Le prométhéisme destructeur. Avec Chantal Delsol chez Philippe Nemo sur Radio Courtoisie.


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14.03.2016

Le XXe siècle a été dévasté par la démiurgie des totalitarismes qui, espérant transfigurer le monde, n'ont abouti qu'à le défigurer. Mais il serait faux de croire que ces illusions totalitaires nous ont quittés. Car nous avons rejeté avec force le totalitarisme comme terreur, mais tout en poursuivant les tentatives de transfiguration du monde.
Au point de l'histoire où nous en sommes, le débat et le combat opposent ceux qui veulent encore remplacer ce monde, et ceux qui veulent le défendre et le protéger.
La conviction de Chantal Delsol est qu'une partie de l'Occident postmoderne, sous le signe d'un certain esprit révolutionnaire, au sens de radicale utopie, mène une croisade contre la réalité du monde au nom de l'émancipation totale. Le projet de la modernité tardive est ainsi défini comme une démiurgie émancipatrice dans le sillon des Lumières françaises de 1793 et du communisme, œuvrant sans la terreur et par la dérision, toujours barbare mais promue par le désir individuel et non plus par la volonté des instances publiques.

Günther Anders (1902-1992). Avec Chantal Delsol au Collège des Bernardins.


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29.06.2016

Gunther Anders peut être décrit comme le père du catastrophisme contemporain, de ce courant de pensée supposant la fin prochaine de l’humanité écrasée sous ses propres excès. C’est un courant contempteur de l’hubris moderne.
Celui qui fut marié sept ans (1929-1936) à Hannah Arendt partage avec elle l'une de ses questions principales : la question du monde, présupposant celle de la barbarie. Les réponses données sont profondément différentes : Arendt devient le premier penseur du totalitarisme et conjointement du monde de la liberté existentielle post-totalitaire, et Anders s'installe en précurseur du courant catastrophiste, peut-être le premier à légitimer la seconde modernité.
Comme on sait, la première modernité, celle qui va de la saison révolutionnaire du XVIIIe siècle à la période post-totalitaire, se caractérise essentiellement par le mythe du Progrès et l’attente du bonheur terrestre. La seconde modernité, minée par les déceptions, a cessé de croire au Progrès et, fatalement, renverse l’Histoire dans l’autre sens : elle devient décadentiste. Les catastrophes du XXe siècle se chargeront de radicaliser cette décadence et la transforment en apocalypse.
Anders élabore ainsi une théorie de l’apocalypse, non pas au sens de la révélation, mais au sens trivial de catastrophe finale. Cette pensée ne serait qu’une plaisanterie si elle n’était directement liée à la garde du monde et à des tentatives timides, anxieuses, et pathétiques, pour définir un homme et un monde débarrassés de la barbarie...

Les religions, le religieux : quel avenir ? Avec Chantal Delsol au Centre d'Echanges et de Réflexion pour l'Avenir.


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24.06.2016

Il aura fallu le terrorisme et l’intégrisme islamiste pour que la religion redevienne une question centrale dans nos sociétés.
Le vivre-ensemble et la démocratie sont mis en cause. Les croyances bousculent la science. Est-ce le retour du religieux ? L’avènement d’un XXIe siècle spirituel ?
Chantal Delsol, philosophe, ne cache pas sa foi catholique et se décrit comme libérale-conservatrice. Considérée comme une référence des "intellectuels conservateurs", elle aborde ces questions sans détour et sans langue de bois, fidèle à son non-conformisme.

Du temps fléché au retour du temps cyclique. Avec Chantal Delsol au Collège des Bernardins.


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2010

Chantal Delsol se penche dans une première partie sur le lien entre temps et progrès, où comment l'adoption par la civilisation occidentale du temps fléché a développé l'idée de progrès, c'est-à-dire une idée d'amélioration du monde humain.
Dans la seconde partie, il s'agit d'explorer la théorie des catastrophes : puisque le progrès s’efface, l'Histoire redevient une succession d'ordre et de chaos, la vision du temps fléché laissant la place à un retour au temps cyclique.

Cet enregistrement est la combinaison de deux conférences prononcées les 07 avril et 05 mai 2010.

Le clivage gauche/droite : mythe ou réalité ? Avec Chantal Delsol au Cercle Charles Peguy.


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15.03.2013

Comment distinguer les lignes de pensée de droite et de gauche ? Au-delà des partis, sur quels postulats reposent les différences profondes entre les deux bords de la politique française ? Et d'ailleurs, ce clivage histoirique est-il toujours d'actualité ? 
Chantal Delsol répond par la positive, en s'appuyant sur le travail de Léo Moulin. Il y a fort à parier que c’est dans leurs visions de l’homme respectives que la droite et la gauche se séparent.

Qu'est ce que le populisme ? Avec Chantal Delsol et Dominique Reynié à Répliques sur France Culture.


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14.03.2015

Partout en Europe, les partis populistes renaissent et fleurissent, rencontrant des succès électoraux surprenants et de plus en plus souvent spectaculaires.
Mais le vocable "populiste", jamais revendiqué par ceux-la qui sont désignés sous cette étiquette, est d'abord une injure.
Est-il alors possible de donner une définition et d'analyser correctement ce phénomène contemporain qui s'est imposé dans notre paysage médiatique ?

A quelles conditions la critique de la démocratie est-elle légitime ? Avec Chantal Delsol, Jean-Marie Donegani, Olivier Postel Vinay et Blandine Kriegel sur France Culture.


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08.11.2010

La démocratie renvoie à plusieurs réalités distinctes :
  - c’est d’abord un mode d’organisation des pouvoirs (un peuple qui se gouverne lui-même selon des procédures à préciser : la souveraineté populaire)
  - c’est un mode d’exercice du pouvoir qui, par des techniques diverses, garantit les droits subjectifs des individus ; en particulier, il protège les citoyens contre l’arbitraire et les abus auxquels tend spontanément tout pouvoir (la liberté)
  - la démocratie est aussi un régime social dont l’idéal régulateur est l’égalité
La démocratie a toujours fait l’objet de critiques. On lui reproche de flatter la plèbe au détriment des hommes sages et raisonnables. On lui impute la médiocratie des goûts et des mœurs ou l’égoïsme et l’absence de sens civique. On l’accuse de diviser la société et ainsi d’affaiblir l’Etat. On la soupçonne d’être incapable d’effort prolongé, notamment dans le domaine diplomatique et guerrier. On veut y voir un simple théâtre d’ombres, derrière lequel, quelques individus appartenant aux élites sociale miment l’affrontement. On la soupçonne d’être corrompue et de protéger les intérêts des riches.
Voilà pour les critiques classiques. Mais la critique se renouvelle : la démocratie nourrit les haines ethniques et expose les minorités à la revanche des peuples majoritaires. La démocratie représentative est enfermée dans le cadre des Etats-nations, alors que les défis sont planétaires.
Puisqu’elle elle n’est plus adaptée, il faut la remplacer par des gouvernances régionales, comme l’Union Européenne, voire mondiale.

Emission "Du Grain à moudre".

Hommes - Femmes : quelle identité ? Débat entre Éric Zemmour et Chantal Delsol au Collège des Bernardins.


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23.06.2009

Alors que la relation homme-femme semblait un fondement stable de la vie et de l’organisation sociale, repenser la différence sexuelle et l’identité sexuelle est devenu rapidement une question existentielle pour beaucoup.
S’agit-il d’une mode ou d’un changement anthropologique profond ?
Emancipation et libération de la femme, rythmes professionnels, immigration, nouveaux médias, savoirs et pouvoirs médicaux, avancées risquées des sciences humaines, développement de valeurs postchrétiennes et renouveau des valeurs de fidélité chez les jeunes croyants… les signaux et les causes d’un changement d’époque sont multiples et leur combinaison semble avoir un effet "boule de neige".
Peut-on nommer des invariants, et comment évaluer leur qualité et leur durabilité? De quelle richesse se révèle porteuse la différence des sexes qui nous traverse et comment réfléchir sur son dynamisme ?