Saint-John Perse, le poète en exil. Avec Edouard Glissant, Antoine Raybaud, Lucien Clergue, Olivier Germain-Thomas, Joëlle Gardes-Tamine et Mireille Sacotte sur France Culture.


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23.02.1995

L'exil perpétuel qui jalonne la vie de Saint-John Perse aura été le fondement même de sa poésie. L'éloge est le mode sur lequel il exprime ce qu'il appelle "la terre arable du songe".
L'exil aura commencé tôt : né en Guadeloupe en 1887, il revient en métropole avec sa famille qui s'installe à Pau, alors qu'il n'est pas encore adolescent. Devenu diplomate, il part en Chine pendant cinq ans, et ce sera pour lui l'occasion d'élargir les paysages humains les plus divers et d'étoffer l'épopée du monde, ce qui fera la force de ses écrits.
Une carrière politique - il s'appelait Alexis Léger - le mènera des plus hauts postes de l'Etat (il sera secrétaire général du Quai d'Orsay après avoir travaillé avec Aristide Briand), jusqu'à la déchéance nationale due à l'instauration du régime de Vichy. Alors, un nouvel exil aux Etats-Unis - forcé - marquera la fin de ce personnage public et l'éclosion définitive du poète Saint-John Perse, auréolé par la remise du Prix Nobel en 1960.
Exil, Pluies, Neiges, Amers, Chronique, seront les différentes étapes de cet univers qu'il a reconstitué dans une fête du langage : le lien entre l'homme et le monde passe par une présence immanente du sacré.
Le dernier exil, son départ de ce monde, se fera dans la discrétion en 1975.

Émission "Une vie, une oeuvre", réalisée par Jean-Claude Loiseau.