La Technique et le Temps. Avec Bernard Stiegler au Plessis Théâtre à Tours.


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03.2006

Bernard Stiegler nous invite, dans cet entretien en 5 parties, à penser l’articulation entre la politique, le désir et la technique.

Partie I
Pour cette première partie, il revient sur le cœur de sa pensée, ce qui constitue pour lui l'impensé de l’histoire de la philosophie : la question de la technique comme participant de et à la constitution de l’homme. Il nous invite à un voyage au temps des présocratiques et des sophistes où, pour la première fois, la technique fut pensée comme potentiellement nuisible. Depuis la naissance de la métaphysique jusqu’au XVIIIe, la technique a principalement été pensée comme illusion. Depuis la première révolution industrielle jusqu’à nous, une accélération techno-logique prodigieuse s’est opérée. Au XXe, la technique est devenue synonyme de destruction, et l’humanité semble face à une impasse. Puis, il aborde le problème de la consommation devenue essentiellement souffrance. Le capitalisme est passé de la problématique de la "baisse tendancielle du taux de profit" à celle de l’adoption permanente de nouveaux objets de consommation. Ainsi le marché qu’exploite aujourd’hui le capitalisme est celui des consciences, par la captation de la libido vers les objets de consommation. Cet état de fait conduirait non seulement à un épuisement du désir, mais aussi à une destruction de ce que Stiegler nomme le narcissisme primordial.

Partie II
Bernard Stiegler développe ensuite son idée de la destruction du narcissisme primordial à travers trois évènements pour lui symptomatique d’une grande catastrophe : Le 11 septembre 2001, destruction du World Trade Center ; le 21 avril 2002, ascension de l’extrême droite au second tour de l’élection présidentielle ; le 26 mars 2002, assassina par Richard Durn de 8 conseillers municipaux à Nanterre. Il existerait aujourd’hui un désamour de l’humanité pour elle-même. Il faut se ressaisir et opérer une nouvelle critique du capitalisme. Bernard Stiegler revient sur les concepts Freudien de libido et de sublimation, laquelle est impossible sans singularité. Or, le capitalisme vise aujourd’hui la synchronisation globale et la destruction de toute singularité au profit de particularisme exploitable commercialement. En outre ce système désastreux exploiterait de véritable phénomènes d’addictions aux objets de consommation, ainsi qu’aux objets temporels que sont par exemple les programmes télévisuel. Cet état des lieux n’est pas une fatalité nous dit le philosophe. Il convient avant tout d’inventer de nouveaux modèles industriel. D’autres initiatives sont également à mettre en œuvre, comme le développement de communautés de praticiens et non d’usagers.

Partie III
La conférence proprement dite : que signifie aimer ? Bernard Stiegler développe sont point de vue en revenant sur un fait divers, celui des parents Cartier qui tentèrent d’assassiner leur enfants pour qu’ils accèdent à un monde meilleur. Si le jugement de ces parents a bien eu lieu, un autre jugement aussi important devrait avoir lieu :  celui d’une organisation sociale infanticide qui favorise de tels comportements. Car ces parents étaient devenu esclaves d’un système marchand qui leur avait fait croire qu’aimer c’est acheter alors que plus ils achetaient moins ils aimaient. Pour le philosophe, ces personnes étaient intoxiqués et la désintoxication est une question éminemment politique. Il revient alors sur la destruction du désir, la dés-individuation, la misère symbolique et spirituel régnante, autant de symptômes d’une société hyper-industrielle qui se détruit elle-même. Il aborde également le problème des enfants turbulents, aussi appelé "enfants hyperactifs" qui souffrent de trouble de l’attention et auxquels ont prescrit des camisoles chimiques afin de les rendre plus docile et obéissants. Ces enfants, ces "délinquants en puissances" que le Président de la République propose de détecter et de ficher dès l’âge de 3 ans, pour lesquels l’Inserm propose une chimiothérapie, ces enfants, ont simplement besoin d’un peu d’attention, nous dit Bernard Stiegler.

Partie IV
Dans cette seconde partie de la conférence, Bernard Stiegler aborde la question du Théâtre. Question surdéterminée par la technique nous dit-il et notamment par celle de l’écriture. Dans l’antiquité, avec le théâtre, apparaît le public et le citoyen. Le théâtre interroge l’espace sacré, profane ainsi que le devenir et il participe à l’individuation psychique et collective. Pour Bernard Stiegler le théâtre est un culte et non un rituel. Il aborde alors la différence qu’il fait entre le plan des subsistances, le plan des existences et le plan des consistances. C’est au niveau des consistances que se joue le désir.

Partie V
Jeu des questions/réponses avec le public.

Psychologie de l'enfant. Avec René Zazzo pour le Club 44 à La Chaux-de-Fond.


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14.11.1978

René Zazzo propose ici un bilan de ses recherches sur le développement de l’enfant. Il évoque le miroir (auquel il a consacré un film À travers le miroir), la perception étrange de l’image spéculaire et la réaction de détournement que le miroir suscite de la part de l’enfant, jusqu’à l’âge de 3 ans, lorsque l’enfant est en mesure de réaliser "c’est moi".
La conscience de l’unicité du moi ne se développe pas chez les malades mentaux ou les fous ; René Zazzo évoque à ce propos la nouvelle de Maupassant, "Le Horla".
Puis il passe à un autre "révélateur", à savoir "l’autre"; il explique le passage de l’indifférenciation totale, c’est-à-dire la confusion du bébé avec l’environnement à la reconnaissance de l’autre, en insistant sur le fait que l’enfant n’est pas un individu isolé au départ, solitaire, mais qu’il y a bien symbiose, puis reconnaissance progressive de l’autre.

L'entretien est mené par Yvette Rielle.

Les enfants ont besoin de Pères qui soient des Hommes ! Avec Alain Valterio et Stéphane Edouard pour Spike Club.


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25.10.2015

La thérapie est partout et surtout dans notre tête. C’est ce qu'Alain Valterio appelle la "psyrose", pour souligner son manichéisme réducteur. La "névrose psy" souligne quant à elle les effets pervers qu’elle exerce sur les mentalités.
Croyant avoir éliminé la religion, la psyrose en est en fait une autre qui entretient ses propres dogmes, ses propres mythes, ses propres interdits et donc ses propres abus, derrière un jargon et des discours compassés qui se sont imposés dans toutes les sphères de la société avec les allures de ce que Jung nomme "une épidémie psychique".
Dans cette conférence, Alain Valtério et Stéphane Edouard s'attachent à comprendre les effets de la "psyrose" et de la "névrose psy" dans les rapports homme/femme et dans la famille (relation parents/enfant).

L'Abécédaire de Gilles Deleuze, sur Arte.


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1988

Le 4 novembre 1995 disparaissait Gilles Deleuze, l’un des philosophes les plus marquants de son temps.
Il n’existe aucun film qui lui soit consacré et il a toujours refusé de participer à une émission de télévision. Il était pourtant, de son vivant déjà, une sorte de star, par l’éblouissement qu’il provoquait chez tous ceux qui assistaient à ses cours et par la gloire que lui ont valu ses livres.
Cet abécédaire nous montre l’expérience d’une pensée à l’œuvre, d’une parole qui fit dire à Michel Foucault : "Une fulguration s’est produite, qui portera le nom de Deleuze… Un jour, peut-être, le siècle sera Deleuzien."
Si pour Gilles Deleuze, faire de la philosophie, c’est créer des concepts, il y a bien aussi une vie propre du philosophe, qui se croise et se mêle à ses idées.

L'entretien est mené par Claire Parnet.

Le stade pré-œdipien. Avec Jean-Pierre Lebrun à l'Association pour la Psychanalyse dans les Lieux de Soins et la Cité.


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24.05.2008

Si le travail du psychanalyste consiste à identifier avec le plus de rigueur possible la subjectivité de son époque, il est alors important de se pencher sur la question du préœdipien.
Et c'est parce que la subjectivité néolibérale agence les avatars de la jouissance d'une manière toute différente de ce que nous avons connu que nous devons reprendre cette question qui fait débat.

PS: la qualité de l'enregistrement audio est mauvaise.

L'éducation et autres problématiques de la communauté de l'être. Entretien de Francis Cousin avec Bhû.


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10.11.2015

Francis Cousin, bien connu pour ses prises de position radicales contre la dictature du fétichisme de la marchandise, répond à nouveau à une série de questions.
Du problème de l'éduction au sein des communautés de l'être jusqu'à l'imposture de l'écologie en passant par l'aliénation du sport, c'est dans une logique révolutionnaire et sans compromission qu'il aborde ces thématiques.

Mémoire et intelligence chez l'enfant. Avec Jean Piaget au Club 44 à La Chaux-de-Fond.


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11.03.1968

Jean Piaget souligne dans la première partie de sa conférence que l’intelligence suppose la mémoire, en soulignant que la réciproque est vraie également. Il s’en explique d’abord en réfutant la thèse de "l’enregistrement automatique" du passé que brandissent certains spécialistes : il existe en effet plusieurs stades de développement de l’intelligence et de la mémoire chez l’enfant.
Dans la seconde partie, Jean Piaget centre ses explications sur les trois grands types de mémoire : récognition, évocation et reconstitution. 
Enfin, dans sa conclusion, le psychologue d'origine neuchâteloise confirme l’hypothèse que les schèmes de l’intelligence se conservent d’eux-mêmes. Ils n’ont pas besoin de la mémoire.
Cette nouvelle manière d'appréhender la mémoire devrait nous faire réfléchir à la manière dont nous transmettons des savoirs aux enfants.

Les grands "enfants rois" qui nous gouvernent. Avec Bernard Stiegler au palais de Justice de Paris.


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19.03.2011

Une conférence où le philosophe Bernard Stiegler, non sans audace, s'attaque au problème du discrédit généralisé envers les élus.
Sous le regard de la psychanalyse et des sciences sociales, celui-ci décrit avec minutie les effets ravageurs d'une politique d'abandon des citoyens, devenus les "boucs-émissaires" de la déferlante néolibérale.