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La théorie décoloniale constitue l'un des discours phares de notre temps. Loin des imprécisions dont elle fait souvent l'objet, Philippe Colin offre une généalogie et une cartographie d'un continent de pensée méconnu en Europe et rappelle les apports d'un des courants les plus féconds de la théorie critique contemporaine.
La conquête de l'Amérique, scène inaugurale de la modernité capitaliste, fut aussi l'acte de naissance de nouveaux rapports coloniaux de domination qui ont modelé une hiérarchie planétaire des peuples selon des critères raciaux, sexuels, épistémiques, spirituels, linguistiques et esthétiques. Or cette colonialité du pouvoir n'a pas été enterrée par les décolonisations.
Si l'on veut en sortir, il faut (re)connaître les expériences vécues par celles et ceux qui ont résisté à l'imposition de ces régimes, les savoirs produits par les sujets marqués par la blessure coloniale, et tenter de discerner, dans ces fragiles "nouveaux mondes", l'horizon d'un dépassement de la colonialité.
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Sous le vernis d'un discours sécuritaire soigneusement calibré, les États-Unis justifient l'enlèvement de Nicolas Maduro par la lutte contre le trafic drogue. Pourtant, derrière cette rhétorique officielle se cache une réalité bien plus inquiétante.
Cette attitude s'inscrit dans une logique impériale, où la force prime sur le droit et où les institutions internationales ne sont respectées que lorsqu'elles servent les intérêts américains. Les sanctions unilatérales, les menaces militaires, les tentatives de reconnaissance de gouvernements parallèles ou encore les opérations de déstabilisation économique et politique illustrent une volonté claire : soumettre un État récalcitrant à l'ordre géopolitique voulu par les États-Unis.
Car l'enjeu réel dépasse largement la personne de Maduro ou la situation intérieure du Venezuela. Il s'agit du contrôle de ressources considérables, au premier rang desquelles le pétrole, mais aussi de la capacité à empêcher l'émergence de modèles politiques et économiques indépendants de l'influence américaine. Tout dirigeant qui ose affirmer une voie souveraine, remettre en cause l'ordre établi ou refuser de se plier aux exigences de Washington devient une cible potentielle. La destitution, l'asphyxie économique ou le soutien à des forces d'opposition servent alors d'outils pour briser toute résistance.
L'action des États-Unis révèle une continuité historique : celle d'une puissance qui se considère au-dessus des lois internationales, persuadée que rien ne peut ne l'arrêter.
Un échange mené par Yanis Mhamdi.


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Dans ce grand entretien, Pierre-Yves Rougeyron revient sur l'actualité politique du mois de novembre 2025.
Une analyse où les actualités nationale et internationale sont passées au crible de l'intérêt français souverain.
- 0'01'15 : Lecornu II et budget
- 0'25'00 : Accords Franco-Algérien
- 0'52'33 : Cambriolage du Louvre
- 0'59'35 : Film Sacré Cœur
- 1'08'49 : Justice pour Lola ?
- 1'24'57 : Future guerre avec la Russie ?
- 1'37'20 : Arrivée de SHEIN et fast fashion
- 1'46'00 : Hommage à Tchéky Karyo
- 1'52'49 : Actus du Cercle
- 2'52'56 : Rentrée littéraire
- 2'00'43 : Conférences
- 2'07'37 : Actus internationales
- 2'07'45 : De quoi Philippe Aghion est-il le nom ?
- 2'27'37 : Guerre civile au Soudan
- 2'32'28 : Victoire de Javier Milei aux élections législatives
- 2'42'42 : Elections locales aux USA
- 2'58'36 : Mort de Dick Cheney
- 3'04'51 : Tensions entre les USA et le Vénézuela
- 3'10'06 : Guerre des puces électroniques
- 3'14'39 : Sommet de l'APEC en Corée du Sud
- 3'22'06 : Nouvelle coalition au Japon


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L'Amérique latine, souvent négligée par les médias occidentaux, est aujourd'hui au cœur de luttes d'influence entre puissances mondiales. Entre coups d'État, élections controversées et guerres économiques, la région incarne les tensions d'un monde en transition. Spécialiste des questions latino-américaines, Romain Migus analyse les bouleversements récents de la région : la chute de la gauche en Bolivie, la pression accrue sur le Venezuela, et la stratégie agressive de Donald Trump pour réaffirmer la domination américaine.
De la Bolivie, où le néolibéralisme revient en force, au Venezuela résistant malgré les sanctions, en passant par les alliances ambiguës du Brésil, il décrypte les stratégies à l'œuvre. Entre résistance des mouvements populaires et ingérences étrangères, l'Amérique latine reste un terrain clé pour comprendre les rapports de force du XXIe siècle.
Un entretien mené par Pierre-Yves Rougeyron.


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Le capitalisme et la modernité seraient intrinsèquement liés à un racisme d'essence coloniale et à la domination de l'Occident sur le Sud global : tel est le postulat des décoloniaux. Face à une rationalité considérée comme eurocentrique, face à un système de pouvoir qui chercherait à maintenir les "non-Blancs" dans une position subalterne, ils prônent un retour aux formes de savoir et aux visions du monde des peuples indigènes.
À l'heure où les théories décoloniales, nées en Amérique latine, gagnent du terrain dans les milieux universitaires et militants, Pierre Gaussens fait entendre une autre voix. Il démontre comment ces théories propagent une lecture simpliste de l'histoire et des rapports de pouvoir, et comment leur focalisation sur les questions d'identité ethno-raciale relègue au second plan l'opposition pourtant fondamentale entre riches et pauvres.
À l'horizon, une conviction : seul un anticolonialisme fondé sur une critique radicale du capitalisme permettra de sortir de cette impasse, en dépassant toute soif de revanche pour retrouver le contenu universel des luttes d'émancipation.


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Romain Migus est l'un des Français qui connaît le mieux la situation au Venezuela : il y a vécu durant 15 ans, a assisté à la révolution bolivarienne et est l'auteur de trois livres sur la question.
Il revient ici sur les événements récents qui ont agité le pays, notamment la réélection de Nicolás Maduro, alors que les tentatives de destabilisation continuent d'être menées contre le Venezuela.
Un entretien mené par Pierre-Yves Rougeyron.


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