René Goscinny (1926-1977), auteur majeur pour art mineur. Avec Anne Goscinny, Muller Catel, Patrice Leconte et Pascal Ory sur France Culture.


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01.02.2020

Septembre 1959, dans un HLM de Bobigny. L'été est caniculaire et il faut quelques verres de pastis à Albert Uderzo et René Goscinny pour trouver une idée : pour son premier numéro, le journal Pilote a besoin de nouveaux personnages. Goscinny avait déjà fait parler Lucky Luke et le Petit Nicolas, voilà qu'il crée Astérix. Le plus français de tous les Gaulois a pour co-créateur un homme de 33 ans... qui en a passé 23 à l'étranger.  
Car si René Goscinny est né en France, il passe sa jeunesse en Amérique. Depuis l’Argentine d'abord et à New York ensuite, la France est exotique, fantasmée. Loin de l'Europe, ce petit Français juif expatrié échappe à la guerre. Ce n'est pas le cas de sa famille restée à Paris, pour partie assassinée dans les camps nazis. Pour surmonter ce malheur, peut-être, René Goscinny choisit de faire un "métier rigolo". Le dessin d'abord. Mais ses rencontres avec Morris, Uderzo et Sempé le font devenir scénariste, l'un des plus grands de la bande-dessinée.
Et pourtant… Scénariste de bande-dessinée est un métier qui n'existe pas. La bande-dessinée elle-même est méprisée, "une sous-littérature pour diminués mentaux", dit-il.
Le voilà, le fait d'arme de René Goscinny : avec Lucky Luke, Le Petit Nicolas, Iznogoud mais surtout avec Astérix et Pilote, lui, l'amuseur professionnel, le besogneux de la futilité, a mis les bandes-dessinées dans les mains des adultes. Non pas qu'ils n'en lisaient pas avant… Mais maintenant, ils l'avouent !
C’est Goscinny qui a mis sur les rails la bande-dessinée française. C'est lui qui a découvert et a laissé s'exprimer les Moebius, Druillet, Gotlib, Brétécher, Fred, Alexis, Reiser, Cabu, Mandryka, Patrice Leconte, Mézières, Christin et autres : il serait plus facile de dresser la courte liste des auteurs de BD qui ne sont pas passés par Pilote. Il fallait bien René Goscinny et son sourire en coin pour faire passer la bande-dessinée d'art mineur à neuvième art.

Émission "Toute une vie", produite par Romain Weber.

Edgar P. Jacobs. Avec Benoît Mouchart, Philippe Biermé et Jacques Tardi sur France Culture.


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25.02.2012

Beaucoup de lecteurs de bande dessinée ne connaissent de l'homme qu'était Edgar P. Jacobs qu'une photo, reproduite au dos des albums de Blake et Mortimer. Plus exactement deux photos. Celle des éditions du Lombard, sur laquelle il mordille une branche de ses lunettes en fixant l'objectif d'un œil sombre et mystérieux, et celle des actuelles éditions Blake et Mortimer, qui montre un fringant jeune homme bien peigné et à la fine moustache, avec l'air romantique d'un presque jeune premier.
Hormis ces deux portraits, rien ou presque, tant l'auteur singulier qu'était Jacobs semble s'être réfugié derrière son œuvre... Et quelle œuvre ! Huit aventures seulement, mais qui ont fait de ses héros Blake et Mortimer et de leur éternel adversaire le colonel Olrik trois personnages incontournables de la bande dessinée.

Émission "Une vie, une oeuvre", réalisée par Victor Macé de Lépinay.

Blake et Mortimer, immortels. Avec Pascal Ory sur France Culture.


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23.11.2019

Dans le monde merveilleux de la bande dessinée, celle que l'on peut désormais qualifier de classique, les duos s'épanouissent, les paires abondent, les couples font florès : il est ici question de la fameuse série Blake et Mortimer, d'Edgar P. Jacobs, sur laquelle nous nous penchons en compagnie de Pascal Ory.
Il va s'agir de comprendre ce que peut expliquer que cette oeuvre, qui remonte déjà loin en arrière (le troisième quart du XXe siècle) trouve, aujourd'hui encore, des échos tels que les albums que d'autres créateurs ont osé perpétuer depuis la disparition du créateur, connaissent actuellement des tirages énormes : plusieurs centaines de milliers, selon leurs éditeurs.
Est-ce donc un art spécifique de rejoindre des mythes éternels, entre les pharaons et l'Atlantide, de restituer les fascinations durables de l'archéologie, de nourrir une science-fiction d'anticipations lucides quant aux technologies et aux armements échappant à leurs créateurs, de donner vie à des stéréotypes indéracinables sur les peuples et sur les nations qui s'affrontent, et de porter, à la fin des fins, un optimisme tourmenté mais rassurant sur le triomphe du bien sur mal, des bons sur les méchants ?
Tout cela, oui, probablement, et davantage...

Émission "Concordance des temps", animée par Jean-Noël Jeanneney.

Andre Franquin (1924-1997) : génial, modeste et discret. Avec José-Louis Bocquet, Jean-Christophe Menu, Numa Sadoul et Augustin David sur France Culture.


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04.05.2020

André Franquin débute brièvement sa carrière par l'animation, puis entre au journal de Spirou en 1945 en compagnie de ses comparses, Morris et Peyo. Avec Joseph Gillain, alias Jijé, le dessinateur de Spirou, ils formeront l'école de Marcinelle, et partiront vadrouiller en Californie et au Mexique.
Pendant presque toute sa carrière, Franquin fournit des planches au journal de Spirou, dans lequel il publie ses aventures de Spirou et Fantasio, variant les styles graphiques et les collaborateurs, créant des personnages toujours vivants aujourd'hui comme le Marsupilami.
Un beau jour de 1957, les lecteurs du journal de Spirou voient apparaître dans les marges de leur hebdomadaire un type mou et hésitant, qui délaisse très vite le nœud papillon et la veste un peu cintrée qu'il arborait dans un premier dessin pour un vieux mégot et un pullover râpé.
Ses lecteurs ne savent pas encore que ce "héros sans emploi", débraillé et mollasson, va devenir une icône de la bande dessinée franco-belge, mais ils connaissent son créateur, qui depuis plus de dix ans trimballe aux quatre coins de la planète le héros plus traditionnel qui a donné son nom à leur journal.
Dessinateur zélé : il conjugue plusieurs séries en même temps, multiplie les collaborations, notamment pour les décors et les couleurs de ses propres séries, et pour les scénarios de celles des autres. Sa brève période de dépression ne l'empêchera pas de dessiner Gaston, ni de créer la série caustique Idées noires, publiée dans Le Trombone illustré, supplément subversif au consensuel journal de Spirou.
André Franquin restera fidèle toute sa vie à l'idée que la bande dessinée est un genre humoristique et enfantin, et ses créateurs, d'honnêtes artisans...

Émission "Toute une vie", produite par Victor Macé de Lépinay.

René Goscinny. Avec Patrick Gaumer pour WebCampus64.


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06.11.2009

René Goscinny est l'un des auteurs français les plus lus au monde. À elles seules, les aventures d'Astérix le Gaulois, traduites en de multiples langues et dialectes, représentent près de 370 millions d'albums vendus !
René Goscinny était un homme tout le temps drôle. Dans ses écrits, dans ses propos. Ce n'était cependant pas un boute-en-train au sens habituel du terme. Toujours élégant, bouillonnant de l'envie de créer, il était courtois et, en même temps, très réservé.
Pendant lontemps, il aura tiré le diable par la queue et puis, aux abords de la quarantaine, il est devenu un auteur comblé et, enfin, un homme de bonheurs (sa femme, sa fille). Ensuite, trop vite, comme ces ballons sur lesquels il aimait tirer dans les fêtes foraines, son coeur a explosé. Il est mort à 51 ans, le 5 novembre 1977.
Pratiquant un art rare, dénué de méchanceté, de vulgarité, tout de légèreté et de précision, René Goscinny a été un immense scénariste de bande dessinée, un génie de l'écriture. Il a aussi été en 1959 le cofondateur (avec Jean-Michel Charlier et Albert Uderzo) du journal Pilote où est née la bande dessinée que nous lisons encore aujourd'hui. De Bretécher à Bilal, en passant par Gotlib, Cabu, Tardi, Morris, Mézières, Druillet, Fred, Lob, Giraud, Christin, Pétillon, Sempé, Reiser, F'murrr, Lauzieret bien d'autres.
C'est la trajectoire de ce gentleman pudique, drôle, fragile et mystérieux que nous raconte Patrick Gaumer.

Le savant fou, archétype de la littérature populaire. Avec Jean-Christophe Ogier, Emmanuel Laurentin et François Angelier à Mauvais Genres sur France Culture.


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15.08.1992

Sur les traces des archétypes de la littérature populaire, Mauvais Genre approche avec prudence le savant fou, puits de science obsédé par ses recherches, Docteur Folamour prêt à chevaucher la bombe ou encore maître du monde frustré...
"Le savant fou" donc, d'Homère à Thierry Jonquet en passant par Mary Shelley, Robert Louis Stevenson, Curt Siodmak, Maurice Renard et Herbert George Wells : c'est à un voyage singulier dans la bande-dessinée, le cinéma et la littérature des XIXe et XXe siècle que nous avons droit dans cette émission.

France-Etats-Unis : un commerce équitable ? Avec Régis Debray sur France Culture.


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01.07.2017

De quelles natures sont les relations transatlantiques ? Quels produits, quelles attitudes, quelles images avons-nous échangés, partagés ou déclinés ? Que doit concrètement l’Europe à l’Amérique et que doit l’Amérique à l’Europe ?
Une série d'émissions où Périco Legasse, Olivier Abel, Francis Marmande, Françoise Gaillard, Paul Soriano, Bernard Cerquiglini, Alban Cerisier, Benoît Peeters, Catherine Bertho-Lavenir et Raphaëlle Moine accompagnent Régis Debray dans son questionnement.

Hergé notre copain... Avec Francis Bergeron sur Méridien Zéro.


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24.07.2011

La vie d'Hergé pourrait se résumer en quelques lignes, tant elle est banale. Son destin est le contraire d'une aventure : il n'a jamais eu de véritable engagement, dans aucun domaine : politique, syndical, humanitaire, caritatif. Il ne lui est jamais rien arrivé d'extraordinaire, si ce n'est d'avoir passé une journée - et une seule - dans une prison, en 1944. Une journée qui l'a profondément marqué. Mais Hergé, c'est bien autre chose : c'est une œuvre. C'est une vie passée presque entièrement derrière la planche à dessin, un pur travail artistique et d'imagination. Il est, comme l'écrit Robert Poulet, un "Belge moyen" [qui] avait une sensibilité d'aristocrate.
Jusqu'à Tintin, les bandes dessinées s'adressaient aux enfants, et uniquement sur un mode comique. Elles ne faisaient pratiquement jamais allusion à la politique, à l'actualité, aux faits divers contemporains. Jusqu'à Tintin, aucune histoire dessinée n'avait jamais donné lieu à un vrai scénario. Jusqu'à Tintin, aucune BD ne pouvait se lire "comme un roman". Jusqu'à Tintin, aucun adulte ne pouvait trouver un intérêt soutenu et renouvelé à ce genre de lecture.
Le travail d'Hergé appartient désormais au patrimoine universel. Depuis les rivages américains, sous l'impulsion de Steven Spielberg, une marée cinématographique va formidablement relancer le mythe, convertir d'autres générations et d'autres continents au culte hergéen. Eux aussi, à leur tour, "y en a verront Tintin, le boula-matari !", comme nous disent les petits Africains, à la fin de Tintin au Congo.