Si tout est question de taille, quelle serait la juste mesure d'une société soutenable ? Avec Olivier Rey aux Conférences Utopia.


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12.04.2016

Seul l’imaginaire est peuplé d’êtres monstrueux, c’est-à-dire hors proportions. Car dans la nature, chaque organisme n’est viable qu’à son échelle adéquate : une araignée géante s’asphyxierait, une gazelle de la taille d’une girafe se casserait les pattes…
Idem pour les sociétés et les cultures, affirme Olivier Rey. Le philosophe et mathématicien met cette "question de taille" au centre de sa critique de la modernité technicienne et libérale en exhumant les thèses d'Ivan Illich ou de Leopold Kohr ("partout où quelque chose ne va pas, quelque chose est trop gros").
Les villes, les États, les sociétés, les démographies, les institutions, les techniques, les désirs… tout est trop grand, trop gros, trop nombreux ou trop rapide. Bref, sans limite. Dès lors, c’est la démocratie, la santé, l’éthique, l’écologie, l’éducation, la science… qui sont perverties.

Que peut la philosophie face aux catastrophes ? Avec Jean-Pierre Dupuy sur France Culture.


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28.03.2016

Le philosophe Jean-Pierre Dupuy réfléchit à nos attitudes collectives face aux catastrophes, et à la place du sacré dans nos sociétés. Écologie, économie, terrorisme, quelles sont les catastrophes contemporaines ? Comment la philosophie peut-elle nous éclairer ? Et a-t-on besoin de sacré ?
Deux grandes idées traversent les travaux du philosophe Jean-Pierre Dupuy. Premièrement, face au danger collectif, face à une catastrophe imminente, nous refusons de croire qu’il soit possible qu’elle advienne. Et une fois qu’elle se produit, elle devient banale. Deuxièmement, nous pensons nous être affranchis du sacré, mais ce faisant, nous nous retrouvons sans protection face à notre propre violence. Catastrophes, sacré, violence : autant de réflexions qui peuvent nous aider à penser l’actualité.
Le terrorisme est-il en train de devenir une catastrophe banalisée ? Comment les travaux de René Girard sur la violence et le sacré peuvent-ils nous éclairer ?
Les errements de l’économie montrent-ils l’échec et la violence d’une approche technique de la réalité ? Les chiffres du chômage sont-ils notre nouveau sacré ?
Le réchauffement climatique est-il l’exemple type d’une catastrophe vers laquelle nous courrons, sans vouloir croire qu’elle soit possible ?
Finalement, la philosophie serait-elle aujourd’hui le meilleur moyen d’action ?

Emission "L'Invité des Matins", animée par Guillaume Erner.

Günther Anders (1902-1992). Avec Chantal Delsol au Collège des Bernardins.


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29.06.2016

Gunther Anders peut être décrit comme le père du catastrophisme contemporain, de ce courant de pensée supposant la fin prochaine de l’humanité écrasée sous ses propres excès. C’est un courant contempteur de l’hubris moderne.
Celui qui fut marié sept ans (1929-1936) à Hannah Arendt partage avec elle l'une de ses questions principales : la question du monde, présupposant celle de la barbarie. Les réponses données sont profondément différentes : Arendt devient le premier penseur du totalitarisme et conjointement du monde de la liberté existentielle post-totalitaire, et Anders s'installe en précurseur du courant catastrophiste, peut-être le premier à légitimer la seconde modernité.
Comme on sait, la première modernité, celle qui va de la saison révolutionnaire du XVIIIe siècle à la période post-totalitaire, se caractérise essentiellement par le mythe du Progrès et l’attente du bonheur terrestre. La seconde modernité, minée par les déceptions, a cessé de croire au Progrès et, fatalement, renverse l’Histoire dans l’autre sens : elle devient décadentiste. Les catastrophes du XXe siècle se chargeront de radicaliser cette décadence et la transforment en apocalypse.
Anders élabore ainsi une théorie de l’apocalypse, non pas au sens de la révélation, mais au sens trivial de catastrophe finale. Cette pensée ne serait qu’une plaisanterie si elle n’était directement liée à la garde du monde et à des tentatives timides, anxieuses, et pathétiques, pour définir un homme et un monde débarrassés de la barbarie...

L'Apocalypse Joyeuse : une histoire du risque technologique. Avec Jean-Baptiste Fressoz à Montpellier.


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03.04.2013

Un chiasme curieux caractérise notre société libérale et technologique : d’un côté nous transformons radicalement la nature quand de l’autre nous proclamons l’impossibilité de modifier la société. Le libéralisme combine une acceptation supposément réaliste des buts humains et de l’organisation sociale tels qu’ils sont, avec un projet utopique de maîtrise et de transformation du monde.
Lorsqu’en 1992, au Sommet de la terre de Rio, George Bush père déclarait : "le mode de vie américain n’est pas négociable", cela impliquait que la nature et sa préservation l’étaient.
Comment ce chiasme destructeur s’est-il établi à partir de la fin du XVIIIe ? "Le siècle du progrès" n’a jamais été simplement technophile. L’histoire du risque technologique qu’il présente n’est pas l’histoire d’une prise de conscience, mais l’histoire de la production scientifique et politique d’une certaine inconscience modernisatrice.

Climat : comment penser les risques extrêmes ? Avec Jean-Pierre Dupuy sur France Culture.


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05.06.2015

Alors que la conférence de la COP21 sera tenue dans quelque mois, le philosophe Jean-Pierre Dupuy s'interroge sur le sens à donner au changement climatique.
Comment penser les bouleversements qui vont nous affecter ? Est-ce que les thèses du "catastrophisme éclairé" sont toujours d'actualité ?

Émission "La Grande table", animée par Caroline Broué.