Naissance de l'écologie politique en France. Avec Serge Audier aux Rencontres philosophiques de Monaco.


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07.06.2022

Si l'écologie a pour objectif d'étudier les rapports entre un organisme et le milieu naturel, et se donne à cette fin les outils d'une science, elle ne peut ignorer les facteurs qui influent sur ces rapports complexes, lesquels ne sont pas "naturels" mais tiennent à des données sociales, culturelles, économiques, politiques. Aussi, de l'intersection de l'écologie et des sciences sociales ou économiques, est née l' "écologie politique", terme forgé en 1935 par le physiologiste américain Frank Thone mais utilisé surtout à partir des années 70.
En France, différentes tendances peuvent être observées, que Serge Audier présente ici par l'intermédiaire de trois de ses principaux représentant : Bertrand de Jouvenel, Bernard Charbonneau et André Gorz.

Le soin des choses. Avec David Pontille et Jérôme Denis à la Librairie Ombres Blanches.


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23.11.2022

Qu'ont en commun une chaudière, une voiture, un panneau de signalétique, un smartphone, une cathédrale, une œuvre d'art, un satellite, un lave-linge, un pont, une horloge, un serveur informatique, le corps d'un illustre homme d'État, un tracteur ? Presque rien, si ce n'est qu'aucune de ces choses, petite ou grande, précieuse ou banale, ne perdure sans une forme d'entretien. Tout objet s'use, se dégrade, finit par se casser, voire par disparaître.
Pour autant, mesure-t-on bien l'importance de la maintenance ? Contrepoint de l'obsession contemporaine pour l'innovation, moins spectaculaire que l'acte singulier de la réparation, cet art délicat de faire durer les choses n'est que très rarement porté à notre attention.
Le travail de David Pontille et Jérôme Denis est une invitation à décentrer le regard en mettant au premier plan la maintenance et celles et ceux qui l'accomplissent. Ils décrivent les subtilités du "soin des choses" pour en souligner les enjeux éthiques et la portée politique. Parce que s'y cultive une attention sensible à la fragilité et que s'y invente au jour le jour une diplomatie matérielle qui résiste au rythme effréné de l'obsolescence programmée et de la surconsommation, la maintenance dessine les contours d'un monde à l'écart des prétentions de la toute-puissance des humains et de l'autonomie technologique. Un monde où se déploient des formes d'attachement aux choses bien moins triviales que l'on pourrait l'imaginer.

Déboulonner la Mégamachine. Avec Aurélien Berlan et Fabian Scheidler pour l'Atecopol à Toulouse.


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22.10.2021

Les travaux d'Aurélien Berlan et Fabian Scheidler nous offrent la clé de compréhension des désastres climatiques, écologiques, pandémiques et économiques contemporains. Accuser Sapiens, un humain indifférencié et fautif depuis toujours, est une imposture. Notre histoire est sociale : c'est celle des structures de domination nées il y a cinq mille ans, et renforcées depuis cinq siècles de capitalisme, qui ont constitué un engrenage destructeur de la Terre et de l'avenir de l’humanité, une mégamachine.
Mais ces forces peuvent aussi être déjouées et la mégamachine ébranlée. Alors que les alternatives ne manquent pas, quel déclic nous faut-il pour changer de cap et abandonner une voie manifestement suicidaire ? La réponse est dans ce récit. Car seul celui qui connaît sa propre histoire peut être capable de l'infléchir.

Campagne de René Dumont : l'écologie entre en politique. Avec Antoine Waechter sur France Inter.


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20.04.2020

Le 5 mai 1974 se tient le premier tour de l'élection présidentielle, un mois tout juste après le décès de Georges Pompidou. Pour la toute première fois, un candidat écologiste se frotte au suffrage universel pour l'accession à la magistrature suprême. Son nom : René Dumont, professeur d’agronomie mondialement réputé de 70 printemps. Il a accepté de mener la bataille au pied levé pour un rassemblement d'une vingtaine d'associations écolo.
Car à l’époque, point de parti écologiste. D'ailleurs le mot, ("écologiste"), ne figure même pas dans le dictionnaire Larousse, la référence. Cette candidature doit donc ouvrir la voie à la politisation des enjeux environnementaux.
Candidat iconoclaste et farfelu, le professeur Dumont prône un changement radical de société. Ses marottes : l'abandon de l'automobile, la désurbanisation, et la limitation des naissances. Sans quoi prophétise-t-il le monde court à sa perte. Résultat : 1,3 pour cent des sondages, autrement dit rien... Parce que rené Dumont est un trouble-fête, un Cassandre qui empêche les Français de consommer en rond. Or, on sait aujourd'hui à quel point se prédictions étaient justes. René Dumont le sait mieux que personne : on a toujours tord d'avoir raison trop tôt.

Émission "Affaires sensibles", animée par Fabrice Drouelle.

L'antilibéralisme à la racine. Avec Jean-Claude Michéa sur France Culture.


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05.10.2023

C'est dans un petit village des Landes que le philosophe Jean-Claude Michéa a décidé de s'installer pour fuir la ville et prendre ses distances avec un monde urbain qu'il estime aujourd'hui complètement artificialisé. Et c'est toute sa perception sur la ruralité qui s'est transformée, alors que le travail manuel et le travail de la terre sont devenus son pain quotidien.
Il met son expérience de la ruralité au service d'une réflexion sur le système capitaliste moderne et, par-delà les clivages traditionnels, analyse -non sans ironie- le déploiement du libéralisme, dont l'individualisme, la destruction de l'environnement et même le “wokisme” en seraient les fruits.

Émission "L'Invité des Matins", animée par Guillaume Erner.

Jamais seul : ces microbes qui construisent les plantes, les animaux et les civilisations. Avec Marc-André Selosse pour l'Agora des savoirs à Montpellier.


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29.11.2017

Nous savons aujourd'hui que les microbes ne doivent plus seulement être associés aux maladies ou à la décomposition. Au contraire, ils jouent un rôle en tous points essentiel : tous les organismes vivants, végétaux ou animaux, dépendent intimement de microbes qui contribuent à leur nutrition, leur développement, leur immunité ou même leur comportement. Toujours pris dans un réseau d'interactions microbiennes, ces organismes ne sont donc... jamais seuls.
Détaillant d'abord de nombreuses symbioses qui associent microbes et plantes, Marc-André Selosse explore les propriétés nouvelles qui en émergent et modifient le fonctionnement de chaque partenaire. Il décrypte les extraordinaires adaptations symbiotiques des animaux, qu'ils soient terrestres ou sous-marins. Il décrit nos propres compagnons microbiens – le microbiote humain – et leurs contributions, omniprésentes et parfois inattendues. Enfin, il démontre le rôle des symbioses microbiennes au niveau des écosystèmes, de l'évolution de la vie, et des pratiques culturelles et alimentaires qui ont forgé les civilisations.

Primitivisme et écofascisme. Avec Pierre Madelin sur le Podcast Présages.


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10.10.2021

Le livre de Pierre Madelin Faut-il en finir avec la civilisation ? (Ecosociété) propose une analyse des courants de pensée "primitivistes" et hostiles à l'idée de "civilisation". Ce courant soutient l'idée que le désastre écologique global trouverait sa source au néolithique, lorsque les humains renoncent au mode de vie chasseur-cueilleur et mettent en place la domestication. Cette rupture serait à l'origine de la domination sous toute ses formes ; la domestication étant ainsi conçue comme la matrice de toutes les dominations.
Bien que ces sensibilités à proprement parler soient très peu répandues, on en retrouve certaines idées chez des auteurs tels que Yuval Noah Harari ou Jared Diamond, ainsi qu'au sein de mouvements écologistes, anarchistes et féministes, qui interrogent l'origine de la violence et de la domination, et l'imbrication entre la domination de la nature et les hiérarchies sociales (de classe, de genre et de race).
Pierre Madelin entreprend ainsi de démêler les faits et les mystifications quant aux sociétés de chasseurs-cueilleurs. Car, si elles n'étaient pas structurées autour de l'État ou de la productivité capitaliste, elles furent en réalité bien loin de sociétés idéales faites d'égalité, de non-violence et d'harmonie.
Dans la deuxième partie, il revient également sur son article consacré à l'écofascisme, pour tenter d'en donner des définitions, et en comprendre les origines idéologiques et les dangers.

La Nature est un champ de bataille. Avec Razmig Keucheyan pour Hors-Série.


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15.12.2015

La nature est un âpre "champ de bataille", où les classes sociales s'affrontent comme ailleurs, pour la bonne raison qu'elles n'y ont pas du tout les mêmes intérêts.
Les désastres environnementaux peuvent donner l'impression qu'il frappent aveuglément (c'est vrai) ; il n'en est pas moins vrai qu'il y a ceux qui trinquent et ceux qui profitent. Le côté qui profite est bien sûr celui du capitalisme. Car s'il est exposé au péril de sa propre destruction lorsqu'il aura épuisé toutes les ressources qu'il a déjà copieusement exploitées, sa spectaculaire résilience l'a déjà conduit à tirer de juteux revenus du risque environnemental : sur les marchés de titres circulent depuis des années des "dérivés climatiques" et autres "obligations catastrophes" qui offrent aux investisseurs de très rentables opportunités spéculatives.
L'incurie de la puissance publique, soigneusement organisée par la doctrine néolibérale qui a conduit l'Etat à confier aux marchés les responsabilités auxquelles il préférait renoncer, a ainsi ouvert au capital un vaste terrain de jeu, et a fait de la crise écologique une formidable opportunité financière.
Aussi faut-il aborder l'écologie en marxiste ; c'est la tâche à laquelle se livre Razmig Keucheyan dont les travaux documentent avec un soin méthodique trois aspects des conflits en cours : l'inégalité sociale devant le risque environnemental, la financiarisation de la nature, et la militarisation de l'écologie. Il vient rouvrir une source de réflexion que les théoriciens contemporains seraient avisés d'explorer à sa suite, s'ils veulent élaborer des propositions susceptibles de bâtir un autre avenir que celui que nous prépare le capital...
Cet autre avenir, selon Keucheyan, passe par une exigence démocratique considérablement accrue : c'est aux citoyens de s'emparer de la problématique environnementale, à tous les niveaux où le pouvoir doit leur être rendu. L'écologie, on ne le répétera jamais assez, est d'abord un problème politique.