Yukio Mishima (1925-1970), l'épée et le cerisier. Avec Annie Cecchi, Diane de Margerie, Claude-Michel Cluny, Nicolas Bataille, Tadao Takemoto, Marie-Claude de Brunhoff, Jean-Marc Pottiez, Donald Keene et Dominique Aury sur France Culture.


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15.11.1990

Séquestré par sa grand-mère, Yukio Mishima grandit solitaire. Dévoué à cette vieille femme malade qui lui transmet son culte pour le Japon traditionnel, il est très tôt fasciné par les acteurs et les théâtres kabuki et nô qui façonnent l'esthétique de son regard.
L'écrivain qui porte en lui "une force très japonaise et en même temps un vernis européen" connait bien la culture occidentale dont il adopte les codes vestimentaires et dévorait la littérature.
Réformé, le jeune homme échappe à la guerre mais créé des années plus tard une "société du bouclier", milice privée, dévouée à l'Empereur et fidèle au culte du bushido, code des principes moraux des samouraïs. Le jeune homme malingre s'est métamorphosé. En soumettant son corps à une discipline de fer il cherche à atteindre l'idéal athlétique des guerriers qu'il admire. 
Homosexualité et mort, tragédie et érotisme, hantent l'œuvre et la vie de celui qui n'hésite pas à se photographier en Saint Sébastien martyre : "tout ce qu'il voit prend des allures de théâtre et de tragédie". C'est d'ailleurs dans un dernier geste théâtral, spectaculaire et patriotique que Yukio Mishima, en 1970, se donne la mort en se suicidant par seppuku (éventration).

Émission "Une vie, une oeuvre", produite par Bénédicte Niogre.

Histoire d'O sauvée des eaux. Avec Angie David sur France Inter.


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15.01.2016

Un grand académicien se meurt, en ce début octobre 1968, à Boissise-la-Bertrand. Jean Paulhan a 83 ans, dont quarante années passées à orchestrer la vie littéraire depuis son petit bureau des éditions Gallimard où il a si longtemps dirigé la NRF, la célèbre Nouvelle revue française d’André Gide. Croisant les paradoxes à n’en plus finir, l’auteur des Fleurs de Tarbes aura cherché sa vie durant à piéger Dieu dans le langage, multipliant les mécaniques les plus subtiles sous l’apparence d’essais ou de récits impeccablement ciselés. Mais il est aujourd’hui plus célèbre encore, peut-être, pour la préface magistrale qu’il a donnée à Histoire d’O, le livre sulfureux signé par une certaine Pauline Réage, en 1954.
Le voilà veillé par celle qui fut sa compagne secrète, mais aussi la très discrète secrétaire de la prestigieuse revue littéraire et la seule femme à siéger au Comité littéraire de Gallimard, Dominique Aury. Pauline Réage et Dominique Aury ne font qu’une, mais il faudra attendre trois décennies encore pour que l’information éclate au grand jour. En 1968, peu de gens pourraient seulement imaginer que cette traductrice et critique si discrète puisse avoir le moindre rapport avec la scandaleuse héroïne élevant la soumission amoureuse au rang d’absolu...

Emission "Affaires sensibles", animée par Fabrice Drouelle.