de question, en cette période d’austérité, où il se présente plutôt comme un refuge, une chambre à soi, une échappée, un art de faire, un régime de vie, pour nombre de nos contemporains. Ne faudrait-il pas plutôt affirmer que le quotidien se présente très souvent à nous comme une contrainte et une libération, comme un paradoxe existentiel, voire un révélateur de nos désirs inconscients, et qu’il serait de ce fait autant un gage de servitude qu’une porte ouverte vers une liberté accrue ? Preuve s’il en est que le quotidien est une catégorie récente. Qu’il est apparu avec les temps modernes, avec l’apparition de la vie privée, de l’espace domestique, avant de se confondre avec le monde de la vie courante, en se dissociant des mondes spécialisés, qui avaient nom, le monde scientifique, politique, esthétique, ou religieux.
Alors, comment comprendre le monde quotidien ? Comment l’aborder ? Comment décrire, à la manière de Georges Perec, "ce qui se passe chaque jour et qui revient chaque jour, le banal, le quotidien, l’évident, le commun, l’ordinaire, l’infra ordinaire, le bruit de fond, l’habituel, comment en rendre compte, comment l’interroger" ?
Aujourd’hui, nous allons donc nous interroger sur les vicissitudes du quotidien, sur ses combines, ses arrangements, ses ajustements, en compagnie de Bruce Bégout, auteur de La découverte du quotidien, paru en 2005.

Une émission enregistrée dans le cadre du "Festival européen de philosophie" à Saint-Émilion, animée par Philippe Petit.

Les métamorphoses de la fiction. Avec Jacques Rancière à l'Université de Toulouse.


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11.03.2015

Suite à la parution de son ouvrage Le fil perdu en 2014, Jacques Rancière offre dans cette conférence "un regard nouveau et lumineux sur la fiction moderne et, en particulier, sur les oeuvres de romanciers et poètes français (Flaubert, Baudelaire...) mais aussi anglais et américains (Conrad, Woolf, Keats...), s'attardant moins sur ce que la fiction représente que sur ce qu'elle opère.
Il s'intéresse ici à ce moment particulier où la fiction devient à ses yeux "démocratique". C'est en effet dans la forme des oeuvres, dans les détails insignifiants, non plus utiles en termes de vraisemblance cartésienne mais véritablement inscrits dans une continuité de coexistence sensible, qu'il décèle une attention nouvelle à des formes d'expérience jusque-là refusées.
Car s'il est classique d’opposer fiction et réalité comme le domaine de la fantaisie sans règle et celui de l’action sérieuse, c’est oublier qu’il n’y a de réalité qu’à travers une certaine grille perceptive et une certaine connexion des causes et des effets. Construction logique de la réalité quotidienne, la rationalité de la fiction était par excellence celle du poème tragique dont tout l’art consistait à faire produire par une connexion causale un effet logique et pourtant inattendu.
Par rapport à cela, le roman a longtemps été un parent pauvre parce que les événements y arrivaient les uns après les autres sans lien causal fort. Le roman moderne a bouleversé la hiérarchie en faisant sa force de cet enchaînement faible, plus fidèle à la réalité de l’expérience vécue des individus. Par cela même, il se met dans un rapport paradoxal avec la politique. D’un côté, il en expose le fondement, la venue au jour des anonymes, la part des sans-part.
Mais cette venue au jour signifie la ruine des identités établies, de la topographie sociale, de la hiérarchie des événements significatifs ou insignifiants, des enchaînements de causes et d’effets qui donnent normalement à l’action collective ses coordonnées.