L'écrivain national : figure tutélaire, construction sociale. Avec Anne-Marie Thiesse sur France Culture.


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14.09.2019

Au moment où s'achève, le plus logiquement du monde, la commémoration de la Grande guerre, le président de la République, en plein usage d'un des pouvoirs les plus régaliens et solitaires qui soient, a décidé le transfert au Panthéon des cendres de Maurice Genevoix et il a choisi l'endroit même, dans ce temple de la République, où elles seraient précisément déposées.
Il est stimulant de s'interroger sur les ressorts de cette parousie d'un écrivain particulier, l'auteur de Ceux de 14, à qui va être conféré de la sorte un glorieux label national. 
L'écrivain national, voilà bien une figure qui pose toutes sortes de questions historiques, celles mêmes que vient d'aborder, dans un livre précieux, Anne-Marie Thiesse, directrice de recherches au CNRS.
Cette figure est doublement ambivalente. Elle porte à l'extrême la dualité de la plus exceptionnelle individualité et de la quintessence d'une nation. Et d'autre part elle incarne une tension entre l'œuvre d'un génie original, enraciné dans un pays spécifique, et la dimension universelle sans laquelle il n'exprimerait pas autre chose qu'un égotisme collectif voué au repli sur soi et, en somme, à une façon de rabougrissement.
Une figure dont il va falloir considérer à la fois l'émergence, à partir surtout du XIXe siècle, et les multiples avatars au siècle suivant, au cours de laquelle elle a été mobilisée, tout autour de la planète, de régime en régime, au service des causes les plus diverses et parfois les moins honorables. A côté d'un sacre démocratique dans les pays de liberté, des instrumentalisations souvent fétides ont en effet surgi dans les régimes d'oppression.
Un inventaire historique est nécessaire. Avec à la clef, forcément, une réflexion sur la responsabilité des auteurs eux-mêmes parmi ce tohu-bohu.

Émission "Concordance des temps", animée par Jean-Noël Jeanneney.

Nationalismes d'Europe : loin en arrière. Avec Anne-Marie Thiesse sur France Culture.


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20.10.2018

Alors que l'Europe semble à nouveau sensible aux nationalismes, il est utile de faire la généalogie de ce concept en remontant jusqu'aux origines de son émergence, au temps où s'affirmèrent les ressorts de sa future extension. Autrement dit jusqu'au XIXe siècle qui, dans la suite de la Grande Révolution française, fut celui de la remise en cause des hiérarchies politiques traditionnelles, ces hiérarchies que, dans l'Ancien régime, les souverains tout à la fois surplombaient et incarnaient.
Comme toujours les mots ont leur charge d'ambiguïté. Fait national, nationalités, identités nationales, patriotisme : dans ce champ on glisse aisément d'un comportement à un autre, d'une fierté portant une morale universelle au repli sur soi et à des ambitions expansionnistes, parfois racistes. L'ambivalence du terme d' "identité" éclaire cela spécialement.
C'est donc de définitions qu'il va donc falloir d'abord se préoccuper pour savoir de quoi l'on parle, en bonne ou en mauvaise part. Avant d'évoquer, sous cette lumière spécifique, quelques-uns des grands mouvements de l'histoire européenne jusqu'après la Première guerre mondiale.
Anne-Marie Thiesse, spécialiste d'histoire culturelle, s'est penchée de longue date sur ces questions intellectuellement complexes et civiquement capitales. Avec elle, nous allons tâcher de démêler dans la durée quelques-uns de ces fils entrelacés.

Émission "Concordance des temps", animée par Jean-Noël Jeanneney.

L'invention des nations : creuset de l'identité moderne ? Avec Anne-Marie Thiesse et Irène Hermann à Lausanne.


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23.09.2016

L’observateur des évolutions politiques des dernières décennies ne peut qu’être frappé par une conjonction d’apparence paradoxale : l’approfondissement continu du processus de la mondialisation, et la reviviscence des nationalismes – le symptôme le plus apparent en est la progression électorale des partis d’extrême-droite.
Avec l’aide d'Anne-Marie Thiesse et d'Irène Hermann, nous tentons de comprendre ce qui nous pousse à sortir nos drapeaux et à appeler au renforcement des frontières, en cernant les ressorts des réflexes nationalistes.
A cette fin, les intervenantes reviennent longuement sur le moment de la constitution des nations modernes et sur leur maintien depuis lors.

Une conférence organisée par le Groupe vaudois de Philosophie, qui s'insère dans le colloque "La nation, notre avenir ?".

La culture nationale n'est pas une marchandise comme les autres. Avec Anne-Marie Thiesse au Palazzo Ducale à Gênes.


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09.04.2016

Les identités nationales ne sont pas enracinées dans la nuit des temps. Ce sont des inventions de la modernité. Les nations se sont construites un peu partout en Europe de la même façon, comme des corps politiques en même temps que des communautés culturelles.
Dès lors, quelle est la nature de ce qui constitue les différents patrimoines nationaux ? Sont-ce des marchandises comme les autres, qui peuvent être achetées et vendues sur le grand marché mondialisé ?
Apparemment, les pouvoirs politiques nationaux répondent pas la négative !

Faire des Français : quelle identité nationale ? Avec Anne-Marie Thiesse sur France Culture.


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25.09.2010

Bien qu'instrumentalisée par le pouvoir politique, la notion d' "identité nationale" reste un puissant révélateur de l'histoire récente de la société française. Anne-Marie Thiesse nous rappelle comment le sentiment national est né il y a près de deux siècles pour faire face aux défis posés par la sécularisation du politique pour légitimer les Etats modernes.
Loin de s'être imposé "naturellement", celui-ci a fait l'objet d'un intense travail de socialisation de la population, à travers l'école particulièrement, allant de l'unification linguistique à l'invention du patrimoine et d'une histoire nationale.

Emission "La suite dans les idées", animée par  Sylvain Bourmeau.

La construction nationale : approche historique. Avec Anne-Marie Thiesse à l'UNESCO.


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07.12.2007

Les identités nationales ne sont pas des faits de nature, mais des constructions.
La liste des éléments de base d'une identité nationale est aujourd'hui bien connue : des ancêtres fondateurs, une histoire, des héros, une langue, des monuments, des paysages et un folklore. Sa mise au point fut la grande oeuvre commune menée en Europe durant les deux derniers siècles. Le militantisme patriotique et les échanges transnationaux d'idées et de savoir-faire ont créé des identités toutes spécifiques, mais similaires dans leur différence.
Forme d'organisation politique étroitement liée au développement du capitalisme industriel, la nation a fondé sa légitimité sur le culte de la tradition et la fidélité à un héritage collectif. L'exaltation de l'archaïsme a accompagné l'entrée dans la modernité.
De l'invention des épopées barbares à la conception des musées d'ethnographie, de l'élaboration des langues nationales à celle des paysages emblématiques ou des costumes typiques, Anne-Marie Thiesse retrace la fabrication culturelle des nations européennes.

Intervention au colloque "Identités, appartenances, diversités : Islam et identité nationale".