Comprendre les Lumières : aux sources de la prolétarisation du monde ouvrier. Avec Marion Sigaut au Théâtre de la Main d’Or.


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15.06.2013

Si les ouvriers sont devenus des prolétaires, c'est-à-dire des gens pauvres, vivant mal de leurs revenus, c'est à la Révolution française qu'on le doit !
Et ce sont les Lumières qui l'ont théorisé.

1789 : la Declaration des droits de l’homme et du citoyen et la Terreur. Avec Florence Gauthier à Lyon.


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02.02.2007

La Révolution française fut une révolution des droits de l’homme et du citoyen.
Elle parvint à abolir le régime féodal et l’esclavage dans les colonies, deux des piliers de l’oppression des peuples. Elle entama encore une lutte contre l’expropriation de la paysannerie, le chômage et la vie chère et mit le droit à l’existence et aux moyens de la conserver à l’ordre du jour du contrat social. Elle fonda encore un droit des peuples à leur souveraineté et refusa toute "guerre offensive", y compris coloniale.
La Déclaration des droits de l’homme et du citoyen synthétisait un projet de République démocratique, qui fut expérimenté de 1792 à 94, créant un espace public démocratique allant en s’élargissant, et dont les racines théoriques remontent aux Humanistes de la Renaissance, au XVIe siècle.
Et pourtant, son évocation s’accompagne immédiatement de son contraire : la Terreur. Le mot laisse derrière lui des images de répression accompagnée de flots de sang.
Il convient de rappeler quels actes et quelles personnes ont été réprimées, mais aussi de comprendre comment un tel rapprochement entre "droits de l’homme" et Terreur a pu se faire, éclipsant les premiers au profit de la seconde.
En effet, une telle substitution ne date pas de l’après-révolution, mais précisément du tout début de celle-ci, et plus exactement, du moment même où la Déclaration des droits fut votée, le 26 août 1789.

La conférence est donnée dans le cadre de l'exposition "La grande Révolution de 2014" de Raphaël Julliard du 13 janvier au 3 mars 2007.

Les Lumières : un antihumanisme. Avec Marion Sigaut à Marseille.


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02.06.2012

Après nous avoir rappelé l’origne catholique de l’humanisme (avec l'école de Salamanque et les jésuites), au moment de la découverte du Nouveau Monde, et sa définition (l’humanité est une et indivisible, le pouvoir est au service du peuple souverain), Marion Sigaut met en évidence le profond mépris du peuple que n’ont cessé de manifester les Lumières.
Une simple citation de Voltaire permettra d'amorcer la réflexion, citation contenue dans sa lettre du 1er avril 1766 à M. Damilaville :
"Je crois que nous ne nous entendons pas sur l’article du peuple, que vous croyez digne d’être instruit. J’entends, par peuple, la populace qui n’a que ses bras pour vivre. Je doute que cet ordre de citoyens ait jamais le temps ni la capacité de s’instruire ; ils mourraient de faim avant de devenir philosophes. Il me paraît essentiel qu’il y ait des gueux ignorants. Si vous faisiez valoir, comme moi, une terre, et si vous aviez des charrues, vous seriez bien de mon avis. Ce n’est pas le manoeuvre qu’il faut instruire, c’est le bon bourgeois, c’est l’habitant des villes : cette entreprise est assez forte et assez grande. (...) Quand la populace se mêle de raisonner, tout est perdu."

L'économiste, la cour et la patrie. Avec Arnault Skornicki sur Fréquence Protestante.


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31.03.2012

La science économique est devenue la forme dominante du discours politique. Elle se présente pourtant volontiers comme le plus neutre et impartial des savoirs. Que signifie cette dénégation du politique de la part d’une science si intimement liée au champ du pouvoir ?
Arnault Skornicki propose un détour historique par la France des Lumières pour mettre au jour l’impensé de ce qui n’était pas encore une discipline universitaire, mais un simple genre intellectuel.
De la naissance du libéralisme d’État au Dialogue sur le commerce des blés de Galiani, de la science du commerce aux luttes entre Turgot et Necker en passant par la Physiocratie, le XVIIIe siècle apparaît en effet comme une période clé pour l’économie politique. Savants, hommes de lettres, philosophes et administrateurs mettent leur intelligence au service des Lumières qui s’officialisent et d’un État éclairé qui tente de se réformer. L’économie politique finira par accéder aux sommets du pouvoir, pour ne plus jamais les quitter.
Un travail intéressant pour comprendre la naissance du libéralisme.

La guerre des juges contre l'Eglise au XVIIIe siècle. Avec Marion Sigaut à Toulon.


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02.02.2013

L'historienne Marion Sigaut expose la guerre des juges contre l'Eglise au XVIIIe siècle et l'obstruction parlementaire menée par les magistrats.
A cette époque, la séparation des pouvoirs n'existait pas : les juges (ou "parlementaires") étaient dotés de la fonction de pouvoir législatif via la procédure d'enregistrement des lois du roi.
Les parlementaires se servaient de ce pouvoir d'enregistrement pour contrer la monarchie au XVIIIe siècle, développer leurs intérêts et leurs privilèges, mais aussi pour empêcher tout projet royal d'égalité devant l'impôt. Tant que les parlementaires n'enregistraient pas le texte législatif royal, le texte n'entrait pas en vigueur.

L’affaire Damiens : une affaire de mœurs ? Avec Marion Sigaut à Paris.


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30.06.2012

La dépravation des mœurs de l’Ancien régime est chose admise, comme est admise la décadence de la noblesse, de l’Eglise et d’un système à bout de souffle remplacé par la victorieuse Révolution française : les Lumières sont passés par là.
L’apparition de la pédophilie dans le champ de l’étude historique va bouleverser cette perception : que se passait-il sous l’ancien régime ?
Pourquoi n’a-t-on jamais entendu parler d’affaires de mœurs touchant aux enfants dans ce système tant décrié qu’on a mis à bas ? Qui disait quoi ? Qui faisait quoi ? Que nous a-t-on dit ? Que nous cache-t-on ? Qui ment et pourquoi ? Quel rôle ont joué les historiens ?
C’est à partir de l’étude du procès, truqué d’un bout à l’autre, d’un fils du peuple ignominieusement mis à mort, que Marion Sigaut démonte la mécanique d’un mensonge qu’on nous vend depuis deux siècles : les pervers ne sont pas ceux qu’on croit, ceux qu’on nous fait croire, ceux qu’on nous présente.
Damiens n’était pas fou. Tout est à revoir.

Marion Sigaut, histoire d'un parcours. Entretien mené par Franck Abed.


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09.03.2013

Historienne spécialiste du XVIIIeme siècle, Marion Sigaut s’est révélée au grand public lorsqu’elle publia une "contre-enquête" sur l’affaire Damiens, accusé, jugé et condamné pour la tentative de meurtre sur le roi Très-Chrétien Louis XV.
Démystifiant l’histoire officielle, son récit palpitant revient sur une affaire dans laquelle les mensonges et la manipulation côtoient la trahison et l’hypocrisie. Depuis lors, toujours sur sa lancée, elle s’attelle à démythifier l’épopée "lumineuse" du XVIIIeme siècle, en mettant l’accent sur le rôle trouble joué par une secte méconnue, les jansénistes.
Héritiers présumés de l’évêque d’Ypres Cornelius Jansen, "les juges", d’après Marion Sigaut, favorisèrent l’essor des "lampions", tout en accélérant la chute du régime qu’ils étaient censés servir.
Dans cet entretien palpitant, Franck Abed revient sur le parcours d’historien emprunté par Marion Sigaut, son analyse de cette période charnière des "Lumières", ainsi que sur le reste de son œuvre passionnante qui l’a conduit, entre autres, des rives calmes de la Néva aux rivages tumultueux du Jourdain…