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Tourisme artistique à travers une relation familiale et la recherche de passion, c'est le sujet du livre de Pierre Lamalattie, L'Art des Interstices (L'Editeur). L'auteur, peintre et critique d'art choisit deux angles, celui de l'orientation professionnelle et la déprime dû au manque de passion d'un de ses principaux personnages, pour nous entraîner dans un voyage révélant les réalités du monde artistique.
"Si j'étais prof de physique-chimie en seconde, j'organiserais un certain nombre de travaux pratiques pour faire découvrir, à des gens qui veulent bien assister à mon cours, les lois de la physique par eux-mêmes. Un romancier, c'est un peu la même chose. C'est en amenant le lecteur dans toute une série d'ateliers et en entrant dans l'intimité d'artistes extrêmement variés que j'essaie de l'amener à se faire son opinion sur l'état de l'art contemporain."
Émission "Lecture", animée par Angela Peauty.


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Après des décennies de transgressivité, l'art est plongé ces dernières années dans une atmosphère de moralisation. Un nombre grandissant d'œuvres affichent désormais haut et fort des intentions morales. L'artiste indifférent ou provocateur a largement cédé la place à la figure de l'artiste vertueux et engagé. Ce tournant moralisateur s'exprime également dans la montée en puissance de la critique morale et de la censure des œuvres.
Mais l'art peut-il s'assigner des buts éthiques et être jugé sur des critères moraux ? Carole Talon-Hugon dresse un état des lieux de ce nouvel agenda sociétal de l'art contemporain et procède à une éclairante mise en perspective historique. La question est bien de savoir ce que l'art et l'éthique ont à gagner ou à perdre à placer ainsi l'art sous contrôle.


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Auteur de plus d'une trentaine d'ouvrages portant principalement sur le statut d'artiste et la notion d'auteur, l'art contemporain et le rapport aux valeurs, la sociologue Nathalie Heinich revient sur la problématique des valeurs engagées dans la réception des œuvres d'art, réception généralement conditionnée par le travail des critiques.
Quelles sont les valeurs engagées dans ce processus ? Existe-t-il une tension entre la question du prix et celle de la valeur, dans le domaine de l'art (contemporain) ? La valeur esthétique est-t-elle prédominente dans le jugement rendu par les critiques ? Finalement : l'admiration ou le rejet des oeuvres d'art peuvent-ils s'expliquer ?
Selon Nathalie Heinich, les réponses sont à chercher dans l'activité artistique elle-même, de la création à la réception, en passant par la circulation, des œuvres d'art.


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Nombre de sociologues et d'historiens de l'art ont constaté que notre époque se caractérise par une esthétisation généralisée des modes de vie. Ce n'est plus seulement le domaine de l'art qui est concerné, mais celui de la vie tout entière, même en ses aspects les plus ordinaires et marchands.
Cette esthétisation des existences prend souvent l'aspect non de la production d'objets, mais de celle d'expériences, et en particulier d'expériences atmosphériques. Les ambiances jouent ainsi un grand rôle non seulement dans les dispositifs esthétiques, mais dans toutes les formes urbaines, sociales, politiques, économiques.
L'écrivain et philosophe Bruce Bégout interroge cette notion d'ambiance dans cette perspective d'esthétique généralisée et prend pour point d'appui l'oeuvre singulière d'Yves Klein qui, au milieu des années cinquante, anticipe cette atmosphérisation de l'expérience et des situations.


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Née à Marseille en 1955, Nathalie Heinich est sociologue et directeur de recherche au CNRS. Titulaire d'un doctorat de l'EHESS consacré à l'histoire sociale de la notion d'artiste (1981), elle s'est spécialisée dans la sociologie des professions artistiques et des pratiques culturelles tout en développant une réflexion sur les crises d'identité, l'épistémologie des sciences sociales et la sociologie des valeurs qu'elle a fait connâitre au travers de la publication d'une trentaine d'ouvrages et de nombreux articles dans des revues scientifiques ou culturelles.
Cette vie de recherche se trouve résumée dans son récent ouvrage Des valeurs. Aux fondements de nos jugements et de nos opinions dont elle nous entretient ici.
Une conférence animée par Sylviane Dupuis.


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Professeur émérite, Gérard Conio est spécialiste de littérature russe. Ses inlassables efforts de traduction, d'édition et son implication dans l'organisation de nombreuses expositions ont permit au public francophone de mieux comprendre la production artistique et littéraire en Russie et sous le régime soviétique, notamment le mouvement nihiliste qui joua un grand rôle dans l'évolution intellectuelle de ce pays et dont les soubassement philosophiques résonnent beaucoup avec notre époque contemporaine.
Émission du "Libre Journal d'Aude de Kerros".


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Il ne fait aujourd'hui plus aucun doute que l’art contemporain, depuis les débuts de la Guerre froide, participe à l'hégémonie du soft power américain. Initialement voulu comme une réponse à l'Internationale communiste, les Américains ont forgé un art planétaire ayant réussi le prodige d'accueillir dans son giron les avant-gardes européenne et russe.
Le conceptualisme d'un Duchamp a été le socle à partir duquel va s'ériger un art contemporain international qui serait le pendant d'une dématérialisation de la valeur propre à l'économie capitaliste : "L'art et la monnaie vont devenir progressivement des valeurs strictement scripturales, financières, conceptuelles."
À la globalisation économique correspondrait une globalisation culturelle ; la géographie de l’art contemporain correspondant en grande partie à celle du pétrole et des grandes places financières.
Mais contrairement à sa consœur, Aude de Kerros parie davantage sur l’échec de cet art global dont le journalisme d'art ferait la promotion, pour miser sur le renouveau d'arts plus locaux ou civilisationnels tels que ceux de la Chine ou du Japon.
Émission du "Libre Journal de la crise", animée par Laurent Artur du Plessis.


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"On ne rit pas de l'Art Contemporain !" Le public le sait bien. Cela ne se fait pas. On passerait pour un beauf, ou pire : pour un nazi ! Depuis plus de trente ans, on est respectueux
de l'AC, on est plein de componction, d'admiration ébahie. On s'incline devant sa haute moralité politique, sa "mission critique", son dérangement salvateur.
Eh bien non ! Nicole Esterolle n'est pas dupe. Ses travaux, pleins d'informations rares et précises, arrivent à point nommé pour parachever la levée de l'omerta sur cette anomalie historique qu'est l'art dit contemporain et pour favoriser le retour au sens élémentaire et au droit commun, dans un domaine ou Père Ubu était devenu le roi, entouré de ses innombrables bouffons du financial art.
Oui, l'art dit contemporain est une gigantesque bouffonnerie, dont les malheureuses victimes sont les artistes de l'intériorité et du contenu sensible, et dont les heureux bénéficiaires
sont les artistes de l'extériorité spectaculaire, du paraître, du contenant, de la posture et de l'imposture. Sans compter les financiers qui en profitent !
Émission "Artracaille", animée par Gaillot.