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Le béton est utilisé depuis l'antiquité dans sa forme simple, puis il s'arme — de fer ou d'acier, et envahit peu à peu les constructions, les logements sociaux et les chantiers dans l'urbanisme contemporain tellement il est facile et pas si cher à produire.
Anselm Jappe a écrit un ouvrage sur les questions soulevées par ce matériau comme "arme de construction massive du capitalisme". Participant de la réduction des surfaces dans les logements, de l'uniformisation des bâtis, du contrôle social dans les logements de masse, il engendre également un retournement des habitants contre leur propres habitats : mépris voire haine de ces lieux qui viennent comme remplacer une haine de classe, tellement ils sont honnis.
Il est question également de la nocivité pour la santé des vivants, tant durant l'extraction des sables et graviers nécessaire à son élaboration, que lors de sa production (émission de CO2), que, in fine, dans la stérilisation des sols une fois bétonnés. Il n'y a pas non plus de lien au milieu où l'on est, où l'on construit ou adopte son habitat, qui est indépendant de tout contexte, partout pareil… avec des inconforts thermique, acoustique, et pas de durée.
En outre il n'y a de pas de "belles ruines" après le béton : il y a des tas informes, des débris dans les déchetteries, et un décyclage (tel que l'utilisation des résidus coulés pour des autoroutes ou autres). Outre les ressources, le béton a aussi détruit moult savoirs et métiers de constructions locales et pérennes.
Facteur d'épuisement des ressources et des personnes, l'hostilité du béton n'est-elle pas en effet à la mesure de celle des sociétés capitalistes ?
Émission "Un Coin Quelque Part", animée par Isabelle Carrère.


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En développant la théorie du matérialisme historique, Marx et Engels ambitionnaient de forger une méthode capable de pénétrer la logique de l'évolution de l'ensemble des sociétés humaines. De leur vivant, des premiers travaux d'anthropologie sociale leur permirent de faire une incursion dans le champ des sociétés primitives, en particulier au travers du célèbre ouvrage L'origine de la famille, de la propriété privée et de l'Etat.
L'enseignant-chercheur Christophe Darmangeat, économiste reconverti dans l'anthropologie et l'étude des sociétés primitives, se réclame de cet héritage.
Mais de quel méthode parle-t-on ? En quoi le matérialisme historique offre-t-il un point de vue particulier sur l'évolution sociale préhistorique ? Le marxisme, élaboré pour comprendre les oppositions de classes, peut-il permettre de déchiffrer les sociétés primitives ? Quelle peut être une approche marxiste des grandes questions que sont, par exemple, la naissance des inégalités ou l’origine de l’oppression des femmes ?
Émission "Pause Commune", animée par Charlotte et Olive.