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Sous le vernis d'un discours sécuritaire soigneusement calibré, les États-Unis justifient l'enlèvement de Nicolas Maduro par la lutte contre le trafic drogue. Pourtant, derrière cette rhétorique officielle se cache une réalité bien plus inquiétante.
Cette attitude s'inscrit dans une logique impériale, où la force prime sur le droit et où les institutions internationales ne sont respectées que lorsqu'elles servent les intérêts américains. Les sanctions unilatérales, les menaces militaires, les tentatives de reconnaissance de gouvernements parallèles ou encore les opérations de déstabilisation économique et politique illustrent une volonté claire : soumettre un État récalcitrant à l'ordre géopolitique voulu par les États-Unis.
Car l'enjeu réel dépasse largement la personne de Maduro ou la situation intérieure du Venezuela. Il s'agit du contrôle de ressources considérables, au premier rang desquelles le pétrole, mais aussi de la capacité à empêcher l'émergence de modèles politiques et économiques indépendants de l'influence américaine. Tout dirigeant qui ose affirmer une voie souveraine, remettre en cause l'ordre établi ou refuser de se plier aux exigences de Washington devient une cible potentielle. La destitution, l'asphyxie économique ou le soutien à des forces d'opposition servent alors d'outils pour briser toute résistance.
L'action des États-Unis révèle une continuité historique : celle d'une puissance qui se considère au-dessus des lois internationales, persuadée que rien ne peut ne l'arrêter.
Un échange mené par Yanis Mhamdi.


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Après les élections européennes du 26 mai 2019, une analyse lucide des forces de gauche en France et en Europe doit être menée. Il ne s'agit pas tant de discuter des pratiques et des orientations militantes des uns et des autres mais d'interroger l'offre politique dans le "moment populiste" qui est le nôtre.
Car si nous prenons au sérieux ce qu'écrivent les théoriciens du populisme qui se réclament de la gauche -Enersto Laclau, Chantal Mouffe ou Íñigo Errejón-, il est d'une actualité pressante de faire le point sur les fondements, les évolutions et les problèmes de ce qui se présente comme une nouvelle stratégie pour la gauche.
Un débat modéré par Lenny Benbara et qui se tient durant l'université d'été de Le Vent Se Lève, intitulée "L'Histoire recommence".