Esthétique rouge en Russie soviétique (1917-1953) : de l'art comme pratique collective au kitsch d'Etat. Avec Marie-Christine Lasnier sur Radio Courtoisie.


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06.06.2019

Savions-nous que les débuts du communisme en URSS ont donné lieu à une véritable révolution artistique ? Car si en 1917, la révolution d'Octobre fait naître l'espoir d'une société nouvelle, celui-ci fut rapidement contrarié par l'exercice réel du pouvoir et l'arrivée de Staline, quelques années plus tard, à la tête du parti.
Les œuvres de Rodtchenko, Malevitch ou encore Klutsis relatent les tensions, les innovations plastiques et les contraintes idéologiques de cette époque...

Émission "Les histoires de l'art", animée par Marie-Thérèse Hablot.

Les avants-gardes artistiques. Avec Béatrice Joyeux-Prunel sur Radio Aligre.


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19.09.2017

Depuis le début des années 1980, c'est-à-dire vraisemblablement à partir du moment où elles ont disparu, des milliers de pages ont été écrites sur les avant-gardes artistiques. Pourtant, personne n'avait encore tenté une synthèse comme celle que propose Béatrice Joyeux-Prunel.
Maître de conférences et chercheuse à l'Ecole normale supérieure en histoire de l'art contemporain, elle a entrepris, à l'aide de la sociologie, de l'histoire sociale de l'art et de nouvelles approches quantitatives permises par les outils informatiques, une première et ambitieuse histoire mondiale des avant-gardes artistiques.

Émission "La vie est un roman".

Theodor W. Adorno (1903-1969), minima moralia. Avec Marc Jimenez et Irving Wohlfarth sur France Culture.


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02.05.1996

Le philosophe, sociologue et musicologue allemand Theodor W. Adorno est l'un des principaux représentants de l'Ecole de Francfort, exilé aux Etats-Unis après l'arrivée au pouvoir des nazis avant de revenir en Allemagne après la Seconde Guerre mondiale.
Ses ouvrages les plus importants ont posé les bases de la "théorie critique", notamment Dialectique négative (rédigé avec son acolyte Max Horkheimer) et Minima Moralia.

Émission "Une vie, une oeuvre", animée par Claudia Krebs et Claude Giovannetti.

Qui connaît Wyndham Lewis ? Avec François Bousquet et Daoud Boughezala sur Méridien Zéro.


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05.01.2018

Longtemps occulté à cause de ses options politiques, le peintre et écrivain britannique Wyndham Lewis (1882-1957) reste, pour beaucoup, à découvrir.
Pour parler de cet artiste maudit, François Bousquet et Daoud Boughezala sont réunis et nous font part de leur admiration pour celui qui fut l'un des fondateurs du mouvement vorticiste et qui écrivit plusieurs oeuvres aujourd'hui considérées comme des chefs-d'oeuvre de la littérature du XXe siècle.

Guy Debord, une critique radicale du Spectacle et du Capitalisme. Avec Benoit Bohy-Bunel et Sylvain Quissol à Montpellier.


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22.10.2016

"Toute la vie des sociétés dans lesquelles règnent les conditions modernes de production s'annonce comme une immense accumulation de spectacles."
Debord détourne la première phrase du Capital, en remplaçant le terme de "marchandises" par celui de "spectacles". Il se rattache donc explicitement à la théorie marxienne de la valeur, et son concept de spectacle doit être compris comme un complément à l'analyse marxienne de la marchandise.
C'est en revenant sur les productions théorique et pratique de Guy Debord que Benoit Bohy-Bunel et Sylvain Quissol nous invitent à en rédécouvrir le caractère fondamentalement critique.

La beauté sauvera-t-elle le monde ? Avec François Bousquet aux assises de l'Enracinement à Palavas.


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29.10.2017

"Jadis, si je me souviens bien, ma vie était un festin où s’ouvraient tous les cœurs, où tous les vins coulaient. / Un soir, j’ai assis la Beauté sur mes genoux. − Et je l’ai trouvée amère. − Et je l’ai injuriée." Arthur Rimbaud
Mais pourquoi donc l'homme moderne s'est-il volontairement plongé dans une nuit sans poésie, sans beauté ?

Ezra Pound, violemment americain. Avec Hubert Lucot, Jacques Henric, Jacqueline de Roux, Michel Morht, Yves di Manno et Richard Sieburth sur France Culture.


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05.11.1992

Comme Louis-Ferdinand Céline, Erza Pound a connu la gloire et l'opprobre. Sa vie et son œuvre posent à l'esprit humain une question insoluble, une insupportable énigme : comment peut-on être en même temps écrivain de génie - le plus grand poète américain du siècle - et chantre de l'idéologie fasciste, ennemi irréductible de la démocratie ?
Au départ, il sollicite le dépaysement ; enfant du vieil Ouest, il laisse derrière lui l'Amérique, quitte en 1907 la morne société victorienne pour l'Europe où il décide de vivre. Londres, Paris, Venise...
Traducteur, poète, critique, Erza Pound est capable d'avoir une idée par seconde et fonde une demi douzaine de mouvements littéraires. Compositeur, éditeur, plus généreux que marmoréen, il "épaule" James Joyce dans la recherche, dans la continuation d' "Ulysse"... Point d'effusions diffuses ou d'épanchements, le poète n'écrit pas en son nom puisque sa création englobe tout l'héritage culturel.
Ezra Pound entreprend les Cantos, un "livre des morts" ou une "descente aux Enfers", qui établit un dialogue avec les textes célèbres de la culture Européenne puis chinoise ... Et visite les traductions inconnues et convoque les maîtres relégués dans l'ombre, oubliés ou négligés.
Défenseur érudit de la tradition artistique et promoteur de formes nouvelles, Ezra Pound procède par conversation fragmentaire, fusion de personnages, montage de citations, d'événements spirituels et de faits divers de l'époque, compression de l'Histoire...
Contempleur acharné de l'usure et de la décadence des Etats-Unis, il se livre pendant la Seconde guerre mondiale à des causeries véhémentes et violemment anti-américaines, à la radio romaine, et en faveur de Mussolini, se prononce contre l'intervention US traître à l'Amérique. Dès que les Américains débarquent, il est enfermé par les forces militaires dans une cage de fer, ramené et interné à Washington.
L'homme déchu est primé et célébré en 1948, "grand poète américain", les Cantos sont salués comme "la grande épopée de notre temps et de l'homme moderne".
Au terme de sa vie, Ezra Pound se plaît à dire qu'il a été le dernier Américain a avoir vécu la tragédie de l'Europe ou encore "une fourmi qui aurait échappé au naufrage de l'Europe".

Émission "Une Vie, une Œuvre", produite par Pascale Charpentier.

À l'arrière-garde de l'avant-garde. Avec Antoine Compagnon pour la Nuit Des Idées à Bordeaux.


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20.05.2016

Qui sont les antimodernes ? Non pas les conservateurs, les académiques, les frileux, les pompiers, les réactionnaires, mais les modernes à contre-cœur, malgré eux, à leur corps défendant, ceux qui avancent en regardant dans le rétroviseur, comme Sartre disait de Baudelaire.
Antoine Compagnon poursuit le filon de la résistance à la modernité qui traverse toute la modernité et qui en quelque manière la définit, en la distinguant d'un modernisme naïf, zélateur du progrès.
Après avoir exposé les grands thèmes caractéristiques du courant antimoderne aux XIXe et XXe siècles (la contre-révolution, les anti-Lumières, le pessimisme, le péché originel, le sublime et la vitupération), Antoine Compagnon revient sur le parcours de certains écrivains emblématiques pour montrer, justement, ces traits idéaux.
Entre les thèmes et les figures, des variations apparaissent, mais les antimodernes ont été le sel de la modernité, son revers ou son repli, sa réserve et sa ressource. Sans l'antimoderne, le moderne courait à sa perte, car les antimodernes ont donné la liberté aux modernes, ils ont été les modernes plus la liberté.