L'Occupation du monde. Avec Sylvain Piron au Centre Alexandre-Koyré.


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15.06.2022

Face à l'aggravation des crises environnementales qu'elle a provoquées, la société industrielle semble frappée d'aveuglement. Elle est bercée de l'illusion que tout finira par s'arranger, grâce à la souplesse du marché, l'innovation technique et l'inventivité du capital. Toute une mythologie économique entrave ainsi la réflexion et la perception de la gravité de la situation. 
Dans le but de défaire cette mythologie, Sylvain Piron cherche à en comprendre l'histoire, en associant deux voies complémentaires. Le désastre vers lequel nous avançons est annoncé depuis un demi-siècle. Parmi les penseurs de l'écologie politique des années 1967-72, les parcours de Gregory Bateson et d'Ivan Illich permettent d'observer l'émergence de cette réflexion, puis son occultation sous l'effet du tournant néo-libéral des années 1980. 
Mais pour saisir la puissance du mythe et ses effets dévastateurs, il faut remonter bien plus haut. L'appétit de transformation du monde naturel par l'action humaine correspond à une pente générale de l'Occident dans la longue durée du second millénaire de l'ère chrétienne. C'est ce que l'on peut décrire comme une dynamique d'occupation du monde, au double sens d'une occupation objective par des êtres subjectivement occupés à le transformer.
Les théologiens scolastiques ont été les premiers à observer le phénomène au XIIIe siècle. Point de départ d'une pensée de l'économie, leur philosophie morale peut aujourd'hui fournir des arguments critiques face aux dogmes de la pensée économique contemporaine. 
Alors que les réflexions politiques et sociologiques ont eu maintes fois l'occasion de reformuler leurs postulats, la pensée économique est demeurée prisonnière de présupposés qui lui confèrent à présent une texture quasiment théologique. Cet impensé est le premier responsable de notre incapacité à faire face aux crises actuelles.
Sylvain Piron nous propose une interprétation globale du destin économique de l'Occident, en vue de défendre la nécessité d'un autre rapport au monde. 

Une intervention modérée par Catherine König-Pralong, agrémentée des contributions des deux discutants Emanuel Bertrand et Julie Brumberg-Chaumont.

La thermodynamique : une nouvelle science reine ? Avec Emanuel Bertrand au Centre Alexandre-Koyré.


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15.05.2024

La Nouvelle Alliance (1979), du physicien Ilya Prigogine et de la philosophe Isabelle Stengers, est à la fois un livre d'histoire et de philosophie de la thermodynamique, une branche de la physique méconnue du grand public, et un essai philosophique sur la place de l'homme dans la nature. Il a suscité de vives controverses à propos du déterminisme, de l'irréversibilité, de l'interdisciplinarité et du réalisme scientifique.
Emanuel Bertrand revient sur ces controverses, ainsi que la genèse, la construction et la réception de La Nouvelle Alliance, de même que sa promotion de l'extension du domaine de la thermodynamique à de très nombreux autres champs de la connaissance : la chimie, la biologie, l'écologie, l'économie, les sciences sociales et la philosophie.

Une intervention modérée par Masatoshi Inoue, agrémentée des contributions des deux discutants Hélène Guillemot et Jean-Louis Fabiani.