Le passé imposé. Avec Henry Laurens au Collège de France.


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2022

Titulaire de la chaire "Histoire contemporaine du monde arabe", Henry Laurens nous propose de nous arrêter dans l'atelier de l'historien afin de comprendre ses enjeux et ses concepts. En 2013 déjà, dans la revue Débat, il rappelait l'opposition entre le rôle des historiens et la société, "le besoin de savoir ne doit pas se transformer en posture d'accusateur, voire en juge et en jury. Si, à la rigueur, on peut assimiler l'historien à un juge d'instruction qui instruit à charge et à décharge, il n'est pas là pour effectuer le reste de la procédure judiciaire". Il souligne également ici que "les historiens doivent reconnaître qu'ils ne sont pas les maîtres de la représentation du passé. Ils ne sont que les artisans du segment scientifique de la mémoire".
Après avoir rappelé les bases de la connaissance historique, Henry Laurens pose la question des comparatismes et revient sur le développement de l'orientalisme et l'occidentalisme de l'époque moderne à la décolonisation. Avant d'ouvrir l'enquête sur ce qu'il appelle le "passé imposé", il revient sur les différentes formes de violences au XXe et au XXIe siècles et fait état d'un passage de la figure du combattant à celle de la victime, d'une culture de la guerre à une culture de la paix, tandis qu'il note que le djihadisme au XXIe siècle relève des deux cultures.
Alors que la demande sociale de "thérapies mémorielles" va croissant, il est salutaire que l'historien prenne du recul face à sa pratique pour comprendre les spécificités de sa mission, de ses productions et de ses outils de travail.

Le monde arabe est-il condamné au sous-développement ? Avec Youssef Hindi et Rachid Achachi sur Ondes De Chocs TV.


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11.2023

De l'empire Ottoman à partir du XVIe siècle jusqu'à l'hégémonie américaine contemporaine en passant par les colonialismes britanniques et français, le monde arabe n'arrive toujours pas à retrouver son autonomie stratégique en s'érigeant en pôle géopolitique majeure. Et ce, malgré des richesses autant naturelles qu'humaines incommensurables.
Les facteurs de blocage sont-ils d'ordre historiques ? culturels ? religieux ? idéologiques ?

Pourquoi l'Occident domine le monde, par Julien Rochedy.


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12.2022

Dès la fin du Moyen Âge, l'Occident a imposé sa puissance au reste de la planète. Comment cette aire géographique et culturelle s'y est-elle prise pour devenir si riche et puissante ?

 - 0'00'00 : Problématique
 - 0'05'00 : Qu'est-ce que l'Occident ?
 - 0'07'46 : Que veut dire "supériorité" ?
 - 0'09'46 : État des lieux avant le XVe siècle
 - 0'13'49 : Le bond en avant de l'Occident
 - 0'17'48 : Le relatif recul de l'Occident
 - 0'25'20 : L'impérialisme n'est pas une cause
 - 0'34'13 : Un ancienne supériorité à discuter
 - 0'37'30 : L'énergie
 - 0'42'26 : La concurrence
 - 0'53'02 : L'ingéniosité
 - 0'56'57 : La puissance martiale
 - 1'02'42 : La propriété et la liberté
 - 1'13'08 : La maîtrise rationnelle du monde
 - 1'22'35 : Le savoir
 - 1'30'31 : Le travail et l'abondance
 - 1'37'29 : La culpabilisation de l'Occident
 - 1'44'44 : Résumé des causes
 - 1'47'21 : Les menaces sur l'Occident

Orientalisme et occidentalisme : comparatisme et temporalité. Avec Henry Laurens à l'Institut d'Etudes Avancées de Nantes.


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31.01.2017

L'orientalisme et l'occidentalisme, c'est-à-dire les savoirs sur la société de l'autre se sont développés en parallèle, permettant de créer des comparaisons qui, dans certains cas, deviennent des actions.
Pris dans la temporalité longue de la grande divergence du XVIIIe siècle où l'Europe se sépare des autres sociétés à la grande convergence actuelle, différentes attitudes contradictoires se succèdent pour aboutir à un conflit des identités à un moment où en réalité le narcissisme de la petite différence dissimule une très probable dissolution de l'exogène.

La personne au Moyen Age. Avec Jérôme Baschet sur France Culture.


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11.11.2016

Les lieux communs ont la vie dure. Ainsi cette idée d'un Moyen Age dualiste, qui aurait instauré une guerre entre le corps et l'âme : d'un côté, un corps coupable, source du péché, de l'autre, une âme pure tournée vers Dieu.
Réfutant cette construction, Jérôme Baschet montre plus subtilement que le Moyen Age chrétien a développé une pensée positive du lien entre l'âme et le corps, soucieuse de valoriser l'unité psychosomatique de la personne.
Ce modèle a permis de penser non seulement l'être humain mais aussi l'ordre social dont l'Eglise est alors l'institution dominante.
Jérôme Baschet dépasse les limites habituelles du Moyen Age en prolongeant l'analyse jusqu'au moment où, avec Descartes et Locke, s'impose une conception radicalement nouvelle de la personne, identifiée à la conscience, qui ne doit son activité à rien d'autre qu'à elle-même.
En montrant enfin les différentes perceptions de la personne dans d'autres cultures - de la Chine impériale aux sociétés amérindiennes en passant par l'Afrique ou la Nouvelle-Guinée - Jérôme Baschet nous offre un voyage comparatiste indispensable pour évaluer la singularité des conceptions occidentales de l'humain et mettre à distance l'idée moderne du moi.

Émission "La Fabrique de l'Histoire", animée par Emmanuel Laurentin.

Sur les traces de Spengler. Avec Gilbert Merlio et David Engels chez Alain de Benoist sur TV Libertés.


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12.2018

Il y a tout juste un siècle, en 1918, le philosophe et historien allemand Oswald Spengler (1880-1936) publiait le premier volume de son maître-ouvrage Le déclin de l’Occident.
Partisan d’une approche "morphologique" de l’histoire, Spengler décrivait les différentes cultures de l’humanité comme des organismes collectifs, passant toutes par les mêmes phases depuis leur naissance jusqu’à leur mort. La civilisation était à ses yeux la forme que prennent les cultures sur leur déclin. Ces thèses furent discutées passionnément dans le monde entier.
Dans ce nouveau numéro des "Idées à l’endroit", Alain de Benoist s'entretient avec Gilbert Merlio et David Engels pour débattre des thèses et de l'héritage d'Oswald Spengler.

L'Occident vu d'Extrême-Orient : menace ou source de progrès ? Avec Bruno Gollnisch au Centre d'Etudes et de Prospective sur la science.


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22.09.2018

En grand érudit, Bruno Gollnisch nous retrace l'histoire des contacts entre l'Europe, la Chine et le Japon, depuis le XVIIe siècle.
Qu'il s'agisse de commerce, de religion, de techniques ou même du droit, l'influence occidentale fut tantôt bien accueillie voire recherchée, tantôt combattue.
On verra sur de nombreux exemples combien les différences de cultures rendaient difficile la compréhension mutuelle mais comment le pragmatisme asiatique a finalement permis à ces peuples de sortir de l'isolement à leur profit.
La conclusion sera laissée à Lou Tseng-Tsiang, cet homme d'État chinois converti au catholicisme qui devint Dom Pierre-Célestin, moine bénédictin en Belgique.

Pour une histoire spécifique et globale de l'émergence du capitalisme. Avec Armel Campagne et Benjamin sur Radio Libertaire.


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2018

L'histoire de l'émergence du capitalisme est une histoire lourde d'enjeux politiques : s'il a toujours existé, qu'il n'est qu'une prolongation d'un penchant de l'homo oeconomicus aux échanges, qu'il a émergé pacifiquement dans toute l'Europe occidentale à partir du Moyen Âge et/ou qu'il n’a jamais eu aucun lien avec des oppressions comme celles du patriarcat, du racisme, de l'esclavage, du colonialisme, de l'exploitation des milieux naturels et de l'État, alors comment ne pas en conclure qu'il n'y a pas de sortie possible du capitalisme ?
Et si, au contraire, il avait émergé violemment, en rupture avec l'histoire des sociétés humaines, mais aussi – c'est l'objet de cette émission – de manière globale, en articulation avec ces formes d'oppression ? Il s'agit désormais de combiner une histoire de l'essor spécifique du capitalisme, issue du "marxisme politique", et une histoire de son expansion impériale et de son interconnexion avec des sociétés non-capitalistes, issue de "l'histoire globale", en dépassant de ce fait leurs limites respectives.

Émission "Sortir du capitalisme".