Le grand méchant loup. Avec Michel Pastoureau sur France Culture.


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22.12.2018

La controverse est violente. Depuis que le gouvernement a publié, en février 2018, son nouveau plan national d'action sur le loup, la presse se fait l'écho, notamment du côté des quotidiens régionaux, de l'antagonisme brutal qui oppose à nouveau, dans les parties du territoire concernées, les éleveurs et les avocats d'une biodiversité préservée ou reconstituée.
Le retour organisé du loup dans diverses zones montagnardes, que les sensibilités écologistes saluent avec ferveur, est voué à exaspérer les bergers parce qu'il entraîne des dommages sensibles parmi les troupeaux de moutons. Il n'y aurait, aujourd'hui, qu'environ quatre cents loups en France. On nous dit qu'il en faudrait cinq cents pour que l'espèce soit durablement viable. À quoi les éleveurs opposent la longue liste, éprouvée comme insupportable, de leurs moutons égorgés.
Voilà bien un remarquable concentré des contradictions auxquelles notre époque est confrontée. Mais voici aussi une belle occasion de revenir sur la figure du loup à travers les âges, du loup en face de l'homme, qui a porté sur lui un regard très changeant. Ce regard est passé, selon les époques, de la curiosité à l'effroi, de la haine au respect, du rejet absolu à une fascination quasiment affectueuse. La littérature n'a pas cessé de se saisir de cet animal toujours ambivalent, le christianisme en a fait longuement l'objet de ses imprécations, tandis que dans l'Antiquité la prodigieuse histoire de Rome a pris naissance sous les auspices généreux de la louve qui a sauvé les fondateurs Remus et Romulus...

Émission "Concordance des temps", animée par Jean-Noël Jeanneney.

La philosophie devenue folle. Avec Jean-François Braunstein sur RFI.


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28.10.2018

Trois débats nous obsèdent : le genre, les droits de l'animal et l'euthanasie. Et trois disciplines politiquement correctes traitent désormais de ces questions dans le monde universitaire : gender studies, animal studies, bioéthique. 
Cependant, lorsqu'on lit les textes des fondateurs de ces disciplines, John Money, Judith Butler, Peter Singer, Donna Haraway et quelques autres, on s'aperçoit que, derrière les bons sentiments affichés, se font jour des conséquences absurdes sinon abjectes. 
Si le genre n'est pas lié au sexe, pourquoi ne pas en changer tous les matins ? Si le corps est à la disposition de notre conscience, pourquoi ne pas le modifier à l'infini ? S'il n'y a pas de différence entre animaux et humains, pourquoi ne pas faire des expériences scientifiques sur les comateux plutôt que sur les animaux ? Pourquoi ne pas avoir de relations sexuelles avec son chien ? S'il est des vies dignes d'être vécues et d'autres qui ne le sont pas, pourquoi ne pas liquider les "infirmes", y compris les enfants "défectueux" ? Pourquoi ne pas nationaliser les organes des quasi-morts au profit d'humains plus prometteurs ?
Jean-François Braunstein a mené un travail considérable et novateur : il a lu les milliers de pages de ces penseurs célébrés dans le monde occidental et revient sur leurs idées, leurs contradictions, leur parcours personnel pour analyser, souligner, contredire et déconstruire. L'erreur consiste à vouloir "effacer les limites" : entre les sexes, entre les animaux et les humains, entre les vivants et les morts. Il convient, au contraire, d'affronter ces limites qui nous constituent.
Oui, parfois la philosophie devient folle, quand elle oublie l'homme.

Émission "Idées", animée par Pierre-Edouard Deldique.

Les textes illustrés du Moyen-Âge. Avec Michel Pastoureau sur France Inter.


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08.2018

Notre conseiller historique, pour cette série d'émission, est Michel Pastoureau. Conseiller historique ? Mieux encore ! Sur le sujet des maîtres-livres du Moyen Age, un maître-es-arts. Un guide sur les routes où les jongleurs nous attendent pour réciter leurs strophes. Un poisson-pilote qui nous fera distinguer les sources des grands textes du lit des fleuves où ils se glissent. Un jongleur qui attirera les voyageurs par ses récits.
Il y aura des batailles si merveilleuses et si puissantes que rien de si fort ne fut avant ni depuis. Mais Michel Pastoureau contera aussi les ruses de Renart qui n'ont pas besoin d'autres armes que celles de l'intelligence. Il y aura des bêtes rêvées et d'autres réelles et encore des animaux au statut indéterminé comme la licorne, à moins que ce ne soit l’unicorne. Il y aura, dans les chansons de geste, des héros tout d'une pièce comme Roland et d'autres, dans les légendes arthuriennes, qui seront plus subtils. Dieu sera avec eux ou aussi bien les laissera crier en vain dans le désert.

Émission "La Marche de l'histoire", animée par Jean Lebrun.

L'intelligence des limites. Avec Patrick Tort à Issoudun.


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07.2019

L'hypertélie est le développement d'une partie anatomique au-delà de son niveau optimal d'utilité : ramures géantes de cervidés, canines hypertrophiées des "tigres aux dents de sabre", défenses croisées des mammouths, etc. Ces structures, en grandissant au-delà de leur fonction initiale, seraient devenues nuisibles à leurs détenteurs et tendanciellement fatale à la survie de l'espèce.
Contre de trop rapides conclusions sur le caractère "non darwinien" du concept d'hyper-télie, Patrick Tort démontre son origine darwinienne. Il en tire un instrument pour penser la naissance bio-éthologique du symbolique et pour modéliser les conséquences du dogme d'une croissance sans limite propre au capitalisme.

Faut-il renvoyer le monde animal à l'état sauvage ? Avec Jean-François Braunstein, Damien Baldin et Valéry Giroux sur France Culture.


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18.10.2018

"800 chats ! 400 chiens ! Des rongeurs à foison ! Des poissons par millier ! Des reptiles à profusion !" Voilà ce que promettait le salon Animal expo, qui s’est déroulé il y a une dizaine de jours à Paris. L’équivalent, pour les animaux de compagnie, de ce qu'est le salon de l'Agriculture pour les animaux d'élevage.
A priori, la comparaison s'arrête là. Les animaux d'élevage ont vocation à être exploités, et mangés le cas échéant ;  les animaux de compagnie sont là pour nous faire du bien, des antidépresseurs sur pattes en quelque sorte !
Ils ont néanmoins une histoire commune : ils ont été domestiqués. Autrement dit, si l'on se réfère à la définition proposée par le dictionnaire Larousse, ils ont été transformés, passant "d'une espèce sauvage en espèce soumise à une exploitation par l'homme, en vue de lui fournir des produits ou des services".
C’est cette exploitation que remet en cause aujourd'hui le mouvement antispéciste. Il considère que la question de la liberté animale doit se poser en tant que droit fondamental, comme elle se pose à l’homme.

Émission "Du Grain à moudre", animée par Hervé Gardette.

Affronter les limites plutôt que de les effacer ? Avec Jean-François Braunstein sur France Culture.


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24.09.2018

Le philosophe Jean-François Braunstein revient dans son essai La philosophie devenue folle (Grasset, 2018) sur trois débats qui polarisent l'opinion : celui du genre, celui des relations homme/animal et celui de la fin de vie.
Trois débats reliés à trois disciplines nées outre-Atlantique - les gender studies, les animal studies, et la bioéthique - fondées par des grands noms de la pensée comme John Money, Judith Butler, Peter Singer, Donna Haraway.
L'identité de genre est-elle distincte de l'identité sexuelle ? Les animaux sont-ils des êtres sensibles ? Doit-on légaliser l'euthanasie ? Du droit animal à la zoophilie, ou quand les limites nous évitent de justifier les raisonnements absurdes.

Émission "La Grande table idées", animée par Olivia Gesbert.

Immigration et racisme : notes de lecture, par Michel Drac.


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2017

Michel Drac, analyste politique et prospectiviste bien connu, étudie ici la question raciale et les dynamiques migratoires. Un accent particulier est porté sur la compréhension des origines et de la réalité du racisme anti-blanc.
Ce travail est mené par la lecture de plusieurs livres dont les contenus sont ici exposés clairement.

Inégalités et solidarités dans la nature. Avec Pablo Servigne pour l'Université d'été Trans-Mutation à Profondval.


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30.08.2018

Dans cette arène impitoyable qu'est la vie, nous sommes tous soumis à la "loi du plus fort", la loi de la jungle. Cette mythologie a fait émerger une société devenue toxique pour notre génération et pour notre planète.
Aujourd'hui, les lignes bougent. Un nombre croissant de nouveaux mouvements, auteurs ou modes d'organisation battent en brèche cette vision biaisée du monde et font revivre des mots jugés désuets comme "altruisme", "coopération", "solidarité" ou "bonté". Notre époque redécouvre avec émerveillement que dans cette fameuse jungle il flotte aussi un entêtant parfum d'entraide...
Un examen attentif de l'éventail du vivant révèle que, de tout temps, les humains, les animaux, les plantes, les champignons et les microorganismes - et même les économistes ! - ont pratiqué l'entraide. Qui plus est, ceux qui survivent le mieux aux conditions difficiles ne sont pas forcément les plus forts, mais ceux qui s'entraident le plus. Pourquoi avons-nous du mal à y croire ?
A travers un état des lieux transdisciplinaire, Pablo Servigne nous propose d'explorer un immense continent oublié, à la découverte des mécanismes de cette "autre loi de la jungle".