Valeur et valeurs de la critique. Avec Nathalie Heinich pour l'Institut de la Mémoire de l'Édition Contemporaine à l'Abbaye d'Ardenne.


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16.01.2020

"Je juge à partir de mes valeurs !" Dire cela, ce n'est pas nécessairement énoncer un programme critique héroïque. Toute morale mise à part, cette formule peut aussi bien livrer une description tautologique de soi, tirée de l'observation minutieuse de notre vie quotidienne : nos valeurs, qu'on les exhibe ou qu'on les cache, sont l'une de nos principales raisons d'agir et de juger, jusque dans les circonstances les plus banales de la vie.
Ces valeurs, qui organisent notre expérience du monde, des êtres et des choses, subissent aussi leur influence en retour. Enracinées au plus profond de l'individu, elles sont en même temps des représentations essentiellement collectives, au point d'être l'un des principaux ciments des sociétés et comme la matière du commun. Elles sont donc un objet de sciences sociales, dont Nathalie Heinich, directrice de recherche au CNRS, s'emploie à renouveler l'approche en en explicitant les fondements, en partant notamment du problème de la critique dans l'art contemporain.

La société esthétique ou la beauté partout. Avec Yves Michaud pour l'Association Isegoria à Nantes.


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2008

L'ère contemporaine est celle d'un paradoxe : tandis que triomphe l'esthétique, jusque dans les objets les plus quotidiens et les plus triviaux, le monde de l'art se détourne des œuvres pour proposer des démarches, des installations, des performances.
Appuyant sa démonstration sur une connaissance approfondie de l'art contemporain, Yves Michaud scrute dans nos modes de vie les effets d'une esthétisation de l'existence, dont il voit la trace dans la mode, le culte du corps ou le tourisme.
L'art se réfugie désormais dans une expérience qui n'est plus celle d'objets entourés d'une aura, mais d'une aura qui ne se rattache à rien ou quasiment rien. Cette aura, cette auréole, ce parfum, ce gaz, comme on voudra l'appeler, dit à travers la mode l'identité de l'époque.

Art, histoire d'une idée. Avec Selrahc pour SOS ART.


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2015

L’art, nous savons tous ce que c’est, et nous avons l'impression qu'il a toujours existé tel que nous l?entendons. Pourtant, c'est loin d'être le cas.
Cette série d'interventions nous permet de parcourir l'histoire du concept d'art, dans une volonté de assumée de vulgarisation portant sur l'art et les théories esthétiques. Elle a pour but d'interroger nos idées reçues et nos lieux communs sur le sujet, car ils sont nombreux...

La fracture esthétique. Avec Alexandre Landre au Cercle Aristote.


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16.09.2019

Alexandre Landre, commissaire-priseur et secrétaire-fondateur du Club du Mercredi, nous propose de nous interroger sur la fracture esthétique qui parcourt la "dissidence" : au-delà des idées abstraites et du maniement des concepts, sommes-nous capable d'incarner notre vision du monde pour que nos messages politiques soient d'abord ressentis avant d'être compris sur le plan intelletuel ?
Parce que nous revendiquons un certain héritage culturel et que nous entendons pourfendre le mensonge et la laideur, nous nous devons de réfléchir à cette dimension souvent oubliée du combat politique.

Du paradigme de l'art contemporain. Avec Nathalie Heinich pour The Farm.


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01.2019

C'est à partir d'une perspective de sociologie de l'art contemporain que Nathalie Heinich tente d'en définir le paradigme. Car l'art contemporain rompt avec l'art moderne et non avec l'art classique : il ne s'agit pas seulement d'une période mais surtout d'une question de genre. On comprend que l'œuvre contemporaine peut s'éloigner des canons de beauté de l'art classique exposant premièrement l'intériorité de l'artiste.
Le "ready-made" de Duchamp devient alors la préhistoire de l'art contemporain. L'œuvre est révélatrice de ce paradigme, dans une vision de l'art où l'œuvre n'est plus l'objet mais plutôt l'idée proposée. Et peu à peu l'art contemporain de renverser les codes de l'art moderne en en modifiant les médiums. Il ne s'agit plus seulement d'un pinceau et d'un artiste mais de performances, d'installations, de vidéos...
La sociologue expose ensuite une frise des grandes dates de l'art contemporain. On passe de l'exposition du vide de Klein dans les années 1950 à l'arte povera en Italie une décennie plus tard, puis au prix de la Biennale de Venise attribué à Rauschenberg en 1964, pour avoir des propositions croissantes dans les années 1970 et enfin, dans les années 1990, une mondialisation de l'art contemporain à travers une extension dans les pays émergents.
Enfin, Nathalie Heinich brise les amalgames sur le monde de l'art contemporain, constatant que les médias n'en exposent qu'une partie. Ce monde ne se réduit pas seulement à un marché aux prix exorbitants, il est surtout constitué d'artistes peu reconnus vivant souvent dans une situation précaire.

Émission "Codex Conversation", animée par Frédéric Clad.

Art et littérature. Avec Pierre Lamalattie sur Radio Courtoisie.


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25.09.2018

Écrivain, peintre et critique d'art, Pierre Lamalattie nous partage ses réflexions originales sur l'état des arts plastiques aujourd'hui en France.
Bien qu'ayant appris très tôt les bases de la peinture à l'huile, il entreprend pourtant des études d'agronomie - en compagnie de Michel Houellebecq. S'ensuivront plusieurs voyages et rencontres où son goût pour l'art pictural s'intensifie et il décide, en 1995, après avoir travaillé comme médiateur social et enseigné quelques années la gestion des ressources humaines, de se consacrer uniquement à la peinture.
Son travail, résolument figuratif et férocement ironique, propose notamment une réflexion sur la vie contemporaine au travail.

Émission "Libre journal de la nouvelle droite", animée par Thomas Hennetier.

L'art contemporain, une révolution artistique ? Avec Nathalie Heinich pour l'Agora des savoirs à Montpellier.


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06.05.2015

L'épistémologue Thomas Kuhn utilisa le terme de "paradigme" pour désigner une structuration générale des conceptions admises à un moment donné du temps à propos d'un domaine de l'activité humaine : en l'occurrence, l'activité scientifique, où le progrès procède selon lui par "changements de paradigmes", qui sont autant de "révolutions".
Cette analyse est transposable à l'histoire de l’art, en y incluant non seulement la création des oeuvres mais aussi leur perception et leur réception, tant par les spécialistes que par le grand public. Ainsi prennent sens les grandes controverses artistiques, et notamment celle de l'art contemporain, en tant qu'il rompt, sur tous les plans, avec le paradigme de l'art classique et, surtout, avec celui de l'art moderne...

Le kitsch, une esthétique sans règles. Avec Valérie Arrault pour l'Agora des savoirs à Montpellier.


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29.01.2014

Qui se souvient de la critique sans appel d'Hermann Broch qui définissait l'attitude kitsch comme celle de : "celui qui veut plaire à tout prix et au plus grand nombre" ? Après avoir été ostracisé et remisé au rang de non-art, tout au long de la modernité artistique, le kitsch, à la fin du XXe siècle, se voit attribuer pour sa subversion des anciens critères une reconnaissance inédite par l'industrie culturelle et le marché de l'art contemporain.
Un tel renversement des critères serait-il une question à circonscrire aux seuls domaines de l'art et de l’esthétique ? Que le kitsch suscite émotion et plaisir esthétique n'est pas chose nouvelle. Mais que le monde de l'art encense ce qu'il qualifiait de non-art autrefois témoigne d'une volonté d'éradiquer tout critère de hiérarchie des valeurs.
Si la bonne réception du kitsch peut s'examiner à l'aune d'un contexte de profonde mutation culturelle et anthropologique, Valérie Arrault l'envisage également comme un symptôme d'une vision du monde indifférente aux règles épousant en cela la logique culturelle du postmodernisme et celle du système économique néolibéral triomphant.