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À partir d'observations réalisées lors de multiples interventions à titre de pédopsychiatre d'orientation psychanalytique dans un Centre éducatif renforcé en France, Maurice Berger se propose d'analyser certains processus psychiques et identitaires en jeu chez les enfants. Il décrit plus particulièrement les diverses composantes de la joute qui a souvent lieu dans le rapport du clinicien aux adolescents, en particulier avec ceux ayant commis des délits violents.
Il semble au premier abord difficile de transposer l'expérience thérapeutique usuelle avec de tels adolescents, ce qui implique une attention particulière à leur histoire, qui comporte généralement des traumatismes relationnels précoces, notamment de négligence et de violence.
On comprend alors comment pour de tels enfants, l'extérieur puisse être plus protecteur que l'intérieur. En conséquence, pour faire advenir de la pensée chez eux, il faut savoir les sécuriser et les contenir en reconnaissant leur méfiance, et surtout, savoir susciter une curiosité et une co-créativité.


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Sur un nouvel objet d'étude, la recherche scientifique commence par la publication de travaux initiaux qui sont confirmés ou non par les études ultérieures puis se diffusent dans les médias. Entre ces trois niveaux les écarts sont souvent considérables, en particulier dans le domaine de la psychiatrie biologique.
La première partie de l'exposé de François Gonon prend pour exemple le Trouble Déficitaire de l'Attention avec ou sans Hyperactivité (TDAH) et décrit ces écarts de discours, leurs causes et leurs conséquences.
Dans une deuxième partie, il présente une recherche en cours concernant le discours des neurosciences dans l'éducation, qui analyse la place des neurosciences dans deux corpus : les textes produits par le Conseil Scientifique de l'Éducation Nationale d'une part et les articles de presse évoquant ce Conseil, d'autre part.


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En tant que psychiatre dans un centre de rééducation fonctionnelle, Maurice Berger reçois des victimes d'agressions qui gardent des séquelles importantes. En tant que pédopsychiatre, il travaille avec des mineurs extrêmement violents qui déclarent tous "n'en rien avoir à foutre" des blessures qu'ils ont occasionnées, avec une absence totale d'empathie.
Pour ralentir l'augmentation de cette violence dans notre société, il faut donc remonter l'histoire psychique de ces mineurs dont un certain nombre deviendront des majeurs dangereux. De manière schématique, ils présentent une violence "individuelle" liées à des maltraitances vues ou subies dans l'enfance, ou une violence liée à un milieu familial clanique, ou une violence commise en bande où le rôle du leader négatif est essentiel.
Le point commun est que les sujets concernés ne savent pas ce que c'est qu'obéir, à la loi entre autre, et que toute contrainte est ressentie par eux comme une insupportable soumission.


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Une enquête inédite menée de 2014 à 2018 dans différentes villes de France par un collectif de 17 chercheurs auprès de 35 enfants âgés de 5 à 6 ans issus des différentes fractions des trois grandes couches sociales (populaire, moyenne, aisée) fait comprendre que les enfants qui vivent au même moment dans la même société n'évoluent pourtant pas dans le même monde...
En sondant les effets de ce qui est accessible aux uns et inaccessible aux autres, loisible à certains et impensable pour d'autres, Bernard Lahire entend éclairer les mécanismes profonds de la reproduction des inégalités dans la société française contemporaine, et ainsi apporter des connaissances utiles à la mise en œuvre de véritables politiques démocratiques.
Une conférence qui se tient pendant l'Universités d'Automne du syndicat national unitaire des instituteurs, professeurs des écoles et PEGC.


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Si la transition de genre a toujours existé chez les adultes, l’irruption du phénomène de dysphorie de genre chez les enfants et les adolescents appelle à une extrême vigilance. Comment admettre, en effet, qu'un mineur, qui n'est pas assez mature pour voter ou avoir des relations sexuelles, puisse consentir à des traitements qui supprimeront sa fertilité et modifieront son corps de manière irréversible ?
Quelles sont les conséquences médicales des hormones, et quelles en sont les conséquences psychologiques et psychiatriques ? Pourquoi une prise en charge totale des traitements et opérations alors que l'OMS déclare que la dysphorie de genre n'est plus classée parmi les maladies ? Pourquoi la détransition reste-t-il un phénomène tabou ? Comment le transgenrisme est-il entré dans le débat politique ?
Autant de questions et de réponses pour éclairer les risques et les dérives de la transition de genre chez les mineurs.


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Le covid a fait irruption dans nos vies alors que nous nous croyions hors d'atteinte et mis à l'abri de tout grâce à la technologie. Le 16 mars 2020, en quelques heures, le monde s'est arrêté. Les repères ont vacillé. Le contrôle de nos existences nous a échappé. L'urgence est devenue la norme, et l'exception, la règle.
Une autre maladie est apparue. Celle de la peur. Faisant de nos enfants les variables d'ajustement des obstacles rencontrés par la société. Nous tous, parents, avons réagi avec nos propres histoires, nos systèmes de valeurs, nos croyances et nos craintes.
Comment nos enfants, petits et grands, ont-ils vécu cette période ? Quel impact sur leur santé mentale et leur construction de futurs adultes ? Comment rester des parents incarnés et debout, et leur offrir un espace pour penser, vivre et aimer ?
Ce n'est que maintenant que la société commence à réaliser que nombre d'enfants et de jeunes adultes présentent une souffrance psychique. Marie-Estelle Dupont dresse un bilan de la santé mentale de la jeunesse et livre un éclairage sur ce qui a rendu possible la négation de leurs besoins élémentaires.


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Françoise Dolto, psychanalyste, et Philippe Ariès, historien des mentalités, s'entretiennent de l'évolution de l'éducation et de la famille, des conséquences sur le développement de l'enfant et de sa sexualité, depuis les sociétés pré-industrielles jusqu'à nos jours.
Un échange qui permet de mesurer les permanences et ruptures de ces questions essentielles pour comprendre le fonctionnement de notre société.


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Historien d'avant-garde, longtemps solitaire, brusquement célèbre, Philippe Ariès (1914-1984) a pressé notre passé de quelques questions aussi nouvelles que fondamentales : quelles étaient les attitudes de nos ancêtres devant la naissance, l'enfance, la famille, la sexualité, la mort ?
Avec lui, la vieille histoire historisante, la chronique des grands, les événements politiques, les guerres entre les peuples ont pris figure d'anecdotes : le tuf de notre passé est ailleurs, en deçà de nos consciences et au-delà de nos manuels.
Personnalité peu commune en qui de nombreuses contradictions coexistaient joyeusement, Philippe Ariès se riait des étiquettes sous lesquelles on voulait consigner les individus et contenir les passions. S'il aimait une chose entre toutes, c'était la liberté de l'esprit, comme en témoignent les différents intervenants qui l'ont bien connu de son vivant.
Émission "Nuits magnétiques", animée par Roger Chartier.